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Procès du RN : Marine Le Pen condamnée et inéligible au nom de la démocratie

« L’Humanité » titre « mains sales, tête basse » en Une ce mardi 1er avril.

                                                                                                                               PHOTO HUMANITE du  01 04  2015

                                                                                                          Lu dans L’HUMANITÉ. Procès du RN Marine Le Pen condamnée….

Objet : Lu dans L’HUMANITÉ. Procès du RN Marine Le Pen condamnée….

Procès du RN : Marine Le Pen condamnée et inéligible au nom de la démocratie

La cheffe de file du RN écope de quatre ans de prison et cinq années d’inéligibilité, avec exécution provisoire, un verdict qui compromet sérieusement ses chances d’être candidate à la présidentielle 2027. Ses soutiens crient au scandale.

Coup de tonnerre dans la salle d’audience. Sur les bancs des prévenus, comme sur ceux de la presse et du public, les regards se croisent, les sourcils se dressent. Chacun demande sans mots à son voisin s’il a bien compris le sens des propos de la présidente du tribunal correctionnel, Bénédicte de Perthuis : « Il apparaît nécessaire d’assortir les peines d’inéligibilité de l’exécution provisoire. » Vexée, Marine Le Pen se lève et quitte la salle avant la fin, suivie de près par Catherine Griset – son ancienne assistante parlementaire « fictive », a déclaré le tribunal.

La sentence est donc tombée avant même l’annonce des peines. Marine Le Pen est condamnée à une peine d’inéligibilité assortie d’une exécution provisoire, s’appliquant donc immédiatement. À moins qu’une cour d’appel ne revienne sur cette décision d’ici là, elle ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République et de l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct, la favorite à la course à l’Élysée a l’interdiction d’y participer.

Bénédicte de Perthuis et ses assesseurs avaient pleinement conscience de la déflagration qu’ils s’apprêtaient à provoquer. C’est pour cette raison que la présidente a pris le temps, plus de deux heures, pour expliquer en détail son délibéré, alors que l’usage veut que les peines soient d’abord prononcées. Celles-ci sont lourdes, mais sans grande surprise au regard de la tenue des débats, à l’automne dernier.

Hormis l’expert-comptable Christophe Moreau, tous les prévenus (neuf anciens eurodéputés, douze ex-collaborateurs et quatre cadres du parti) ont été condamnés pour « détournement de fonds publics », complicité de cette infraction et recel. Des peines de prison allant de six mois à quatre ans et d’inéligibilité pour les anciens parlementaires et quelques anciens assistants parlementaires comme le député Julien Odoul et l’eurodéputée Catherine Griset.

Marine Le Pen condamnée : une victoire pour la démocratie et l’État de droit

Ils sont déclarés coupables d’avoir, de 2004 à 2016, « détourné les enveloppes parlementaires européennes destinées à l’emploi des assistants parlementaires au profit de leur mouvement », pour lequel travaillaient en réalité les collaborateurs. Le préjudice s’élève à 4,1 millions d’euros.

Le Rassemblement national, personne morale, est condamné à 2 millions d’euros d’amende, dont un avec sursis. Il doit aussi verser 4,4 millions d’euros de dommages et intérêts (plus d’un million avait déjà été versé pendant la procédure). Pointant « un détournement qui résulte d’un système mis en place pour alléger les charges du parti », le tribunal a précisé que « c’est sur le fondement de ce système que le RN est poursuivi du chef de complicité ».

Marine Le Pen a été depuis 2009 « au cœur » de ce système, s’impliquant « avec insistance et détermination ». « Marine Le Pen va arbitrer les mouvements entre les enveloppes. (…) Il s’agit bien d’une pratique organisée en vue de permettre au Front national de réaliser des économies », a résumé Bénédicte de Perthuis. Laquelle a souligné le rôle de la réunion du 4 juin 2014, pendant laquelle la cheffe du groupe a intimé aux nouveaux députés de ne prendre qu’un assistant et de laisser le reste de l’enveloppe.

C’est ce qui explique pourquoi Marine Le Pen écope des plus lourdes peines en première instance : quatre ans de prison, dont deux ferme en détention à domicile avec surveillance électronique, 100 000 euros d’amende et, donc, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. De ce fait, elle va perdre son mandat de conseillère départementale du Pas-de-Calais mais pas celui de députée – seul le Conseil constitutionnel a le pouvoir de l’en déchoir mais le refuse, de manière constante, après des condamnations pour inéligibilité.

Sa candidature en 2027 sérieusement compromise

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/l-humanite-detourne-un-vieux-slogan-du-fn-pour-sa-une-sur-la-condamnation-de-marine-le-pen_248212.html?dmplayersource=share-send

 

Ce verdict compromet donc sérieusement sa candidature à l’élection présidentielle. En quittant la salle d’audience, l’intéressée ne s’est pas arrêtée devant les journalistes, filant directement au siège du RN, où l’attendait Jordan Bardella, président du mouvement et candidat alternatif désigné. L’état-major du mouvement a suivi, avec l’objectif de préparer la riposte, médiatique dans un premier temps. TF1 lui a ouvert son 20 heures, lundi soir.

Très agacée, Marine Le Pen y a assuré ne pas renoncer à être candidate en 2027 et vouloir faire appel « le plus vite possible » dans l’espoir que le second procès se tienne avant la présidentielle. L’élue d’extrême droite se dit « innocente » et assimile ses juges à des « adversaires politiques », qui ont voulu l’« empêcher d’être élue présidente ».

Avant même cette déclaration, la contre-offensive d’une extrême droite (soutenue par une grande partie de la droite, voire au-delà) se disant victime d’une « justice à charge », cherchant à « l’éliminer », était prête. Elle a été massivement déployée dès l’annonce du délibéré.

« Des juges se pensant au-dessus du peuple souverain ont décidé d’exécuter dans un tribunal celle qu’ils n’ont jamais pu faire reculer dans les urnes », a enragé l’eurodéputée Marion Maréchal. « Le destin démocratique de notre nation est confisqué par une cabale judiciaire indigne, embraye Éric Ciotti. Ce n’est pas un simple dysfonctionnement, c’est un système de captation du pouvoir qui écarte systématiquement tout candidat trop à droite en mesure de gagner, de François Fillon à Marine Le Pen. » Le président de l’Union des droites pour la République (UDR), allié au RN, va jusqu’à demander : « La France est-elle encore une démocratie ? »

Contrairement au discours tenu pendant le procès – « Nous sommes innocents et nous allons le prouver », a déclaré la triple candidate à la présidentielle à l’ouverture du procès le 30 septembre –, les réactions ne se concentrent pas sur le fait que l’accusée et ses coprévenus soient déclarés coupables de détournement de fonds publics.

C’est la sanction et son exécution immédiate qui sont dénoncées par un camp politique si prompt à dénoncer le « laxisme » de la justice et à vouloir légiférer pour une application plus stricte des peines. Laurent Wauquiez va même plus loin, remettant en cause la légitimité d’une peine d’inéligibilité : « Il n’est pas sain dans une démocratie qu’une élue soit interdite de se présenter à une élection. » Jordan Bardella est, lui, définitif : « Aujourd’hui, ce n’est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée : c’est la démocratie française qui est exécutée. »

Au nom de la démocratie, ces responsables politiques piétinent en réalité l’État de droit en ne respectant pas une décision fondée sur des textes de loi votés par des représentants de la nation et sur une jurisprudence (nombreux sont les cas d’élus sanctionnés d’inéligibilité avec exécution provisoire). Ils refusent de respecter la justice, elle-même « expression du peuple souverain », comme l’a rappelé Bénédicte de Perthuis. La présidente du tribunal s’est justement reposée sur l’atteinte portée à « la vie démocratique » pour justifier sa décision.

Dans un premier temps, elle a expliqué qu’« en l’espèce, les infractions commises sont liées à l’exercice d’un mandat électif, soit une atteinte aux règles du jeu démocratique ». « Dans ces conditions, la peine d’inéligibilité apparaît nécessaire. » Restait alors à trancher la question de l’exécution provisoire.

Pour cela, le tribunal a tenu compte du statut de Marine Le Pen. Ce que les soutiens de cette dernière ne manquent pas de relever pour instruire leur procès contre les juges alors qu’en réalité, cela aurait pu lui profiter : « Marine Le Pen a annoncé qu’elle serait à nouveau candidate lors des prochaines élections. La question se pose donc de façon singulière dans cette enceinte pénale qui rend sa décision ”au nom du peuple français”. Le tribunal ne doit pas ignorer l’exigence de recherche d’un consensus social. »

La contre-attaque trumpiste du RN

Les juges ont donc tenu compte de l’impact de leur décision sur la vie politique, de fait chamboulée comme rarement dans l’histoire depuis ce lundi midi. Mais c’est d’abord au regard « du risque de récidive et de trouble à l’ordre public » qu’un tel jugement est pris.

