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Macron nous enfonce dans l’austérité

L’état de nos finances se dégrade ,Macron nous enfonce dans l’austérité

 

Depuis la réunion de crise à l’Elysée, avec quelques poids lourds du gouvernement autour de lui le 20 mars, Macron ne peut plus nous raconter d’histoire sur les prévisions de croissance très optimistes annoncées un mois plus tôt par son ministre de l’économie.

Ce n’est plus 10 milliards de recettes en moins mais 20 qui viennent augmenter le déficit de nos finances publiques au-delà des 4,4% prévus. Leur remède : réduire nos dépenses publiques déjà très insuffisantes, à l’os pour de très nombreux services publics, sans toucher significativement aux très riches et fiers de l’être.

L’INSEE vient de rectifier à la hausse le déficit public de 2023, estimé à 5,5% du PIB et non 4,9% prévu par le gouvernement. On s’éloigne des sacro-saints 3%, plafond fixé par le traité de Maastricht alors que Le Maire disait vouloir s’en rapprocher.

L’INSEE voit même le déficit se creuser en 2024 à 5,7% (+0,2%) et à 5,9% en 2025, vu l’état de notre appareil productif, chômage et licenciements, faillites d’entreprises, précarité, protection salariale moindre, pouvoir d’achat en berne…sauf pour les géants du CAC 40 qui atteignent les 153,6 milliards d’euros en 2023, année record pour les profits comme pour les dividendes et rachats d’actions.

De quoi justifier et accélérer tous les reculs sociaux entamés dès 2017, ils ne s’en privent pas, en jouant de l’instabilité d’un monde et des menaces qui pèsent sur les populations et sur notre planète. Les pays les plus indutrialisés consacrant des dépenses colossales  au sur-armement, au détriment des infrastructures et services publics utiles aux vivants que les guerres anéantissent ???

Cela relève de la schizophrénie. Interrogeons-nous : à qui profite les guerres ? Pas à ceux qui les font et y périssent en tout cas. Sauf à être conditionnés par ceux qui en décident parce qu’ils y ont intérêt. On en est arrivé à des armées privées de mercenaires. On peut déjà les faire à distance sans soldat sur le terrrain ? Quels progrès ? Seules les guerres de libération imposées par l’occupant resteront légitimes.

Un gouvernement qui veut reprendre à un peuple les avancées sociales et sociétales qu’il a conquises au fil de son histoire pour permettre à une minorité de propriétaires privés des grandes entreprises et des banques d’accroître leurs richesses personnelles ne peut pas, au nom de l’intérêt national, éviter la colère des peuples.

Macron voudrait faire oublier qu’il gère en fonction des exigences et des intérêts des marchés financiers mondialisés, sous la domination d’une monnaie, le dollar américain, qui permet aux E-U, en tant que prêteur de sa monnaie, d’en tirer de fructueux bénéfices qui lui permettent de supporter un endettement colossal : 34 000 mds $ ! Avec un déficit public hors de contrôle : 500 mds$ au 1er trimestre, nous dit La Tribune. Le moment est venu de “se dédollariser” : les BRICS y pensent

Dans un tel contexte d’incertitudes : résistons

Rien que de très normal à ce que jeunes, salariés.es et retraités.es du public mais aussi du privé soient dans l’action pour protéger leur pouvoir d’achat notamment. Exemple significatif, le BTP bat de l’aile, le gouvernement ne parle que de construire, non pas pour les plus nombreux et les plus modestes mais pour les plus solvables ?! Alors qu’il y a beaucoup de travail, donc d’emplois, pour compenser les mauvais choix délibérés des libéraux.

Autre exemple, bénéfique celui-là : à l’initiative du groupe communiste, le vote historique du Sénat de tous les groupes de gauche et des LR qui ont rejeté par 211 voix contre 44 l’article 1 du traité dit de “libre échange”, le CETA négocié entre l’UE et le Canada et en vigueur depuis 7 ans ! Sans avoir été ratifié par le parlement !! La macronie n’a pas du tout apprécié. A quand le retour devant l’assemblée nationale ? Les agriculteurs, eux, apprécient.

Une qui a tout compris c’est la présidente de l’assemblée nationale, Yahel Braun-Pivet. Sur BFMtv elle a eu ce cri du coeur : “il faut réduire en partie les dépenses sociales pour faire baisser la dette” ! Ben voyons, elle n’a rien à craindre : elle dispose d’un hôtel de fonction à deux pas du perchoir, avec grand jardin, elle ne paye ni sa nourriture, ni son électricité, ni ses déplacements, elle a même plusieurs chauffeurs et dispose de 15 000 euros par mois, dont la moitié n’est pas imposable, ce qui lui permet de boursicoter à satiété ! Son avenir est assuré.

Son réflexe de classe lui interdit de mettre à contribution tous les très hauts revenus en proportion de leurs gains et patrimoines faramineux que Macron, libéraux et extrême-droite ne sont pas chauds du tout à solliciter, tellement ils sont sensibles aux revendications du MEDEF qui se plaint des impôts et cotisations, oubliant les 3 ou 400 niches fiscales et les paradis fiscaux banalisés conçus pour tricher…dans la légalité.

Solliciter le capital, vous n’y pensez pas ! La doxa dominante, que les mêmes sanctifient, ne leur laisse pas le temps et surtout l’envie de se pencher sur le devenir des classes populaires dont 15 millions de personnes connaissent les privations, la discrimination et qu’une autre partie, au-dessus du seuil de pauvreté, logée et nourrie  correctement, constate que l’inflation et le coût de la vie les rapprochent du minimum, ils se demandent si leurs enfants vont vivre mieux ou plus mal qu’eux ?

Ce qui suppose une tout autre notion de la politique fondée sur la volonté de réduire les inégalités sociales incompatibles avec le culte de l’argent-roi, une tout autre conception du respect de la planète et de son prochain, vers une vie digne et libre pour chacun.e

Utopie ? Qui ne demande qu’à se matérialiser !

 

René Fredon

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MM BICAIS : Une municipalité Hors sol 

 

 

MM BICAIS : Une municipalité Hors sol :

 

Depuis juillet  2020, nous vivons une nouvelle situation municipale qui offre avant tout de la COM  et du  clientélisme bon marché  et bien  peu d’avancées sociales  ou économiques, ou structurelles .

Rien  derrières  si ce n’est  les aides financières de TPM, de la région  ou du CD 83, toutes et tous  de droite !

Entre copains réactionnaires on sait s’aider et les chapelles de droite  (LR, RELM, UDI,  RN, etc.)  Savent se mobiliser contre les logements sociaux, contre les fonctionnaires, contre la vie tout  court  celle qui fait sens et peuple..

Le peu  des avancées sociales se retrouvent dans le calendrier de TPM (PPI 2020/2024) qui doit  déclencher  des travaux dans notre  ville. Dont MM BICAIS salue  les effets    qu’elle s’approprie au passage  leurs  réalisations pour faire une bonne COM d’après-vente.  .”Routes, parcs, fibres,  ports,  assainissements, eau ,etc.. tout cela est  de compétence métropolitaine et donc tout est  devenue   orchestration  à la gloire de MM BICAIS.
Pour les fonctionnaires territoriaux  , l’ardoise  de la concertation est toujours vide !

Pour le service public   le parti pris  auprès  du DASEN ( éducation Nationale var  ) pour les fermetures de classe  est flagrant ou parfois de crèches  ou parfois  la fermeture d’associations ?  

