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Sophie Binet :« Il faut que les salariés puissent intervenir sur les choix stratégiques des entreprises »
PORTRAIT. Sophie Binet, un profil qui détonne à CGT ...

Sophie Binet :« Il faut que les salariés puissent intervenir sur les choix stratégiques des entreprises »

La CGT est en première ligne face à la montée des périls sociaux, politiques, écologiques.

Rentrée sociale, services publics, aides aux entreprises, pouvoirs des salariés… nous avons recueilli le point de vue de sa secrétaire générale sur l’actualité économique (propos recueillis par Denis Durand).

Après la mobilisation du 1er octobre, quelles perspectives se fixe le mouvement syndical ?

Il faut regarder en face la gravité de la situation sociale, économique, écologique, internationale, politique. La mobilisation citoyenne, à laquelle la CGT a contribué, a contenu la menace d’une accession au gouvernement du Rassemblement national mais le poids de l’extrême-droite pèse plus que jamais sur la politique du pays.

L’action syndicale a forcé le Premier ministre à reconnaitre l’échec de la politique économique sociale et environnementale d’Emmanuel Macron et à faire plusieurs annonces, comme la remise en cause d’une petite partie des exonérations de cotisations sociales en reconnaissant qu’elles représentent des trappes à bas salaires, ou l’enterrement de la violente réforme de l’assurance chômage (les plus de 4 milliards que le gouvernement voulait imposer aux plus précaires) et la relance d’une négociation. C’est une grande victoire intersyndicale qui va éviter à un million de privé·es d’emploi de tomber dans l’extrême précarité. La CGT appelle à continuer de multiplier les luttes pour gagner l’augmentation des salaires et des pensions, l’abrogation de la réforme des retraites, le financement de nos services publics et la relance de notre industrie.

Mais « le premier remède contre la dette, c’est de réduire les dépenses », a dit le Premier ministre. La réparation des services publics n’exige-t-elle pas, au contraire, plus de moyens financiers ?

En cette rentrée, il y a des milliers de classes privées d’enseignants, 1 000 élèves handicapés ne sont pas scolarisés. La situation de l’enseignement supérieur et de la recherche est honteuse en comparaison des principaux pays développés avec une paupérisation scandaleuse de nos chercheurs, de nos étudiants et de nos meilleurs talents. Quant à la situation de la santé, comment la qualifier ? On meurt aujourd’hui à l’hôpital ! Pourquoi le nouveau Premier ministre consacre-t-il son premier déplacement à un hôpital si c’est pour nous dire qu’il va falloir faire des économies ? Non seulement il ne faut pas réduire les dépenses pour les hôpitaux publics mais il faut un plan pluriannuel, avec des milliards, pour financer les embauches indispensables, la formation des personnels et les investissements matériels qui vont avec.

L’état de nos services publics dégrade de façon insupportable les vies de toutes celles et tous ceux qui habitent notre pays et nourrit la montée de l’extrême-droite. Leur consacrer plus de moyens est indispensable, y compris pour l’économie et pour la compétitivité de la France. La CGT a fait de nombreuses propositions pour trouver les ressources fiscales qui permettraient de le faire. La dette publique s’est creusée en partie à cause des politiques menées par Emmanuel Macron. Sous son mandat, plus de 70 milliards d’euros ont été consacrés à des baisses d’impôts, principalement au bénéfice des plus riches et des grandes entreprises. Réviser une partie de ces décisions contribuerait à redresser les finances publiques.

Pour les mêmes raisons, il y a urgence à augmenter les salaires. Depuis 2020, on constate une dégradation très forte du pouvoir d’achat de tous les salariés. En comparaison avec 2021, le pouvoir d’achat du salaire mensuel médian a perdu 143 euros par rapport à ce qu’il serait si les salaires avaient continué d’augmenter au même rythme qu’avant 2020 : autrement dit, la perte de pouvoir d’achat depuis 2020 a annulé toutes les augmentations de salaire obtenues depuis 2012.

Et il y a un problème spécifique sur les bas salaires, notamment ceux des femmes qui sont beaucoup plus nombreuses à être à temps partiel. Lorsque le Premier ministre espère calmer la colère sociale en annonçant que l’augmentation de 2 % du SMIC attendue pour janvier serait avancée au mois de novembre, il se moque du monde.

Le patronat vous répond que pour distribuer des richesses, il faut les produire, et qu’il faut pour cela mener une « politique de l’offre »

Voilà près de douze ans que les gouvernements successifs ont pratiqué ce qu’ils appellent une « politique de l’offre », avec un coût énorme pour les finances publiques : 170 milliards, voire 220 milliards d’aides aux grandes entreprises.  Cela ne fonctionne pas !

Il faut une politique de relance, augmenter les salaires : c’est de la consommation et c’est un levier de croissance économique. Mais n’oublions pas que c’est le travail, principalement celui des salariés, qui crée les richesses. Autrement dit, pour créer des richesses, il faut des emplois qualifiés ! Ce n’est donc pas en baissant le prix de notre travail qu’on rendra la France plus compétitive, c’est en investissant dans la recherche, dans l’innovation, dans la formation, dans ses infrastructures, dans ses services publics – ce que les entreprises privées, pour leur part, ne font pas assez. L’investissement des entreprises dans la formation professionnelle a baissé depuis dix ans.

En dix ans, Sanofi a reçu un milliard de crédit impôt-recherche, et a divisé par deux ses effectifs de chercheurs ! Ce n’est qu’un exemple. Le crédit impôt recherche coûte 7 milliards par an et la France est un des pays qui a le moins de dépenses de R&D.

La CGT mène campagne pour la production en France d’un véhicule électrique qu’on pourrait vendre à 15 000 euros. Mais pour cela, il faudrait des financeurs, et il faudrait un engagement des grands groupes de l’automobile, Renault et Stellantis. Nissan sait construire ce véhicule au Japon, pourquoi Renault n’est-il pas capable de faire la même chose en France ?