Pour le premier critère, la présidente du tribunal a insisté sur le fait que « près de dix ans après les faits, la défense conteste les faits, avec une conception peu démocratique de l’exercice politique. Le logiciel de défense a été pris en compte pour apprécier le risque de récidive. Les prévenus, qui ont montré peu d’intérêt pour la manifestation de la vérité, n’ont marqué, pour la plupart, aucune volonté de vouloir s’expliquer, niant parfois jusqu’à l’évidence… »

Marine Le Pen et ses coprévenus paieraient donc leur défense forcenée, le fait de ne pas avoir joué le jeu judiciaire. L’ex-présidente du FN/RN avait d’ailleurs décliné de nombreuses convocations judiciaires à la fin des années 2010.

Enfin, la présidente a expliqué que « le tribunal prend en considération, outre le risque de récidive, le risque de trouble à l’ordre public que constituerait une candidature à l’élection présidentielle d’une personne condamnée à l’inéligibilité ». « Il apparaît nécessaire d’assortir les peines d’inéligibilité de l’exécution provisoire, a-t-elle conclu. Il s’agit de veiller à ce que les élus ne bénéficient pas d’un régime de faveur. »

D’Elon Musk à Viktor Orbán, l’alliance fasciste mondiale vole au secours de Marine Le Pen

Nulle n’est au-dessus des lois, pas même une favorite à la présidentielle. Ce que le RN a dû mal à entendre, ou feint de ne pas comprendre pour mieux activer ses ressorts trumpistes. Dans les prochaines semaines, l’extrême droite va attiser la colère de son électorat, déjà échaudé par le front républicain des dernières législatives ou la suspension du droit d’émission sur la TNT de C8.

Jordan Bardella – comme Éric Zemmour ou Bruno Retailleau, qui lorgnent sur cet espace politique –, promis à devenir le candidat officiel du RN, va chercher à surfer sur ce récit victimaire, comme Donald Trump a su cultiver son récit d’une élection truquée en 2020 pour l’emporter en 2024. Le président du RN a appelé lundi après-midi à une « mobilisation populaire et pacifique », jusqu’ici circonscrite à une pétition.

Cette décision historique du tribunal correctionnel démontre qu’un parti et sa présidente ont délibérément, pendant des années, piqué dans la caisse, loin de leur slogan « Mains propres, tête haute ».

Paradoxalement, cette condamnation pourrait renforcer l’extrême droite. Mais cette question ne concerne pas le tribunal, qui, il faudra le rappeler sans cesse, n’a pas jugé en fonction de calculs politiques.

Publié le 31 mars 2025

Florent LE DU

Sans virus.www.avast.com

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RN : deux poids lourds face à leur destin

                     

                                 

RN : deux poids lourds face à leur destin!

Marine Le Pen connaitra son sort lundi prochain dans l’affaire des assistants parlementaires, une cinquantaine d’eurodéputés que le tribunal correctionnel de Paris a
reconnu fictifs et, pour Marine Le Pen cinq ans d’emprisonnement dont deux fermes, 300 000 euros d’amende et l’inéligibilité à l’élection présidentielle de 2027, le but qu’elle s’était
fixée en prenant la succession de son père, le fondateur du FN avec d’anciens SS et condamné lui-même pour révisionnisme et antisémitisme.

Elle sera fixée le 31 mars.Cette décision aura forcément des conséquences politiques fortes sur l’avenir du pays, du parti dominant et de sa candidate trumpo-poutiniène à la présidentielle,
nous y reviendrons sous peu.

Un élu varois, le 2ᵉ vice-président du RN, David Rachline, sénateur maire, connait, depuis peu, la date de sa convocation devant le tribunal correctionnel de Draguigan, pour prise illégale d’intérêts : 30 septembre 2025.

Un livre-enquête « Les rapaces » de la journaliste du Nouvel-OBS, Camille Vigogne Le Coat, publié en décembre 2023, venait révéler la face cachée de la
« vitrine du RN », tel qu’était présenté Fréjus, ses deux très proches copains, au sommet de la hiérarchie et qu’on verra souvent chez leur autre « prodige ».
Ce livre relatait la gestion du maire, prodigue avec les deniers publics, ses méthodes, l’usage des petites coupures, ses pratiques extra-diurnes, ses réceptions
fréquentes et généreuses, ses relations étroites avec le leader du BTP local et environs, j’en passe et des meilleures.

Le maire n’appréciait pas qu’on assombrisse sa vitrine-miracle mais n’obtenait pas le retrait du livre, documenté et vérifié. Sa plainte n’a pas réussi à ce que le
livre disparaisse de son quotidien. Il s’efforce de laisser penser qu’il n’aurait fait qu’une simple erreur : son étourderie sans doute.

Il aurait oublié que les deux sociétés d’économie.

mixte qu’il présidait ne donnaient pas lieu à rémunération (10 800 euros/an) et qu’il doit quitter les conseils municipaux avant le vote des décisions concernant les SEM.
Il a beau se victimiser, se plaindre d’acharnement contre lui, d’être diffamé, la parution de ce livre avait été suivie par une enquête préliminaire par le parquet
de Draguignan « pour des affaires d’attribution de marchés publics et des affaires possiblement évocatrices de prise illégale d’intérêts et de favoritisme » pouvait-on lire
dans Médiapart .

La patronne, elle aussi dans de beaux draps, admirait cette jeune pousse qui, comme Bardella avait grandi avec ces deux novices nourris à la pensée de la famille Le Pen, en osmose avec le père-créateur jusqu’à sa disparition. Sa fille, Marine, disant qu’elle regrettait d’avoir mis son père à la porte-pour faire oublier quelques détails qui n’étaient pas « utiles » dans sa stratégie faussement nouvelle en changeant aussi le nom (FN) qu’il lui avait donné. La ruse a plutôt bien marché.

Ce qui la distingue de sa nièce Marion, passée quelques années avec Zemmour, c’est qu’elle s’est toujours réclamée de toute la pensée de son grand-père
dont elle est si fière, en public comme en privé. « Peut-être, lui dirait sa tante, mais c’est moi qui suis à +30% du corps électoral avec le plus grand groupe à l’assemblée… ? »

Sauf que ni l’une ni les autres ne peuvent inspirer l’avenir et sous quelque forme que ce soit, comme nous le montrent leurs objectifs, surtout leurs actes, leurs modèles, leurs références, leurs méthodes, le niveau de leur concupiscence… Ils incarnent parfaitement leur allergie totale au progressisme social et culturel, le pacifisme universel, et bien d’autres valeurs qu’ils bafouent, c’est-à-dire l’inverse, le retour au passé le plus dévastateur qui nous renvoie au conservatisme le plus totalitaire en marche, comme on l’a sous les yeux qui devraient s’ouvrir beaucoup plus grand, beaucoup plus vite.

Il s’agit de mesurer ce qui est en train de basculer, à une échelle planétaire et notamment européenne, c’est le fascisme décomplexé qui remonte à la surface,le bras tendu à hauteur d’épaule jusque chez des leaders… »républicains ». Ce n’est pas la même chose que de « réarmer l’Europe » et croire que ça va faire taire les assoiffés de
capitaux qui tiennent les cordons de leurs bourses et des affaires qui vont y entrer.

Résistance et perspicacité. Notre avenir, pensons-le nous-mêmes et construisons-le collectivement, les mains ouvertes à tous les Humanistes.

René Fredon

https://www.humanite.fr/politique/corruption/la-mairie-de-frejus-perquisitionnee-pour-des-soupcons-de-corruption-david-rachline-vice-president-du-rn-et-ancien-directeur-de-campagne-de-marine-le-pen-interpelle

https://www.humanite.fr/politique/extreme-droite/marine-le-pen-candidate-en-sursis

 

 

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Bayrou accouple la post-vérité et la post-confiance !

Bayrou accouple la post-vérité et la post-confiance !

Elle court, elle rôde, elle s’insinue dans les fentes des discours gouvernementaux. Elle se répand comme une pandémie : la post-vérité, c’est-à-dire la négation des faits et des réalités. Son internationale a pour épicentre la Maison-Blanche, à Washington, qui attaque les libertés académiques et scientifiques, qui licencie sans préavis la scientifique en chef de la Nasa (par ailleurs, co-présidente du Giec), qui ferme des agences de l’État, le bureau de la technologie, de la politique et de la stratégie, le bureau de la diversité, le ministère fédéral de l’Éducation nationale, qui interdit des mots et en met d’autres sous surveillance d’une police de la pensée. 