Pour le Sport : aucune visée  politique consistant  à donner “moyens et  objectifs  ” aux fonctionnaires  du service sport  et souvent  des dotations  de l’agence  des sports nationale qui sont une fois de plus   dévoyée pour être mise  au compte  de cette équipe municipale 

Pour la culture : bien des annonces   de locaux culturels   mais les seynoises et seynois   attendront pour faire culture  populaire  et pour toutes et tous. Y compris   une privatisation des bijoux  comme au Fort  NAPOLEON.

Pour la démocratie locale :  nous attendons toujours  que les revendications des conseils   de quartier soient entendues  quand ils fonctionnent

Pour l’économie. «  Circuler  il y a rien à voir ? «

Pour le logement social  doublement des pénalités pour non construction – moins 2 %  de construction d HLM depuis 2020 ..) 

Pour… etc..

MM BICAIS CI CONTRE PHOTO 

Et dans ce panorama  de droite  incompétente et déchirée  que fait  réellement la gauche  sur la Seyne sur mer ?

Tout d’abord le PCF Seyne est la pointe pour dénoncer la politique  de MM BICAIS   via COM, Mediaş et sites et  sur le terrain

Le PCF Seyne se déploie pour faire obstacle à  ce décervelage opéré par cette équipe  recomposé (et décomposée) de droite de MM BICAIS  (point de rencontres , affichages , débat , porte à porte ,  etc.. )

D’autres partis de gauche serait bien inspiré de faire cause commune  et  de  s’impliquer davantage  comme la  GRS  le fait  si bien.

En attendant nous avons encore deux ans pour préparer  les élections municipales   de 2026, à travailler le corps  électoral

Sachons trouver les moyens d’y répondre et à la bienveillance de toute la gauche et des associations et syndicats

Le PCF Seyne se prépare à cette mission  de rassemblement durant ces deux  années qui viennent

Espérons que cette initiative trouvera un écho  et un engagement  à gauche

La Seyne a BCP à attendre de nous et ne laissons pas la droite déstructurer notre ville plus longtemps.
Ensemble à gauche, soyons  une vrai  alternative  de progrès social,  de démocratie, de fraternité  et d’émancipation populaire.

« « Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action.”

Victor Hugo

 

PPI : Plan Programme Investissement de TPM

TPM : Toulon Provence Méditerranée

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Les liaisons dangereuses :La rencontre Mitterrand Le Pen à l’Elysée  !

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Les liaisons dangereuses

La rencontre Mitterrand-Le Pen à l’Elysée

 Ce n’est qu’un infime moment d’histoire mais il a eu des conséquences énormes dans

l’ascension du FN à peine sorti des limbes. L’évoquer me paraît utile tant le passé éclaire l’avenir mais il ne l’écrit pas. Le communiste de longue date que je suis, n’engage que moi à travers mon vécu militant de cette période intense.

Le 1er volet évoquait l’origine, non pas de l’extrême-droite en France, mais du FN et de ceux qui l’avaient crée le 5 octobre 1972, dont J-M Le Pen fut le premier président.

Aux législatives de 1973, il fit 1,2%, Le Pen 5,22 dans le XVè arrondissement de Paris. Premier congrès, première scission une partie formant le PFN, parti des forces nouvelles. En 1974, mort de Pompidou, Le Pen fait 0,75%. Au 1er tour Mitterrand devance Giscard d’Estaing, lequel l’emporte de justesse au 2è tour 50,82% !

Dans le programme de JMLP il y avait “la limitation de l’immigration étrangère et l’abrogation des accords d’Evian (fin de la guerre d’Algérie)”…Cette année-là le cimentier Lambert lui léguait sa fortune et le manoir de Montretout (ou presque). Un legs pour lui, pas pour le FN ?

Aux législatives de 1978, le FN fait 0,33%. Aux Européennes de juin 1979, Le Pen FN et Tixier-Vignancourt PFN se brouillent. Pas de liste commune. Celle du PFN fera 1,31% !

10 mai 1981 Mitterrand l’emporte !

 

Absent de la présidentielle, Le Pen n’obtient pas les 500 signatures. Aux législatives qui suivront c’est la cata…0,18% ! La gauche unie obtient la majorité absolue. Mitterrand a pris, de peu, sa revanche sur Giscard avec 51,76%.

Il va pouvoir mettre en œuvre le programme commun : nationalisations, création d’un ISF, augmentation du SMIC et des allocations familiales, la retraite à 60 ans, 5è semaine de congé, abolition de la peine de mort , loi Auroux sur le travail, régularisation des étrangers en situation irrégulière….C’est l’euphorie à gauche et dans les classes populaires.

Le Pen avait appelé à voter pour Giscard au second tour et se trouvait toujours banni des plateaux, n’étant plus élu et les télés ne se déplaçant pas pour couvrir le congrès du FN et ses quelques centaines d’adhérents. Il veut sortir de l’ombre, il se rappelle qu’il a une connaissance à l’Elysée.

Le 26 mai 1982, il fait, par le truchement d’un des conseillers de Mitterrand qu’il connaît depuis la FAC, une demande écrite de rencontre avec le président et lui remet la lettre pour qu’il puisse accéder à la télévision publique qui n’invitait que les représentant des groupes parlementaires.

François Mitterrand signe, le 22 juin1982, une réponse écrite à Jean-Marie Le Pen : “ Il est regrettable que le congrès d’un parti soit ignoré par Radio-Télévision. […] Elle ne saurait méconnaître l’obligation de pluralisme qui lui incombe […]. L’incident que vous signalez ne devrait donc plus se reproduire. Mais d’ores déjà, je demande à Monsieur le Ministre de la Communication d’appeler l’attention des responsables des sociétés Radio-Télévision sur le manquement dont vous m’avez saisi. “

Une semaine après, le 29 juin 1982 Le Pen est sur le plateau de TF1 !

 Vous vous demandez peut-être en quoi ça va nous aider aujourd’hui à mettre le RN sur le reculoir et à faire partager notre soif de paix, de justice, de liberté, d’égalité, de solidarité, de laïcité…bref d’humanité ? Ou si je ne règle pas des comptes avec Mitterrand, avec mon passé ? Où si je n’ai pas la nostalgie d’une autre époque, dépassée par les disparités intergénérationnelles qui n’ont pas connu tout ce qui est train d’être cassé et qui avait été conquis  par le mouvement social depuis le front populaire, la Libération, 1968, 1981…Que c’est loin tout ça…Regardons devant !

Dommage qu’on s’enfonce dans le brouillard de plus en plus épais et qu’on n’a pas besoin de savoir pourquoi Mitterrand avait décrété la fin de la récréation deux ans à peine après son arrivée à l’Elysée. Il renonçait à la rupture promise avec les forces du capital, il décrétait la rigueur, la soumission et basculait dans le libéralisme mondialisé sous domination américaine.  Voilà ce que devenaient dix ans d’élaboration laborieuse, PS, PCF et PRG, aboutissant à un programme commun audacieux, comme s’y était engagé le congrès d’Epinay le 13 juin 1971 où Mitterrand  prenait les commandes du PS.

 

Comme si seul le parti communiste croyait et voulait la transformation sociale, politique et économique, par l’extension des luttes et des mobilisations populaires.  Alors que ses partenaires avaient mis le frein à la fin de la négociation. Le discours de Mitterrand (1) est révélateur de son talent mais aussi de ses objectifs ambivalents.