Nos grands groupes, plus internationalisés que dans les pays comparables, considèrent que l’emploi en France n’est pas leur problème. Ils préfèrent supprimer des emplois et distribuer des dividendes plutôt que d’augmenter les salaires, d’investir ou d’assumer leur responsabilité envers le tissu de leurs sous-traitants. L’UIMM (Union des Industries métallurgiques et minières) a annoncé 80 000 emplois supprimés dans l’automobile à l’horizon 2030.

L’État doit rappeler aux grands groupes du CAC40 qu’ils ont des responsabilités sociales. On a besoin d’un État stratège qui s’impose sur les questions industrielles et agisse pour de vraies filières industrielles avec une solidarité entre donneurs d’ordres et sous-traitants, comme en Allemagne, en mettant les entreprises de taille intermédiaire et les PME au centre de notre stratégie.

Le levier majeur est la conditionnalité des aides publiques. France 2030, c’est 35 milliards d’aide à l’investissement des entreprises. Il faut que les aides publiques soient ciblées sur les entreprises qui en ont besoin et conditionnées à des engagements clairs en matière sociale et environnementale. En revanche, les entreprises qui ne jouent pas le jeu ne doivent pas avoir accès aux aides.

Reste qu’en dernière instance ce sont les patrons qui décident si les entreprises vont embaucher, former, investir, ou non. N’y a-t-il pas un problème de pouvoir dans l’entreprise ?

On ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle en matière de démocratie sociale dans l’entreprise.

Les luttes sociales, les initiatives des salariés pour élaborer et faire adopter des projets alternatifs aux gestions patronales contribuent de façon importante à la solution des problèmes auxquels la société est confrontée. Quand les entreprises ferment, nous sommes les premiers à nous battre, souvent bien seuls, pour retrouver des repreneurs. Les représentants du personnel défendent l’emploi et l’avenir de moyen long terme de l’entreprise : La Chapelle Darblay, Gardanne, Cordemais, Thales, Axel, ATOS… les expériences porteuses d’avenir abondent mais nous devrions disposer de prérogatives pour faire prévaloir les solutions avancées par les salariés.

Contrairement à ce qu’on entend souvent dire, il n’est donc pas vrai que dans les entreprises les salariés n’auraient plus envie de s’engager. Ce qui les en dissuade en premier lieu, comme l’ont montré les rapports du Défenseur des Droits, c’est la discrimination syndicale, la peur du licenciement. En outre, être représentant du personnel aujourd’hui, c’est mission impossible, il y a un vrai problème de burn out.  Ce n’est pas seulement une question d’aménagements individuels et d’accompagnement des élus, c’est que le mandat est intenable, d’autant qu’il comporte un haut niveau de technicité. Une seule et même personne ne peut pas maîtriser à la fois les enjeux économiques, les enjeux de harcèlement sexuel, de santé, de sécurité au travail, de stratégie économique, d’activités sociales et culturelles…  tout en étant au travail et en étant proche de ses collègues.  Un dirigeant patronal important, Jean-François Pillard, a remis un rapport très critique au nom du comité de suivi des ordonnances travail mises en place au début du précédent mandat d’Emmanuel Macron. Celui-ci a réagi en supprimant le comité de suivi des ordonnances ! Plutôt que de soigner le malade, on casse le thermomètre ! Bravo !

Il faut abroger les ordonnances Macron et les lois El Khomri, ce qui aura entre autres effets de rétablir la hiérarchie des normes en matière sociale. Mais il ne suffira pas de rétablir la situation antérieure.

Il faut que les salariés puissent intervenir sur les orientations stratégiques des entreprises, qu’ils puissent donner des avis conformes (c’est-à-dire que les décisions doivent obligatoirement les prendre en compte) sur les aides publiques pour pouvoir les suspendre si elles ne vont pas là où elles devraient aller, qu’ils puissent donner des avis conformes sur les orientations stratégiques, les investissements, les cessions d’activités. Il faut aussi 50 % de représentants du personnel dans les conseils d’administration, dans les comités d’audit et dans les comités de rémunération.

Au-delà de la représentation institutionnelle des salariés, n’y a-t-il pas un risque, dans le capitalisme financiarisé qui règne aujourd’hui, que le dernier mot reste aux acteurs qui ont le pouvoir de décider de l’utilisation de l’argent : les actionnaires, les banques, les marchés financiers ? Que préconise la CGT en la matière ?

Un domaine de l’action syndicale est de conquérir les moyens de définanciariser l’entreprise, pour en finir avec le Wall Street management. Cela passe par de nouveaux pouvoirs des salariés dans l’entreprise mais aussi par une nouvelle orientation du système financier.

Nous portons par exemple depuis longtemps la proposition d’un pôle financier public (proposition reprise dans le programme du Nouveau Front populaire). Les banques et autres institutions financières publiques constitueraient un réseau, tirant sa cohérence d’une mission commune : mobiliser le crédit et l’épargne au service de l’emploi et d’un développement humain durable. Ils travailleraient en coopération avec la Banque européenne d’investissements et, en France, avec les réseaux mutualistes qui doivent retrouver la vocation sociale et solidaire qui a motivé leur création. L’organisation démocratique des pouvoirs au sein de ces établissements, en particulier BPI France avec son comité national d’orientation et ses comités régionaux d’orientation, leur permettrait d’impulser une réorientation du crédit selon des critères d’efficacité économique (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociale (emploi, formation, salaires, conditions de travail) et écologique (économies d’énergies et de ressources naturelles).

Ce pôle financier public jouerait un rôle stratégique pour que le système bancaire et financier apporte sa contribution à une nouvelle industrialisation, et aussi pour avancer les fonds nécessaires à la réparation et au développement des services publics….

 Lu dans Économie et  Politique du PCF, Sophie BINET….

Var - La Seyne sur MER

Formation et Renforcements : deux exigences du moment politique,

 

 

Contribution  de Mr. Christian Barlo

Formation et Renforcements : deux exigences du moment politique,

Ma contribution* se veut courte et part du postulat  suivant : nous ne pouvons pas répondre bien et   complètement aux 3 questions  posées* par le national sans nous regarder dans la glace avant tout et faire le bilan de la qualité idéologique de nos adhérents .IL me semble qu’elle mérite une accélération qualitative dans la prise de conscience collective à tous les étages et dans l’efficacité structurelle du parti.