Dans la grande malaxeuse politique et médiatique française et européenne, on s’offusque, on proclame ses désaccords la main sur le cœur. On affirme que les démocraties libérales européennes sont des remparts contre les assauts réactionnaires, la désinformation, la diffusion de théories du complot, que l’Union européenne est le bouclier contre les coups de baïonnette portés aux flancs du droit international. On voudrait y croire !

La République française, son grand héritage des Lumières et l’Europe pourraient effectivement constituer cette forteresse démocratique. Force est de constater, avec tristesse et effroi, qu’elles ne sont en rien préservées des rafales soufflant contre la vérité, contre le droit à l’information, contre les sciences et contre l’université, dont, pourtant, nos sociétés ont un impérieux besoin pour sortir des crises démocratiques, sanitaires, écologiques, climatiques, tout comme de la crise de sens du travail. 

Sans crier gare, ce mauvais vent du trumpisme et des droites extrémisées secoue en France les libertés académiques, viole le principe de franchise universitaire, met en cause le droit à la scolarité pour les étudiants étrangers venus de pays hors Union européenne. Sur les bancs usés des simplistes des droites et extrêmes droites, on appelle à démanteler le CNRS, l’Office français de la biodiversité (OFB), l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). On laisse dégrader des bâtiments de l’Institut national de la recherche agronomique et de l’environnement (Inrae). 

Seul un sursaut populaire peut permettre de réaffirmer avec force l’attachement politique et philosophique à la vérité. Seule la reconstruction d’une ardente mêlée où agissent prolétaires, ouvriers et paysans, chercheurs et créateurs, enseignants, soignants, journalistes, militantes et militants associatifs, féministes, antiracistes aux côtés d’intellectuels de toute profession peut brandir le savoir comme bien commun contribuant à ouvrir des horizons d’humanité.

C’est aussi l’une des conditions pour réparer une fracture démocratique qui se transforme en gouffre sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre, dont un puissant complexe médiatico-politique effectue le service après-vente avarié. 

Les dangereuses injonctions présidentielles au surarmement et à la culture de la tension ne sont l’objet d’aucun débat sérieux, d’aucune analyse documentée, d’aucune expertise contradictoire. Le peuple est sommé d’acquiescer, de suivre et de sacrifier son « pouvoir de vivre », au son des canons et au nom de la géopolitique mondiale de laquelle on lui ôte toute prise. 

De la négation des résultats du référendum sur le traité constitutionnel européen, en 2005, jusqu’au refus de prendre en compte les résultats des élections législatives de juillet 2025, le puits de la défiance ne cesse de se creuser au point que le risque d’y engloutir la République n’est plus exclu. Les résultats des votes, la parole citoyenne, la démocratie représentative et la démocratie sociale peuplent les cimetières des engagements non tenus.

Ni le puissant cri des gilets jaunes, ni celui de la majorité mobilisée contre la loi du passage à la retraite à 64 ans, ni la convention citoyenne sur le climat n’ont été pris en compte. L’argument est toujours le même : le sacro-saint « principe de réalité ». C’est au nom de ce même principe, que le surarmement est présenté comme une obligation, ou que le budget de la nation a été imposé après moult manipulations des chiffres et d’une compromission avec la majorité du groupe socialiste au Parlement, sous l’impulsion d’un ancien président de la République qui en connaît un rayon en matière de manipulation et d’organisation du parti confusionniste. Et voici que, en douce, alors que les médias agitent d’autres chiffons troués, le Premier ministre ampute  ce mauvais budget de 9 milliards d’euros. Évidemment, le fameux « principe de réalité » n’est que celui qui permet de défendre les intérêts et les privilèges de classe des possédants.

Mais il convient de s’attarder sur le nouveau cap que vient de confirmer M. Bayrou, ce Premier ministre issu de la minorité parlementaire : l’organisation du coma de la démocratie représentative et de la démocratie sociale.

Après avoir nié qu’il ne connaissait rien de la sombre et violente vie qu’ont vécu des dizaines d’élèves du collège Notre-Dame de Bétharram, le voici accouplant la post-vérité à une sorte de dépassement de la défiance : la post-confiance. 

Pour échapper à la censure, il avait mis au point un mécano du grand mensonge en déclarant remettre sur le chantier la contre-réforme des retraites imposée en avril 2023. Au plus fort de sa duplicité, le Premier ministre, qui ne s’était pas engagé à rouvrir le débat sur la loi des 64 ans mais sous les voutes solennelles de La république. En effet, Il s’y est engagé  à plusieurs reprises face aux représentants de la nation, notamment lors d’une déclaration de politique générale, le 14 janvier dernier. Sorte de programme de l’action gouvernementale, le chef du gouvernement avait refusé un vote de confiance (c’est tout dire) du Parlement, tout en se livrant avec F. Hollande à des tractations d’arrière-cour pour ne pas être censuré. Les paroles sont pourtant aussi limpides que la forfaiture à laquelle elles ont donné lieu :

« La loi de 2023 a prévu que l’âge légal de départ passerait à 63 ans, fin 2026. Une fenêtre de tir s’ouvre donc. Je souhaite fixer une échéance à plus court terme, celle de cet automne (…). Nous pouvons rechercher une voie de réforme nouvelle, sans aucun totem et sans aucun tabou, pas même l’âge de la retraite – les fameux 64 ans », déclarait M. Bayrou. Puis dans une lettre de convocation, datée du 26 février 2025, adressée aux syndicats et aux représentants des employeurs censés se réunir en ce fameux « conclave », le Premier ministre confirmait son fictif engagement : « La délégation paritaire pourradiscuter de l’ensemble des paramètres de notre système de retraites,sans totem ni tabou. » On ne pouvait être plus clair. Évidemment, nous n’avions aucune illusion sur les intentions et les résultats. M. Bayrou, au service de la classe dominante et des institutions financières, non plus ! Mais il se peut qu’une majorité de nos concitoyens, aux corps usés par le travail, y aient mis quelque espoir. Voilà le crime. Voilà l’insupportable. Voici comment on foule aux pieds la vérité et la confiance : le 16 mars 2025, deux mois après cet engagement de maquignon, le Premier ministre jette aux orties tout débat sur un retour de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Le Parlement est floué, des députés qui avaient pu croire à la promesse découvrent qu’ils ont été manipulés et les participants au fameux conclave sont dépossédés des prérogatives que Matignon avait fait semblant de leur accorder. 

http://patrick-le-hyaric.fr/

La farce nous fait entrer dans une ère où non seulement le pays est dirigé par ceux qui perdent les élections, mais en plus, leur parole est dépourvue de toute valeur.

Sachant que son opération n’aurait aucun débouché, le Premier ministre s’est tout de même engagé sans jamais se sentir lié par cette promesse. Et en refusant de voter la censure, au nom d’une prétendue stabilité qui spolie le peuple, la majorité du groupe socialiste s’est rendu complice d’une inqualifiable tromperie : c’est le fondement de la post-confiance qui s’infiltre dans les plaies de la République jusqu’à l’étouffer. Celle qui piétine avec de lourds sabots la démocratie. Celle qui déconsidère, chaque jour un peu plus, la politique. Celle qui nourrit la bête immonde. 

Dans l’actuel paysage où toute la parole politique et médiatique est consacrée à discréditer « la gauche » baptisée « extrême gauche » et à exciter les divisions en son sein, à manier le hachoir contre les valeurs et les mots pour en tirer des  saucisses confusionnistes, l’extrême droite peut engranger des dividendes électoraux, en se parant des draps de la République que délave, jour après jour, un gouvernement où se retrouvent toutes les droites et les traîtres à leur ancien parti. Toujours au nom du « réalisme », « de la stabilité » et « des principes de réalité » bien sûr ! Langage, mille fois répété pour soumettre chacune et chacun à la domination du grand capital.

Annoncer un projet pour obtenir à l’instant une majorité afin d’accéder aux responsabilités ou de continuer à occuper les palais de la République, alors que l’on sait que cet engagement ne sera jamais mis en œuvre, fabrique ce co-voiturage entre post-vérité et post-confiance. Le bouclier qui protège encore les puissants a désormais besoin de toujours plus cultiver le « faire croire », peu importe si c’est vrai ou faux. 

Dans une société aussi politisée que celle de la France, cela ne peut faire illusion longtemps. Il n’y a aucune majorité pour mettre en œuvre une politique contre les intérêts populaires, contre la transition écologique, ni pour continuer de transférer tant d’argent vers le militarisme.

Voilà ce qui explique la farce de la valse des ministres. Voilà, aussi, qui ouvre le boulevard à toutes les aventures et autorise désormais certains penseurs et journalistes bien en cour à souhaiter la prise de contrôle de l’État directement par les propriétaires du capital, comme cela a commencé aux États-Unis. Se creuse ainsi la brèche des contestations des « démocraties libérales » pour des issues de droite radicalisée aux polycrises en cours.  

