A La Seyne le 1er adjoint Thierry Tidona agite le drapeau gaulliste ?

 

Un mois après le séisme politique qui a traversé la deuxième ville du Var, dirigée depuis le front populaire par le PCF et des majorités de gauche, avant que la droite y mette fin, dans les années 1980 alors que la France basculait à gauche sous la présidence de Mitterrand. En même temps que la désindustrialisation se poursuivait, sonnant ici le glas des chantiers navals et des services publics privatisés à grande échelle. Les quatre ministres communistes quittant le gouvernement deux ans après leur entrée.

 

Qui, dans cette ville ouvrière très réactive à toutes les revendications, sociales et sociétales, aurait pensé qu’un jour l’extrême-droite pourrait s’installer à l’hôtel de ville ? Du moins à gauche car sous la houlette de la droite la sociologie de  la ville a beaucoup changé au détriment des classes populaires.

 

En 2014, la gauche unie derrière le socialiste Marc Vuillemot avait été élue en triangulaire avec 11 511 voix (40,14%) et 65,69% de votants. Le FN (Guttierez) faisait déjà 8716 voix et 30,40% devant la droite unie (Vitel) 8 444 voix et 29,45%. (La division de la gauche mérite une approche approfondie sur le plan national et local qui s’avère complexe et nécessaire)

 

Six ans plus tard, il n’y avait plus que 35,65% de votants ! Le maire sortant de gauche ne fait plus au second tour que 5 429 voix et 33,44% des exprimés, moins de la moitié des voix six ans après ! Luc Patentreger candidat écologique obtenant au 1er tour 2 130 voix et 13,84%, sans désistement officiel. Quatre listes de droite dont celle de Nathalie Bicais 3 358 voix et 21,82% et celle de Dorian Munoz, 2 402 voix et 15,61% perdant près de 700 voix pour faire gagner N. Bicais.

 

Une droite qui va d’entrée se déchirer en public jusqu’au bout, ce qui va faire l’affaire du candidat RN, conseiller municipal sortant pour récupérer une grande partie des électeurs.ices de droite, écoeurés.es de cette gestion conservatrice fébrile sanctionnée par l’inéligibilité de la maire en fin de mandat.

 

Le maire RN n’a pas raté l’occasion, mettant l’accent sur sa liste « large et plurielle » à droite, une liste qui se veut « apolitique ». La preuve ? le 1er adjoint sera un gaulliste  toujours membre des LR en pleine décomposition où l’on compte une bonne demi-douzaine de candidats à la présidentielle. Leur ancien président, Ciotti, étant devenu maire de Nice avec le soutien du RN dont on connait les méthodes, les buts et les modèles tels que Trump, Orban, Méloni et compagnie.

 

Le 1er adjoint, Thierry Tidona a longuement été interviewé pour justifier sa présence à ce poste  et aussi pour rendre hommage au maire qui l’a nommé, Dorian Munoz, « quelqu’un qui a une ambition pour la ville et dispose d’une vraie capacité de travail, sa jeunsse est une force, il est aussi très ouvert… » L’ancien pilote d’hélicoptère et ses neufs ans d’armée en font un fidèle soldat doublé d’un entrepreneur dans l’assurance.

 

« Je pense que c’est dû à ma forte personnalité ainsi qu’à ma rigueur et à ma capacité de diriger quand le maire n’est pas disponible… » Rien que ça, dit-il modestement, il lui sera fidèle.

 

Tout ça pour dire aux Seynois.es que le couple maire-1er adjoint ne ressemble pas à celui de la précédente municipalité LR Bicais-Colin lamentable ! Faudrait-il le croire sur parole, ce gaulliste qui se met au service du RN lequel n’a nullement coupé avec le fondateur du FN, Le Pen père, dont la plupart des dirigeants, jeunes et moins jeunes, se réclament, tout en voulant donner le change.

 

Ce militant qui se dit « gaulliste de toujours » aurait-il perdu la mémoire : le fondateur du FN-RN, J-M Le Pen  avait tenté d’assassiner le Gl de Gaulle au Petit-Clamart au sud de Paris le 22 août 1962 ? Chirac disait ne pas pouvoir laisser le RN banaliser la haine et l’intolérance, il refusait de débattre avec Le Pen père. Il rejetait toute alliance avec l’extrême-droite.

 

Depuis, le RN a réussi à trouver des partenaires qui l’ont aidé à sortir de l’isolement et à  prétendre défendre le peuple en même temps que soutenir les milliardaires qu’il ne veut pas taxer. Total-Energie peut doubler ses gains au premier trimestre : 5,1 mds tout de même, véritable scandale permanent, tandis que les énergies deviennent de plus en plus chers pour les classes populaires.

 

Le RN soigne son rapprochement avec le patronat, en osmose avec les très riches. Quant au surarmement en cours, l’argent se trouve facilement, ce qui n’indigne pas le RN dont ses modèles sont aux manettes des guerres qui n’en finissent pas, qui sèment la mort, les génocides et accentuent les inégalités sociales et les dérèglements climatiques.

 

Concernant leur liste RN à La Seyne, le quotidien Libération avait identifié plusieurs élus .es partageant sur deux plates-formes (facebook et twitter) des contenus racistes, homophobes, conspirationnistes, anti-IVG…rien de bien nouveau malgré les invitations de leur hiérarchie à ne pas se laisser aller. En pure perte, leur idéologie est ancrée dans l’histoire .

Ils feront tout pour  saborder les cérémonies et initiatives concernant notamment le 1er mai et l’anniversaire  du Front populaire.

 

 

 

René Fredon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A La Seyne le 1er adjoint Thierry Tidona                                                                                   agite le drapeau gaulliste ?