Ceci étant dit cela ne doit être un préalable* mais une continuité d’action  pour mieux avancer !
 Donc Je veux parler des 2 questions suivantes :

  1.  Formation!
  2. Renforcement !

Comme un être vivant le parti doit veiller à sa santé politique (nombres d’adhérents  et qualités du savoir  idéologique et de vie politique) c’est-à-dire avoir des communistes la tête bien pleine, les idées claires,  avec des objectifs  bien  maitrisées et assimilés.

Comme un  être humain, nous  ne pouvons pas  nous déployer sur les terrains sans avoir compris   les bases du combat  de classe  du PCF : le pourquoi  de ce choix ,  le comment faire et exister  , quand agir, etc..

Une fois posée ces questions qui ont dû déjà trouver quelques échos ou traductions dans nos congrès  respectifs, il s’agit de mon point de vue de nous améliorer, de nous enrichir mutuellement sur ces deux questions existentielles pour notre parti.

1..Sur la Formation :

Tout d’abord Favoriser des aller – retour : Cellules sections : département /région/National sur ces 2 sujets afin de cadrer les débats, mettre en ligne, contrôler et faire des points d’étapes  et  donc donner du sens  et du contenu à ces initiatives

EN conséquence de quoi  et  à chaque étape organisationnelle du parti  il faudrait :

  • Un ou plusieurs animateurs sur le National !
  • Un ou plusieurs référents pour les couples départements / régions !!
  • Un ou plusieurs responsables par section ou cellules. !

En parallèle et avec nos fichiers nationaux et/ou locaux il s’agit de mettre à l’ordre du jour de nos réunions structurelles la nécessité à parler formation, à faire vivre la formation et le renforcement dans nos structures et à faire comprendre lors d’AG ou autres ,l’intérêt à s’enrichir  politiquement et ainsi féconder l’idée du renforcement.

Je sais que ces questions sont traitées mais je voulais qu’elles soient des priorités des priorités ou des réflexes militants puis de déclinaisons en déclinaisons au plus grand nombres d’adhérents

2..Sur le renforcement :

IL s’agit de passer à des actions de conjoncturelles (sans vouloir  vexer) à faire  de cette question, une question centrale et plus pérenne  (comme la formation ) un réflexe  politique permanent .

En effet le renforcement n’est pas l’apanage seulement de quelques militants éclairés mais bien une question nécessaire autant que suffisante du corps communiste.
Le CEN, les FD et les sections doivent en bonne harmonie décider démocratiquement   d’une nouvelle organisation adéquate sur cette question comme sur la formation.

Ma contribution n’a d’autres ambitions que de pointer ces nécessités idéologiques parce que nous savons toutes et tous qu’avec les têtes pleines que les mains et les pieds  des adhérents ou militants suivront !

Lénine disait :

«  Là où il y a une volonté il y a un chemin « 

Albert CAMUS lui disait :

« En vérité, le cheminement importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout. »  

 

 

 

National

Retraites : l’imposture du RN

                     

Retraites : l’imposture du RN

 

Les députés du parti de Marine Le Pen ont refusé les amendements visant à abroger la réforme des retraites. Et pour cause, le Nouveau Front populaire souhaitait financer celle-ci en faisant cotiser les plus riches.

L’examen du projet de budget de la Sécurité sociale a à peine commencé en commission des Affaires sociales de l’Assemblée et déjà l’imposture sociale du Rassemblement national se révèle au grand jour.

Les députés de gauche ont déposé plusieurs amendements pour abroger la réforme des retraites. Le vote des élus d’extrême droite a été le même que celui des « Républicains » et des macronistes : non.

Le financement proposé par les élus du Nouveau Front populaire (NFP) pour un retour de l’âge de départ à la retraite à 62 ans : une sur cotisation pour les personnes touchant une rémunération supérieure à deux fois le plafond de la Sécurité sociale (7 200 euros). Ils demandaient aussi la convocation d’une conférence chargée de trouver de nouvelles recettes. Ces amendements répondent à « l’aspiration majoritaire du pays », fait valoir Jérôme Guedj, député PS.

«Un enfer fiscal» disent-ils

« Ce n’est absolument pas aujourd’hui possible d’aller vers une augmentation des cotisations quand on est déjà un enfer fiscal », a justifié Thomas Ménagé, député RN. Un argument en phase avec la majorité dont l’extrême droite est la béquille. Le rapporteur général de la commission, Yannick Neuder (« Les Républicains »), a prétendu que l’abrogation de la réforme des retraites «aggraverait le déficit de près de 3,4 milliards d’euros dès 2025 (…) et de 16 milliards en 2032 ».

Le RN souhaite pour sa part un vote sur l’abrogation de cette réforme des retraites lors de sa niche parlementaire, le 31 octobre. « La balle est dans votre camp» affecte Th. Ménagé

Les amendements socialistes, communistes, écologistes et insoumis visaient à prendre de court le RN, la première niche parlementaire de la gauche étant celle de la France insoumise, le 28 novembre. Le vote du 31 octobre est un casse-tête pour les organisations de gauche. Le PS votera contre; la France insoumise et les Verts n’ont pas encore pris position. Le groupe Gauche démocrate et républicaine est « partagé », a reconnu son président, le communiste André Chassaigne, lors d’une conférence de presse mardi 22octobre. »,

 

Le RN a refusé le retour d’un impôt sur la fortune

 « Certains ne veulent pas faire sauter la digue » contre le RN, rapporte-t-il. « D’autres, dont je suis, pensent qu’on ne peut pas ne pas voter ce texte, considérant qu’il y a une attente dans la population », argumente le député du Puy-de-Dôme, qui dit avoir « longtemps hésité ».

Au-delà du symbole, la proposition de loi de la niche RN ne serait pas examinée au Sénat, faute de groupe pour l’inscrire dans son temps parlementaire. Celle de la France insoumise, elle, devrait être reprise dans la niche du groupe communiste CRCE-K pour poursuivre la navette législative.