De toute urgence, il est indispensable de faire revivre cette conquête républicaine de premier ordre qu’est la citoyenneté. Elle fait de chaque personne majeure une actrice, un acteur de la chose publique. Ce n’est possible que si le droit à l’information exacte, le droit au savoir et le droit à la culture sont respectés. En même temps, l’indispensable nouvel âge de la démocratie implique de combiner la démocratie représentative à un Parlement élu à la proportionnelle, le primat de celui-ci et du gouvernement contre la monarchie présidentielle et la démocratie directe. Cette citoyenneté politique ne sera jamais entière si elle n’est pas accompagnée par la conquête par les travailleuses et les travailleurs du pouvoir sur le travail et sur la définition des productions, sur la création monétaire, sur l’état et les, institutions européennes. C’est la condition pour marier progrès démocratique, progrès social et progrès écologique. C’est l’enjeu de l’heure, combattu de mille façons par les radicalisés de l’accaparement de la plus-value. 

26 mars 2025. par Patrick LE HYARIC 

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La fable de François Bayrou du déficit caché
l'Humanité - François Bayrou nommé premier ministre par ...
                                                                                                                       La fable de François Bayrou du déficit caché

                                                                         Pierre-Yves CHANU ,conseiller confédéral de la CGT, ancien vice-président de l’ACOSS

Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre François Bayrou a notamment affirmé qu’entre les prestations de retraite et les cotisations salariales et patronales du privé et du public « estimées au même taux », il manquait 55 milliards d’euros versés par les collectivités publiques, dont 40 à 45 milliards d’euros versés par le budget de l’État.

Selon ce dernier, « ces 40 à 45 milliards d’euros, nous n’en avons pas le premier centime. Chaque année, cette somme, le pays l’emprunte. Autrement dit, il a choisi de mettre à la charge des générations qui viennent ou qui viendront une partie du montant des pensions que nous versons aux retraités actuels ».

Et il poursuit « les retraites représentent 50 % des plus de 1 000 milliards d’euros de dette supplémentaire actuels accumulés par notre pays ces 10 dernières années ».

« Jamais nous n’avons fait l’effort de partager avec les Français cette évidence que la dette contractée par notre pays concerne leurs propres enfants, nos propres enfants, que la charge que nous leur laissons sera trop lourde pour être supportée ».

Nous reviendrons plus loin sur les affirmations gratuites du Premier ministre selon laquelle ces 40 à 45 milliards d’euros seraient financés par endettement, et que cette dette serait à la charge des générations futures. Nous commencerons par décrire brièvement cette fable du « déficit caché »

Le déficit caché : une fable inventée de toutes pièces pour justifier un recul des pensions de retraite et en particulier une remise en cause des régimes du public…

La « thèse » de François Bayrou reprend les élucubrations d’un certain Jean-Pascal Beaufret dans la revue de droite Commentaires…

La « thèse » exposée par François Bayrou à la tribune de l’Assemblée nationale reprend son intervention lors du la séance du COR du 21 septembre 2023, en plein dans la bataille contre le recul de l’âge de départ en retraite à 64 ans. Il s’appuie sur une note du Haut-Commissariat au Plan (HCP), alors dirigé par François Bayrou lui-même[1].

Cette note reprend à son compte les élucubrations d’un ancien directeur général des Impôts, qui a de longue date « pantouflé » dans le privé[2], Jean-Pascal Beauffret, dans la revue de droite Commentaires, d’abord sous le pseudonyme de Sophie Bouveret, puis sous son propre nom.

Le raisonnement présenté par Bayrou est en fait très simple. Il consiste à comparer le taux de cotisations du secteur privé (environ 29 % tout compris, cotisations salariales + patronales, de la CNAV et des retraites complémentaires ARRCO-AGIRC, avec le taux de cotisation des fonctionnaires, y compris « cotisation fictive » de l’État, soit 74 % pour les fonctionnaires civils et 126 % pour les militaires.

La note du HCP conclut que « les collectivités publiques (organismes sociaux compris) assurent 41 % du financement des régimes de retraite (143 milliards d’euros). Au-delà des cotisations au taux de droit commun qu’elles versent, les collectivités publiques contribuent au système de retraites à hauteur de 119 milliards d’euros, soit 34 % du total. Les cotisations retraite des employeurs et des salariés (publics et privé au taux de droit commun ne couvriraient que 2/3 des prestations versées »[3].

Notre système de retraite ne serait donc plus un système de retraite par répartition, mais serait un système « semi-beveridgien », largement financé par l’impôt !

Au total, le déficit global du système de retraite des fonctionnaires serait déficitaire d’environ 30 milliards d’euros, qui seraient financés par endettement de l’État. Le système de retraite pris globalement ne serait donc pas proche de l’équilibre tel que l’estimait le COR dans son rapport annuel de 2023, mais globalement déficitaire, et ce déficit financé par endettement ne pourrait que croître dans les années à venir, de sorte que nous reporterions la dette de notre système de retraite sur nos enfants. On retrouve là un thème récurrent chez François Bayrou depuis sa candidature à l’élection présidentielle de 2007, et qui était au cœur de sa déclaration de politique générale.

Quand Bayrou copie Beaufret

Sans d’ailleurs jamais citer les analyses présentées par Jean-Pascal Beaufret dans la revue Commentaires, la note du Haut-Commissariat en reprend la substance.

C’est le deuxième des articles de ce dernier[4] qui traduit le mieux ses orientations. En substance, il existe un taux de cotisation d’équilibre du système de retraite, qu’il appelle « de droit commun » qui correspond au taux actuel du secteur privé, et qui est de 29 %. La fraction des cotisations des régimes de fonctionnaires qui se situe au-dessus de ce taux constitue une surcotisation, qui constitue une subvention de l’État, laquelle est in fine financée par endettement. Finalement, les retraites des fonctionnaires seraient la cause principale de l’endettement de l’État (!).

Et comme les normes comptables de la Sécurité sociale, qu’on retrouve par exemple dans les rapports de la Commission des comptes de la Sécurité sociale ne lui conviennent pas, il les requalifie. Par exemple, la notion de transferts, concernant notamment les dépenses de solidarité et les relations CNAV/fonds de solidarité vieillesse/CNAF/UNEDIC ne lui convenant pas, il les requalifie en subventions, ce qui est absurde !

Et il procède systématiquement par affirmations non fondées, ou au minimum faisant l’objet de débats.

Quelques exemples : 

« la surcotisation [des régimes de fonctionnaires], qui est une subvention »[5]

« En théorie, cette partie des prestations [les prestations de solidarité qui représentent environ 60 milliards d’euros] devrait être financée en totalité par des taxes affectées ».

Cette conception, consistant à une séparation rigide entre assurance et solidarité est extrêmement contestable.

Et correspond au discours patronal, même si elle a justifié la création du Fonds de solidarité vieillesse dans les années 1990. La solidarité est au contraire partie intégrante du système de retraite, comme le montre l’exemple des droits familiaux et conjugaux, et la nécessité de prendre en compte les périodes de chômage dans le calcul de la retraite, conformément à la logique universelle et solidaire de la Sécurité sociale voulue par le programme du CNR et les ordonnances de 1945.

Au passage, Jean-Pascal Beaufret livre le fond de sa pensée, il y a un déficit volontairement caché : « on ne retrouve donc jamais l’incidence globale des retraites dans les déficits sociaux et publics publiés. Il est difficile de penser que de tels artifices de présentation, anciens et légaux, aient été maintenus de manière involontaire ».

Les réels objectifs poursuivis par l’auteur sont clairement explicités à la fin de son article. Il faut baisser globalement les dépenses de retraite (on est alors en plein dans la bataille retraites de 2023).

Il explique pourquoi à son sens le déficit est masqué : « La raison en est certainement qu’il faudrait alors annoncer qu’un report de l’âge de la retraite à 64 ans avec 43 années de cotisations sera loin d’être suffisant et qu’une désindexation graduelle des retraites, avec des effets sur le pouvoir d’achat, sera également indispensable. A défaut des augmentations importantes de cotisations et d’impôts, réductrices du potentiel économique, devront intervenir ».

Selon lui, même s’il est probable que « l’opinion resterait hostile », « une fraction substantielle des Français pourrait, à partir d’explications claires et répétées, admettre qu’une réforme du système est cruciale au plan des comptes publics ».

En conclusion de son article, Beaufret plaide pour un retour à la réforme Delevoye : un régime unique à cotisations définies, avec dans un premier temps la création d’une caisse de retraite des fonctionnaires.