 

A force de perdre la confiance des classes populaires à cause de ces renoncements c’est non seulement toute la gauche qui s’affaiblit considérablement mais l’extrême-droite qui est en train de détourner à son profit les colères populaires qui découlent des choix libéraux !

 

La réception de Le Pen a une double explication : où Miterrand ne le voyait pas comme un danger  ou/et il voulait qu’il serve à diviser la droite, car la marge gauche-droite est faible. Ce que disait clairement Bérégovoy, son secrétaire général, à Franz-Olivier Giesbert en juin 1982 :

On a tout intérêt à pousser le Front national, il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C’est la chance historique des socialistes”  !!! (2)

 

Il y a des phrases qui font très mal. Surtout quand elles se transforment en actes.

 

Depuis 1982, en France, le FN-RN n’a cessé de progresser. 

 

Pour ne prendre que l’élection présidentielle au 1er tour :

 

1988 : 14,38%    1995 : 15%     2002 : 16,86%     2007 : 10,44%     2012 : 17,9 %    2017 : 21,7%     2 022 : 21,3% … Les sondages le donnent à 31%  le 9 juin prochain !

Autre exemple significatif : Dreux, en mars 83 le 1er tour des municipales avait été annulé puis reporté en septembre 1983. La liste FN avec Stirbois est à 16,7%  sous le slogan “Halte à l’immigration , du travail pour les Français“.Il fusionne avec celle du RPR pour l’emporter sur la gauche, Stirbois sera 1er adjoint  avec 9 conseillers. C’était la tendance dans toute la France !

Evidemment il est plus facile de faire un constat que de remédier à nos errreurs, nos  défaillances, nos insuffisances…

L’accomplissement du programme commun a coûté cher nous avait-on dit. Ne l’avait-on pas prévu ? On ose y croire. Mitterrand, sur les conseils de Mauroy, 1er ministre, Delors, ministre de l’économie et Fabius, ministre du budget, décide du fameux plan de rigueur  en mars 1983. Chevènement démissionne. En juillet 1984 les 4 ministres communistes refuseront de faire partie du 2è gouvernement Fabius.

 

La déception est énorme chez les militants et électeurs communistes de cet abandon des promesses qui n’auraient donc été qu’électorales ? Une cassure s’exprime à la direction du PCF. Je n’ai toujours pas compris -et je ne dois pas être  le seul- pourquoi on est revenus, ultra minoritaires, dans le gouvernement Jospin en 1995, sous la présidence de Chirac ?

Il y en a eu d’autres, tant il est vrai qu’au fil du temps, on a plus de doutes que de certitudes.

 

Nous sommes au XXIe siècle et c’est pire encore. En 2012 on a entendu Hollande nous dire, avec toute sa fougue révolutionnaire que “mon seul ennemi c’est la finance” avec dans ses bagages, un certain Macron qui est capable de dire tout et son contraire. Il va bientôt nous quitter avec un bilan social exceptionnel et la perspective d’envoyer bientôt nos troupes en Ukraine. Il nous prépare à la guerre. On est prêt à lui accorder sa retraite anticipée.

 

Reste à la gauche à retrouver ses idéaux, son union et un contenu à la hauteur des enjeux ainsi qu’à retrouver le chemin des entreprises et des quartiers à commencer par ceux où les problèmes sociaux notamment sont les plus insupportables. Sans parler des nouvelles technologies de communication sophistiquées en perpétuelle évolution, intégrant l’I.A.

 

Il y a du grain à moudre, le capitalisme ne lâchera pas l’affaire de son plein gré. Comme le patronat, II peut compter sur le RN pour le protéger !

René Fredon

 

 

(1) https://gpthome69.files.wordpress.com/2019/06/mitterand-epinay_1971.pdf

 

(2) http://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf

citations, dans le livre “La main droite de dieu”, p.18 à 31

 

 

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Débat Ukraine-Assemblée nationale -Mardi 12 mars 2024 – Intervention Fabien ROUSSEL

 

 

 

Débat Ukraine Assemblée nationale -Mardi 12 mars 2024 – Intervention Fabien ROUSSEL

Il y a deux ans, quasiment jour pour jour, ici même devant vous, je dénonçais au nom de mon groupe GDR et des députés communistes l’offensive criminelle lancée par le nationaliste Poutine, en violation de toutes les règles du droit international.

Dans ce drame, il y a bien un agresseur, Vladimir Poutine, et un pays en état de légitime défense, l’Ukraine, qu’il faut soutenir. Notre position n’a pas changé depuis. Et sur tous les bancs de l’assemblée, nous sommes d’accord là-dessus.

Oui, il faut donner les moyens à l’Ukraine de se défendre. Nous l’avons fait.

Et je le dis ici au nom de mon groupe: Ce soutien doit se faire dans le strict cadre que nous avons défini au départ.

C’est-à-dire avec des lignes rouges à ne pas franchir. Pour que la France n’entre pas en guerre directe avec la Russie et ses alliés.

Les déclarations va-t-en guerre du président de la République sur l’envoi de troupes françaises en Ukraine, ne mettant aucune limite à notre soutien à ce pays en guerre, et confirmées lors de notre réunion à l’Élysée, ont choqué fortement nos compatriotes.

La perspective de la guerre et son cortège de souffrance sont entrés brutalement en France, dans chaque foyer, dans chaque famille.

La France, je le dis ici avec gravité, a une autre voix à porter que celle de la guerre, quand celle-ci a déjà provoqué la mort d’un demi-million de personnes et semé le chaos aux portes de l’Europe.

C’est une véritable boucherie. Au nom de l’humanité, nous devons tout mettre en œuvre pour qu’elle s’arrête au plus vite ! Dans quelques semaines, nous allons célébrer le 80e anniversaire du Débarquement. Notre pays, avec d’autres, a subi dans sa chair le martyr de deux conflits mondiaux, au 20e siècle, soldés par des dizaines de millions de morts.

Notre responsabilité vis-à-vis des jeunes générations est plus lourde que jamais. Pendant des décennies, nous leur avons promis, haut et fort : « Plus jamais ça ».

N’oublions jamais cet engagement, celui sur lequel précisément est née l’Union européenne.

Rien ne justifie que nous lancions notre jeunesse dans une nouvelle folie meurtrière, placée de surcroît sous la menace du feu nucléaire.

Voulons nous la destruction de notre civilisation ? Car c’est bien de cela dont il s’agit quand nous entrons dans une escalade guerrière dont nul ne peut prétendre maîtriser tous les ressorts.

Tout doit être fait pour éviter une telle escalade. Et ce n’est pas l’accord que vous venez de signer le 16 février avec l’Ukraine qui peut nous conduire vers l’apaisement. Au contraire, il risque de nous entraîner encore plus dans le conflit.

Il prévoit en effet l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne et dans l’OTAN. Nous y sommes opposés car cette question figurera en tête des négociations à venir entre les belligérants.

J’ajoute que l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne va mettre à mal notre agriculture, notre industrie en provoquant un dumping social que les Français rejettent massivement. Comme eux, nous rejetons cette idée.

Tout aussi préoccupante est le volet « coopération militaire de défense », qui est qualifié de « non exhaustifs ». C’est-à-dire sans limites. Comment peut-on ainsi signer un chèque en blanc avec un état en guerre ?

Mes chers collègues, nous le savons tous ici : un jour, nécessairement, des négociations auront lieu, le Président l’a dit lui-même lors de notre échange jeudi dernier.