L’épisode en commission des Affaires sociales n’est pas isolé. Lors de l’examen du budget de l’État, le Rassemblement national a refusé le retour d’un impôt sur la fortune. Si l’extrême droite se nourrit de la colère contre certaines réformes libérales, elle reste dans l’incantation. Lors des mobilisations contre la réforme des retraites, elle fustigeait les syndicats. Aujourd’hui, le RN refuse de trouver les financements nécessaires en imposant les plus riches.

Face à l’extrême droite, ne rien lâcher !

C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. C’est ce que nous tentons de faire chaque jour dans l’Humanité.

Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine, ensemble, faisons porter une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond.

Gaël de Santis, L HUMANITE du 23 10 2024

 

 

https://www.twitch.tv/lhumanitefr

 

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Budget 2025  le doute autour de Barnier

                             

Budget 2025  le doute autour de Barnier

« Les députés, écrit Le Monde ont rejeté samedi  la partie recettes du budget 2025, après l’avoir largement modifiée par rapport à la copie du gouvernement, qui se retrouve au pied du mur avant le débat dans l’hémicycle, ce lundi ». Cela ne préjuge pas du vote global mais la signification n’en est pas moins importante.

Le conseil des ministres du jeudi précédent avait validé le projet de M. Barnier. Pas les députés qui l’avaient adopté  en commission et deux ministres qui ont déclaré ne pas le voter en l’état : celui de la justice Didier Migaud et la ministre de  la transition écologique, de l’énergie et du climat, Agnès Pannier-Rusacher.

Pour le président de la commission des finances Eric Coquerel (LFI)« :Les amendements adoptés en commission montrent qu’une autre voie est possible. Ils créent de nouvelles recettes…qui font porter l’effort exclusivement sur les plus aisés, les revenus du capital et les superprofits des grandes entreprises au profit des classes moyennes et populaires. Une autre série d’amendements répond aux besoins des plus défavorisés, du logement et des collectivités locales»…

Plusieurs mesures ont été adoptées par la commission, augmentant la fiscalité des plus riches afin de financer notre contrat social, elles feront l’objet d’un vote en séance plénière. Le principe de faire payer les très riches, donc les très hauts revenus a été maintenu et sera pérennisé, pas éphémère comme prévu initialement par l’exécutif. Ce n’est pas négligeable.

Sauf que si c’est pour rapporter 2 mds sur les 20 mds de recettes nouvelles, c’est absolument dérisoire, en même temps que réduire de 40 mds les dépenses publiques c’est excessif et récessif. Pas pour tout le monde.

Les 500 milliardaires ont doublé leurs patrimoines en 5 ou 6 ans, portés à 1220 mds. Les taxer chaque année de 3%  rapporterait 36 mds. Un impôt climatique sur la fortune   15 mds. Il y a bien d’autres sources.

Au  total le NFP propose 49 mds de recettes  nouvelles sans hausse d’impôts sur les classes moyennes et populaires ce qui permet de réduire les dépenses publiques prévues. Ce que les partisans de Macron, Barnier, la droite et l’extrême-droite n’entendent pas cautionner car contraire à leurs dogmes: « Tout pour le capital, le reste au travail». Mais il y a parmi leurs députés.es beaucoup d’interrogations, des refus qu’il leur faudra assumer devant les citoyens.es.

Les amis de Ciotti et le RN mais aussi d’autres macroniens et LR dans l’exécutif  parlent de « faire la grève de l’impôt… ils veulent la suppression de l’ADEME chargée de la transition écologique, du CESE, conseil économique social et environnemental ou encore de l’Autorité de régulation des communications, la fin du statut des intermittents du spectacle et celle de la taxe sur les logements vacants, ils veulent aussi réduire le coût de l’Aide médicale d’Etat… « préférence nationale », bien sûr !

Pourvu que « l’effort sur les dépenses publiques soit considérable»  comme le disait  J-Ph Tanguy (RN) qui parlait de 25 mds de dépenses publiques liées à l’immigration et aux collectivités territoriales. Ils font partie des austéritaires, ne leur en déplaise. Le problème c’est qu’ils réussissent à l’esquiver, à donner le change.

Ils ne comptent pas soutenir la gauche mais ils disent qu’il leur suffit de surveiller Barnier pour qu’ils se déterminent au cas par cas, fiers de posséder un double des clés du camion.

Comme le dit Sylvie Binet, «le monde  du travail va devoir  passer à la caisse, il a déjà payé !» en ciblant la catastrophe des 40 mds que l’exécutif veut supprimer dans les services publics. Impensable. Pour les emplois, les salaires, les retraites, le niveau de vie, les protections sociales, les droits…

Et l’on nous ferait payer les privilèges donnés avec notre argent, aux grands patrons,  par ceux qui nous gouvernent et qui nous ont trompés ?

Il serait temps que les payeurs se fassent respecter. Macron nous a menti mais il n’est pas le seul, ce n’est qu’une figure d’un système libéral fondé sur la toute-puissance de l’argent et sur la manière de se le procurer et de le gérer.

Vaste question qu’une majorité, élue démocratiquement, paraît il, s’efforce de ne pas mettre en débat mais de perpétuer en divisant les peuples en deux grandes familles: les possédés et les possédants, ces derniers étant ultra minoritaires autant qu’ultra-riches. Et inversement.

On n’a jamais été aussi incertains quant à notre avenir et à celui de nos enfants. Ce n’est pas une raison pour désespérer. Bien au contraire.

Juste une coïncidence.

 

René Fredon

National

Budget 2025 : comment la droite et l’extrême droite ont refusé 60 milliards de recettes fiscales

Les élus de la commission des Finances ont rejeté le volet recettes du projet de budget 2025, qui avait été fortement amendé en mettant à contribution les grandes entreprises et les contribuables les plus riches. Quant au premier ministre, il menace de brandir le 49.3.

Patatras ! Les 36 heures de travail de la commission des Finances sur le volet recettes du budget sont parties au rebut, samedi 19 octobre. Ses députés ont rejeté par 29 voix contre 22 cette partie du projet de loi qu’ils avaient pourtant fortement amendée… dans le bon sens. Grâce au travail parlementaire, la taxe sur les hauts revenus (250 000 euros annuels par personne ou 500 000 euros annuels pour les couples) proposée par le gouvernement devait être rendue pérenne. Le prélèvement forfaitaire sur le capital devait passer de 30 à 33 %.