17 mars 2025…

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Ukraine : chacun « sa » paix,on n’est pas sorti de l’auberge?

 

                                                      Ukraine : chacun « sa » paix, on n’est pas sorti de l’auberge?

A la fin de sa campagne aux Etats-Unis, Trump l’avait promis, il mettrait fin en quelques jours à la guerre en Ukraine qui entre dans sa quatrième année. Il ne voulait plus financer. Ca fait toujours plaisir à entendre, mais il n’a jamais eu l’intention de contrarier Netanyahou, plus que jamais engagé à ses côtés dans le génocide du peuple palestinien doublé du projet de s’approprier leurs terres après avoir rasé leurs biens.

Ils viennent de faire 500 morts en 3 jours pour punir (?) les Gazaouis… tant qu’il y en aura ?! Dans l’indifférence de trop nombreux pays, à commencer par la France qui a mis du temps à réagir tout en « réarmant la France et l’Europe « ?

Les Etats-Unis, gouvernés par l’extrême-droite assumée, ont des projets impérialistes faramineux autant qu’irréels qui cherchent à faire oublier la crise profonde, économique et politique du capitalisme, que ses milliardaires brandissent comme un trophée, preuve de bonne santé économique et politique qui leur sert d’argument pour masquer l’explosion des inégalités sociales ?

Avec Israël, ils sont les seuls à mépriser l’ONU et ne tenir aucun compte des votes des autres pays dont ils bloquent les résolutions. Ils veulent rester la première puissance économique et militaire dans un monde multipolaire qui relativise la domination américaine d’autant plus envahissante sur les plans économique et militaire.

De la même manière, ce gouvernement totalitaire a décidé de se rapprocher de Poutine et de se retirer de la guerre d’Ukraine en laissant l’Europe assumer le coût des dépenses militaires, en plus du redressement de leurs finances au plus mal, qui affectent nos 27 pays dans l’U-E mais aussi les autres, dont l’Ukraine. Tout en gardant la haute main sur l’avenir de l’Ukraine et de l’Europe.

Finies les promesses de paix pour demain, comme simple formalité ! Trump et ses conseillers d’extrême-droite se heurtent à leur trahison de « rouler » pour Poutine et de planter l’Ukraine et son leader Zelensky traité comme un vassal -et je suis poli- dans le bureau présidentiel il y a un mois ! Et visiblement pas rancunier en lui envoyant des excuses des et des compliments en veux-tu, en voilà, un mois plus tard.

Il est prêt à manger dans la main qui le nourrit et le frappe car, Trump lui avait dit avec sa finesse de bulldozer, « Tu n’as pas les bonnes cartes dans les mains » Autrement dit, comme dans les maffias : « tu m’obéiras ou tu disparaitras ». Notre Berrurier vient de commander une statue en pied de 13 m ! Il est grand Trump ! Ses ambitions sont à sa hauteur, dominer le monde devenu multinational et garder le bénéfice de la domination de sa monnaie, le dollar.

Dans le réseau social X de Musk qui ne va pas très bien en ce moment, Zelensky a même écrit ces derniers jours :»Nous avons eu avec Trump une conversation positive, très substantielle et franche….Nous pensons qu’avec les Etats-Unis, avec le président Trump et sous le leadership américain, une paix durable peut être atteinte cette année.» N’est-ce pas touchant ça ? Au pas, camarade, au pas ! Il est rentré dans le rang, il comprend vite Zelensky, d’autant qu’il n’a pas le choix.

En Europe -dont il fait partie- mais dont le pays ne devrait pas faire partie de l’UE- Trump et Poutine ont des conditions à faire partager qui ne vont pas de soi, c’est toujours Trump le leader censé parler au nom des Ukrainiens et de l’ardeur des Européens qui nous préparent à « réarmer l’Europe, à devenir des économies de guerre », la Russie étant décrétée par Macron « notre ennemie existentielle ».

Alors qu’elle fut déterminante pour libérer les camps d’extermination et vaincre les nazis que les occidentaux à Munich, fin septembre 1938, laissèrent pénètrer en Tchécoslovaquie ? Depuis le 8 mai 1945, la Russie nous a donné quels signaux de conquêtes ? A part l’Ukraine, territoite de l’ex-Urss.

Il faut être sérieux : elle fait partie depuis 1990 des pays capitalistes qui n’ont jamais cessé de s’entretuer, promettant toujours -ou presque- que ce serait la dernière ! Jaurès a beaucoup écrit sur la question.

Par contre, la France est allée en Russie, après 1917, la révolution d’octobre des communistes russes, soutenir militairement le tsar. Elle n’était pas obligée.

PCF : Une voix française indépendante pour la PAIX

Parler d’un « cessez-le-feu » dans la perspective d’en finir avec la guerre suppose des conditions acceptées par les deux (au moins) belligérants et, de préférence, ratifiés par les peuples. Or, vu les circonstances, il n’est pas encore acquis que l’Ukraine et son président aient leur mot à dire. Ansi que les pays de l’U-E qui sont leurs alliés et les soutiennent pour moins de la moitié du coût de la guerre, le reste par les E.-U. ce qui a fait changer Trump de stratégie pour que l’U-E prenne ses responsabilités.

Le meilleur moyen étant d’arrêter la guerre. Trump y avait pensé mais pas par pacifisme, parce qu’il ne voulait pas payer pour l’Europe, qu’il ferait oublier Gaza et pourrait attirer Poutine…dans sa stratégie géopolitique de tenter de l’éloigner de la Chine, sa grande concurrente très dynamique. Il garderait un « gros » pied-à-terre, une grande puissance capitaliste sur le Vieux Continenr où il n’en manque pas.

Ce que la France et l’Europe sont en train de décider c’est de réarmement de l’Europe, donc de risque de poursuite de la guerre en Ukraine au prétexte de la visée supposée de la Russie -conquérir nos pays- en comptant l’aide de Trump et ne pas accepter la capitulation de l’Europe, ni de revenir aux « accords de Minsk « qui continuent à interpeler les causes de la situation.

Et, comble de cynisme, ils ouvrent avec tambours et trompettes, l’épargne populaire destinée au financement du coût de la guerre, très rentable -nous sommes le second fournisseur au monde- et nous trouvons assez facilement des réserves privées pas forcément patriotiques.

Cette voix française pour la Paix, nullement exclusive, vous la découvrirez dans la PJ, dans le prolongement des bouleversements auxquels nous sommes confrontés sur toute la planète dans un rapport de forces politiques marqué par par une forte avancée des extrêmes-droites mondialisées et de leurs alliances avec les droites classiques au pouvoir de la plupart de nos pays occidentaux dits « libéraux et démocratiques »

Elle vaut d’être connue et matérialisée.

René Fredon

PJ:

https://www.pcf.fr/donner_la_france_une_voix_independante_pour_la_paix?utm_campaign=communistes_1034&utm_medium=email&utm_source=pcf

 

 

Actualités

André CHASSAIGNE/ Député PCF ..

3e : André Chassaigne (Front de gauche, Puy-de-Dôme), 286 500 € en 2013

Lu dans L’HUMANITÉ, André Chassaigne,《un monument de l’assemblée…》

Portrait

André Chassaigne, « un monument de l’Assemblée et un militant »

Figure centrale du PCF et de l’Assemblée nationale, le chef de file des députés communistes a été élu vendredi 14 mars maire-adjoint, à Saint-Amand-Roche-Savine, dans son Puy-de-Dôme natal. Il prévoit de rendre fin mars son mandat parlementaire. Portrait d’un combattant de l’intérêt général.

Député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2012, André Chassaigne quittera son poste à la fin du mois de mars.

© Karim Ait Adjedjou / ABACA

L’un des députés les plus costauds de l’Assemblée nationale, tant par sa carrure massive que par sa grande connaissance du Parlement, a décidé de passer la main. André Chassaigne, figure centrale du PCF, connu pour ses bons mots, ses coups de gueule, sa moustache devenue blanche comme la neige, et sa défense acharnée de la justice sociale, des services publics, de la ruralité et de Cuba, quittera fin mars son siège au Palais Bourbon.

Mais n’allez pas croire que c’est une porte qui se ferme. « Il s’agit surtout d’en ouvrir une pour la suite. J’accorde une grande importance à la transmission. J’ai 74 ans, il est temps de laisser la place », mesure-t-il.

Vendredi 14 mars, le chef de file des députés communistes, président du groupe GDR depuis 2012, a été élu maire-adjoint dans sa commune auvergnate du Saint-Amand-Roche-Savine. « Je reprends le premier mandat que j’ai eu il y a des années, quand j’avais 27 ans. La boucle est bouclée ! », apprécie-t-il. Et quelle boucle. Lors des législatives de 2002, le PCF prend l’eau : il perd 14 sièges et n’en gagne qu’un seul. Qui peut bien enregistrer une telle conquête, à contre-courant de la dynamique nationale ? André Chassaigne.