Mais alors ne perdons pas une minute ! car chaque heure, chaque jour, chaque semaine apporte sont lot de morts et de destructions.

Puisque l’issue est connue, pourquoi attendre des centaines de milliers de morts supplémentaires avant de mettre un terme au conflit ?

Notre seule obsession doit être de tout mettre en œuvre pour trouver les chemins d’un cessez-le-feu, d’une négociation garantissant la sécurité collective des pays d’Europe, de l’Atlantique à l’Oural.

Toutes les voies diplomatiques n’ont pas été exploitées, loin de là. La Chine, le Brésil, l’Inde ou encore l’Afrique du Sud ont déjà fait des propositions.

Vendredi, le président Erdogan indiquait que la Turquie était prête à accueillir un sommet Russie-Ukraine. La Russie elle-même se dit prête à un cessez-le-feu, comme nous l’a indiqué le président de la République. La diplomatie, ce n’est pas de savoir discuter uniquement avec ses amis. C’est aussi avoir le courage de chercher des solutions politiques plutôt que de bomber le torse et d’endosser ses habits militaires !

Enfin, oeuvrer à une issue diplomatique et rapide à la guerre n’est pas faire injure à l’Ukraine. Le peuple ukrainien, lui aussi, aspire à la paix, à la sécurité. Garantissons-lui d’être à ses côtés, de faire respecter sa souveraineté comme les résolutions de l’ONU, sous l’égide de l’ONU et si besoin de casques bleus, comme l’histoire l’a déjà fait.

Pour y travailler, nous appelons à la mise en place d’une conférence sur la sécurité collective des pays européens. Ce n’est bien sûr pas à nous de proposer des solutions précises, elles émergeront dans le cadre d’une négociation durant laquelle tous les éléments devront être mis sur la table.

Oui, la France a une voix forte à porter. J’ajouterai ici que la crédibilité de la France comme de l’Union européenne est aussi liée à nos actes concernant la Palestine.

Car il ne peut y avoir deux poids et deux mesures en matière de droit international, de respect des résolutions de l’ONU et dans la dénonciation des crimes, comme celui subi par le peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie.

Que la France reconnaisse la Palestine dans ses frontières de 1967, comme me l’a encore demandé le Premier ministre palestinien rencontré mardi dernier, serait un acte politique fort qui entraînerait d’autres pays dans ce choix.

Concernant l’aide à l’Ukraine: Oui la France doit encore aider l’Ukraine. Mais pas seulement en lui donnant des armes. Je pense notamment à l’aide financière que l’Union européenne apporte. Là-aussi, quelle hypocrisie ! L’aide d’un montant de 18 milliards d’euros annoncée par l’Union européenne en novembre 2022 est en réalité un cadeau empoisonné, puisqu’elle est versée sous forme de prêts à rembourser avec intérêts !

Vous ne pouvez pas vous empêcher d’être libéral et de vouloir gagner de l’argent sur leur dos.

Pour nous, aider l’Ukraine, c’est prêter à taux 0% et ce ne pas contribuer à un endettement ravageur. Au bout du compte, ce sont les travailleurs ukrainiens qui paieront l’addition, avec des salaires en baisse, une précarisation des conditions de travail, des services publics démantelés…Le peuple est toujours en première ligne lorsque gronde le fracas de la guerre. C’est pourquoi nous devons tout faire pour l’éteindre.

C’est encore possible et nous, députés GDR et communistes, ne cesserons jamais d‘œuvrer pour empêcher la guerre totale, généralisée.

Le 21ème siècle ne doit pas être celui d’une troisième guerre mondiale. Jusqu’à la dernière minute, nous nous y engagerons.

Dans le dernier discours de sa vie, prononcé le 25 juillet 1914 à Lyon, cinq jours avant d’être assassiné, Jean Jaurès y croyait encore et disait :« J’espère encore, malgré tout qu’en raison de l’énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n’aurons pas à frémir d’horreur à la pensée du cataclysme qu’entraînerait aujourd’hui pour les hommes une guerre européenne. »

Comme lui, nous appelons le gouvernement à se ressaisir. Voilà pourquoi nous nous prononçons, à l’unanimité de notre groupe, contre cet accord, qui nous engage pour dix ans, avec des objectifs imprécis et dans des termes flous. Un accord, qui ne trace aucune ligne rouge, aucune perspective de paix et participe à l’escalade militaire.

Le vote d’aujourd’hui sera inscrit dans l’histoire car il peut précipiter notre pays dans la guerre.

Encore une fois, malheureusement, une grande majorité de députés s’apprête à voter pour, alors qu’une grande majorité de Français sont contre. Fidèles à leurs convictions, les communistes français porteront la voix de la paix jusqu’au bout, dans cette Assemblée comme dans tout le pays.

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FN-RN : de sa création à sa banalisation

FN-RN : de sa création à sa banalisation

 

La progression de l’extrême-droite en Europe notamment est une réalité qu’on ne peut nier ni sous-estimer. Elle dirige deux pays de l’UE, Italie et Hongrie, participe à deux autres gouvernements en Finlande et en Slovaquie et soutient celui de la Suède, sans y participer.  Aux Pays-bas, le PVV (e-d) a remporté les législatives fin novembre 2023 et devient la première force politque mais il n’a pu, à ce jour, constituer une coalition qu’il dirigerait ou soutiendrait.

 

En France cette poussée électorale avait permis à M. L Pen, la candidate du RN, d’obtenir 41 % des suffrages exprimés à la présidentielle de 2022, au 2èm tour, soit 13,288 686 millions de voix. Le plus gros score enregistré et + 2,6 millions de voix que le total MLP+ Zemmour du 1er tour ?

 

Rien d’étonnant à ce que les pronostics pour le prochain scrutin national et européen du 9 juin 2024, à la proportionnelle, soient favorables à la liste conduite par le nouveau président J. Bardella : 31% contre 18 à la candidate de Macron.(sondage du 11-3-24)

C’est une projection d’avant la campagne mais qui n’en dit pas moins, trois mois plus tôt. La  menace qui pèse sur notre République est très sérieuses. Ses valeurs n’ont jamais été aussi galvaudées ! A un moment où le monde, l’Europe, la France donc, affrontent des guerres et des crises auxquelles on ne croyait plus être confrontées. Sans parler de celles concernant  la survie de notre planète et de ses habitants. Rien que ça !

n’entrerai pas dans le détail des risques énormes qui sont sur notre tête, générant un  sentiment d’impuissance, de fatalité, récupéré par les forces les plus démagogiques et belliqueuses, les plus nationalistes et islamophobes qui plongent leurs racines profondes dans un passé contre-révolutionnaire, collaborationniste et même négationniste qui a débouché sur la barbarie la plus dévastatrice de l’histoire du monde. Ce qui ne les empêche pas de se revendiquer “patriotes” et républicains ?

 

Qui sont ceux qui ont crée le FN ?

La décision a été prise les 11 et 12 juin 1972, lors du 2è congrès d’Ordre nouveau, de participer aux élections législatives de 1973 mais sous un autre nom, le Front national, -sigle “emprunté”  à la résistance communiste- et détourné en vue d’un rassemblement “patriotique” d’une nébuleuse de groupuscules d’extrême-droite plus radicaux les uns que les autres.

