C’est une provocation inouïe et explosive que Trump et son compère Nétanyahou veulent faire avaler aux Palestiniens et à toutes celles et ceux qui, dans le monde, se méfient des deux chefs d’État d’extrême-droite qui n’ont rien trouvé de mieux que de refuser aux Palestiniens… de vivre en Palestine ?
Trump, toute honte bue compte les faire « accueillir » par l’Égypte et la Jordanie, pour une durée indéterminée, moyennant quoi « la guerre pourrait définitivement cesser » rassure le président américain-aux gros sabots qui soutiennent sans faille son protégé et fidèle client avec la même vision de l’évolution du Moyen-Orient, avec Israël sous protection directe des Etats-Unis qui a faim d’annexions de vastes territoires sur tous les continents.
On mesure jusqu’où va la pression que mettent les E.-U pour s’installer dans cette région pétrolière et gazière au cœur des pays arabes et auprès d’une puissance nucléaire liée au leader mondial militaire et économique, justement parce que la Chine est en plein essor. Même s’il y a ralentissement et promesse de reprise américaine, c’est au détriment de l’Europe menacée de taxes, de monnaie mondiale et de taux d’intérêts.
Trump n’est pas à ça près, chez lui, il dit refouler 21 millions d’immigrés hors de ses frontières, Mexique et Amérique latine… Chez les autres, il intervient pour le compte d’Israël, interdit les Palestiniens de rentrer chez eux et veut les fourguer à deux pays arabes, l’Égypte et la Jordanie, histoire de sécuriser son protégé ! Nétanyahou. Le comble du cynisme !
Trump en échec
Des centaines de milliers de personnes qui avaient été déplacées dans le sud de Gaza sont remontées chez elles, dans le Nord, malgré le champ de ruines qui les attend. Une façon de dire leur attachement à leur terre et le refus de partir, comme voudrait les y inciter le président états-unien, comme le rapporte Pierre Barbancey l’envoyé spécial de l’Humanité du 25-1-25
L’armée israélienne empêche toujours les Gazaouis refoulés vers le sud de retourner dans le nord au prétexte que les quatre captives israëliennes de samedi étaient des soldates et qu’une civile devait être dans le lot… Cela augure mal de la suite des échanges des prisonniers.
La deuxième phase est ouverte, elle doit conduire à une fin définitive de la guerre. On voit bien les exigences des gros sabots et l’empressement d’Israël à pilonner encore les civils.
Les Palestiniens n’abandonneront jamais leur terre, ni la perspective de la reconstruire, et pour cela il faut la paix et ne laisser personne souffler sur les braises, aller au bout du processus que les deux parties ont décidé d’atteindre.
Mais l’ombre plane toujours sur les intentions impérialistes des deux inséparables, très à l’extrême-droite, Trump et Israël ayant commencé à passer des accords en septembre 2020 dits »d’Abraham » avec des pays arabes, Égypte et Jordanie, Émirats arabes unis, plus récemment Bahreïn et le Maroc… Trump y tient plus que jamais, il est de nouveau au pouvoir et a mis la barre très haut pour « arroser » avec les dollars de ses milliardaires et mieux résister à la Chine, son épouvantail.
La formule provocatrice de Trump en Égypte et dans la majorité des pays arabes : »nettoyer Gaza de ses habitants » ne passe pas, malgré les dollars qui tomberaient sur leurs dirigeants pour accueillir 1,5 million de Palestiniens qui refusent.
Dans les pays occidentaux, la solidarité va très majoritairement vers la conclusion de la paix à Gaza et la création d’un État pour les Palestiniens.es sous l’autorité palestinienne. Et les mouvements populaires de solidarité y ont toute leur place et toute leur importance.
