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La banalisation, jusqu’au tombeau..

Les manifestations de clémence, de la part des hommes du pouvoir et de la droite, et de trop nombreux médias dans leurs hommages au fondateur et chef du Front national, confinent à de la malsaine connivence, si ce n’est à de la complicité. Elles s’inscrivent dans la troublante continuité de la banalisation de l’extrême droite française, et en sont un accélérateur.

Le brouillage de tous les repères idéologiques atteint son paroxysme quand des responsables de l’État qualifient « d’outrances » ou de « polémiques » des propos qui ont valu à Le Pen une vingtaine de condamnations judiciaires pour incitation à la haine raciale ou pour contestation de crimes contre l’humanité. Décidément, les sulfateuses à détruire tout repère idéologique tournent à plein régime.

Par quelle amnésie magique et obscurantiste, président de la République, Premier ministre, ministres et dirigeants de droite peuvent-ils transformer un tortionnaire colonialiste, un raciste antisémite et islamophobe, homophobe, anticommuniste et négationniste tantôt en « une figure de la vie politique », tantôt en homme qui « a marqué son époque », ou encore, comme l’écrit l’Élysée en « figure historique dont le rôle dans la vie publique de notre pays pendant près de soixante-dix ans relève désormais du jugement de l’histoire ». Voici l’euphémisme devenu politique !

Est-ce que tout ceci est destiné à camoufler les conditions de la fulgurante ascension de celui qui créa le Front national avec ses amis anciens de la Waffen SS ? L’existence et la force de Le Pen et de ses idées ne doivent rien à un prétendu génie politique.

En effet, alors qu’il n’avait pas pu être candidat à l’élection présidentielle de 1981, il a bénéficié, comme les braqueurs de banques, de nombreuses complicités. Dans un contexte où tout était fait pour affaiblir le Parti communiste français, le tournant droitier du pouvoir mitterrandien pour adapter, dès 1983, la France à la mondialisation capitaliste a servi de carburant à l’extrême droite.

Deux événements fondateurs constituent un accélérateur des particules du proto-fasciste.

Le premier a lieu lors des élections municipales partielles à Dreux où le candidat du RPR s’allie au second tour, le 11 septembre 1983, à la liste du lieutenant de Le Pen, Jean-Pierre Stirbois, pour battre la maire socialiste sortante Françoise Gaspard. Le Front national obtient 10 conseillers municipaux et 3 adjoints au maire. Jacques Chirac justifiera cette alliance dès le lendemain, dans un discours à Rambouillet en ces termes : « Ceux qui ont fait alliance avec les communistes sont définitivement disqualifiés pour donner des leçons de droits de l’homme et de règles de démocratie. » Il reprenait ainsi l’argumentaire du penseur du conservatisme d’alors, Raymond Aron, qui avait écrit : « L’opposition ne changeait pas de nature, elle ne se ralliait pas aux idées du FN, elle acceptait quatre compagnons de Le Pen sur sa liste, ce qui me semble moins grave que d’accepter quatre communistes au Conseil des ministres. » Par la suite, en 1988, la droite dirigea plusieurs conseils régionaux – Bourgogne, Rhône-Alpes, Picardie, Languedoc-Roussillon, Centre-Val de Loire – avec l’appui de l’extrême droite.

Le mois de mars de l’année 1983 est l’autre moment charnière. Le président de la République, F Mitterrand reniant les engagements communs de la gauche , entraîne le pays dans la voie d’une construction européenne plus fédéraliste et financière, préparant la liberté totale de circulation des capitaux et des marchandises, tout en laissant détruire de grands secteurs industriels, de la sidérurgie au textile. Le Pen fut le monstrueux enfant de cette négation des engagements de la gauche socialiste et de cette mutation-destruction.

Il va d’autant plus vite prendre de l’élan que François Mitterrand lui a agrandi officiellement et artificiellement les ailes*. Après plusieurs rencontres avec des conseillers de l’Élysée, Le Pen se plaint au président de la République, dans une lettre du 26 mai 1982, du traitement insignifiant du congrès du FN qui s’est tenu les 7 et 8 mai 1982. Dès le 22 juin, François Mitterrand répond en personne au chef de l’extrême droite en jugeant « regrettable » « l’incident que vous signalez » et l’informe qu’il demande « à M. le Ministre de la communication d’appeler l’attention des responsables des sociétés de radiotélévision sur le manquement dont vous m’avez saisi ». Incroyable pour un parti qui, à l’époque, n’est même pas présent à l’Assemblée nationale.

L’ordre fut promptement exécuté puisque le zélé Georges Fillioud, ministre de la communication, fit passer, dès le 29 juin 1982, Jean-Marie Le Pen au journal de 23 heures de TF1, puis le 7 septembre, au populaire 13 heures d’Yves Mourousi. Et cela ne s’arrêtera plus. Le 19 septembre, il est l’invité du journal de 20 heures sur Antenne 2. Le 28 septembre, il se retrouve dans l’émission humoristique  de Claude Villers à France Inter, « Le tribunal des flagrants délires ». Le 30 octobre, il est à nouveau l’invité de TF1. Avant les élections municipales du mois de mars 1983, Yves Mourousi le reçoit à nouveau dans son journal de la mi-journée qui est alors très regardé. Le 18 septembre 1983, soit une semaine après l’alliance victorieuse de la droite et de l’extrême droite, il est l’invité du Club de la presse d’Europe 1. À cette occasion, Le Monde barre sa une avec ce titre, « Le jour de gloire de M. Le Pen ». Une autre émission phare de l’époque, « Face au public » sur France Inter, lui ouvre ses portes. Et sa grande consécration vient avec sa participation à l’émission « L’heure de vérité » sur Antenne 2, le 13 février 1984. Au cours de cette émission, devant les animateurs** de l’émission médusés et embarrassés, il se leva pour demander une minute de silence pour les « morts du communisme ».

Ainsi l’ascension médiatique organisée de Le Pen ouvrit-elle la voie à son expansion électorale. C’est bien une stratégie politique qui a organisé sa reconnaissance avant toute légitimité. Ce que reconnaîtra ainsi Pierre Bérégovoy, alors secrétaire général de l’Élysée, le 21 juin 1984 : « On a tout intérêt à pousser le FN, il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C’est la chance historique des socialistes. »

On mesure aujourd’hui les désastres de ces stratégies politiciennes pour les partis de la droite issus de l’après-guerre, pour le Parti socialiste lui-même et la gauche toute entière. Bien pire encore, cette vulgaire tactique a surtout servi à préserver les intérêts fondamentaux du capital contre les intérêts de l’immense majorité du peuple, quitte à faire de la scène politique française un immense champ de ruines.

Quarante-deux ans après, dans le droit-fil de cette terre brûlée, les hommages confortent d’autant plus la montée de l’extrême droite que, du pouvoir aux différentes nuances des droites, les thèses antirépublicaines du FN/RN s’inscrivent en lettres noires dans leurs programmes et que leurs discours en vomissent comme de la lave.

La contamination prend une telle ampleur qu’on a pu entendre des commentateurs classés à gauche expliquer que Le Pen aurait été un visionnaire en lui « reconn[aissant] une intuition (sic) sur l’immigration » notamment. On nous valine  par conséquent, la vieille thèse selon laquelle « il y a un problème avec l’immigration » comme le serinent le RN/FN et la droite. Or le milliardaire raciste, antisémite et anticommuniste viscéral de Montretout n’a toujours été qu’un souffleur de haine et de division dans un pays construit de mille strates de migrations honnies par ce nostalgique de l’Algérie française. L’histoire de la France, notre société, a été forgée de grands élans de solidarité, d’hospitalité et de fraternité – et de luttes sociales indiscriminées puissantes que Le Pen a toujours combattues avec rage.

Les puissances d’argent, jamais rassasiées, sont mûres pour faire de l’extrême droite leur roue de secours tant elles ont épuisé leurs traditionnels mandataires aux multiples nuances politiciennes déguisées derrière le mot sans cesse sali de « démocratie ». Décidément, la banalisation va jusqu’au tombeau. Ne baissons pas la garde.

Patrick Le Hyaric

9 janvier 2025

Documenté dans le livre de Franz-Olivier Giesberg, alors éditorialiste au Figaro, La Fin d’une époque [1993]Voir aussi dans La Main droite de Dieu : enquête sur François Mitterrand et l’extrême droite [1994]d’Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez.

** Pierre Luc Séguillon et Albert Du Roy.

*** Voir aussi le dossier de L’Humanité du 8 janvier 2025 et l’éditorial de Stéphane Sahuc

 

La banalisation, jusqu’au tombeau

     

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    Le duo américain d’extrême-droite à l’œuvre en Europe     

     

    Le duo américain d’extrême-droite à l’œuvre en Europe   

                               

    Il ne se passe pas un seul jour sans que l’on parle abondamment, dans tous les grands médias européens, de l’immixion du « couple » présidentiel  dans les choix politiques des plus grands pays d’Europe, à commencer par l’Allemagne où des législatives auront lieu fin février, Musk ne se contente pas de commenter mais lance un appel à soutenir l’extrême-droite( Afd)…»qui peut sauver l’Allemagne» !

    En Angleterre, il demande le départ du 1er ministre Keir Starmer et de nouvelles élections et  sur X il fait campagne pour la libération d’un activiste d’extrême-droite président d’un parti anti-immigration dont il a vu le président ??

    On connait leur proximité avec Viktor Orban président de la Hongrie, très à droite et proche de Poutine comme de Trump, sans parler de Georgia Méloni la présidente italienne admiratrice de Mussolini…et de la 1ère fortune du monde. Ils se mettent en scène, s’embrassent sur la bouche pour être photographiés, ça va plaire, il n’est pas mal, c’est un       pro et Trump, un vulgaire homme d’affaires ultra-conservateur, inculte et sans scrupules.