L’ancien professeur de lettres et d’histoire géographie, devenu principal de collège et maire de sa ville, arrache la 5e circonscription du Puy-de-Dôme. « J’ai été candidat pendant 24 ans avant de gagner, en grappillant des points petit à petit », raconte l’élu, enraciné dans son territoire, et où Michel Charasse, ancien ministre de François Mitterrand, le qualifiait de véritable « service public à lui tout seul ».

« Dédé »

Après avoir usé quatre présidents de la République, douze premiers ministres, et sept présidents de l’Assemblée, celui que beaucoup surnomment « Dédé », aura donc toujours siégé dans l’opposition. « C’est facile de critiquer et de cogner. Et les gouvernements auxquels j’ai fait face le méritaient bien. Mais je me suis toujours méfié des critiques littéraires qui n’écrivent jamais de romans. J’ai donc sans cesse cherché à m’investir dans le corps-à-corps législatif avec cet objectif : être un député d’opposition sans concession, tout en étant capable de revenir en circonscription avec des amendements dans ma besace, pour l’intérêt général », témoigne-t-il.

À la stupeur générale, en 2008, André Chassaigne fait ainsi voter un amendement anti-OGM, qui provoque une crise au sein du gouvernement et de la majorité UMP de l’époque. « J’avais réussi à convaincre suffisamment de députés de droite de la nocivité du projet ! » se remémore-t-il.

Les caméras se braquent sur l’élu. Les troupes présidentielles déposent dans la foulée un amendement similaire, présenté par François Grosdidier, qui est adopté. Et pour calmer le jeu, sans perdre la face, le président Nicolas Sarkozy se déclare publiquement favorable à « l’amendement Chassaigne-Grosdidier ».

« Quand je suis retourné en circonscription, les gens m’ont félicité, puis certains m’ont dit, outrés, qu’ils étaient scandalisés que Sarkozy m’ait appelé ‘‘Chassaigne Gros Dédé’’ ! », rigole encore le député, qui prend la tête du groupe GDR en 2012. François Hollande succède alors à Sarkozy. Les citoyens attendent une politique de gauche. Il n’en sera rien.

« J’ai connu une bonne trentaine de 49.3 »

« Il existe en Auvergne des petites fenêtres dans nos fermes, que l’on appelle ‘‘fenestrou’’. Eh bien à trop vouloir l’emprunter, François Hollande s’est coincé dans le fenestrou de la droite et ne peut plus en sortir ! », lance en 2016 André Chassaigne, aussi bien ulcéré par le projet de déchéance de la nationalité, que par les lois Macron et El Khomri passées à coups de 49.3.

« J’en ai au final connu une bonne trentaine, et on s’y habitue jamais. Nous sommes arrivés à une situation où tout ce que la Ve République avait prévu pour que l’exécutif domine le législatif est utilisé sans aucune mesure, écrasant toujours plus la représentation nationale. C’est catastrophique pour la démocratie. J’avais qualifié le régime de « démocrature » sous le premier quinquennat de Macron. Le ‘‘triple coup de force’’, comme j’ai pu le dire contre la loi El Khomri ou sur les réformes des retraites, est permanent : coup de force contre l’opinion majoritaire des Français, coup de force contre les représentations syndicales, coup de force contre les parlementaires. Personne ne profite de ses assauts d’une violence inouïe du capital contre notre modèle social issu du programme du Conseil national de la résistance. Personne, à part les milliardaires et l’extrême droite », s’indigne le député sur le départ.

« Un internationaliste, un antiraciste, un grand défenseur des droits humains »

En 23 ans au Palais Bourbon, toujours en première ligne, « Dédé » aura mené bien des batailles. « C’est un monument de l’Assemblée, et en même temps c’est un militant. C’est ça qui est formidable. C’est un magnifique porteur de parole pour la ruralité. Un ami des outre-mer. Un internationaliste, un antiraciste, un grand défenseur des droits humains », souligne Huguette Bello, présidente du conseil régional de La Réunion, qui a longtemps siégé avec lui au Parlement.

J’avais des photos du Che dans ma chambre, et chez moi on ne buvait pas de Coca-Cola, et encore moins pendant la guerre du Vietnam.

Car communistes et élus progressistes ultramarins composent ensemble le groupe GDR. « C’est notre spécificité, c’est notre richesse. J’ai eu le bonheur de présider un groupe pour qui le soleil ne se couche jamais, où nous avons tous en commun de lutter pour qu’il n’y ait aucun sous-citoyen, aucun sous-territoire, et une égalité républicaine réelle, que ce soit à 10 heures d’avion de Paris dans les Outremers, à plusieurs heures de train et de voiture dans les territoires ruraux, ou à une heure de métro dans les banlieues populaires », relève André Chassaigne.

Figure très respectée, André Chassaigne l’est aussi de ceux qu’il combat. « Parce qu’il a acquis beaucoup d’expérience sur la défense et du rôle du Parlement, et parce que même quand il cogne dur, ses coups de gueule sont toujours argumentés et justifiés », observe Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

« Un hyperactif et boulimique de travail »

« On est nombreux à l’apprécier humainement, et à le trouver assez coriace, voire redoutable quand on le cherche. Mais on lui pardonne, sauf peut-être ses mots lors de l’Affaire Benalla », souffle un macroniste. En 2018, scandalisé par l’enterrement de la commission d’enquête dédiée à l’obscur collaborateur du président, André Chassaigne étrille la servilité des députés de la majorité, les qualifiant « d’intestins silencieux de la bouche élyséenne » : « vous avez prouvé que même sans colonne vertébrale il est possible de ramper ».

Loi immigration, réforme des retraites, Affaire Benalla… Le Macronisme, une déchéance en 5 actes

Stéphane Peu, pressenti pour reprendre la présidence du groupe GDR avec la coprésidente Emelyne K/Bidi, se souvient bien de ses premiers pas de député devant cette Macronie triomphante : « Nous étions dans le groupe presque tous des néodéputés. Seuls André Chassaigne et Marie-George Buffet avaient une expérience aguerrie du Parlement. Et nous avons été un peu désarçonnés par l’arrogance du nouveau monde, par ces jeunes macronistes vierges d’histoire et de culture politique, soumis au président et tout droit sortis de cabinets d’affaires. André, qui est un personnage hors normes, un hyperactif, un boulimique de travail, a été d’une aide précieuse pour nous accueillir au groupe et nous lancer sur le chemin de l’offensive ».

« Il nous a pris la main. À chaque fois que l’on pose une question au gouvernement, quand on arrive au micro juste devant lui. Il nous glisse cette boutade pour nous détendre et nous mobiliser : ‘‘Attention tout le parti te regarde, pose correctement ta question’’ », se souvient Fabien Roussel, qu’André Chassaigne avait d’ailleurs convaincu de se lancer, lors du congrès du PCF de 2018, afin d’en prendre la tête.

L’échec du Perchoir

L’autre caractéristique de « Dédé », c’est qu’il ne lâche rien. Engagé dans un long combat pour revaloriser les pensions de retraites agricoles, afin qu’aucune ne soit inférieure à 85 % du Smic, le député a dû affronter tous les mauvais coups possibles inventés par les gouvernements avant d’obtenir gain de cause, avec deux lois qui portent son nom, la deuxième étendant la première aux conjointes des exploitants agricoles.

« Au pouvoir, on aurait fait bien plus. Mais il faut savoir être utile en toutes circonstances, dans l’adversité ». C’est cette endurance, son aura et son expérience, qui l’ont amené à devenir en 2024 candidat du Nouveau Front populaire à la présidence de l’Assemblée.

« Si cela n’avait pas été lui, jamais un communiste ne se serait imposé comme candidat commun du NFP alors que nous étions le seul groupe à avoir perdu des sièges. Son autorité et sa personnalité lui ont permis de convaincre non seulement à gauche, mais au-delà. Il a reçu 207 voix lors du vote, contre 220 pour Yaël Braun-Pivet. Seulement 13 voix d’écart, alors que 17 ministres ont pris part au vote pour l’empêcher de gagner, se livrant en dépit de toutes les règles à un cumul des genres entre exécutif et législatif », signale Stéphane Peu.

« André Chassaigne aurait fait un formidable président de l’Assemblée », relève Huguette Bello, qui qualifie le groupe GDR de « pépinière à présidents », puisqu’en plus d’elle à La Réunion, bien d’autres anciens membres ont présidé ou président leur région : Alfred-Marie Jeanne en Martinique, Gabriel Servil en Guyane, et Moetai Brotherson en Polynésie.