Le 5 octobre 1 972, le FN est crée à Paris. Le Pen en était le président, jusqu’en 2011. Il était député poujadiste (UDCA) depuis 1956 et s’était engagé dans l’armée, en Indochine puis en Algérie, justifiant et pratiquant la torture. Niant l’importance des chambres à gaz ! Il devient le directeur de campagne de Tixier-Vignancourt, avocat et candidat d’extrême-droite à la présidentielle de 1965 contre le Gl De Gaulle. Il fera 5,20%. (14% dans le Var après l’arrivée des Pieds noirs d’Algérie).

A ses côtés, François Brigneau, ancien de la milice de Pétain sous Vichy pour traquer les juifs et les résistants. Militant et journaliste à Minute, Rivarol, Présent, Le Pen et le FN n’étaient pas à ses obsèques en 2012 : il avait suivi Mégret dans la scission de 98.

Alain Robert, secrétaire général à la création du FN, sera le fondateur du GUD, groupes union défense en 1968, organisation ouvertement fasciste qui a pour but de “nettoyer” les universités des communistes et étrangers

Roger Holeindre, secrétaire général, ancien membre de l’OAS, organisation de l’armée secrète, terroriste, qui sévissait en Algérie pour qu’elle reste une colonie française.

Pierre Bousquet, trésorier, ancien de la division SS Charlemagne, pendant la 2è guerre mondiale. Il combattit en 1945, l’armée rouge à Berlin, avec 300 Français, pour protéger le bunker d’Hitler.

Pierre Durand, trésorier-adjoint, monarchiste traditionnaliste, fut le responsable de la propagande des comités Tixier-Vignancour, directeur de Présent, organe du FN et co-directeur, ave JM Le Pen, de la SERP, société d’études et de relations publiques, et aussi éditrice de livres d’auteurs très à l’extrême-droite, dont le député  varois F. Boccaletti sait de quoi on parle.

 

Et on voudrait nous faire avaler que le RN d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la maison-mère ?

 

Evidemment l’héritage est lourd et il leur fallait trouver des alliés. Donc surveiller les mots, les slogans trop abrupts, voire provocateurs du père-fondateur, niant les chambres à gaz ! Ils savent surfer sur les politiques libérales qu’ils ne contestent pas mais qu’ils voudraient bien gérer en s’appuyant sur les colères populaires, quitte à revoir leurs formulations mais sans renoncer à leurs fondamentaux et à leurs objectifs.

Quand Ordre nouveau, avant le FN, appelait en 1969 “au grand nettoyage pour que la France revienne aux Français” , quelle différence avec “préférence nationale”  ou “nous sommes chez nous !” en 2024 ? Leur principal objectif  c’est : “sus aux étrangers. A ceux déjà là, qu’ils aiment la France ou qu’ils la quittent ? Ils discréditent les immigrés qu’ils rendent responsables des crises sociales, de nos déficits et de notre insécurité. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes.

Diviser les victimes des politiques libérales et faire le silence sur les causes des inégalités et de la grande pauvreté qui nous entoure, ils savent faire…ainsi que rallier nombre d’électeurs en provenance de LR. Le Var en est l’illustration. Ciotti n’avait-il pas dit que si Zemmour avait été au 2è tour de la présidentielle  de 2022, il aurait voté pour lui ?

Ils ont aussi fait évoluer leurs positions sur l’Europe dont ils voulaient sortir et qu’ils ne veulent plus quitter mais qu’ils ambitionnent de gérer avec les partis les plus à l’extrême-droite avec lesquels ils se regroupent dans l’U.E et dont certains ne cachent pas leur idéologie néo-fasciste. A commencer par l’Italie, Meloni assume sa nostalgie de Mussolini. Trump et Poutine ont les faveurs du RN. Au sommet ils s’efforcent d’adoucir les formes mais le fond reste le même.

Bardella se voit déjà en haut de l’affiche, il a trouvé des slogans qui en disent long sur sa modestie : “La France revient, l’Europe renaît”.  Aux agriculteurs il disait : “La France vous aime” ??? C’est déjà eux, la France ! Ils osent pareille auto-publicité sans le moindre complexe. Leur mentalité laisse percer leurs ambitions et leur soif de pouvoir. Ils n’y sont pas encore.

A Fréjus, son grand ami, le sénateur-maire David Rachline, très proche de Marine le Pen  également, est sous le coup d’une enquête consécutive aux révélations du livre de Camille Vigogne-Le Coat, “Les rapaces” qui en dit long sur la gestion de la ville, la corruption et le clientélisme qui y règnent et qui rendent le maire très silencieux. Il n’a pu obtenir l’interdiction du livre.

Leur meilleur faire-valoir c’est Macron et son ultra-libéralisme. D’autant que le président de la République vient de s’isoler sérieusement à propos de l’Ukraine en lançant un appel irresponsable à ses soutiens, visant à envoyer des troupes au sol ! Cela n’a pas convaincu les destinataires et suscité la plus vive opposition de tous les groupes et des Français. La question -paix ou escalade- va beaucoup peser d’ici le 9 juin.

L’enjeu de l’élection européenne est considérable. Pour une gauche qui ne part pas favorite mais se doit de redonner confiance à un électorat populaire moins mobilisé mais qui a le pouvoir de peser sur le contenu d’une institution vouée à la défense des intérêts capitalistes.

En gardant à l’esprit la nécessité d’une transformation sociale et écologique, économique et politique… qui permette aux peuples de prendre la main sur la finance.

Rien n’est encore joué, tout reste à conquérir !

 

 

René Fredon

 

(Prochain volet : l’accès aux médias : quand Tonton reçoit Jean-Marie)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://fr.idgroup.eu/rassemblement_national

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Quelle Europe ?Les priorités du communiste Léon Deffontaines

Élections européennes : qui est Léon Deffontaines, le ...

 

Quelle Europe ?  Les priorités du communiste Léon Deffontaines

 

La paix en Ukraine pas l’escalade, l’indépendance énergétique et alimentaire, la justice sociale, la revalorisation du travail et du pouvoir d’achat, l’harmonisation des politiques environnementales, migratoires, agricoles, industrielles, sociales, fiscales…ainsi qu’une ambition, un projet pour l’Europe qui repose sur de tout autres critères que le libéralisme et l’ultra-libéralisme qui nous enfoncent dans les privations, les privatisations, les inégalités sociales, la grande pauvreté…

 

Du haut de ses 27 ans, Léon Deffontaines, tête de la liste PCF-Divers gauche, entend bien incarner la résistance à l’institution très libérale en crises profondes et construire des majorités pour relayer les luttes sociales et sociétales engendrées par les politiques d’austérité supportées par les classes populaires au seul profit des actionnaires. Tout en ouvrant la perspective d’une coopération maîtrisant la finance pour s’attaquer aux enjeux majeurs que constituent le climat, l’emploi, l’économie, le social… avec de nouvelles règles qui privilégient les coopérations et le respect des intérêts collectifs et nationaux.

 

En finir avec la soi-disant “concurrence libre et non faussée” et avec la protection des E-U en train de perdre leur leader-ship mondial en matière économique et monétaire sauf en matière de défense. Interrogé par Var-Matin le 23 février 2024, Léon Deffontaines avait résumé ses trois priorités, indissociables, pouvoir d’achat, paix, environnement.

 

“L’Europe que nous souhaitons construire doit être capable de parler de paix et d’agir fortement pour le travail et sa revalorisation. Cela passe par un désalignement de l’U.E vis-à-vis des E-U pour retrouver une forme d’indépendance en matière de Défanse. Je ne crois pas en une armée européenne pilotée à l’échelle de l’Europe. En revanche je crois en une coopération entre les Etats membres notamment sur l’armement, sur la production des armes de défense et il faudra à terme sortir de l’OTAN mais à condition d’être capables d’assurer notre propre défense.