    Héritier d’un père promoteur immobilier, il prend en 1971 la direction de l’entreprise  ça aide, il construit un empire touchant à de nombreux domaines dont le bâtiment, la télévision, les sports mécaniques, les golfs jusqu’à devenir milliardaire avant d’entrer en politique tout en menant grand train. Et en cultivant un parler direct et un mode de vie très…festif.  Et ce n’est pas le premier trou dans le billard.

     

    Trump au tribunal…

     

    Il devra se présenter le 10 janvier 2024 devant la justice, il le digère mal. Il espère bien la mettre au pas.Trump a été jugé « coupable de paiements dissimulés à une vedette du porno ».

    Le 30 mai 2024, il fut, dans l’histoire des E-U, le premier ancien locataire de la Maison Blanche à être pénalement condamné !

    Le jury du tribunal de Manhattan, dépendant de la justice locale de l’Etat de New York, l’avait reconnu coupable de 34 chefs d’accusation pour des paiements cachés à une cliente de luxe, Stormy Daniels, effectués juste avant la présidentielle de 2016, qu’il avait remportée.

    Le même juge sait déjà qu’il ne demandera pas l’incarcération ! Mais comment devenir président  des E.-U avec un tel casier judiciaire sur la conscience  ? Dans le plus puissant pays du monde, le temple du capitalisme en même temps que le pays toujours en guerre, hors de chez lui et sur plusieur fronts. C’est aussi le premier marchand d’armes, avec la France.

     

    Il saura, le 10 janvier 2025, quelle sanction sera confirmée -ou pas- 10 jours avant sa prise de fonction, en grandes pompes, de 45è président, élu haut-la-main, une main sur la bible. Il n’a rien d’un enfant de choeur. A part Poutine personne ne l’impressionne.

     

    Dans son style, s’il en a un, Trump ne baisse jamais la tête et se lave toujours les mains après les galipettes chez les stars de bordels de luxe, d’ailleurs il s’en fout  « Cette attaque politique illégitime n’est rien qu’une mascarade..» a-t-il réagi. Le camp Trump n’a pas réussi à faire annuler ce verdict historique malgré l’immunité présidentielle élargie le 1er juillet 2024 par la Cour suprême.

    Et pour bien nous éclairer sur les forces ultra-libérales qui détiennent tous les leviers de la gestion de leur pays, le milliardaire Trump a recruté Musk, la star 500 fois milliardaire qui domine le peloton mondial de ceux qui ne rêvent qu’à les imiter, quitte à entretenir les guerres …avec beaucoup d’intérêts. L’argent prêté crée de l’argent en fonction du taux, de la durée et du marché. Le dollar est toujours la monnaie dominante mais elle n’en n’a plus l’exclusivité. C’est encore un privilège de taille qui doit cesser.

    Comment se fier à de tels « chefs d’Etats » qui dirigent pour leur compte et celui d’une caste, avec de telles méthodes, de telles politiques, de tels résultats et se refusent d’en voir les conséquences pour la planète et les peuples qui l’habitent. Et qui constatent, malgré la crise économique et sociale en France et ailleurs, l’enrichissement des très riches.

    Il explique la régression du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires de très loin les plus nombreuses, comme si cette solution était une fatalité naturelle alors qu’il s’agit avant tout de satisfaire les intérêts des plus riches ?

    On assiste à un début de réaction dans les pays d’Europe de l’ouest pris pour cibles à travers cette provocation américaine qui en dit long sur le rôle leader que s’attribue le couple aux dents longues. Des dizaines de milliers d’abonnés.es à la plate-forme X viennent de la quitter. Musk y sera très sensible.

    États-Unis: en pleine campagne présidentielle, Elon Musk ...

     

    Pourquoi servir les objectifs de ces messies qui gagnent encore de l’argent en nous bourrant le crâne des objectifs qu’ils poursuivent. Ils nous disent…

    « Chacun pour soi et travaillez plus, vous serez mieux payés ???»

    Autrement dit: «fermez-là et laissez-nous faire» Ne nous laissons pas piétiner

     

    René Fredon

     

    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/03/affaire-stormy-daniels-deja-reconnu-coupable-donald-trump-connaitra-sa-sentence-le-10-janvier_6480429_3210.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20250104&lmd_email_link=a-la-une-articles-H2_titre_3&M_BT=56064101136620                          

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le 30

    2024, il fut, dans l’histoire des E-U, le premier ancien locataire de la Maison Blanche à être pénalement condamné !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    René Fredon

     

    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/03/affaire-stormy-daniels-deja-reconnu-coupable-donald-trump-connaitra-sa-sentence-le-10-janvier_6480429_3210.html?lmd_mium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20250104&lmd_email_link=a-la-une-articles-Hedtitre_3&M_B2_T=56064101136620

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    Elon Musk soutient la fachosphère allemande

                

     

                     Elon Musk soutient la fachosphère allemand

    «Seule l’AfD peut sauver l’Allemagne» c’est le message du milliardaire américain avant même qu’il prenne son poste de n°2 des E.-U aux côtés de l’ultra-vulgaire autre milliardaire, Trump.

      Le Monde met en exergue l’appel d’un personnage à «sauver le Reich»  et nous renvoie de 1933 à 1945, nous qui venions de naître : «Deutschland über alles» -l’Allemagne au-dessus de tout ! Leur führer voulait juste dominer le monde…60 millions de morts ! 80 ans après les guerres se mutiplient, de plus en plus à hauts risques

    Qu’un personnage comme Elon Musk, mette l’accent sur ses références, lourdes d’histoire, c’est très inquiétant, voire révélateur, dans un contexte de progression des extrêmes-droites dans toute l’Europe

      « Leur objectif :se donner les moyens d’expulser vers l’Afrique du Nord quelque 2 millions de personnes qui vivent aujourd’hui en Allemagne : des migrants et des demandeurs d’asile, mais aussi des citoyens allemands d’origine étrangère»

    (j’ai retrouvé par hasard  l’article de l’Huma sur la réunion clandestine qui a eu lieu fin septembre 2023 à Potsdam pour lancer un réseau soutenu par quelques patrons fortunés, pour opérer un processus  de « remigration »,

                   La coalition CDU-SPD-Verts a éclaté en Allemagne. On vote dans deux mois. La crise économique, sociale, politique…y est intense, tout comme en France. En Europe, Trump a promis d’en finir en 24 h avec la guerre en Ukraine. L’avenir de l’Allemagne -et pas que- constitue un enjeu essentiel pour les E-U, il y a des élections au Bundestag fin février 2025. Parmi les partis d’extrême-droite, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) approche les 20% et a retenu l’attention du couple de milliardaires qui ne pense  qu’aux intérêts de l’Allemagne…à travers ceux des E.-U. Ils ont annoncé la couleur.

                                          Musk déjà sur le coup fin 23

    Le 30 septembre 2023  il «twistait» et  critiquait «le soutien de Berlin à des ONG secourant des migrants en Méditerranée, après avoir partagé vendredi un post prônant une victoire électorale du parti allemand d’extrême-droite AfD». Il ajoutait que «cela ressemblait à une invasion!»

      Le  ministère lui répondit : «c’est ce qu’on appelle sauver des vies»

    Musk en remit une couche : «Donc, vous en êtes fiers en fait. Intéressant. Franchement, je doute qu’une majorité de l’opinion allemande soutienne cela. Avez-vous fait un sondage? C’est certainement une violation de la souveraineté de l’Italie que l’Allemagne transporte un large nombre d’immigrants illégaux sur le sol italien ?

    Ledit  Musk roulait déjà pour Trump et poursuit sa  mission aujourd’hui sur le même fond politique : ancrer l’extrême-droite à la place de la droite fut-elle la plus…extrémiste. Le fascisme ça peut toujours servir…bien camouflé d’abord ?           ?                    

                    Les Allemands vont-ils piloter les élections allemandes ou ce sont-ils les maîtres de la finance américains qui vont s’immiscer dans leurs affaires tout en étant en plein conflit d’intérêts. La raison du plus fort est toujours la meilleure. Tout sera fait dans leurs règles. 

    Qu’il y ait plusieurs partis d’extrême-droite comme le NPD crée en 1964 considéré comme néo-nazi, raciste, antisémite, révisionniste ou d’autres contre l’immigration islamiste, ne leur fait ni chaud ni froid c’est leur ligne et il la banalise.

    D’ailleurs la plupart de l’extrême-droite de France, d’Italie…a chaleureusement salué la victoire du tandem américain pour les suivre dans leur conservatisme, leur gestion au service du capital, des puissants et au détriment des peuples qui voient les inégalités se creuser, les guerres se mutiplier, nos objectifs climatiques s’éterniser, faute de moyens et de volonté politique. Ils sont aussi climato-sceptiques dans une très grande proportion

     

    Ce «Mr. Efficacité» propriétaire entr’autre de SpaceX, Tesla, du réseau X -ex twitter- mondial d’informations qu’il dit «en toute liberté», lui a valu d’être nommé aux côtés de Trump pour rationnaliser sa gestion globale et se mêler de tout qui lui paraît exploitable. Et de nature à séduire les investisseurs qui jugeront si le taux de profit tient ses promesses ainsi que le volume et la durée du marché.

    Avec une fortune privée plus grosse qu’un Etat, en ajoutant les deux, ça vous donne tous les pouvoirs -ou presque- dans un monde en pleine décomposition.

    Il serait temps de relever le défi et à barrer la route pour que chacun ait droit à la paix, au respect et au bonheur. Humanisons la planète.  En conscience.

    René Fredon

     https://www.bfmtv.com/international/cela-fait-penser-a-une-invasion-elon-musk-critique-le-soutien-de-berlin-au-secours-de-migrants_AD-202309300270.html                   

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    Mayotte et nous avec elle pleure ses morts et ses innombrables blessés.
    Fabien Roussel a contacté Emmanuel Macron ce 17 décembre.