L’« exit tax », pour mettre à contribution les personnes qui établissent leur domicile fiscal hors de France, devait être renforcée. Une taxe sur les superprofits devait être instaurée, qui aurait pu rapporter 15 milliards d’euros en mettant à contribution les entreprises réalisant 750 millions d’euros de chiffre d’affaires et ayant réalisé un profit qui dépasse de 1,25 fois les profits annuels sur la période.

127 amendements

Les fonds du crédit d’impôt recherche installé sous François Hollande devaient perdre 1,5 milliard d’euros sur les 8 qui lui sont consacrés en n’étant plus attribués au secteur de la finance et de l’assurance. Toutes les communes devaient pouvoir désormais appliquer une majoration de 60 % sur la taxe foncière des résidences secondaires. La fiscalité sur les rachats d’action devait être alourdie, passant de 8 à 30 %. Les multinationales devaient se voir taxer sur les bénéfices qu’elles réalisent en France. La contribution des grandes entreprises du secteur maritime devait doubler.

Au total, les 127 amendements ont été votés parfois avec le RN, parfois avec une partie du camp présidentiel. Ils devaient, selon le président de la commission des Finances, Éric Coquerel, rapporter 60 milliards d’euros, sans toucher aux classes moyennes et populaires. « Un grand nombre ont permis de transformer profondément le texte initial dans un sens positif et « NFP-compatible » », s’était félicité le député insoumis.

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« Cela montre qu’il est possible de faire autrement. On a réorienté la fiscalité sur les ultra-riches. De plus, on a réussi à enlever les taxes sur l’électricité et les ponctions sur les collectivités », a abondé le député communiste Nicolas Sansu. Mettant en cause les 62 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises accordés par la Macronie en 2023, Éva Sas, du groupe Les Écologistes, a salué les « avancées, qui vont dans le sens de la justice sociale et de la restauration des recettes de l’État pour financer nos services publics ».

« Marine Le Pen est présidente du conseil de surveillance »

Cette belle moisson est donc partie en fumée, grâce à une conjonction de voix macronistes et « Les Républicains » avec, comme c’est le cas depuis 2022, le secours des députés Rassemblement national. Même s’il sauve la mise du gouvernement Barnier, le RN, qui a toutefois voté les amendements visant à réinstaurer un impôt sur la fortune, fait mine d’être dans l’opposition.

Le député RN Jean-Philippe Tanguy met ce vote sur le compte de « l’attitude du gouvernement et des partis de la majorité qui (…) ne veulent rien négocier » avec les oppositions. Un appel du pied, en quelque sorte, pour la suite du parcours législatif. « Le gouvernement est sauvé par le RN, comme à chaque fois. Cela montre que Marine Le Pen est présidente du conseil de surveillance », souligne Nicolas Sansu, pour qui « cela clarifie les choses ».

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Tandis que le ministre de l’Économie, Antoine Armand, a pris « note du rejet par la commission des Finances de l’Assemblée nationale d’un budget qui aurait conduit au matraquage fiscal de nos concitoyens », Michel Barnier, qui a précisé dimanche 20 octobre dans les colonnes du JDD ne pas exclure d’utiliser le 49.3 pour faire adopter le budget, a pour sa part haussé le ton : « L’effort dont chacun doit prendre sa part ne peut pas se transformer en concours Lépine fiscal. »

Le projet de loi de finances va maintenant poursuivre sa navette parlementaire, arrivant en plénière ce lundi, dans la version rédigée par le gouvernement Barnier. Si, dans l’Hémicycle, les députés repoussaient à nouveau la partie recettes, « le texte sera transmis au Sénat dans son état initial », a alerté en commission Charles de Courson, rapporteur général du budget. « Cela veut dire que l’Assemblée nationale, qui a le pouvoir de la souveraineté nationale, ne pourra pas influencer ce texte », s’inquiète-t-il.

La version du Sénat, où dominent « Les Républicains », dont le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, était encore jusqu’en septembre le président de groupe, pourrait revenir à l’Assemblée plus austéritaire encore que la copie du gouvernement.

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Pour une politique migratoire d’accueil et de solidarité

 

Pétition femmes migrantes

 

 

Déclaration de la CIMADE :Pour une politique migratoire d’accueil et de solidarité

 

Nous, associations, collectifs de personnes exilées, collectivités accueillantes et syndicats, faisons part de notre vive préoccupation quant aux intentions du gouvernement Barnier en matière d’immigration. Après le feuilleton de la loi sur l’asile et l’immigration, nous nous opposerons à toute nouvelle dégradation des droits des personnes exilées en France et continuerons à défendre une politique migratoire d’accueil et de solidarité. 2 octobre 2024

 

A peine nommé, le Gouvernement fait de l’immigration son cheval de bataille et multiplie les annonces outrancières et dangereuses. Le ministre de l’Intérieur a déjà annoncé réunir les préfets « des dix départements où il y a le plus de désordre migratoire pour leur demander d’expulser plus, de régulariser moins ».

 

Nous dénonçons cette représentation mensongère des migrations : non, il n’y a pas de désordre migratoire, ni de crise migratoire. Nous assistons à une crise de l’accueil et de la solidarité, et une mise en danger des personnes exilées par des politiques de restriction et d’exclusion dont les gouvernements successifs se font les champions. Collectivement, nous revendiquons la régularisation des personnes sans-papiers, la protection des mineur·es non accompagné·es, le respect de la dignité et des droits humains.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé vouloir remettre en cause l’Aide médicale de l’État (AME). La santé des personnes exilées est à nouveau instrumentalisée pour venir alimenter des considérations de politique migratoire. Nous  rappelons que l’AME est un dispositif de santé, essentiel pour l’accès aux soins des personnes et qu’elle répond à des enjeux de santé publique. A ce titre, cette politique publique se décide au ministère de la Santé.

Nous nous inquiétons de voir nos gouvernant·es s’approprier la rhétorique d’extrême droite basée sur l’appel d’air et les dépenses incontrôlées, pourtant largement pourfendue par nombres d’études et rapports récents.