 

Si nous voulons atteindre la neutralité carbone en 2050, il nous faut, entre autre, développer massivement le frêt ferroviaire, les lignes à grance vitesse, les trains de proximité… besoin de réindustrialiser massivement le pays, réformer en profondeur la politique agricole commune, le libre échange..”.

 

Et, ajouterons-nous, mettre au défi Macron qui, très chahuté au salon de l’agriculture, avait exprimé le souhait “qu’on puisse déboucher véritablement sur ces prix-planchers” . La Confédération paysanne y avait vu “une petite révolution” qu’elle défend de longue date.

 

Macron en a fait la promesse pour calmer les ardeurs et ce, dans chaque filière !

Le groupe communiste, dès 2011 avait déposé une proposition de loi instaurant les prix planchers que la droite, sous Sarkozy avait écartée. En 2018, LFI avait fait de même par un amendement rejeté par les députés LREM et LR. Il a manqué 6 voix

 

Aujourd’hui Macron la trouve pertinente. Mais son ministre de l’agriculture la qualifie de démagogique ! Macron persiste “pour qu’on puisse déboucher sur véritablement ces prix planchers qui permettront de protéger le revenu agricole et de ne pas céder à toutes les pratiques les plus prédatrices qui aujourd’hui sacrifient nos agriculteurs et leurs revenus”, a affirmé le président à la sortie d’un entretien avec des responsables syndicaux. A suivre.

 

Revenons à Léon Deffontaines…

 

Il a illustré deux de ses singularités, la première : l’indépendance énergétique et le coût des énergies, de plus en plus élevé, qui pénalise lourdement les catégories populaires :..”si l’on veut retrouver notre efficacité, notre indépendance énergétiques et faire baisser les factures, il faut sortir du marché européen de l’électricité et reprendre la main sur notre souveraineté énergétique grâce à notre parc nucléaire, véritable énergie verte couplée avec un mix énergétique.”

 

La seconde, quelle politique migratoire ? Contrairement au RN qui en fait sa boussole, dans le capitalisme et masque sa raison d’être identitaire qui nous ramène près d’un siècle en arrière, pour le jeune candidat communiste, calme et déterminé, “la politique migratoire européenne doit reposer sur trois piliers : l’accueil, l’intégration et la coopération, en fonction des règles à établir à l’échelle européenne pour l’accueil et la répartition, l’ensemble des Etats membres devant y prendre part et pas uniquement les Etats du Sud aux frontières. Il nous faut engager une autre coopération avec les pays de l’espace méditerranéen et d’Afrique pour leur permettre de se développer et de réduire les flux migratoires.”

 

Le coup d’envoi de la campagne des Européennes est désormais donné. Dans un contexte  des plus inquiétant, en Europe et au Moyen-Orient où Israël est en train d’exterminer la population palestinienne au prétexte que le Hamas existe encore. Les E-U sont impliqués dans les deux, dont ils sont les principaux pourvoyeurs d’armes, l’U.E également qui révèle des désaccords internes nombreux et variés en son sein. Elle est là pour assurer de gros profits aux grands intérêts privés, elle ne veut rien changer.

 

Macron dégoupille…

 

Le 26 février, à l’issue d’une conférence des chefs d’Etats européens, Macron jetait un énorme pavé dans la mare. Il disait “ne pas exclure les troupes au sol en Ukraine“. Il a reconnu “qu’il n’y avait pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée des troupes au sol”. Bien qu’il n’ait pas été suivi par les alliés américains et européens de Kiev, il persiste et signe : “l’Europe doit se préparer à une attaque russe …il conviendra de ne pas être lâches” !

 

Il ne voit pas d’autre issue ? Hypothèse belliciste s’il en est…qu’il prête à la Russie pour justifier les crédits militaires supplémentaires mobilisés. La recherche de la paix n’est pas à l’ordre du jour. 68% de l’armement fourni par l’UE à l’UKRAINE sont achetés à des fabricants américains.

 

Le chancelier allemand Olaf Scholz avait affirmé ce mardi qu'”aucun soldat ne serait envoyé en Ukraine par des pays d’Europe ou de l’Otan : ce qui a été décidé entre nous dès le début continue à être valide pour l’avenir à savoir qu’il n’y aura aucune troupe au sol, aucun soldat envoyé ni par les Etats européens, ni par les Etats de l’Otan sur le sol ukrainien”.

 

Le couple Franco-Allemand n’est pas sur la même longueur d’ondes. S’y ajoutent il y a peu, les fuites au plus haut niveau de l’armée de l’air allemande portant sur la livraison de missiles longue portée à l’Ukraine, fuites qui circulent sur les réseaux russes ? Une enquête est en cours, Scholz juge “l’erreur” très grave. L’U.E, très ballotée, n’avait pas besoin de ça.

 

Ces derniers jours on apprenait par le Times que 12 bases de la CIA avaient été, très discrètement bien sûr, installées en 2014 aux frontières de la Russie.

 

Léon Deffontaines accuse Macron de s’être « livré à une improvisation diplomatique solitaire, dangereuse et nuisible pour notre sécurité collectiveÀ tous ceux prêts à sacrifier la jeunesse sur un front sur lequel ils n’iront pas, nous leur disons que leur guerre n’est pas la nôtre, comme elle n’est pas celle des jeunes Ukrainiens et Russes.»

 

Dans un tel contexte, la campagne promet d’être rude. Comme disait Georges Séguy, le leader de la CGT de 1967 à 1982 : “il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager”

 

 

René Fredon

 

 

 

 

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Ukraine : envoi de militaires alliés ?

Ukraine : envoi de militaires alliés ?

Macron persiste

 

On a du mal à concevoir que le New-York Times, à un moment difficile pour l’Ukraine après deux ans de guerre russe, ait eu la bonne idée de révéler que la CIA doublait l’OTAN et y avait, depuis 2014, installé 12 bases…secrètes qui ne le sont plus !

 

A moins que le “grand” journal américain ait été invité à en parler par les hautes instances politiques pour montrer aux russes qu’ils en savent des choses et que Poutine serait bien inspiré de renoncer à ses conquêtes alors que des bruits de bottes laissent clairement entendre que des soldats occidentaux pourraient bien venir, en chair et en os, aux côtés des soldats ukrainiens qui se trouvent en état d’infériorité après deux ans de destruction massive et de pertes humaines considérables.

 

Comme d’habitude, Macron s’est distingué lundi à Paris, à la rencontre de 20 chefs d’Etats pour le soutien à l’Ukraine. Il a cru opportun de lancer l’idée d’y envoyer nos soldats, rien que ça ?! Il y a deux ans il mettait en garde “de ne pas humilier la Russie“. Aujourd’hui défenseur en chef des intérêts de l’Ukraine et de l’Europe ? Quitte à faire de l’OTAN et de l’UE des pays en guerre à part entière contre la Russie et les entraîner avec leurs peuples, dans une spirale hyper-dangereuse vers une guerre mondiale !

 

La proposition a été immédiatement rejetée par les E-U, l’OTAN, l’Allemagne, l’Angleterre, la Pologne, l’Autriche… et suscité le tollé en France sauf dans la macronie…et encore. L’Ukraine ne le demande pas, elle veut armes et munitions qui lui font défaut. Macron veut attirer les micros en jouant avec le feu. L’opinion des Français ne l’intéresse pas.