     

    Mayotte et nous avec elle pleure ses morts et ses innombrables blessés.
    Mayotte manquait déjà de tout. Le cyclone tropical Chido lui a enlevé ce qui lui restait. Des vies d’abord, à tel point que les autorités sont incapables de dire à cette heure le nombre de victimes. Paysage d’apocalypse, les bidonvilles ont été transformés en cimetières. Les toits des fragiles habitations se sont envolés comme des feuilles de papier, jetant par milliers les familles dans des rues et des chemins encombrés d’un innommable fatras d’arbres déchiquetés, de planches broyées et de tôles tordues.

    Le département le plus pauvre de la sixième puissance mondiale s’est transformé en espace fantôme de désolation et de larmes. La violence du vent, excitée par le réchauffement de l’océan, s’est vue grossie de la précarité humaine, du chômage, de la pauvreté qui frappe les trois quarts des habitants, du manque d’eau potable et du choléra. Voici qui rend ridicules les moulinets d’un ancien ministrion de l’Intérieur, du nom de Darmanin, qui, en ces lieux il y a plusieurs mois, bave aux lèvres et poigne de fer, vantait à la télévision ses mérites de destructeur de bidonvilles et de soldat-chef de la « croisade » contre les migrants. Et, l’actuel ministre, fait savoir son obsession pour l’archipel : L’immigration. Abject !

    Ceux qui, depuis quelques heures, versent leurs petites larmes de crocodile et se font filmer la mine sombre, tantôt dans des cellules de crise, tantôt dans des déplacements mis en scène, tantôt dans des prises de parole calibrées… Tous ceux-là sont les mêmes qui ont laissé Mayotte se délabrer, s’affaisser, s’appauvrir jusqu’à la tragédie. Ce sont les mêmes qui veulent nous endormir de leurs funèbres musiques austéritaires et leurs refrains sur la nécessité d’amaigrir l’État jusqu’à l’os.

    Les mêmes qui ont déchiré sans les lire les rapports qui alertaient sur la nécessité de mettre en place des dispositifs de prévention des risques naturels. Les mêmes qui ont détruit les quelques structures de prévention des risques qui existaient. Les mêmes qui ont toléré la vie chère à Mayotte et refusé les convergences des droits sociaux entre les Mahorais et les autres Français. Les mêmes qui ont bloqué l’alignement du Smic et des minimas sociaux de Mamoudzou sur ceux de Paris. Ils ont sali la République qui a négligée une partie d’entre nous.

    Du reste, ceux qui viennent au secours des populations mahoraises ne sont pas ceux qui apparaissent sur les écrans avec leurs beaux costumes et leurs mots ronflants, mais les agents publics, de l’hôpital, des écoles, de la gendarmerie, des pompiers, de l’armée, de l’équipement, des services préfectoraux aux côtés des grandes associations de solidarité. Ceux que les puissants traitent, en temps normal, de « feignasses » ont agi bien avant toute causerie et toute visite ministérielle.

    Les mêmes qui vilipendent les services publics sont ceux qui détricotent tout projet, aussi maigre soit-il, de transition environnementale, comme cela se passe en ce moment même au Parlement européen et à la Commission européenne.

    Ils n’ont que faire des êtres humains. Mayotte n’est pour eux qu’un lointain point sur la carte, un laboratoire expérimental de la remise en cause du droit du sol. Mais surtout, pour eux, Mayotte n’est qu’une colonie stratégique au large de Madagascar, au cœur du canal du Mozambique où circule le pétrole, et en Indo-pacifique où, en ces troubles temps, on dépoussière les canons du nationalisme et des guerres. Pour les pouvoirs au service de la haute bourgeoisie, Mayotte est une « zone géostratégique », et non un espace de vie humaine, animale et végétale.

    L’ampleur des catastrophes et les terribles effets de celles-ci ne peuvent être pensés sans prendre en compte les rapports sociaux de domination. Un cyclone est d’autant plus puissant que le mode de production capitaliste et le traitement colonial laissent béantes les portes des désastres annoncés. Le capitalocène est le nom de cette ère où un système économique engendre et accentue des perturbations qui compromettent les conditions d’habitabilité de notre planète.

    Le comportement colonial détourne regards et projecteurs sur l’immigration et la stigmatise pour mieux laisser les populations vivre dans la misère et des habitats plus que précaires, privées d’eau potable, de services de santé, d’écoles et de services publics. C’est abominable. C’est insupportable.

    Si les pouvoirs publics de notre pays avaient une autre conception de leur rôle, ils auraient pu depuis longtemps engager le vaste chantier d’adaptation de l’île aux risques naturels, ils auraient dépollué l’eau, stoppé la déforestation, reconstruit les réseaux. Autant d’actions qui tournent le dos à la restriction austéritaire des crédits publics et au colonialisme.

    Toutes et tous Mahorais

    Soyons solidaires immédiatement pour apporter les aides indispensables aux Mahorais, avec les associations et les municipalités. Dans l’immédiat, il faut gagner la course contre la montre engagée contre la faim, la soif, les maladies, le soin aux blessés. Agissons pour obtenir une solidarité européenne et, au-delà, la solidarité internationale. Surtout, soyons solidaires dans un combat qui doit être engagé pour obtenir les moyens d’une reconstruction du département.

    Il faudra tout réparer, tout reconstruire : les maisons et la nature, les champs et les êtres humains.

    Mayotte n’est sans doute pas Notre-Dame de Paris qui a fait l’objet de tant d’engagements financiers, politiques, techniques et humains. Mais la situation de Mayotte exige un engagement de plus grande ampleur et avec la même diligence.

     

    par Patric Le Hyaric

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    L’HUMANITÉ, NFP, RN, LR, qui votera une motion de censure… (2 articles)

     

    Objet : Lu dans L’HUMANITÉ, NFP, RN, LR, qui votera une motion de censure… (2 articles)

     

    Analyse : 

    François Bayrou nommé premier ministre : NFP, RN, LR… qui votera une motion de censure ?

    Alors qu’il vient juste d’être nommé premier ministre, François Bayrou fait déjà face au spectre de la censure. Colère de la gauche et trouble jeu du RN… L’Humanité fait le point sur les déclarations des différents groupes d’opposition.

    L’équation est simple, posée sur le papier. Pour espérer tenir plus longtemps que son prédécesseur Michel Barnier, François Bayrou doit compter sur la non-censure d’au moins un des deux blocs d’opposition : le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire. État des lieux des positions de chacun, au jour de sa nomination.

    La France insoumise annonce déjà la censure…

    À peine François Bayrou nommé à Matignon, le coordinateur national des insoumis, Manuel Bompard a dénoncé « un nouveau bras d’honneur à la démocratie ». « Après avoir perdu toutes les dernières élections, Macron installe son premier et dernier soutien à Matignon. Faire tomber Bayrou, ce sera donc faire tomber Macron », annonce le député. Le groupe FI déposera à l’Assemblée nationale ce qui pourrait être la première censure du gouvernement Bayrou : « Deux choix s’offriront aux députés : le soutien au sauvetage de Macron ou la censure. Nous avons fait le nôtre », prévient Mathilde Panot, cheffe de file des élus FI au Palais Bourbon.

    Le PCF dénonce un « déni de réalité » et propose un renoncement au 49.3…

    Les communistes regrettent, par communiqué, la nomination de François Bayrou. « Le choix des urnes aurait dû le conduire à nommer un Premier ministre de gauche issu de la coalition arrivée en tête », rappellent-ils. Mais le PCF n’a pas encore pris position sur une éventuelle censure de François Bayrou. « Cette nomination envoie un mauvais signal, car les Français attendent une nouvelle politique, mais nous sommes prêts à débattre s’il renonce à l’article 49.3 », a déclaré Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, reprenant ainsi la proposition faite par la gauche lors des rencontres parlementaires à l’Élysée, en début de semaine (il s’agissait alors, pour un éventuel gouvernement NFP, de renoncer à l’article controversé de la Constitution). « S’il maintient le cap politique de Macron, ce sera la censure », prévient toutefois le porte-parole du PCF, Ian Brossat.

    Les écologistes prêts à censurer…

    Côté Écologistes, la censure est loin d’être exclue. « On va regarder la teneur de la politique qui se profile. Si c’est pour garder les mêmes aux postes stratégiques, dont M. Retailleau à l’Intérieur, si c’est pour ne rien faire sur les retraites, l’écologie et la justice fiscale, je ne vois pas quel autre choix nous aurions que de le censurer », a indiqué la patronne des Verts, Marine Tondelier. Le député Benjamin Lucas-Lundy, porte-parole du groupe à l’Assemblée, a indiqué plus tôt dans la journée qu’il voterait « à ce stade bien volontiers » une motion de censure contre François Bayrou, dont le choix constitue « un crachat au visage des électeurs et des électrices ».

    Le PS « demeure dans l’opposition »…

    « Les socialistes ne participeront pas à votre gouvernement et demeureront dans l’opposition », a indiqué le premier secrétaire du PS Olivier Faure à François Bayrou, mettant fin à la rumeur d’un hypothétique décrochage des socialistes du NFP. Le parti à la rose exige du nouveau chef du gouvernement qu’il renonce à l’article en 49.3, sans quoi il se placerait « sous la dépendance du RN » puisqu’il y aurait à nouveau motion de censure. « La poursuite d’une politique et d’une méthode déjà censurées aboutirait au même résultat », menace le PS.

    Au Rassemblement national, pas de censure a priori…

    « Il n’y a pas de censure a priori », a réagi Jordan Bardella, chef du parti d’extrême droite, après la nomination de François Bayrou. Le RN entend encore jouer l’arbitre des élégances du nouveau gouvernement, en se réservant le droit de censurer au moment qu’il arrange, et en servant de béquille à l’exécutif en attendant. Jordan Bardella a souligné toutefois que les « lignes rouges » du RN, qui ont mené ses députés à voter la censure de Michel Barnier la semaine précédente, restent les mêmes : « Pas de déremboursement des médicaments, ne pas fragiliser la situation économique et sociale des retraités. »

     

    Publié le 13 décembre 2024

    Cyprien Caddeo

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    Objet : Lu dans L’HUMANITÉ, François Bayrou….

