Palestine :Les E-U bloquent la paix

Après le véto américain, les crimes de guerre continuent de plus belle. Triste jour !

 

La veille du vote du conseil de sécurité, note Médiapart, le jeudi 7 décembre, Biden affirmait au premier ministre israélien Nétanyahou qu’il était essentiel de protéger les civils alors que de violents combats urbains font rage dans et autour des plus grandes villes de Gaza. «Le président a insisté sur la nécessité absolue de protéger les civils et de séparer la population civile du Hamas, notamment par le biais de couloirs permettant aux gens de se déplacer en toute sécurité hors de zones de combats délimitées»…indiquait un communiqué de la Maison-Blanche.

Lors d’un entretien téléphonique avec Nétanhyaou, le 26 novembre, Biden avait insisté pour  qu’«une aide beaucoup plus importante soit autorisée» !

Il était donc bien question de prolonger la trêve avec les émissaires qataris et égyptiens, ce que confirmait le secrétaire d’Etat US, Anthony Blinken au premier ministre à Jerusalem !

Et, dans la nuit de vendredi 8 à samedi 9, volte-face bien camouflée, les E-U ressortent le véto qui s’oppose à la motion qu’ils feignaient de co-soutenir ?!

Un véritable reniement soudainement décidée -à moins que ce ne soit cyniquement- et que la comédie ait consisté à calmer la colère qui se faisait jour notamment dans les pays arabes, mais pas que, dont les Etats prenaient la mesure de la solidarité de leurs peuples avec les Palestiniens massacrés par un fanatique au pouvoir en Israël qui prétend en exterminer un autre. “Tuez-les tous, dieu reconnaîtra les siens…” disait le légat pontifical en 1209  lors de la croisade contre les Albigeois à Béziers. Le fanatisme existait déjà. Hélas, il n’est pas mort.

Petite anecdote : ce matin en reprenant, non pas la plume mais l’ordi, comme on dit maintenant, je cherche dans V-M les réactions à l’évènement mondial connu la veille, samedi 9, au petit matin. J’osculte le quotidien deux fois, j’écarquille les yeux…Rien ! A la troisième je tombe enfin sur une brève de 25 lignes sur une toute petite colonne ! Avec ce titre famélique : “Israël veut encore plus accentuer la pression”.

 Vous voyez ce que ça fait sur une petite colonne ? A la même hauteur, à côté et en très gras sur 4 colonnes : le gros de la page. C’est tout ce que le “grand” quotidien trouve à dire : Israël ne veut qu’“accentuer la….pression…après un véto la veille des Américains” Pour faire plus “neutre” c’est difficile, pour un peu ils s’excuseraient d’avoir dit du mal d’Israël et des Américains ! Serait-ce que le dimanche il n’y a pas de chef pour trier les infos ?

Nous prenons acte du vote de la France pour la résolution exigeant le cessez-le-feu, même si elle a fait trop longtemps allégeance au pouvoir politique d’Israël. On ne peut que se féliciter de cette évolution, de ce réalisme. Mais on ne peut ignorer qu’à droite et à l’extrême droite, critiquer Israël c’est être antisémite et même pro Hamas ?! A partir de là il  n’y a plus de débat possible. L’islamophobie de quelques leaders s’exprime avec une banalité confondante. Comme si le racisme était une opinion banale, comme une autre. En France c’est un délit. Et un danger extrême.

Il se trouve que la politique d’immigration en pleine discussion à l’assemblée nationale est inspirée beaucoup plus par l’extrémisme de droite que par les traditions républicaines de la France, leur humanisme et les nécessités de l’économie bien comprises.

Le véto américain constitue un acte des plus négatifs. De nature à susciter beaucoup d’hostilité et de risques au Moyen-Orient et bien au-delà, compte tenu des enjeux humanistes -paix ou guerre- et économiques qui sont en jeu.

Un communiqué des affaires étrangères américaines nous apprend que Washington vient d’approuver d’urgence la vente de 14 000 obus de chars à Tel-Aviv, n’omettant pas de souligner qu’il est crucial pour les intérêts nationaux américains d’aider Israël à développer et à maintenir une solide capacité d’autodéfense.” On ne le leur fait pas dire. Que ne ferait-il pas pour un client si actif et si fidèle ?

 

Antonio Guterres déçu mais pas résigné

 A Doha dimanche matin, le secrétaire général des Nations-Unies a déploré que “le conseil de sécurité soit paralysé par des divisions géostratégiques compromettant ainsi de trouver des solutions à la guerre… Nous courons un risque grave d’effondrement du système humanitaire…La situation évolue rapidement vers une catastrophe aux implications potentiellement irréversibles pour les Palestiniens dans leur ensemble et pour la paix et la sécurité dans la région  mais je ne renoncerai pas à un cessez-le-feu»

Même tonalité chez le 1er ministre du Qatar : Nous allons continuer, nous sommes déterminés à faire libérer les otages, mais nous sommes également déterminés à arrêter la guerre», a encore dit le Premier ministre du Qatar qui ajoute, « nous ne voyons pas la même volonté de la part des deux parties » et « la poursuite des bombardements réduit nos possibilités »

Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne a déclaré que le veto rendait les États-Unis complices des crimes de guerre israéliens. « Cette politique devient un danger pour le monde et une menace pour la sécurité et la paix internationales.”

Voilà qui promet et mérite de nouvelles mobilisations encore plus denses partout, dans les villes occidentales, orientales, du Nord  et du Sud, des cent pays, juqu’à ce que cessent le feu à Gaza et l’expulsion des palestiniens hors de leurs territoires annexés par la force…le gouvernement d’Israël n’étant plus soutenu désormais que par un seul Etat, les E-U !

 

Comment ne pas s’indigner de ce que subit le peuple palestinien ? Ce n’est pas minorer la tuerie du Hamas du 7 octobre. Elle ne saurait justifier les massacres de civils, hommes femmes et enfants pendant deux mois par l’armée israélienne. Et ça continue ! Nous n’en sommes que plus indignés, plus solidaires et proches pour en finir avec la guerre et les  humiliations et pour que soient reconnus à ce peuple les mêmes droits à disposer enfin d’un Etat et d’un territoire, sans cesse promis depuis plusieurs générations.

Il ne peut y avoir qu’une solution politique. Le peuple israëlien a aussi besoin de paix. Encore faut-il se parler et ne pas léguer sa parole à n’importe qui. La guerre c’est toujours l’impasse, elle ne sert que des intérêts. Le dialogue c’est la raison + la paix = la vie !

Faisons nous entendre plus fort parce que plus nombreux, plus déterminés !

René Fredon

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