Enfin, nous alertons sur le fait qu’environ un quart des bénéficiaires de l’AME sont mineur·es,  il est intolérable de vouloir priver des enfants de l’accès aux soins.

 

Rien ne sera épargné aux personnes issues de parcours d’exil. Le gouvernement envisage même une nouvelle loi sur l’asile et l’immigration pour promouvoir des mesures pourtant censurées par le Conseil constitutionnel en début d’année. Ceci, à l’heure où nous constatons déjà les premières conséquences dramatiques de la loi promulguée le 26 janvier 2024.

 

Ce gouvernement s’est lui-même placé sous la tutelle de l’extrême droite et a choisi de faire des personnes exilées le bouc-émissaire de tous les maux. Ses propositions s’inscrivent dans l’intensification du climat de peur pesant sur les personnes étrangères, et plus généralement sur toutes les personnes victimes du racisme.

 

Le programme est clair : restrictions des droits, criminalisation des migrations et des personnes solidaires, répression des personnes exilées, enfermement à tout-va.

 

Dans sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale ce mardi 1er octobre, le Premier ministre a annoncé vouloir « lutter contre le racisme » et traiter le sujet de l’immigration avec dignité, mais il se contredit aussitôt en prévoyant d’augmenter la durée maximale légale de rétention, d’empêcher les personnes exilées de franchir les frontières, et en faisant peser sur elles toutes les suspicions.

 

En revanche, Michel Barnier ne remet à aucun moment en question les déclarations inquiétantes du ministre de l’Intérieur. Nous dénonçons l’orientation du gouvernement, et rappelons notre attachement à un État de droit qui respecte les personnes et les considère avec humanité, pas comme des indésirables.

Nous, associations, collectifs de personnes exilées, collectivités accueillantes, et syndicats, appelons à mettre fin à cette obsession migratoire xénophobe et dangereuse, et à respecter les droits de chaque personne, indépendamment de sa nationalité, de son origine, de sa religion, de son orientation sexuelle et de genre.

Nous appelons chacun·e à la vigilance et à la solidarité, à continuer à soutenir et à participer aux actions, comme les luttes des travailleur·ses Sans Papiers pour leur régularisation. Nous resterons mobilisé·e·s contre tout nouveau coup porté au respect des droits et à la dignité des personnes étrangères.

 

Signataires

Organisations nationales :

Ah Bienvenue Clandestin·es ! / Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie  – L’ACORT / Les Amoureux au ban public / Anafé / ANVITA / Ardhis / Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) / ATTAC / CCFD-Terre Solidaire / CGT / La Cimade / CNAJEP / CRID / Dom’Asile / Emmaüs / FCTR / Femmes Egalité / FSU / Gisti / Grdr – Migrations-Citoyenneté-Développement / Humanity Diaspo / J’Accueille / LDH / Ligue de l’Enseignement /  Limbo / Madera / Médecins du Monde / MIF / Mouvement de la Paix / MRAP / On Est Prêt / Organisation de Solidarité Trans (OST) / Oxfam / Pas Sans Nous / Patrons Solidaires / PLACE Network / Planning Familial / Polaris 14 / RAAR / Réseau Féministe « Ruptures » / RESF / Ripostes, pour une coordination antifasciste / SAF (Solidarités Asie France) / Singa / SOS Racisme / Thot / UEE / Union syndicale Solidaires / UniR Universités & Réfugié.e.s / Utopia 56 / Visa – Vigilance et initiatives syndicales antifascistes / Watizat / Weavers

  • Organisations locales :

Association Bretillienne des Familles / AMPB-Accueil Migrants Pays Bigouden / ASTI Les Ulis / Accueil Réfugiés Bruz / L’Auberge des migrants / Bienvenue Fougères / Centre social Accueil Goutte d’Or / Collectif Ile-de-France Bouge ta Pref / Collectif Migrants 83 / Collectif pour le Respect des Droits des Étrangers – 93 (RDE93) / COPAF / Droit à l’Ecole / Fédération Etorkinekin Diakité / Fontenay Diversité / Forum Social des Quartiers – Rennes le Blosne / Grigny Solidarité Palestine / Groupe accueil et solidarité (GAS) / L’Hirondelle de Martigné-Ferchaud / Intercollectif : Coordination Sans-Papiers 75, CSPM, CSP 17e / L’IOSPE – InterOrga de soutien aux personnes exilées de Rennes / LDH Section d’Arles / LDH de Martigues / LDH – Pays de Rennes / Maison de l’Hospitalité de Martigues / Migrants en Bretagne Romantique – QMS / Pantin Solidaire / Paris d’Exil / Plouër Réfugié-e-s / La Pourtère / Réseau Territoires Accueillants 35 /  RESF 75 / Rosmerta (Avignon) / Solidarité Jean Merlin / Solidarité sans papiers Creil / Soutien Migrants Redon / Tous Migrant / UD CGT 35 / Un Toit c’est Un Droit Rennes / VIAMI Val d’lle-Aubigné Accueil Migrants / La Vigie de la Laïcité 13

 

 

 

National

Retailleau roule pour le RN

Retailleau roule pour le RN ,Vite, une autre loi sur l’immigration ?

 C’est ce qu’on vient d’apprendre par la porte-parole du gouvernement, alors que la précédente loi, votée le 26 janvier dernier, n’est pas en application ! Mais c’est l’une des priorités favorites très clivant du RN qui l’avait inspirée mais qui n’avait pas apprécié la censure partielle du conseil constitutionnel concernant notamment le droit du sol et la préférence nationale. Manquent juste les décrets d’application !

Il peut compter sur la compréhension du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau  très motivé au point qu’ » il ferait un très bon porte-parole du RN » selon la varoise Laure Lavalette qui en est une et qui le trouve excellent ! Peu de choses les séparent, en effet.