     

     

    Portrait :

    François Bayrou nommé premier ministre : le meilleur allié de Macron à Matignon

    Le président du Modem et maire de Pau est devenu le sixième premier ministre d’Emmanuel Macron – le quatrième en un an. Pilier du camp présidentiel, cette figure du centre prônait, cet été, la fermeture aux « extrêmes », renvoyant gauche et RN dos à dos.

    François Bayrou est un Jean-Louis Borloo qui a réussi. À l’image de l’ex-ministre de l’Environnement, il était, à chaque remaniement, pressenti pour être le chef du gouvernement mais sans jamais le devenir. Jusqu’à ce vendredi 13 décembre. L’Élysée a annoncé par communiqué nommer le président du MoDem premier ministre. Il devient le sixième locataire de Matignon en sept ans, le quatrième rien qu’en 2024.

    Soutien tardif d’Emmanuel Macron lors de sa première campagne présidentielle, après avoir dénoncé dans un premier temps une candidature soutenue par « des grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique », François Bayrou a accompagné les deux mandats du président. Le maire de Pau croit fermement à la doctrine du dépassement des clivages, telle que théorisée par Emmanuel Macron et qu’il avait lui-même développée, dix ans auparavant, lors de la campagne 2007. Interrogé récemment par l’Humanité sur sa ligne politique, François Bayrou la définissait ainsi : « Une volonté de dépassement de l’affrontement stupide droite contre gauche et de prendre le monde tel qu’il va. Avec, comme priorité, l’activité économique. Pour que la vitalité économique serve un projet social et républicain. »

    Pour le centriste, Matignon est une revanche. Nommé garde des Sceaux dans le premier gouvernement d’Édouard Philippe en mai 2017, chargé de porter une grande loi pour la « transparence de la vie publique », il est contraint de renoncer à rempiler au lendemain des législatives, cité dans l’affaire des assistants parlementaires du Modem – pour laquelle il a été relaxé en première instance en février dernier. La justice coupe alors l’élan de celui qui devait être un des poids lourds de l’exécutif macroniste.

    Le bilan peu reluisant des années Balladur…

    Toujours incontournable au sein de la majorité présidentielle, fort des 57 députés MoDem élus en 2017, François Bayrou se fait recycler, en septembre 2020, haut-commissaire au Plan. Sa mission : « animer et coordonner les travaux de planification et de réflexion prospective conduits pour le compte de l’État » et « éclairer les choix des pouvoirs publics ». Une fonction imaginée à l’origine par le général de Gaulle, en 1946, et ressuscitée pour l’occasion. Quatre ans plus tard, de nombreux doutes subsistent encore sur l’utilité réelle de l’institution, et la prise en compte de ses travaux.

    Ancien ministre de l’Éducation nationale dans les années 1990 sous les gouvernements d’Édouard Balladur et d’Alain Juppé, François Bayrou partage avec eux un bilan peu reluisant, fait d’attaques contre la Sécurité sociale, de gel des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite et des allocations familiales, et de baisse de taux de remboursement des prestations médicales.

    Avec Édouard Balladur, François Bayrou participe aux privatisations de la BNP, d’Elf et de Rhône-Poulenc, adoptées par 49.3, qui affaiblissent le rôle et les recettes de l’État. En tant que ministre de l’Éducation, sa grande bataille a été de proposer – sans succès – une réforme de la loi Falloux. François Bayrou voulait déplafonner le montant des subventions que les collectivités locales pouvaient verser aux établissements d’enseignement privé. Des manifestations pour défendre l’école publique et laïque ainsi qu’une censure de la part du Conseil constitutionnel avaient finalement eu raison de ses ambitions.

    En 2007, cette figure du centre se lance dans la course à la présidentielle, dans une rhétorique pré-macroniste : il défend une ligne de synthèse au-delà du clivage gauche-droite, qu’il renvoie à « une guerre de clans, une guerre de camps ». François Bayrou obtient alors 18,57 % des voix, son meilleur score, puis quatre ans plus tard, en 2012, il tombe à 9,13 %. Il appelle alors à voter au second tour pour François Hollande plutôt que Nicolas Sarkozy (ce qui lui vaut l’inimitié de LR).

    Quelle attitude face au RN ?

    François Bayrou porte aujourd’hui le triste bilan d’Emmanuel Macron, le Modem faisant partie de la coalition macroniste au pouvoir depuis 2017.

    Les résultats : des milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, l’affaiblissement du droit du travail et de la Sécurité sociale, le report de l’âge de départ à la retraite à 64 ans ou encore la suppression de l’ISF. Réformes devant lesquelles le Modem s’est illustré soit par son soutien inconditionnel, soit par son incapacité à faire changer d’avis Emmanuel Macron.

    Au lendemain des législatives anticipées, François Bayrou s’était distingué en lançant un appel au « rassemblement » à Emmanuel Macron. Dans un entretien accordé au Figaro, il demandait au président de « former un vrai gouvernement, désintéressé, pluraliste et cohérent ».

    Une équipe constituée de membres « représentatifs non pas des appareils de partis, mais des grandes sensibilités du pays », « réformistes, de gauche, du centre et de droite, républicains, hors extrêmes ». « Des personnalités qui se respectent entre elles et suffisamment expérimentées », décrivait-il alors. Un macronisme 2.0, en somme.

    Après la censure et la nomination d’un nouveau premier ministre, une opportunité pour un budget plus juste ?

    Une fermeture « aux extrêmes », donc au Rassemblement national (RN), qui ne l’a cependant pas empêché de voler au secours de Marine Le Pen à la suite des réquisitions du parquet, lors du procès des assistants du parti d’extrême droite au Parlement européen, qui prévoit notamment une peine d’inéligibilité potentiellement applicable pour 2027. « Je n’aime pas l’injustice, même quand elle est faite à mes adversaires », avait-il déclaré. Une sortie jugée « élégante » dans les rangs frontistes.

    Quelle attitude adoptera-t-il face aux 124 députés RN et leurs 16 alliés du groupe d’Éric Ciotti ? Ira-t-il jusqu’à composer une majorité avec eux, au risque de lier son destin aux velléités de Marine Le Pen, comme Michel Barnier, ou regardera-t-il ailleurs ? Après s’être couché devant Marine Le Pen, le macronisme semble vouloir s’offrir une tentative de retour à la case départ. Sa dernière chance de survie ?

     

    Publié le 13 décembre 2024

    Anthony Cortes

     

     

     

     

    Sans virus.www.avast.com

    International

    La France à la merci des marchés

    Diagrammes Forex et lignes de hausse du marché boursier avec des chiffres - Photo de Donnée libre de droits

     

     

    La France à la merci des marchés

     

    Grâce à l’ambition d’un jeune énarque, un temps membre du parti socialiste, François Hollande, son prédécesseur, en a vite fait son ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique qui accoucha très vite de la…loi Macron, en décembre 2014.

    Pour, bien sûr, privatiser l’économie et règlementer la vie des entreprises dans le sens des intérêts patronaux. C’est si vrai que l’ex-directeur de la banque Rotschild la fera adopter par…le 49/3, on ne sait jamais. Le code du travail sera remanié, dans le même sens. Dans la foulée, il devança Hollande et lui souffla la présidentielle. On connaît la suite.

    Le social-libéral accompli créa son propre parti « En marche» -aujourd’hui « à l’arrêt »- et disposera en mai 2017 d’une majorité de barrage (66%) au second, tour face à Marine Le Pen, 33,10% et 10,6 millions de voix. Au 1er tour, Macron ne fit que 24,01, MLP, 21,30, Fillon, 20,01, JLM, 19,58…

    A la présidentielle qui suivit en 2022, il fit à peine mieux au 1er tour, 27,85%+3,8% et  MLP 23,15%+1,9% avec un autre candidat, Zemmour, 7,07% à l’extrême-droite, JLM, 21,95. Si bien qu’au second tour, le RN obtint 41,45% et 13,2 millions de voix !!

    Aux législatives de juillet 2024, le RN arriva en tête au 1er tour avec 10,647 millions de voix, devant le NFP, 8,895 millions qui proposa un désistement républicain pour freiner l’élection de députés RN au second tour possiblement majoritaires avec Bardella à Matignon ? L’appel du NFP au barrage républicain pour le second tour s’est avéré très efficace. Macron l’a oublié ? C’est la gauche de transformation qu’il veut diviser, c’est le ralliement au libéralisme qui l’intéresse.

    Le Nouveau front populaire arriva en tête avec 178 sièges (LFI 72, Socialistes 66, écologistes 38, GDR com 17) devant le bloc gouvernemental, 166 Ensemble 2ème groupe et, 3ème groupe, 142 dont RN 126 +16 alliés. Les LR à 5,41% et 41 sièges. Et ce sont eux qui ont été appelés par Macron comme 1er ministre et au gouvernement avec la macronie pour palier l’état laissé par les gouvernements précédents nommés par Macron le modeste surdoué.

    Même si l’émergence de l’extrême-droite est un phénomène global en Europe et sur d’autres continents, en France Macron leur a offert sur un plateau l’occasion de contester ses choix très orientés vers les marchés, tournés vers les bonnes affaires privées pour que le RN trouve du grain à moudre et attire des mécontents réels, sans faire le lien avec les finalités libérales qu’il partage naturellement.

    Peut-on les prendre au sérieux quand on connaît -et ils ne s’en cachent pas- leur admiration totale de Trump, grand pacifiste, progressiste et humaniste s’il en est ?

    Né très riche, son symbole de l’addiction à l’or, l’ultra milliardaire Elon Musk et ses condisciples, veulent nous faire avaler que n’importe qui peut accéder à la richesse, laquelle va nous rendre heureux.se au royaume du capitalisme et de ses « démocraties », celles du fric ! Malgré ce que nous vivons depuis des générations et qui ne fait que s’aggraver pour les peuples.

