Faire du cinéma d’été ou faire culture toute l’année ! Le cinéma en plein air ne doit pas cacher le cinéma que La Seyne attend toujours ,Un écran sous les étoiles, c’est agréable.
Un film en plein air, un soir d’été, dans un parc, avec des familles, des enfants, des amis, des chaises pliantes, quelques rires et le bruit de la ville autour : personne ne va faire semblant de trouver cela scandaleux. Il y a des combats plus urgents que la guerre civile contre le projecteur estival.
Mais justement : puisque l’idée est sympathique, regardons-la sérieusement.
La Ville de La Seyne-sur-Mer vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour l’installation et l’exploitation d’un cinéma de plein air au parc de la Navale, entre mi-juillet et mi-août 2026. Le principe annoncé : une ou deux soirées par semaine, sur un espace d’environ 3000 m², avec une jauge maximale de 300 personnes.
La Ville prévoit notamment la mise à disposition du lieu, d’un point électrique, d’un espace barriéré, d’un agent de sécurité et de 50 chaises. Le reste relève de l’opérateur retenu : installation, projection, exploitation, billetterie éventuelle, conditions financières, tarifs, redevance.
Voilà le premier point important : le cinéma en plein air n’est pas une nouveauté à La Seyne.
Les “Cinés du mardi” ont déjà existé. En 2025 encore, des séances étaient annoncées sur le parvis de Tisot, avec jeux, animations, projection à 22h, buvette, restauration sur place, et surtout une mention claire : entrée libre.
Le parc de la Navale lui-même a déjà accueilli du cinéma gratuit, par exemple lors des Journées italiennes, avec une projection de Mon nom est Personne annoncée comme gratuite.
Donc ne racontons pas d’histoire : La Seyne ne découvre pas soudain le cinéma en plein air, comme si l’écran venait d’être inventé entre deux mâts du parc de la Navale.
Ce qui change, ce n’est pas l’existence de séances en plein air.
Ce qui change, c’est la logique.
Hier, nous avions des séances municipales annoncées en entrée libre.
Aujourd’hui, l’appel à manifestation d’intérêt parle d’installation et d’exploitation, de billetterie, de tarifs à présenter, de redevance à verser à la commune.
Ce n’est pas forcément scandaleux en soi. Une organisation coûte de l’argent. Un opérateur doit équilibrer son activité. Les droits, le matériel, la sécurité, la technique, tout cela ne tombe pas du ciel, même par une douce nuit d’été.
Mais cela mérite d’être dit clairement.
Passons-nous d’une logique d’accès libre à une logique d’exploitation estivale ?
Voilà la vraie question.
Car une animation culturelle n’a pas le même sens selon qu’elle est pensée comme un service public accessible ou comme une activité ponctuelle confiée à un opérateur. Et dans une ville populaire, ce n’est jamais un détail. Le prix d’une sortie, même modeste, peut décider qui vient et qui ne vient pas. Qui profite de la ville. Qui reste à distance.
Un écran en plein air peut rassembler.
Mais une billetterie peut aussi trier, doucement, sans bruit, sans grand discours.
Et puis il y a l’autre sujet, plus profond encore.
La Seyne attend depuis des années un vrai cinéma.
Pas seulement un écran quelques soirs d’été.
Pas seulement une animation saisonnière.
Pas seulement un événement sympathique quand la météo coopère.
Un vrai cinéma. En dur. Ouvert toute l’année. Accessible. Populaire. Capable d’accueillir des familles, des jeunes, des scolaires, des associations, des débats, des films grand public, des films d’auteur, des séances jeune public, des rencontres, des moments partagés.
Une ville de plus de 60 000 habitants ne devrait pas être condamnée à considérer le cinéma comme une parenthèse estivale.
Bien sûr, on nous parlera d’attractivité, d’animation, de rayonnement, de soirées au parc, de “films du moment”. Très bien. Mais l’animation ne remplace pas une politique culturelle. Elle peut l’accompagner. Elle peut l’enrichir. Elle peut la rendre visible. Mais elle ne doit pas lui servir de décor.
C’est toute la différence entre faire vivre une soirée et construire une ville.
Une soirée de cinéma en plein air, c’est une parenthèse.
Un cinéma permanent, c’est un équipement culturel.
Une projection estivale, c’est un rendez-vous.
Une salle ouverte toute l’année, c’est une présence.
Et cette différence compte.
Elle compte pour les enfants qui découvrent leur premier film sur grand écran.
Elle compte pour les adolescents qui n’ont pas toujours les moyens ou la facilité d’aller ailleurs.
Elle compte pour les familles qui cherchent une sortie accessible hors saison.
Elle compte pour les enseignants qui veulent organiser des séances scolaires.
Elle compte pour les associations qui pourraient prolonger un film par un débat.
Elle compte pour une ville populaire qui ne veut pas réduire la culture à quelques événements visibles sur affiche.
Dans le programme du nouveau maire, la culture semblait déjà beaucoup passer par l’animation, l’événementiel, les grands rendez-vous, les images fortes, les moments visibles. Cela peut plaire. Cela peut même être utile. Mais cela ne suffit pas.
Une ville n’a pas seulement besoin d’être animée.
Elle a besoin d’être cultivée.
Et la culture, ce n’est pas seulement remplir l’agenda. C’est remplir les vies.
Nous ne critiquons donc pas le cinéma en plein air. Nous disons simplement qu’il ne doit pas devenir un substitut commode à ce que les Seynois attendent depuis longtemps : un vrai cinéma, pensé comme un équipement culturel durable, populaire, accessible, ouvert toute l’année.
Parce qu’au fond, la question est simple.
Voulons-nous seulement des images d’été ?
Ou voulons-nous une politique culturelle qui tienne aussi en novembre, en février, un mercredi après-midi, un dimanche pluvieux, une soirée de débat, une sortie scolaire, une séance pour les enfants, une projection partagée dans une ville qui manque encore cruellement de lieux de culture accessibles ?
Un écran sous les étoiles peut faire une belle soirée.
Mais il ne remplace ni une salle, ni une ambition, ni une politique culturelle.
Une animation éclaire une soirée. Un équipement culturel éclaire une ville.
Par Guy CALMES de l’APRES
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La Dernière Séance — Eddy Mitchell