« On m’a élevé dans l’idée du rejet de toutes les oppressions »

André Chassaigne n’est pas passé loin, lui aussi, du fauteuil principal d’une assemblée. Sans jamais y avoir pensé avant qu’une occasion historique ne se présente.

« Si c’était arrivé, j’aurais gardé les pieds sur terre. Mon père était ouvrier. J’ai grandi dans une cité Michelin. Quand il revenait de l’usine avec sa musette, mes frères l’ouvraient pour récupérer les résultats sportifs, et moi c’était pour voir s’il n’y avait pas des tracts des syndicats et du PCF. J’avais des photos du Che dans ma chambre, et chez moi on ne buvait pas de Coca-Cola, et encore moins pendant la guerre du Vietnam. On me disait qu’une bouteille vide, c’était une balle pour un petit vietnamien. On m’a élevé dans l’idée du rejet de toutes les oppressions ».

À la place du cola, ce sera donc un verre d’eau ou de vin, pour ce bon vivant, également sauveur de la fraise de veau. « Elle avait été interdite à la consommation. Elle fait pourtant partie d’un plat traditionnel de la montagne thiernoise, le moulet, en référence aux ouvriers à domicile », précise-t-il. Et parce qu’il y a « aussi bien des petits matins que des grands soirs », André Chassaigne a réussi à ce que la fraise de veau retourne dans les assiettes. Alors que la tête de veau est déjà mangée pour fêter tous les 21 janvier la mort de Louis XVI, qui sait si la fraise de veau, l’air de rien, n’a pas elle aussi un petit goût de révolution ?

« Avec la centaine de députés d’extrême droite à l’Assemblée, la révolution, ce n’est pas pour tout de suite, mesure tout de même le député. Le combat politique s’annonce toujours plus musclé. Mais je ne suis pas pessimiste. La gauche, si elle sait combattre frontalement la xénophobie et les inégalités, peut rassembler et renverser la vapeur. » Un combat qu’il n’entend pas abandonner, à son échelle, en plus de faire revivre au local l’ancien collège de Saint-Amand-Roche-Savine et faire restaurer son église.

« À l’Assemblée, mon suppléant, Julien Brugerolles, va prendre la suite. Il est très présent à mes côtés et sur le terrain depuis des années, on va simplement inverser les rôles. Je sais qu’il va très bien se débrouiller », indique Dédé, qui ne quittera pas Paris de si vite. « Maintenant qu’André va avoir plus de temps, nous allons pouvoir l’exploiter davantage au Conseil national du PCF, apprécie Fabien Roussel. Il y intervient régulièrement. Sa parole y est très importante. Il est très aguerri sur les questions internationales, particulièrement brûlantes en ce moment ! »

La dernière question au gouvernement d’André Chassaigne, prévue le 25 mars, ne signera donc pas son dernier acte politique.

Bien au contraire. Comme dit la formule, militant un jour, militant toujours…

Publié le 14 mars 2025

Aurélien Soucheyre

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Actualités

Vencorex : Graves menaces sur les usines chimiques du sud de Grenoble…

                                    

Vencorex: François Bayrou a promis des réponses d'ici le 20 février

 

Vencorex :Graves menaces sur les usines chimiques du sud de Grenoble…

Les menaces de fermeture de l’usine Vencorex et la suppression programmée de 450 emplois sur 480 à Pont de Claix ont entrainé une réplique coordonnée des syndicats des différentes entreprises sur les sites chimiques de Pont de Claix et de Jarrie face à l’énorme gâchis industriel qui s’en suivrait en cascade dans toute la chimie au sud de Lyon.

Le journal l’Usine Nouvelle annonce la présence sur le site de Jarrie le 4 décembre dernier, de représentants de la direction d’ARKEMA pour annoncer aux travailleurs et aux syndicats un « plan de recentrage », synonyme selon le quotidien « de réduction notable de la production ».

2 000 emplois directs sont menacés (730 à Pont de Claix, 1 100 à Jarrie) et 6 000 emplois induits dans les différentes filières de production. Derrière cela, c’est une dégradation terrible de l’indépendance industrielle de la France et de l’Europe et une très grande dégradation de la création de valeurs sur nos territoires.

Historiquement l’ensemble industriel s’appuie sur trois infrastructures fondamentales : la production hydroélectrique, une voie ferrée et la production du chlore, intermédiaire dans la fabrication d’un grand nombre de produits chimiques de base. Depuis le début du XXe siècle, les procédés de production du chlore et de ses dérivés ont été adaptés pour répondre aux enjeux de sécurité (ils sont situés dans des zones d’habitation, d’abord des personnels qui les faisaient fonctionner et depuis les années 1960 au cœur de l’agglomération grenobloise en plein développement)  ;

Aux enjeux environnementaux, pour les mêmes raisons d’implantation dans des zones très densément peuplées. Leur prise en compte s’est effectuée très tôt, dès les années d’après-guerre, grâce aux équipes de recherches installées sur les sites qui sont à l’origine de nombreux procédés exploités aujourd’hui  ;

Aux enjeux économiques, par les synergies des procédés industriels imbriqués dans le réseau des infrastructures de la chimie au sud de Lyon.

À cela s’ajoutent :

Des compétences professionnelles, techniques, et scientifiques représentant un savoir cumulé exceptionnel  ;

Des ressources naturelles (chlorure de sodium dans la Drôme des collines et l’eau des nappes phréatiques alimentées par le Drac)  ;

Des produits pétroliers depuis le vapocraqueur de Feyzin.

Ce que la gestion capitaliste de notre industrie pourrait détruire si les forces syndicales et politiques n’organisaient pas la riposte :

Sur le site de Pont de Claix.

 

La société Vencorex est l’entreprise menacée directement à la suite d’une gestion calamiteuse qui a conduit à son rachat et sa mise en faillite en quelques années par une société concurrente appartenant à l’État thaïlandais. La concurrence internationale déloyale a placé une entreprise dont les actifs sont évalués à plus d’1 milliard d’euros, à se voir proposer par son principal concurrent chinois un rachat pour un million d’euros, la destruction des installations et la capture de tous les brevets industriels.

Concrètement seront arrêtées les productions de chlore et la production de produits intermédiaires (HDI et TDI) à la base de la fabrication de mousses (sièges, semelles de chaussures…) ou de tissus synthétiques (élastomères et autres fils synthétiques techniques…) et de polyuréthanes utilisés dans les fabrications de peintures pour les carrosseries des véhicules automobiles, avions, trains…

En amont :

l’extraction du sel des mines situées sur les communes de Hauterives et Tersannes dans la Drôme des collines se fait après dissolution dans l’eau à 2000 m de profondeur.

L’autorisation préfectorale d’extraction et de transfert de 300 000 t/an de saumure produite par la Société Chloralp, filiale de Vencorex, vers le site de Pont de Claix est autorisée jusqu’en 2043. L’arrêt de la production de chlore depuis le début de la grève, il y a 6 semaines, est en passe de provoquer une catastrophe environnementale, la saumure étant produite en continu à un débit de 30 m3/h et risquant de déborder dans les champs environnants. La dissolution des sels à une profondeur de 2 000 m ne peut pas être stoppée car elle est imbriquée dans un ensemble complexe de transfert de fluides et de gaz par pipeline entre Feyzin, Roussillon et Pont de Claix  ;

les consommations électriques du site représentent la consommation d’une ville de 70 000 habitants. Les installations de la société Solvay qui produisent l’électricité et la vapeur d’eau sont donc concernées.

En aval sont concernées :

La société Seqens qui valorise l’acide chlorhydrique principalement vers des filières de produits pharmaceutiques  ;

Suez qui exploite un incinérateur à très haute températures (torche à plasma) pour le traitement de déchets spéciaux produisant ainsi une partie de la vapeur utilisée sur le site; Air Liquide qui distribue les principaux gaz générés ou importés sur le site (hydrogène et monoxyde de carbone).

Et sur le site chimique de Jarrie

Arkema produit le chlore, la soude et l’hydrogène à partir du chlorure de Sodium de Pont de Claix.

des dérivés chlorés organiques, Chlorure de Méthyle expédié à Roussillon (production de silicones)  ;

chlorate de soude (agent de blanchiment papier haut de gamme)  ;

perchlorate de sodium (élément de carburant fusée Ariane et autres fusées…)  ;

fluides caloporteurs pour les transformateurs électriques HT (remplaçant les pyralènes)  ;

eau oxygénée (détergent, désinfection dans diverses applications de traitements environnement, emballages…).

 

Autres industries sur le site de Jarrie :

Framatome produit des sels de zirconium, produits intermédiaires dans le processus de purification du zirconium métallique de qualité nucléaire, constituant les éléments d’emballage et d’assemblage du combustible des réacteurs nucléaires. L’usine Framatome de Romans réalise le chargement du combustible dans les tubes en zirconium.