    Au point de s’attaquer à toutes nos avancées sociales au point de faire reculer nos acquis sociaux, nos services publics de santé, d’éducation, de formation, de transport, de logement…bref, d’avoir une vie digne sans passer par des privations qui nous sont imposées ou nous privent des moyens de faire face aux aléas de la vie ainsi que vos proches.

    Cela ne préoccupe pas les très privilégiés -pas tous les patrons, évidemment- je parle de ceux qui ne se posent pas les mêmes questions puisqu’ils disposent de revenus dont les écarts avec les salariés sont vertigineux et qu’ils font tout pour les accroître. Sans se demander s’ils ne pourraient pas contribuer à les socialiser. Là, ils ont un blocage, très collectif et persistant.

    Un exemple : la famille Mulliez (Auchan, Décathlon, Leroy-Merlin, Kiabi, Flunch…)

    près de 2400 emplois menacés en France dont plusieurs magasins Décathlon. Présente dans 78 pays, l’enseigne se porte bien. Les actionnaires, tous familiaux, vont recevoir 1 milliard de dividendes en 2024, après 0,800 milliard en 2023 et depuis un certain temps.

    Les salariés touchent à peine 2000 euros/brut par mois après 10 ans de carrière. «C’est indécent» ont réagi les salariés, surtout si l’on ajoute les années précédentes et les autres dividendes perçus : le capital est très bien traité même quand il faut réduire la voilure. Les salariés, on les jette quand on n’en a plus besoin !

    Les grands patrons n’aiment pas qu’on leur parle de  «lutte de classe» ! Comment, ils ont la bonté de donner du travail à leurs salariés.es et puis il y en a tellement qui attendent! Ce ne sont pas des assistants(tes) sociaux. Les voyons. La vie est dure pour tout le monde. « On est tous égaux, disait Coluche, mais certains plus que d’autres…»

     

    Macron veut garder la main

     

    Le pays est au ralenti, il choisira encore dans son camp, donc sans majorité. Mais c’est le contenu qu’il faut sérieusement infléchir et, venant de la gauche, ce ne sont pas les propositions qui manquent pour trouver des recettes nouvelles et substantielles, abroger les retraites serait plébiscité. Il va demander d’ abandonner la censure ? C’est un peu court et c’est lui qui nous a amenés là !

    Pas de premier ministre issu du premier des trois groupes politiques minoritaires de l’assemblée nationale, le NFP !

    Motif : il serait censuré, il n’a pas d’alliés, donc il ne peut pas en trouver même ponctuellement ?? Sur aucun sujet ? Faux ! Au suivant et  revenons vers un de ceux qui rejettent une partie du NFP. On en est là, Macron est nu comme un ver mais il choisit encore un 1er ministre de droite pour rattraper  le chaos qu’il a semé. Réussi a-t-il à diviser la gauche et ne pas lui laisser sa chance ?

    Le RN se régale, il a déjà absorbé LR, il n’est pas rassasié. Vive la République! A bas la gauche ! Merci Macron !? La censure a dépassé les pronostics. La loi sur la réforme des retraites n’a pas été abrogée ! A qui la faute ?

    Voilà ce qu’il a fait depuis qu’il a « pris » l’Elysée. Et pourtant il nous faut renforcer la gauche pour éviter l’extrême-droite tout en proposant une alternative de paix et de progrès social, écologique et démocratique, face à cette alternance capitaliste et nationaliste qui nous menace et pas qu’en France.

    Parce que, malgré ses débats internes, on ne pourra rien obtenir des droites extrêmes sauf le pire, le libéralisme ne peut pas améliorer les politiques qu’ils imposent aux populations. Il est au service des grandes fortunes, pas des besoins populaires sacrifiés parce qu’ils recherchent les investissements les plus rentables et pas ce qui est le plus utile à la planète et à la vie de ses habitants. Les ultra riches en sont les propriétaires.

    A force de ne plus s’interroger sur le fond des problèmes qui nous divisent et nous enfoncent tout en multipliant les profits privés, on laisse le terrain aux pires démagogues xénophobes qui sont au service des puissances financières et de leurs  valeurs conservatrices les plus ancrées. Un danger majeur pour la planète et l’humanisme.

     

    Le bond des milliardaires

     

    Une récente étude de la banque suisse USB nous éclaire sur l’évolution des dividendes des milliardaires à travers le monde :

     « Entre 2015 et 2024, la fortune cumulée des milliardaires a augmenté de 121%, passant de 6.300 milliards de dollars en 2015 à 14.000 milliards de dollars en 2024, a indiqué jeudi (5-12-24) la banque suisse dans un communiqué.

    Leur fortune a donc augmenté davantage que l’indice MSCI AC World, utilisé pour mesurer l’évolution des marchés d’actions au niveau mondial. Durant la même période, cet indice a enregistré une progression de 73%.

    Durant ces dix ans, le nombre de milliardaires dans le monde est quant à lui passé de 1.757 à 2.682, le pic ayant été atteint en 2021 avec 2.686 milliardaires.”Depuis, il est resté stable”, précise la banque dont une grande partie de l’activité se concentre sur la gestion de fortunes. »(1)

    Il y a des admirateurs qui diront que, ramenés à la population globale, ces capitaux vertigineux ne feraient qu’une somme dérisoire par tête…comme s’il s’agissait de les distribuer individuellement. Cela ferait énormément pour des investissements publics utiles dans tous les pays et les secteurs qui en manquent cruellement.

    On ne partage pas chez les très riches, on accumule et on s’approprie une partie du travail des autres, à la rigueur on fait un peu d’humanitaire défiscalisé et on devient bienfaiteur et mécène. Ce qui, bien sûr, est mieux que rien mais tellement insuffisant et inégalitaire, la principale cause de nos gigantesques inégalités.

     

    Conclusion…provisoire

     

    La volonté de Macron de mettre sur le même plan le RN et LFI est une insulte délibérée qui vise à faire éclater le NFP. La pression publique d’une partie du PS de se démarquer de LFI va dans le même sens. L’empressement de LFI de se projeter dans la présidentielle de 2027 laisse entendre que la campagne ne sera pas collective ?

    Débattre, oui, pour clarifier et fortifier une coalition de gauche plurielle avec une stratégie conquérante et perfective.

     

    Un dernier mot sur la conférence nationale du PCF. Elle se réunit ce samedi pour tirer les enseignements des années Macron et de la stagnation électorale d’un parti révolutionnaire qui ambitionne de faire partager le projet communiste comme nécessité historique à visée civilisatrice.

    Vu l’évolution du système capitaliste prédateur de la planète, guerrier, impérialiste et vu l’aspiration des peuples à la paix, au progrès social, au partage, à la fraternité, à l’indépendance, à la tolérance et au respect…

    La fin en vaut les moyens.

    René Fredon

     

     

    (1)https://www.nicematin.com/economie/la-fortune-des-milliardaires-a-plus-que-double-en-pres-de-10-ans-selon-ubs-961045

    Actualités

    De L’histoire face aux manipulateurs …Éditorial, par Benoît Bréville

     

    Le Monde diplomatique

    De L’histoire face aux manipulateur sÉditorial, par Benoît BrévilleMohamed Lekleti. – « Lignes de démarcation », 2018

    La capitulation de l’Allemagne était à peine signée que l’Institut français d’opinion publique,
    l’IFOP, interrogeait déjà les Français : « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus
    contribué à la défaite de l’Allemagne ? »
    À l’époque, en mai 1945, chacun avait à l’esprit les millions de soldats soviétiques tombés sur
    le front de l’Est, leur rôle décisif dans l’affaiblissement de l’armée nazie et l’engagement tardif
    des Américains dans le conflit. Aussi 57 % des personnes interrogées répondirent-elles
    « l’URSS », contre seulement 20 % pour « les États-Unis ». Mais quand, en 2024, l’IFOP pose
    la même question, les réponses sont inversées : 60 % des sondés désignent les Américains et
    25 % les Soviétiques.
    La mémoire collective est une construction qui varie au gré des époques, des rapports de forces,
    des intérêts du moment. Au fil du temps, Hollywood a érigé les États-Unis en sauveurs de la
    planète, avec ses films célébrant l’héroïsme des GI, du Jour le plus long (1962) à Il faut sauver
    le soldat Ryan (1998), de Patton (1970) à Au-delà de la gloire (1980), et des dizaines d’autres.
    L’URSS a disparu ; le Parti communiste français (PCF), qui contribuait à entretenir le
    souvenir du sacrifice soviétique, s’est effondré. Et, depuis quarante ans, l’État célèbre en grande
    pompe le débarquement de Normandie, pour en faire le tournant de la seconde guerre mondiale.
    L’événement a pourtant longtemps été tenu pour relativement mineur. Le 6 juin 1949 par
    exemple, son cinquième anniversaire s’est résumé à une modeste cérémonie : un corps de
    clairons local, deux jeunes filles déposant des couronnes de fleurs sur la plage, quelques
    bombardiers survolant les lieux tout en larguant des bouquets et en tirant des fusées. Si les
    festivités ont ensuite pris plus d’ampleur, aucun président américain n’envisageait de faire le
    déplacement.
    En 1964, le général de Gaulle lui-même refusait de se rendre en Normandie : « Vous
    voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une
    seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi (1) ! »
    Tout change en 1984, dans un contexte de durcissement des tensions américano-soviétiques.
    Désormais calées pour coïncider avec les émissions télévisées matinales aux États-Unis, les
    commémorations du 6 juin prennent un caractère spectaculaire et une dimension géopolitique
    qu’elles ne perdront plus. François Mitterrand invite alors Ronald Reagan, Élisabeth II, le
    premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau, Baudouin Ier de Belgique…
    Le « monde libre » affiche son unité et se pose en protecteur de la démocratie. « Les
    troupes soviétiques qui vinrent au centre de ce continent ne sont pas parties quand la paix est
    revenue, accuse Reagan dans un discours au ton offensif. Elles sont encore là, sans être
    invitées, sans être désirées, sans répit, près de quarante ans après la guerre. »
    Depuis, chaque célébration est devenue l’occasion de passer un message, à travers la liste des
    invités, l’ordre et la teneur des discours, le déroulé des parades militaires… Le 6 juin dernier,
    pour le quatre-vingtième anniversaire, pas moins de vingt-cinq chefs d’État ou de
    gouvernement et têtes couronnées foulaient les plages de Normandie. Le camp atlantiste est
    alors au grand complet.

    Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, aucun représentant russe n’est convié,
    pas même un conseiller d’ambassade.
    « La Russie n’est pas invitée car les conditions ne sont pas réunies, compte tenu de la guerre
    d’agression qu’elle mène contre l’Ukraine », justifie l’Élysée.
    Le président ukrainien, lui, est bien présent, longuement ovationné par les quatre mille
    spectateurs triés sur le volet. Tandis que M. Joseph Biden se prévaut du sacrifice des soldats
    américains — « la liberté en vaut la peine, la démocratie en vaut la peine, l’Amérique en vaut
    la peine, le monde en vaut la peine » —, M. Volodymyr Zelensky se lance dans une de ces
    comparaisons historiques dont il a le secret, en expliquant « combien le débarquement résonne
    avec la juste lutte que la nation ukrainienne mène aujourd’hui ». Ainsi la Russie, qui brisa
    la machine hitlérienne à Stalingrad, est-elle subrepticement rangée aux côtés du régime
    nazi.
    Nous travaillons ensemble. – « Nord Sud », 1991
    Que des commémorations offrent un miroir déformé du passé, seul un naïf pourrait s’en
    étonner. Celles-ci servent avant tout à mettre en scène un récit qui correspond aux intérêts de
    ceux qui les organisent. Mais la réécriture de l’histoire de la seconde guerre mondiale est bien
    plus vaste.
    Elle touche aussi les médias, les manuels scolaires, les musées et, dans certains pays, les
    politiques publiques. La Russie a, depuis longtemps, pris l’habitude de voir son rôle
    minimisé au profit de la contribution américaine.

    Elle est désormais jugée co-responsable du désastre, sur un pied d’égalité avec
    l’Allemagne. Ce discours a d’abord émergé en Europe centrale et orientale, et dans les États
    baltes, à la faveur du renouveau des mouvements nationalistes de la fin des années 2000. Dans
    ces pays occupés par les nazis, dont ils furent débarrassés par les Soviétiques et qui restèrent
    après-guerre dans le giron de Moscou, l’idée s’est imposée d’une « double occupation »,
    d’abord par l’Allemagne, puis par l’URSS : les « deux totalitarismes ». Pour ancrer ce récit, il
    a fallu effacer bien des traces du passé, et notamment celles qui signalaient la victoire de
    l’Armée rouge ou la collaboration avec l’occupant allemand…
    Affiche conjointe du Front populaire de libération de la Palestine et du Front démocratique pour la
    libération de la Palestine, « Deuxième anniversaire de Sabra et Chatila. Les massacres n’arrêteront pas la
    lutte des Palestiniens », 1984
    Dès 2007, l’Estonie décidait ainsi de détruire une statue érigée au centre de Tallinn en
    1947 en l’honneur des soldats soviétiques morts au combat : on avait fait d’elle le symbole
    de l’« occupation soviétique ». La minorité russe protesta, la controverse dégénéra en émeutes
    et le gouvernement décida de se contenter de la déplacer.
    Ce type d’opérations est devenu monnaie courante. Depuis quinze ans, on en effectue des
    centaines, en Bulgarie, en Hongrie, en Lettonie, en Pologne, en Roumanie ou en Ukraine. En

    2017, le gouvernement polonais donnait ainsi douze mois aux autorités locales pour retirer tous
    les monuments publics « rendant hommage à des personnes, des organisations, des événements
    ou des dates symbolisant le communisme ou d’autres régimes totalitaires ». L’année suivante, il
    faisait passer une loi pour sanctionner « l’imputation mensongère de crimes contre l’humanité à
    la nation ou à l’État polonais ». Interdiction de parler de la collaboration avec le nazisme :
    l’« Institut de la mémoire nationale » veille. En Ukraine, c’est un livre de l’historien Antony
    Beevor sur la bataille de Stalingrad qui fut interdit en 2018. Sa faute ? Quelques paragraphes
    évoquant des nationalistes ukrainiens qui, enrôlés dans l’armée nazie, avaient exécuté quatre-
    vingt-dix enfants juifs en 1941.

    L’idée d’une coresponsabilité de Moscou et de Berlin a progressivement gagné l’ouest du
    continent, où elle était jusqu’alors surtout cantonnée aux cercles néo-conservateurs. Elle est
    même devenue une doxa officielle du Parlement européen quand, le 19 septembre 2019, sur
    initiative des pays de l’Est, les députés ont voté une résolution sur « l’importance de la
    préservation de la mémoire historique pour l’avenir de l’Europe ». Ce texte établit que la guerre
    fut « la conséquence immédiate du tristement célèbre pacte germano-soviétique de non-
    agression ». Il recommande de déclarer le 25 mai (date de l’exécution de Witold Pilecki,
    un héros d’Auschwitz) « Journée mondiale des héros de la lutte contre le totalitarisme »,
    ce qui associe implicitement l’URSS avec le génocide des Juifs.

    Imaginons que le Mexique signe un accord militaire avec la Chine…
    Il est en soi contestable que des élus écrivent et figent l’histoire. En 1990, des historiens de
    renom, comme Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet, s’opposaient déjà à la loi
    Gayssot, adoptée dans l’émotion deux mois après la profanation d’un cimetière juif à
    Carpentras, qui interdit la négation de la Shoah. « Expliquer le crime, lui donner sa dimension
    historique, comparer le génocide nazi à d’autres crimes contre l’humanité. C’est ainsi — et
    non par la répression — que l’on forme des esprits libres (3) », estimait alors la première. Au
    moins, le sujet faisait consensus parmi les chercheurs. Tout comme les lois mémorielles
    suivantes sur le génocide arménien de 1915 et sur l’esclavage : aucun historien sérieux ne niait
    le caractère génocidaire du premier, ni que le second correspondait à un crime contre
    l’humanité. À présent, les législateurs interviennent sur des sujets toujours débattus par les
    historiens, dont ils ne connaissent rien, dans un but uniquement politique. C’est ainsi que, sur
    demande de Kiev, le 28 mars 2023, quelques semaines après leurs homologues européens, les
    députés hexagonaux ont reconnu, à une écrasante majorité, le caractère génocidaire de la
    « grande famine » ukrainienne de 1933. Un qualificatif qui fait l’objet d’âpres discussions
    parmi les spécialistes. Mais, comme l’a déclaré un parlementaire partisan du texte (4), « même
    si je comprends qu’il puisse y avoir débat sur le caractère génocidaire de l’Holodomor, au
    bout d’un moment, il faut faire de la politique ! ».
    Avec leur résolution de 2019, les élus européens ne se contentent pas de prendre parti dans une
    controverse. Ils révisent l’histoire, en supprimant tous les éléments susceptibles d’entraver leur
    nouveau récit. Car il faut une mauvaise foi évidente pour rendre Moscou coupable de la
    seconde guerre mondiale, tout en occultant les responsabilités françaises ou britanniques.
    Lorsque l’Union soviétique signa son pacte avec l’Allemagne, le 23 août 1939, le Royaume-
    Uni et la Pologne s’étaient employés à torpiller toute possibilité d’un accord de sécurité
    collective incluant l’URSS. Les élites britanniques soutenaient alors une politique
    d’« apaisement », pour ne pas dire de compromission, avec les nazis, qu’elles jugeaient bien
    plus respectables que les communistes. Cette complaisance de la classe politique, des financiers
    de la City, de l’aristocratie et de la presse est un élément déterminant pour comprendre la
    marche vers la guerre. Elle est pourtant ignorée des discours publics, absente des manuels
    scolaires et des programmes télévisés.

    Herman Braun-Vega. – « Bonjour Monsieur de La Tour (Les tricheurs) », 1981

    Face à cette offensive idéologique, M. Vladimir Poutine a beau jeu de dénoncer le
    « révisionnisme » antirusse. « Le révisionnisme historique, dont on observe les manifestations
    en Occident, surtout concernant la seconde guerre mondiale et ses conséquences, est
    dangereux parce qu’il déforme de manière grossière la compréhension des principes de
    développement pacifique définis lors des conférences de Yalta et de San Francisco en 1945 »,
    accuse-t-il en juin 2020, dans un long article sur « Les vraies leçons du soixante-quinzième
    7
    anniversaire de la seconde guerre mondiale », publié par la revue conservatrice américaine The
    National Interest. Pour démonter les manipulations occidentales, le président s’est mué en
    professeur d’histoire.
    Lors de discours-fleuve, il pointe la responsabilité occidentale dans le déclenchement du
    conflit, il pourfend la « trahison de Munich », il dénonce la collusion de la Pologne avec
    l’Allemagne nazie, il célèbre l’héroïsme des soldats soviétiques.
    Et, comme ses adversaires, il déforme le passé pour servir ses intérêts, en interdisant d’évoquer
    les liens entre l’URSS et l’Allemagne, en récrivant les programmes et les manuels scolaires,
    notamment pour justifier la « dénazification » de l’Ukraine, et nier sa légitimité historique.
    C’est en effet l’une des obsessions du président russe. Archives à la main, M. Poutine s’emploie
    depuis des années à contester tout passé propre à sa voisine. En mai 2023, il apparaissait sur les
    écrans en train de scruter une carte du XVIIe siècle avant d’en conclure : « Le gouvernement
    soviétique a créé l’Ukraine soviétique. C’est bien connu de tous. Jusqu’alors, il n’y a jamais
    eu d’Ukraine dans l’histoire de l’humanité. »

    Deux ans plus tôt, en juillet 2021, il publiait un texte de quinze pages pour démontrer « L’unité
    historique entre la Russie et l’Ukraine », en remontant jusqu’au royaume de la Rous, fondé à
    Kiev au IXe siècle. « Dans la plaine de Koulikovo, le grand-prince Dimitri de Moscou a
    combattu aux côtés du voïvode Bobrok de Volynie et des fils du grand-duc de Lituanie Olgierd,
    André de Polotsk et Dmitri de Briansk. En même temps, le grand-duc de Lituanie Jagellon, fils
    d’une princesse Tver, menait ses troupes en aide au Mamaï. Ce sont là les pages de notre
    histoire commune », écrit-il par exemple.