 

Ce mardi l’assemblée nationale était en ébullition à l’heure des questions sur cette idée pas vraiment géniale de Mr le Président, déjà sérieusement embourbé au salon de l’agriculture.

 

Deux extraits qui, à gauche,  nous en donnent la température

 

André Chassaigne pour le groupe communiste y voit “une fuite en avant militariste totalement irresponsable”...le groupe communiste condamnant depuis deux ans l’invasion de la Russie, faisant le constat que “l’escalade de la guerre n’a apporté de réponse ni à l’aspiration des Ukrainiens à vivre libres et en sécurité, ni à la nécessité de rétablir la paix dans cette partie de l’Europe. Pire, les risques d’engrenage…nous ne pouvons que nous inquiéter face à cette déclaration belliciste de Macron, il nous entraîne dans une escalade guerrière dangereuse pour le continent.

A rebours des va-t’en guerres, nous exigeons que la France prenne, en responsabilité, la tête en Europe d’une coalition pour la paix, sous l’égide des Nations-Unies pour faire cesser cette guerre.”

 

Même opposition ferme pour Bastien Lachaud, LFI…”deux puissances nucléaires qui s’affrontent sur le territoire d’un tiers…ce n’est pas une option, c’est une escalade incontrôlée  irresponsable et insensée qui menace la paix…Déjà en Suède il  avait proposé de partager la dissuasion nucléaire  avec des nations européennes. Une absurdité contraire à la doctrine française qui entame sa crédibilité…La dissuasion doit servir à défendre les intérêts vitaux de la France… Un accord a été signé avec une nation en guerre ! C’est inédit. Quand le parlement pourra-t-il ratifier cet accord ?

Vous parlez de réarmement à toutes les sauces. Cette rhétorique prépare la guerre ! La France est membre  permanent du conseil de sécurité de l’ONU. Elle a toujours eu une voix singulière. .. Elle doit agir pour le respect du droit international…œuvrer à la paix en recherchant des garanties mutuellement acceptables.

 

Vous trouverez dans la PJ (1) l’intégralité des interventions, ce lundi, des députés  et des réponses des ministres, premier compris, mais pas de Macron (1) Le sujet en vaut la peine. On a un président habitué à décider de tout sans savoir ce que pensent ni le peuple ni la représentation parlementaire, si ce n’est après ses annonces. Même s’il  s’agit de participer à une guerre en cours qui va changer de proportions ?

 

Comme il dit tout et son contraire, il trouvera toujours une explication qui le satisfera, lui.

De nous, il n’en a rien à faire. J’ai hésité…

 

 

 

René Fredon

 

(1) https://www.youtube.com/watch?v=wV3xErvjFv8

 

(2) https://www.lalibre.be/international/europe/guerre-ukraine-russie/2024/02/27/la-cia-est-presente-en-ukraine-depuis-10-ans-pour-espionner-les-russes-22GFBY2CXVEIDNCGDBOADRAW3Q/

 

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Discours de bienvenue du secrétaire PCF Seyne en mémoire des Résistants PCF groupe MANOUKIAN

 

 

Bonjour à tous,

Merci pour votre présence pour cette journée exceptionnelle d’hommage à Missak et Mélinée Manouchian, organisée par le Parti communiste, ici à la Seyne, ville où Missak a résidé et travaillé peu après son arrivé en France, à l’occasion de leur entrée au Panthéon le 21 février.

Plus qu’un simple hommage, cette journée sera avant tout un moment culturel et politique, dont nous espérons qu’elle sera riche en débat.

Afin d’animé cette journée de débat, nous avons invité plusieurs intervenant qui ont accepté de faire le déplacement, et nous les en remercions.

Il y aura Jean-Marie Guillon, historien spécialiste de la Résistance, qui nous parlera ce matin du rôle qu’on joué les femmes étrangères dans la Résistance varoise.

Cette après-midi nous recevrons Gérard Streiff, journaliste et essayiste, qui nous présentera son livre Missak et Mélinée, un couple en Résistance, ainsi que Léo Purguette, président de la Marseillaise, et Denis Lanoy, coordinateur national de la commission culture du Parti communiste, qui discuteront autours d’une table-ronde sur les implication politique de cette entrée au Panthéon.

Toute la journée, vous pourrez également admirer l’exposition « De l’Affiche Rouge au Panthéon », produite par les communistes seynois, et à midi vous aurez l’occasion de déguster quelques spécialités arméniennes.

Nous remercions également le journal la Marseillaise, qui fête ses 80 ans cette année, qui est un journal fondé par la Résistance.

Merci aux partenaires de l’ANACR et du CRNC, dont l’exposition sur la Résistance dans les chantiers est visible.

Merci à la librairie Les papier collés, qui vous propose toute une sélection d’ouvrage autours de Manouchian

Merci à tous qui êtes présents aujourd’hui.

 

L’entrée au Panthéon de Missak Manouchian, et avec lui Mélinée, les 23, et toute la Résistance étrangère, juive, communiste, est un moment fort pour tous ceux qui partagent les idées de paix, d’égalité et de transformation de la société portée par les communistes. C’est l’aboutissement d’un juste combat de reconnaissance, notamment porté par Pierre Ouzoulias, sénateur communiste et petit fils d’Albert Ouzoulias, compagnon d’arme de Missak Manouchian.

Il aura fallu un combat tenace, pendant près de soixante ans, des élus communistes au Parlement et d’un comité national de toutes sensibilités à l’exception de l’extrême-droite, pour que l’injustice commise à l’encontre du PCF, soit réparée par l’actuel président de la République.

Sans doute avez regardé la cérémonie d’entrée au Panthéon de Missak Manouchian mercredi soir à la télévision. Vous avez entendu le discours du Président Emmanuel Macron. On ne peut pas en nier la qualité, et l’hommage rendu à Missak, à Mélinée, aux 23. Il n’a rien caché de leur engagement communiste, humaniste, ou internationaliste.

On reconnait là, la maitrise du président de l’art du « en même temps » : être capable, en toute occasion, de produire un discours à même de flatter son auditoire ; et c’est chose faites, les communistes ont été flattés, émus même, que la Nation soit enfin reconnaissante de la grandeur et du sacrifice d’un des leurs, et par la même de tous les autres.

Cependant, On peut déceler dans les propos du Président, une manière de minimiser leur combat. Si comme j’ai l’ai dit, l’engagement des Manouchian y est reconnu, ils sont décrits comme « Enfant de la Révolution Française, guetteurs de la révolution française », c’est ainsi toute une série d’adjectifs qui sont employé, mais dont le sens finit par se perdre, paraissent idéaliste et qui semblent avoir bien peu d’accroche avec le monde contemporain.

Ce discours présente finalement les idées du communisme et de l’antifascisme comme des idées abstraites, historiques, et appartenant à un passé qui est révolu.

Pourtant, la nécessité du combat mené par les héros et héroïnes de l’Affiche rouge perdure encore aujourd’hui. L’extrême-droite est à son plus haut niveau partout en Europe, et porte dans son sillage son lot de projets liberticides, xénophobes, racistes, et anti-sociaux !

 

L’extrême-droite, en ce qu’elle s’accommode parfaitement bien du capitalisme et du libéralisme économique, jouie d’une certaine complaisance de la part du pouvoir. Voyez la manière dont la majorité est aller chercher les voix du RN pour le projet de la loi immigration !