Framatome produit également du hafnium métallique pur et ultra-pur (barres de contrôle dans les réacteurs nucléaires, cloisons de protection contre les radiations, fuselage d’avions, coque de smartphones…).

Des oxydes de zirconium et de hafnium utilisés dans la fabrication de céramiques de hautes pureté (applications médicales, optiques…).

RSA produit des alumines et des saphirs synthétiques destinés à des applications dans l’aérospatiale, l’aéronautique, l’éclairage LED, l’horlogerie, les céramiques techniques…

Tout l’ensemble industriel rassemble des productions à très haute valeur ajoutée, produites sur des installations modernes, performantes, avec de grandes compétences en matière de sécurité technologique et environnementale et des services de secours et de surveillance de la santé des travailleurs intégrés.

L’État et les collectivités locales ont payé un tiers des 100 millions d’euros investis récemment dans la modernisation des installations d’électrolyses du chlore de Vencorex.

Fabien Roussel, André Chassaigne, et des élus de l’Isère réclament la nationalisation immédiate de Vencorex.

La chimie du Sud grenoblois est indispensable aux applications telles que le traitement des eaux, la désinfection, les peintures et revêtements de surface, l’aérospatial, le nucléaire, les silicones, l’électronique, le blanchiment de la pâte à papier…

L’intersyndicale CGT, CFDT, CGC des différentes entreprises mène une bataille au cœur de l’industrie chimique française, au cœur de l’industrie française !

Nous devons les aider à gagner !

3 janvier 2025

Christian Chevalier/Humanité 

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Pour une paix juste et durable en Ukraine..

DIPLOMATIE. Poutine et Trump tiendront leur premier sommet le 16 ...

 

Pour une paix juste et durable en Ukraine

Le vrai danger, c’est le couple Trump-Poutine

Le premier annonçait le 4 mars 2025, dans son discours de l’état de l’union qu’il avait reçu une lettre de Zélensky qui disait que «l’Ukraine est prête à s’asseoir à la table des négociations dès que possible pour se rapprocher d’une paix durable»

Il a parlé abondamment de tous les mérites qui lui revenaient dont celui d’avoir réussi à faire plier le président de l’Ukraine en pleine guerre, invité mal élevé et ingrat, l’Europe avait insisté pour qu’il soit reçu. Trump n’en avait pas vraiment envie, Il le lui a fait sentir, il l’a humilié et provoqué, sciemment. Il exigeait des compliments, des courbettes et de la pommade pour son égo incommensurable.

Comme s’il sortait, lui, de la haute école des «bonnes manières», très proche du personnage de Frédéric Dard, San Antonio, recordman absolu de la littérature populaire : grossier, vulgaire, violent, méchant, sauf que Trump, lui, n’est pas drôle du tout, contrairement au héros de nos polars tordants.

Lui, l’odieux, il ne rigole pas avec le fric, il ne pense qu’à ça. Il a décidé de commencer par un droit sur les «terres rares» qu’il veut se réserver. Et Zélensky n’avait pas voulu signer ! Pourquoi une telle précipitation ? Trump en a fait un cyclone.

D’abord, il le met dehors, sans le regarder ni l’accompagner après l’avoir accusé de vouloir poursuivre la guerre ! Mensonge car il n’était là que pour faire partie des pays impliqués dans la guerre décidée par la Russie. Naturel, non ? Pas pour Trump. Il ment comme il respire, c’est un homme d’affaires, c’est dans leur ADN. Vous voyez ce qu’ils deviennent quand ils sont milliardaires, de père en fils, de surcroît, le voilà président des E-U. Il s’enfonce dans le conservatisme le plus dictatorial.

Il est au sommet de son pouvoir, il ne peut que descendre, il fait toujours partie des maîtres de la finance qui ont pour vocation que leur business rapporte encore plus et plus vite, pour ceux qui ont investi. Les autres, ils n’ont qu’à travailler et chercher du travail…juste pour manger et survivre, ne pas régresser. Ils sont tellement plus nombreux et oubliés dans ce capitalisme sacralisé !

 

Trump a pris le parti de son ami Poutine, soutenu par la plupart des ultras-nationalistes d’Europe. Ce sont les deux plus grosses défenses nucléaires mondiales. L’Ukraine perdrait les territoires reconquis par la Russie. Trump exige le leader-ship de la négociation, du seul fait qu’il est le financeur principal des dépenses militaires qu’il a arrêtées pour mettre l’Europe à contribution, c’est-à-dire NOUS. Et c’est affolant…Sauf pour les milliardaires !

 

Rien n’est encore matérialisé, le soutien de l’U-E est acquis à l’indépendance de l’Ukraine, du moins pour une majorité de pays mais pas tous. Et il va falloir sortir beaucoup d’argent et de convictions pour arriver au cessez-le-feu, puis à l’arrêt de la guerre, l’armistice entre toute les parties concernées, y compris la Russie qui continue son annexion, sa bonne entente avec les E.-U. De Trump. Et décidée à garder ses acquis, voire plus. Un sommet européen crucial a débuté jeudi 6, avec Zelensky, après l’allocution la veille d’E. Macron en France

Des propositions très sérieuses

Trump s’est retiré pour mettre en grande difficulté financière l’union européennne donc l’Ukraine qui ne pouvait déjà pas, même assistée des E.-U gagner la guerre contre la Russie qui va mieux respirer même si l’U-E entend exiger le maintien d’un Etat souverain envahi militairement par son voisin pour récupérer des terres qu’il revendique.

C’est ce qu’est en train de faire Trump en plus étalé, en Palestine et autour, sur la planète, ignorant comme Poutine le droit international, d’où leurs affinités. Et leur stratégie, d’organiser un accord qui permette à Poutine de faire reconnaître son but et ses intentions à ce stade.

D’autant que l’Ukraine avait appartenu à l’ex-URSS dans sa totalité mais cela donne-t-il un droit aujourd’hui ? La question est politique, la guerre économique mondiale est déclarée par Trump et menace tous les pays.

Il y a trois jours, Fabien Roussel a abordé sur France-inter ce sujet brûlant et la position du PCF dont voici quelques extraits, l’intégralité en PJ : «  Il y a un pays qui en a envahi un autre : l’Ukraine. Il y a un droit international qui été largement bafoué par le président Poutine.

L’urgence pour tout le monde c’est de passer à un accord de cessez-le-feu et un accord de paix solide et durable…pas de paix artificielle ! C’est la raison pour laquelle nous appelons à une conférence européenne (elle est en cours à Bruxelles), -pas seulement européenne ni pour pouvoir se réarmer et faire la guerre plus tard-

avec la présence d’autres pays d’Europe (hors U-E) mais aussi, la Russie, les E.-U., peut-être les Brics ?

La France de M. Macron a été atlantiste à 1 000% et attentiste jusqu’au bout ! Nous avons suivi les E.-U ces dernières années et avec une option militaire exclusivement. Il n’y aura pas d’issue militaire. Il y aura forcément des négociations.

Il fallait la victoire militaire de l’Ukraine à tout prix, ce n’était pas possible. Depuis trois ans nous disons qu’il n’y aura pas d’issue militaire…Je l’ai écrit à Mr Macron le 6 juillet 2023, avec des propositions à mettre sur la table pour discuter, que portent aussi d’autres pays. On y est mais il aura fallu trois ans !

Il faut le retrait des troupes russes, il faut faire respecter la souveraineté des peuples et donc de l’Ukraine. Il ne peut pas y avoir de paix dans le dos de l’Ukraine, ni dans le dos des Russes. Je demande instamment que la France et l’union européenne fassent le choix de dialoguer avec Mr Poutine.

Il ne faut pas laisser discuter ensemble Trump avec Poutine parce qu’ils sont capables de sceller un accord sur le dos de l’Europe et de l’Ukraine.

Donc il faut avoir le courage et la force d’aller vers une solution politique et diplomatique, comme ça avait été fait au plus haut de la guerre froide dans les années 1970, avec les accords d’Helsinki …. »

Nous en sommes, en effet, à un moment très crucial de notre histoire. J’ai entendu pa rler de 800 milliards engagés en quelques jours pour la défense de l’Europe. On va les prendre où ?

René Fredon

https://actu.orange.fr/monde/ukraine/ukraine-trump-affirme-que-zelensky-est-pret-a-negocier-CNT000002hHK40.html

 

https://actu.orange.fr/monde/ukraine/donald-trump-accentue-sa-pression-sur-kiev-il-veut-revoquer-le-statut-de-240-000-ukrainiens-aux-etats-unis-magic-CNT000002hLxH9.html