    Ce à quoi M. Zelensky lui avait répondu, lors d’un long discours le 23 août 2021 : « Notre
    hryvnia [la monnaie ukrainienne] a plus de mille ans. Elle existait à l’époque de Volodymyr le
    Grand. Notre trident [sur le blason du pays] a été approuvé par la Constitution ukrainienne il y
    a vingt-cinq ans. Ce même trident était déjà représenté sur les briques de l’église de la Dîme il
    y a mille vingt-cinq ans. »

    Ces élucubrations croisées prêteraient à sourire si la guerre des mémoires n’avait pas
    dégénéré en un conflit sanglant.
    Et si d’autres pays ne faisaient pas ce même usage, aussi farfelu que meurtrier, du passé.
    À l’image d’Israël, dont les dirigeants n’hésitent pas à se référer au royaume de Juda,
    établi par des Israélites à l’âge du fer, ou à brandir des découvertes archéologiques supposées
    démontrer une continuité de la présence juive dans la région. Des pièces de monnaie, des
    tombeaux, des stèles vieilles de plusieurs millénaires, mais qui servent aujourd’hui à justifier
    une colonisation et une oppression là encore bien réelles.

    Guy Le Querrec. – Mur de Berlin, 30 décembre 1989

    Manipulée pour alimenter ces conflits, l’histoire devrait servir à les comprendre, à en saisir
    les racines, les enjeux. Mais l’instantanéité convient mieux au récit que les commentateurs
    souhaitent délivrer au public. Pour eux, l’affaire est donc entendue : la guerre en Ukraine a
    commencé le 24 février 2022 et celle de Gaza le 7 octobre 2023 ; dans un cas, la Russie a
    agressé l’Ukraine et dans l’autre, le Hamas a attaqué Israël.
    Or les victimes ont bien le droit de se défendre, et l’Occident de les y aider. CQFD.
    Cela n’est pas faux. Mais un pas de recul offre un tout autre paysage.
    La guerre en Ukraine ne peut être comprise sans rappeler qu’au moment de la chute de l’URSS,
    tandis que la Russie était à genoux et ne constituait plus une menace, les États-Unis ont choisi
    de conserver l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

    Puis d’y intégrer un nombre croissant de pays jadis membres du pacte de Varsovie, ainsi que
    d’anciennes républiques soviétiques, avec pour projet d’intégrer la Géorgie et l’Ukraine. Une
    alliance antirusse, un déploiement militaire et stratégique considérable aux portes de la Russie.
    Imaginons, ironisait Noam Chomsky que le Mexique signe une alliance militaire avec la
    Chine, puis l’autorise à y stationner des troupes et des armes, juste derrière la frontière
    américaine, malgré les avertissements de Washington… Et, si les États-Unis réagissaient en
    envahissant le territoire mexicain, qui imagine que l’Union européenne, soucieuse de faire
    respecter le droit international, livrerait des dizaines de milliards de dollars au pays agressé ?

    Une méthode pour briser la gangue des idées reçues
    Le massacre perpétré par le Hamas s’inscrit lui aussi dans une histoire. Celle des six
    opérations punitives israéliennes organisées contre Gaza en dix-huit ans ; celle d’un
    blocus terrestre et maritime parmi les plus sévères de la planète ; celle d’une occupation
    illégale des territoires palestiniens, maintes fois dénoncée par les Nations unies depuis
    1967.
    Plutôt que cette mise en perspective, les médias privilégient une chronologie immédiate qui leur
    permet d’omettre les vexations ordinaires infligées aux Palestiniens, les contrôles permanents,
    l’occupation militaire, le mur de séparation, le dynamitage de leurs maisons, la colonisation de
    leurs terres.
    L’attaque du 7 octobre devient ainsi dépourvue de raison, si ce n’est ethnique ou religieuse.
    Une tuerie de Juifs, un « pogrom », et même « le plus grand pogrom depuis la Shoah », comme
    auront tôt fait de le dire journalistes et dirigeants politiques, plaçant ainsi l’événement dans la
    longue histoire de la persécution des Juifs — ce qui autorisera à taxer d’antisémitisme toute
    personne qui chercherait à expliquer l’assaut du Hamas…

    Ainsi l’histoire est-elle manipulée à foison.
    Elle justifie des guerres, disqualifie des adversaires, soude des identités collectives. Chacun
    peut l’occulter, la récrire, la distordre, y piocher une analogie, une référence dès lors qu’elles
    confortent une démonstration.
    Dans cette bataille pour façonner le débat public autour d’un récit ajusté à leurs intérêts, ceux
    qui détiennent les grands moyens de communication disposent d’une arme redoutable. Parce
    que leur principal pouvoir consiste à cadrer l’espace et à définir le périmètre du débat, les
    médias s’emploient à maintenir « hors cadre » les pages susceptibles de ternir l’image des
    démocraties libérales.
    Qui se souvient, en Occident, de la réticence des États-Unis à engager la bataille contre le
    nazisme ?
    De la responsabilité de Winston Churchill dans la famine de 1943 au Bengale (trois
    millions de morts) ?
    Du massacre de centaines de milliers de communistes en Indonésie, avec l’aval de Paris et
    Washington ?
    Du soutien appuyé des milieux libéraux à la dictature d’Augusto Pinochet ?

    Face au rouleau compresseur des médias et de l’édition, la clepsydre de Clio, muse de l’Histoire, et les mots
    doux de Mnémosyne, déesse de la Mémoire, ne suffisent pas.
    Contrer la pensée dominante requiert toujours un double travail. Car, avant même d’exposer
    une vision méconnue du passé, il faut extirper les idées reçues qui obstruent notre clairvoyance.
    Les contestataires nagent ainsi à contre-courant contre « les notions implicites, jamais
    examinées mais communément admises, qui sont acceptées par auto confirmation, en raison de
    leur conformité à ce qui est déjà accepté comme vrai. Cette familiarité établie, cette unanimité
    des préjugés sont souvent considérées comme l’“objectivité”, observait l’historien américain
    Michael Parenti.

    C’est pour cela que les dissidents doivent constamment se défendre et étayer
    minutieusement toutes leurs démonstrations ». Fournir une méthode et des outils permettant à
    chacun de briser la gangue des idées reçues et de s’orienter dans le maquis des récits, telle est
    l’ambition du Manuel d’autodéfense intellectuelle publié en septembre par Le Monde
    diplomatique. 

    Benoît Bréville

    Actualités, International

    GAZA : Trump au secours de Netanyahou..

     

     

    GAZA : Trump au secours de Netanyahou

    Depuis les E-U, un mois et demi avant son entrée en fonction, le 20 janvier 2025 Trump a lancé un ultimatum au Hamas pour qu’il libère les otages israéliens avant cette date …sinon « le prix à payer sera terrible »! Fidèle à son odieux personnage qui  trépigne d’impatience après sa victoire qui lui donne tous les pouvoirs et la sensation de marcher au-dessus des nuages.

    Il sera samedi à l’inauguration de Notre-Dame de Paris, après 5 ans de travaux, l’un des monuments le plus visité au monde et qui symbolise un chef d’œuvre digne de lui qui va prêter serment sur la bible. Il sera en compagnie d’une foule de chefs d’Etats et de personnalités civiles et religieuses. Il ne passera pas inaperçu.

    Le voilà dans ses bottes prêt à exaucer les volontés génocidaires de Netanyahou à la tête d’un gouvernement d’extrême-droite, comme le sien et qui n’a que faire des sanctions toutes récentes de la cour pénale de justice visant Netanyahou et son ex-ministre de la défense ainsi que le chef du Hamas.

    Trump est à l’unisson : Israël décide, les E.-U suivent et en rajoutent, c’est leur fournisseur et leur protecteur inconditionnel. Nétanyahou n’existe que par les E-U qui bloquent l’ONU et le conseil de sécurité, les soldats de l’ONU sont visés par Tsahal, peu importe ! L’avenir s’assombrit. Les faucons continuent. Ils sont au pouvoir dans ces deux pays dont le leader du capitalisme le plus riche et le plus puissant.

    Comme par hasard, les djihadistes passent à l’offensive en Syrie, proche du Liban, en conflit difficile avec Israël. Le cessez-le-feu récent est fragile. Les E-U se frottent les mains. La Russie et l’Iran sont les alliés de la Syrie en mauvaise posture. La Turquie s’en félicite, si ça pouvait affaiblir «ses» Kurdes. La situation s’envenime au Moyen Orient. Zorro est arrivé.

    Il avait déjà mis sa patte lors de sa précédente mandature 2017 et obtenu que Jérusalem, devienne la capitale d’Israël -et non plus Tel Aviv- sur une terre palestinienne ouverte au grand foyer des trois monothéismes. Il fait transférer illico l’ambassade des E.-U. À Jérusalem !  C’est une chose mais se permettre de décider de toucher au statut de la ville symbole, c’est une provocation digne du personnage et de l’impérialisme qu’il représente. Gare à son euphorie.