Dix jours avant, le 3 octobre, le 1er ministre Michel Barnier avait écarté un nouveau texte qui courait sur l’immigration dans un délai aussi proche : »On vient de légiférer…on va appliquer les règles …il y aura des progrès possibles mais dans le cadre de la loi actuelle…» avait-il déclaré sur France 2. C’était clair mais Barnier sait très bien que le RN peut le faire changer d’avis puisqu’il dépend de la décision de l’extrême-droite de décider de sanctionner ou non le gouvernement.

Comment se fait-il qu’il n’ait pas annoncé lui-même la loi qu’il avait écartée …l’homme qui aime la vérité ? Il pourrait nous dire que les mesures censurées il y a un an an figureraient dans le nouveau texte précipité et durci concernant la durée de rétention qui ne s’applique qu’aux infractions terroristes et non aux infractions sexuelles, ce que visent notamment Retailleau, Wauquiez et le RN. « Le viol n’a pas de couleur de peau »précise l’Humanité. « Ne tombons pas dans le piège des semeurs de haine.»

Sans compter que depuis 1980, on en est à une trentaine de lois sur l’immigration. On mesure à quel point le gouvernement choisi par Macron pour poursuivre la même politique est impuissant, en plus de représenter le bloc le plus affaibli aux législatives. Et il est chargé de redresser l’état du pays que ce même bloc gouverne depuis 8 ans.

Leurs mesures pèseront lourdement sur les classes populaires et moyennes. Ils en profitent pour faire peur comme s’il n’y avait que leurs « solutions » conservatrices. Le raisonnement et les mesures du NFP étant à leurs yeux, une catastrophe ! Le RN étant encore plus conservateur,  plus extrémiste : nationaliste,  xénophobe,  suprématiste religieux et culturel … Et ils s’autoproclament les serviteurs du peuple ? Leur influence électorale progresse dangereusement, c’est indéniable.

Attal a trouvé inutile cette initiative. En tout cas elle vient faire diversion dans le débat parlementaire engagé sur le budget 2025. Le ministre de la justice, Didier Migaud, ne cautionne pas le budget tel qu’il est et le fait savoir !  La coalition au gouvernement penche trop à droite et à l’extrême droite. D’où « La surenchère outrancière du gouvernement » à propos de cette loi immigration que développe Médiapart.

Le gouvernement a choisi d’accroître l’austérité -le mot ne plaît pas à tout le monde- ce serait le cas pour les trois-quarts du pays, tandis qu’un petit quart continuera à s’enrichir, les très hauts revenus, en salaires, en patrimoine, en capital, en dividendes, en dégrèvements sociaux et fiscaux…qui nous parlent de « valoriser le  travail ». Ils font le contraire. Et aggraveront nos inégalités sociales, notre situation financière et économique que nous leur devons. Encore plus insoutenables dans les Outre-Mer.

Ce budget 2025 et cette nouvelle loi  dont on ne connaît pas le texte durci par ses auteurs, font aussi diversion sur le procès du RN concernant les 28 emplois fictifs qui lui sont reprochés par le tribunal saisi par le parlement européen. Séquence judiciaire qui constitue un enjeu d’importance pour le RN qui fait comme si sa candidate à la présidentielle était déjà à l’Elysée.

Tout en répétant qu’elle n’avait d’aucune façon commis la moindre illégalité comme si ses électeurs -et les 2/3 qui ne le sont pas- la prenaient pour une sainte ? Deux mois de procès pour détournement d’argent public, cela peut lui coûter très cher au sens politique et au sens financier. Elle ne peut l’ignorer.

Du coup, la loi imminente sur l’immigration qui témoigne de leur influence sur le pouvoir temporaire actuel, comme il l’était sur le précédent, illustre leur influence et fait de l’ombre au procès qui s’étale sur deux mois. Ils n’y voient pas d’inconvénients.

Lundi 14, au parlement, les députés des partis du NFP, ont mis à mal la gestion de Macron et de ses gouvernements successifs dans l’accélération de la dette à 3 228 mds et sur le «sérieux» de leurs choix budgétaires pour 2025 à partir d’un tel bilan.

La dette n’étant que l’effet d’une gestion libérale mal maîtrisée.

Tandis que syndicats, associations, mouvements…font état des reculs sociaux mais pas que et des réactions qui se dessinent à l’horizon dans les secteurs publics et privés en effervescence. Rien n’est écrit d’avance.

Nous en reparlerons

 

René Fredon

National

Budget 2025 : une cure d’austérité historique

Budget 2025 : une cure d’austérité historique

Faute de majorité à l’assemblée et de censure pour rejeter un budget, grâce à la promesse du RN en forme d’épée de Damoclès, il reste le 49-3. Dans le prolongement des passages en force précédents

Au sein même du gouvernement pro-macroniste-+LR, le même qu’avant, on connait, par exemple, l’hostilité de revenir à l’impôt sur la fortune supprimé par Macron, Barnier proposant d’ajouter une contribution des très riches qui ne dépassera pas…2 mds ! Une goutte d’eau symbolique et temporaire dans les 20 mds de recettes fiscales et les 40 mds de réductions des dépenses publiques !

La droite et le centre ont ressorti « leur ligne rouge » doctrinaire : « pas d’augmentation des impôts », ils veulent réduire sinon exonérer les entreprises -et surtout les plus grandes- de leurs charges et cotisations. Et parallèlement faire des économies sur les services publics et la protection sociale, ce qu’ils appellent l’assistanat.

Rien qu’en reportant de 8 mois la mise à jour de leurs retraites l’Etat fait une économie de 5 mds d’euros  sur le dos des retraités.es les plus modestes. C’est les enfoncer dans leur précarité. Inadmissible.

3 000 enseignants de moins dans le primaire…c’est impensable et  tout à l’avenant. On saigne les hôpitaux publics ! Les collectivités territoriales…5 mds de moins et ainsi de suite. Toujours les mêmes qui trinquent.

Pour le député LFI, Eric Coquerel, président de la commission des finances, « ce budget va impacter la vie des classes populaires et moyennes… Quand vous avez moins de services publics, quand vous avez moins de protection sociale, vous impactez plus la vie de ceux qui ne peuvent pas se payer ces services dans le privé”…c’est un budget qui va désarmer l’Etat ! »(1)

Même les ministères de l’Intérieur et de la Justice ne sont pas épargnés, seule la Défense ne sera pas touchée ? Ne serait-ce pas le moment de déclarer l’embargo sur toutes les livraisons d’armes, à la veille du conseil européen des 17 et 18 octobre comme le proposent les groupes communistes au parlement ?