L’idéologie de l’extrême-droite est donc toujours vivante, et influente. L’antifascisme reste donc un combat parfaitement d’actualité.

Il en va de même pour l’idée du communisme, que défendaient les Manouchian

Alors que les crises successives, l’inflation, la libéralisation, le changement climatique et le chômage affectent de plus en plus durement les français ; Alors que certain, dont le RN, tentent chaque jour de tracer un trait d’union entre le communisme et le fascisme, alors que la guerre menace à nouveau d’emporter l’Europe

Alors le communisme reste l’idée la plus novatrice et la plus moderne proposée à l’humanité.

Le communisme, c’est la prise en compte politique concrète de l’humanisme, de la solidarité et de la liberté. C’est la solution aux contradictions du capitalisme, et aux enjeux climatiques. Le communisme c’est la lutte quotidienne, pour un monde au chacun peut vivre en paix, dignement, et qui permette l’émancipation de chaque individu.

Ces combats, c’était ceux de Missak et Mélinée Manouchian, et ce sont des combats que nous continuons de porter aujourd’hui.

Alors j’aimerai terminer par ces mots, qui furent les derniers de nombres de camarades tombés sous les balles des nazis :

Vive la résistance française !

Vive le parti communiste!

Cyril RELIAUD

https://www.lamarseillaise.fr/politique/a-la-seyne-de-quoi-rallumer-la-flamme-de-la-resistance-HF15542432

 

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Manouchian : de l’Affiche rouge au Panthéon

Missak Manouchian — Wikipédia

 

Manouchian : de l’Affiche rouge au Panthéon 

L’hommage rendu par la section de La Seyne du PCF à l’entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian en tant que résistants communistes des FTP-MOI (Main d’Oeuvre Immigrée) a réuni plusieurs centaines de Seynois.es à la Bourse du travail ce samedi 24 tout au long d’une journée  riche et participative, autour de cet évènement national qui, pour la première fois honore la Résistance communiste et les immigrés.es qui ont choisi la France, jusqu’à mourir pour elle

Un autre hommage avait eu lieu le 21 février, le jour de la cérémonie nationale, à l’initiative des anciens des Chantiers et de leurs organisations (CRCN, AMIANS, Argonautes), devant la porte des Chantiers où une stèle a été érigée. Car Missak et son frère, Garabed, y ont travaillé de septembre 1924 à juin 1925.

 

La municipalité y était représentée par  plusieurs adjoints, Mme Paganelli-Argiolas a fait une brève  allocution, avec quelques tournures ambiguësOù est-elle allé chercher que  Missak et Mélinée sont entrés au Panthéon…“au coeur de la plus grande période de paix pour l’Europe et pour notre pays”?!

Dans son allocution d’accueil, Cyril Reliaud le secrétaire de la section du PCF a rappelé que”Missak a résidé et travaillé à La Seyne -aux chantiers- peu après son arrivée en France…” et que les communistes ont voulu lui rendre cet hommage sous la forme d’une journée culturelle et politique dont il a énoncé le déroulé et les intervenants.

Céline Ivaldi a présenté Jean-Marie Guillon, historien de la Résistance très connu dans le Var où il habite. Elle a évoqué le thème de son intervention : “L’histoire de la Résistance a longtemps été une histoire à dominante masculine où le rôle des femmes était, globalement, passé sous silence…dautant que dans la France de Vichy elles étaient cantonnées au rôle de mère-épouse ménagère…”

 

J-M Guillon nous a donné un aperçu de son savoir en matière de résistance locale mais pas que, et de sa mémoire des noms attachés à des faits de résistance en Provence et bien au-de là. Chercheur par nature et par profession il avait choisi de parler des femmes dans la résistance et de leur rôle largement sous-estimé. Et particulièrement des femmes au statut d’étrangères.

La salle se remplissait rapidement, l’exposition très documentée, en une dizaine de panneaux portait sur le contexte et le couple Missak-Mélinée, amoureux et résistants jusqu’au bout, couple désormais éternel et indissociable de leurs camarades, dont les portraits seront à leurs cotés. Tous héros malgré eux. Les visiteurs, comme aimantés, y passaient de longues minutes silencieuses…

Il faut dire qu’à la Seyne, les idées révolutionnaires et de résistance ont laissé des traces. Elles dominaient du temps où les Chantiers navals faisaient des bâteaux et donnaient du travail à plus de 6 000 salariés, majoritairement ouvriers et techniciens, fortement syndiqués à la CGT. Sans compter les sous-traitants et un Arsenal qui employait plus de 10 000 personnels d’Etat à la Libération.

 

Rien d’étonnant à ce que les maires communistes qui suivirent aient travaillé aux chantiers…(où son père, dans le cas de Toussaint Merle) Mais le libéralisme allait désindustrialiser la France et  vider nos campagnes de leurs agriculteurs.

En fin de matinée, Danielle Dorel a évoqué une autre grande résistante communiste Martha Desrumeaux qui fut internée à Ravensbruck et dont le parcours syndical et politique, à peine sortie de l’enfance dans son Nord natal, justifierait le Panthéon qui lui a été refusé. “Elle aura été de toutes les luttes, contre le fascisme, contre le capitalisme, pour la reconnaissance des droits des femmes…”

Seule femme à avoir participé aux accords de Matignon en 36, elle finira ses jours dans le Var, à Evenos. Elle se réjouirait, à n’en pas douter, de l’entrée au Panthéon du couple Missak-Mélinée.

 

Un couple qui nous émeut par leur amour intense, leur détermination et leur destin tragique, deux orphelins victimes du génocide commis en Arménie par les Turs en 1915 (plus d’un million de morts) qui les oblige à s’expatrier. Ils choisissent la France pour sa révolution et sa culture, berceau des droits de l’homme, amoureux des arts… Ils vont connaître l’occupation nazie et choisiront la résistance et le parti communiste. Français.

C’est ce que nous relate dans son livre passionnant : ” Missak et Mélinée MANOUCHIAN,  Un couple en Résistance” l’auteur, écrivain et journaliste, Gérard Streiff, présent tout au long de cette journée.  Il répondra aux questions de futurs lecteurs passionnés par cette vie qui commence par un génocide et s’achèvera par une exécution collective au Mont Valérien.

Les moins jeunes connaissaient cette tragédie qui avaient inspiré deux grands poètes, eux-aussi engagés : Louis Aragon qui écrivit en 1955 l’Affiche rouge et qui accepta que Léo Ferré la mette en musique et en fasse une chanson, l’offrant à tout un panel d’interprètes femmes et hommes qui ne cesse de s’étoffer. Le second poète, Paul Eluard, tout aussi célèbre lui dédia “Légion sur l’affiche rouge’ écrit en 1951.

Etaient également présents le président de la Marseillaise, Léo Purguette et le coordinateur de la commission nationale culture du PCF, Denis Lanoy qui ont animé des tables rondes très réactives. Sans oublier la projection du film “La traque de l’affiche rouge“de Jorge Amat et Denis Pechanski.

 

Une journée riche en débats, entrecoupée de dégustation de spécialités arméniennes en partie faites par des militantes locales qui tenaient le stand des gourmets, d’autres celui du café, des livres…

Bref, une organisation impeccable, une initiative réussie, grâce à la motivation de toute une équipe de militants.es. Je ne donnerai pas de noms…pour ne pas risquer d’en oublier.

 

René Fredon

 

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