    Il a jeté beaucoup d’huile sur le feu tout en signifiant le peu de considération qu’il porte au peuple palestinien qu’ils chassent méthodiquement de sa terre  avec les  violences que l’on sait. Près de 50 000 morts civils et plus de 100 000 blessés.es

    Les massacres condamnés par la CPJ,  ignorés, les institutions méprisées, les menaces de nouveau affirmées… ont fait réagir l’assemblée générale de l’ONU.

    Ecrasante majorité pour un Etat palestinien

    157 pays Pour, 8 contre (E.-U, Israël, Hongrie) et 7 abstentions  ont réaffirmé

    leur résolution «de créer un Etat palestinien conforme au droit international, au règlement prévoyant deux Etats, Isrël et la Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité à l’intérieur de frontières reconnues sur la base de celles d’avant 1 967

    Et donc sur la nécessité d’engager des « négociations crédibles» pour le processus de paix au Proche-Orient.»

    Trump n’empêchera pas  le droit international de s’appliquer à l’ONU et de finaliser l’Etat palestinien. Une conférence internationale aura lieu en juin 2025

    Dans la foulée deux chefs de deux grands Etats, l’Arabie saoudite et…la France viennent d’annoncer qu’ils allaient co-présider la conférence. Ne souriez pas, notre président est très disponible et plus motivé semble-t-il. La France aura mis du temps à convenir de l’urgence de passer aux actes. Et d’appeler un crime, un crime et un  génocide, un génocide. A moins que ça veuille dire qu’il aura démissionné ?

    Je doute sérieusement qu’il puisse être le plus solide à cette fonction.

    Quant à Trump il a déjà lancé un gros pavé  dans la mare.

    René Fredon

     https://www.lemonde.fr/international/live/2024/12/04/en-direct-guerre-au-proche-orient-l-assemblee-generale-de-l-onu-pousse-pour-la-creation-d-un-etat-palestinien_6421682_3210.html

    -Emmanuel Macron annonce que la France et l’Arabie saoudite coprésideront en juin 2025 une conférence sur la création d’un Etat palestinien

    Le président de la République a annoncé mardi qu’il allait coprésider avec le prince héritier et dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, une conférence sur la création d’un Etat palestinien en juin 2025.

    « On a décidé de coprésider pour juin prochain (…) une conférence pour les deux Etats [l’un israélien, l’autre palestinien]  avec l’idée que dans les prochains mois, ensemble, on multiplie et on fédère nos initiatives diplomatiques pour emmener tout le monde sur ce chemin », a-t-il dit à des journalistes au deuxième jour de sa visite d’Etat en Arabie saoudite.(Le Monde)

    Actualités

    Ukraine : Zelinski lève le drapeau blanc

    Un document pointe l’achat par des compagnies offshore (une entreprise enregistrée à l’étranger), appartenant à Kvartal 95, la société de production fondée par Volodymyr Zelensky, « de trois appartements dans le centre de la capitale britannique (…) pour une somme d’environ 7,5 millions de dollars », atteste Slidstvo.info. Photo AFP

     

     

                                                                                                                               Ukraine : Zelinski lève le drapeau blanc

    Le 30 novembre dans l’après-midi BFM-tv relayait la déclaration du président  V. Zelinski se disant prêt« à accepter des garanties de protection de l’Otan limitées dans un premier temps aux territoires contrôlés par Kiev afin  de « mettre fin à la phase chaude de la guerre » menée par la Russie.

    Autrement dit, d’envisager de cessez-le-feu en attendant les conditions et les termes de l’armistice, compte tenu de l’engagement répété du nouveau président des E.-U. Et de l’avancée des troupes russes qui occupent 22% de l’actuel territoire ukrainien, compte tenu de la différence du potentiel militaire des deux armées et des risques d’escalades mortifères vers un conflit mondial.

    Les invités du plateau, politiques et militaires, avaient la parole difficile tant le président ukrainien les prenait de court et semblait se déjuger de ses convictions politiques très occidentales de pousser l’Europe à punir le plus fort, oubliant que, comme disait Jean de La Fontaine «la raison du plus fort est toujours la meilleure » et que la Russie, il y a +30 ans occupait une partie de ces territoires et n’avait pas hésité à envahir un pays qui n’était plus le sien, quitte à s’affaiblir lui-même et à semer la mort de milliers de soldats et de civils de part et d’autre.

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    Actualités

     Déclaration commune OLP-PCF  :Il est temps de libérer la Palestine..

     

     

                                                   Déclaration commune OLP-PCF  :Il est temps de libérer la Palestine

     

    Tandis que Michel Barnier capitulait devant le RN pour éviter la censure en renonçant à taxer l’électricité ce qui est une une bonne chose -le NFP le voulait aussi- mais Barnier a fait reculer l’Aide médicale d’Etat, obsession de l’extrême-droite, ce que la gauche a qualifié de déshonneur

    Ce  même déshonneur a été infligé au peuple palestinien et à la Cour pénale de Justice à travers la réaction du ministère des affaires étrangères, la veille qui, après avoir sondé le « bourreau » de la Palestine, ont trouvé le moyen de lui faire plaisir en parlant d’une « immunité » pour ne pas appliquer le mandat d’arrêt le concernant décidé par la CPJ et visant son ex ministre de la défense ainsi que le chef du Hamas.

    Comment se fait-il que le ministère des affaires étrangères vienne précéder L’Elysée et le gouvernement et nous expliquer le contraire de ce qu’il disait deux jours plus tôt : « Nous apportons un soutien continu à l’action de la CPI »

    France Palestine Solidarité déplore que «La France d’Emmanuel Macron continue de se discréditer : non seulement elle ne remplit pas son obligation de tout faire pour empêcher le génocide en cours à Gaza, mais elle tente par tout moyen (y compris par des moyens qui lui font perdre le peu de crédibilité qui lui restait sur la scène internationale) de perpétuer l’impunité d’Israël! »

    Macron a beaucoup de temps disponible et la France avait été à l’origine de la Cour internationale de justice, Macron en hérite mais Netanyahou y joue sa vie, on le sait, mais il a de  très fidèles fournisseurs. Il n’entend rien céder de ses conquêtes coloniales, il s’agit juste de le mettre en jugement après avoir été reconnus comme criminels de guerre.

    Exiger que l’UE et ses Etats se prononcent en faveur de la seule alternative qui soit : la stricte égalité entre tous les peuples, le droit pour chacun à un état indépendant

    C’est le sens de la déclaration qui a été partagée le 28 novembre à Ramallah pour La Journée de la Solidarité avec la Palestine pour le respect du droit international et la concrétisation de ce qui ne peut plus rester sans sortir de cette situation qui ne peut être fondée que sur l’égalité et la nécessité

    Nous l’entendons beaucoup, nous vivons une longue période où on  va plus mal qu’avant et que les gens sont devenus plus pessimistes, plus individualistes et moins satisfaits de l’évolution de notre niveau de vie et des incertitudes qui nous menacent. Sous l’effet du capital. Au-delà de notre pays, il y a  des guerres de plus en plus organisées, en Europe, au Moyen-Orient, avec des résistances très visibles à Toulon. 

    Chacun aimerait voir grandir ce mouvement en faveur de la Paix et de la cause  palestinienne qui vient de faire qualifier de génocidaire un chef d’Etat ultra. Il ne saurait se soustraire à la sanction

    Une autre perspective de dessine.

     

    René  Fredon

     

     

    Déclaration commune de solidarité OLP-PCF

     

    Le peuple palestinien subit la plus grande catastrophe de son histoire. Le gouvernement israélien d’extrême droite veut détruire tout espoir d’émancipation du peuple palestinien. Les massacres de masse, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, le génocide, dont il est coupable ont été condamnés par la Cour Internationale de Justice et ont donné lieu à l’émission de mandats d’arrêt de la part de la Cour Pénale Internationale. Nous dénonçons également la politique d’épuration ethnique de l’armée et des colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupées.

    Nous réaffirmons le droit inaliénable du peuple palestinien à la réalisation de ses droits légitimes nationaux, en toute indépendance, en application du droit des peuples à l’autodétermination, et à vivre en paix et en sécurité, dans le cadre d’un État souverain et démocratique, aux côtés du peuple israélien. Seule une solution politique et l’application du droit international permettra une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.

        Nous exigeons donc, en application des résolutions de l’ONU :

    • Un cessez-le-feu immédiat et permanent pour l’ensemble de la région
    • La mise en jugement des criminels de guerre en application de l’arrêt de la CPI
    • La protection du peuple palestinien contre les attaques de l’armée et des colons israéliens
    • La reconnaissance par la France et l’Union Européenne de l’État de Palestine sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale
    • La libération des prisonniers politiques palestiniens et des otages israéliens
    • Le démantèlement de toutes les colonies israéliennes et la fin de l’occupation
    • La levée du blocus de Gaza
    • L’exercice du droit au retour des réfugiés.

    Telle est la voie pour établir une relation pacifique entre les peuples palestinien et israélien.

    Nous demandons à l’UE et à la France de condamner les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par le gouvernement israélien. Elles doivent faire appliquer les arrêts de la CPI. Nous appelons à la suspension de l’accord de libre-échange UE-Israël tant que l’État d’Israël ne se plie pas au droit international, et à la fin immédiate de toute livraison d’armes, de matériel militaire et de la coopération militaire entre les pays européens et l’État d’Israël.

    Alors que l’extrême droite israélienne a annoncé l’annexion unilatérale et illégale d’une partie de la Cisjordanie pour 2025, qui s’ajouterait à l’annexion illégale de Jérusalem-Est, il y a urgence à agir !

    En cette Journée internationale de solidarité envers le peuple palestinien, le PCF et l’OLP annoncent donc s’engager dans la construction d’une campagne large de solidarité à l’échelle européenne et française pour la réalisation des droits nationaux du peuple palestinien.

    Ramallah et Paris, 29 novembre 2024
    Parti Communiste Français
    Organisation de Libération de la Palestine

     

    https://www.pcf.fr/declaration_commune_de_solidarite_olp_pcf?utm_campaign=olp&utm_medium=email&utm_source=pcf