Faire peur à la population

Pour la CGT, (2) « l’austérité n’est pas une fatalité : Le discours alarmiste sur la dette et le déficit ne sert qu’à justifier les politiques d’austérité.

Ce choix politique vise à protéger les intérêts des plus riches et des grandes entreprises et des marchés financiers tout en sacrifiant la réponse aux besoins fondamentaux de la population.

Avec un gouvernement dont la survie repose sur des négociations précaires avec le Rassemblement national, il est essentiel de se préparer à défendre nos exigences et nos propositions ».

Dans tous les secteurs de notre vie quotidienne les écarts déjà grands entre les catégories sociales ne peuvent que s’accentuer au seul bénéfice des catégories les plus aisées à commencer par les très riches.

Il faut être cynique pour oser parler « d’efforts demandés à tous » quand on sait les gains qu’empochent les maîtres de la finance et de l’économie, chaque mois avec en plus, les dividendes de nombreuses grandes entreprises et les intérêts des placements que n’ont pas les revenus les plus modestes ?

Jusqu’au logement social qu’ils sabordent en disant le « sauver » ?

11% n’ont pas de mutuelle complémentaire et les remboursements de la sécurité sociale vont baisser drastiquement. Ils ne pourront plus se soigner donc l’égalité devant la maladie devient plus encore un leurre insupportable, aux conséquences humaines immédiates. C’est ce qu’ils appellent « vivre au-dessus de nos moyens »?

Ce sont eux qui vivent au-dessus de nos moyens, des nôtres…avec notre argent. Ils conserveront leurs privilèges si nous les croyons, ainsi que les nationalistes aux dents longues !  Non, l’austérité n’est pas une fatalité.

Ces jours-ci on entend que la firme française Sanofi céderait le Doliprane à CDetR aux Etats-Unis alors qu’on a eu droit aux grands discours après la séquence Covid, sur la relocalisation de nos industries pour développer les nôtres et l’emploi ??  Ils sont en train de le tuer tout en parlant de le « valoriser ». Comme Milée qui vire 10 000 salariés.es dans l’attente de leurs salaires dûs et sans indemnités après la mise en redressement !

Un peu d’histoire

Le budget, comme on le voit, n’est pas une affaire de technicité entre spécialistes au sommet de nos institutions. C’est avant tout un choix donc un acte politique qui impacte directement la nation tout entière. Elle va suivre ou  pas ses élus. Or, il n’y a plus de majorité et ce sont les citoyens qui vont supporter les conséquences des choix, soit en faveur de la justice sociale et fiscale, soit en faveur de la domination des marchés financiers sur les Etats et les institutions nationales et européennes. (3)

On n’a qu’une manière d’exprimer notre citoyenneté, en dehors des élections : à l’air libre et collectivement.

Le second président des Etats-Unis, John Adams (1735-1826) a laissé cette citation historique : « Il y a deux manières de conquérir et d’asservir une nation, l’une est par les armes et l’autre est par la dette

René Fredon

 

 

(1) https://actu.orange.fr/politique/un-budget-qui-va-impacter-les-classes-populaires-et-moyennes-eric-coquerel-contredit-michel-barnier-magic-CNT000002fnagG.html

 

(2) https://www.cgt.fr/actualites/france/legislation/budget-2025-pas-question-de-payer-la-facture?utm_source=brevo&utm_campaign=NL%2011%20octobre(4

 

(3) https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/la-discussion-et-le-vote-de-la-loi/finances/article/dette-allez-chercher-du-cote-des-recettes

 

Var - La Seyne sur MER

La fédération varoise du PCF alerte

La fédération varoise du PCF alerte  ,Tragédie sociale en cours

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Milee (anciennement Adrexo) est déclarée en liquidation judiciaire depuis le 9 septembre 2024.

10 000 salariés sont concernés : des hommes, des femmes, des seniors, pour une majorité d’entre eux à temps partiel et payés 500 à 600 euros par mois. Son activité est entre autres la distribution de prospectus publicitaires.

10 000 travailleurs qui se retrouvent sans salaires ni ressources après avoir déjà subi de longs mois de retards de salaires. Le siège social est à Aix en Provence,  un établissement secondaire se trouve sur la commune de La Valette-du-Var.

LA RESPONSABILITE DES ACTIONNAIRES ET DE L’ETAT

Cédée à l’euro symbolique il y a huit ans à un trio d’actionnaires qui a méthodiquement vidé les caisses de l’entreprise par le biais de montages financiers hasardeux, Milee et ses 10 000 salariés sont également victimes du refus de l’État d’honorer ses dettes.

Alors que 10 000 familles risquent de basculer dans la pauvreté, l’État doit agir en urgence pour que les salariés de Milee soient accompagnés et protégés au mieux et établir les différentes responsabilités – publiques et privées – qui ont abouti à ce désastre social.

TOTAL SOUTIEN DU PCF

Fabien ROUSSEL, secrétaire national du PCF et une délégation d’élus du PCF sont allés à la rencontre des salariés qui manifestaient devant le ministère des finances.

La fédération du var du PCF exprime sa totale solidarité avec les salariés.es concernés. Elle est disponible pour les rencontrer dans le Var et organiser avec eux des mobilisations en direction des gérants de l’entreprise mais aussi des pouvoirs publics.

DE NECESSAIRES MOBILISATIONS POUR UNE SECURITE        SOCIALE PROFESSIONNELLE

Pour les 10 000 de Milee et pour tant d’autres, nous restons mobilisés pour que chacune et chacun puisse, en France, vivre de son travail dans la dignité.

Le PCF propose de sécuriser l’emploi et la formation tout au long de la vie pour sortir de l’insécurité sociale et donner des pouvoirs réels aux salariés dans leurs entreprises. (1)

C’est une des conditions essentielles du pacte social républicain que nous entendons refonder.

Le 7 octobre 2024

(1) https://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion4413.asp