Les terribles surenchères de l’administration Trump 2 (Ce qu’ils ne disent pas dans les infos télé)
Par Bruno Odent
L’oligarque élu président qui rentre à la Maison-Blanche ce 20 janvier 2025 entend se porter au chevet d’un système profondément atteint par la financiarisation et surmonter l’énorme crise de confiance populaire pendante qui lui a permis de triompher le 5 novembre. A l’intérieur, il mise tout sur une « libération » de la finance jusque dans ses critères les plus spéculatifs, comme ceux des cryptomonnaies, et à l’extérieur sur une dangereuse course au rétablissement d’une domination du monde par l’empire états-unien qui vise explicitement la Chine et sa montée en puissance.
Quasi simultanément à la campagne présidentielle qui allait voir la victoire sans appel de Donald Trump, Boeing, fleuron industriel des États-Unis, connaissait une grève historique. L’événement n’a pas suscité les gros titres de la presse française et européenne. Et pourtant il est profondément emblématique de la très profonde crise du système états-unien. Sur tous les plans, économique, social, sociétal et politique. Un immense malaise que Donald Trump a réussi à instrumentaliser.
Les 7 semaines de grève totale des ouvriers du constructeur aéronautique, durant lesquelles aucun avion n’est sorti des chaînes de production des sites berceaux du groupe dans la région de Seattle, révélaient l’ampleur de la défiance à l’égard d’une gestion patronale toujours plus financiarisée. Dotés d’un syndicat, les travailleurs de Boeing ont pu faire face, arracher de conséquentes augmentations de salaires (+ 38 % sur 4 ans) qui leur ont permis de compenser les pertes subies durant les deux dernières décennies en raison d’une baisse sensible de leur pouvoir d’achat accentuée encore par l’inflation de la dernière période. En dépit de leur détermination, ils n’ont cependant pas pu obtenir un retour à un système de retraite à prestations définies alors que le montant de leurs pensions, issues désormais d’assurances individuelles par capitalisation, se réduit comme peau de chagrin
La « chasse aux coûts » et la recherche de « création de valeur » au bénéfice des actionnaires qui prévaut depuis plus de 20 ans chez Boeing, est devenue la règle pour toute une économie. Alors que la résistance a pu s’organiser au sein du géant de l’aéronautique, une immense majorité des salariés, dépourvus du moindre syndicat, est restée impuissante et donc encore plus livrée à tous les ressentiments.
Chez Boeing ce cancer financier allait gravement porter atteinte, au même moment, à la qualité et à la sécurité des productions. Quand les incidents en vol d’avions flambants neufs se multiplient jusqu’à provoquer deux crashs, l’arrachement d’une porte en plein vol ou encore des alertes majeures sur les trains d’atterrissage. Soit une série de « dysfonctionnements » graves qui ébranle la compétitivité même du groupe. La grève et les atteintes à la qualité et à la sécurité des appareils chez Boeing constituent les deux faces d’une même pièce révélant, de façon emblématique, l’ampleur de la déliquescence née de la financiarisation de tout un système.
Donald Trump, qui a tiré tout le parti de l’immense mécontentement populaire accumulé, est le symptôme politique de cette crise qui ronge toute une société. Lui qui a bénéficié d’un appui pécuniaire et logistique de Wall Street sans précédent, est censé « remettre en marche» le capitalisme états-unien.
Au menu du président élu qui s’apprête à faire son entrée ce 20 janvier 2025 à la Maison-Blanche : libéralisme débridé, autoritarisme et attaques d’une ampleur inédite contre les migrants, ces boucs émissaires commodes du système malade ; utilisation maximum d’un arsenal de taxes douanières pour rétablir la suprématie commerciale menacée de l’Oncle Sam, vis à vis de la Chine, ennemi toujours plus ouvertement proclamé mais aussi des « partenaires » réputés les plus proches comme l’Europe , le Canada ou le Mexique. Et extension des logiques et des pressions impérialistes pour replacer le monde sous la férule du capital états-unien.
Pour « restaurer la grandeur de l’Amérique » (Make America great again) Donald Trump est prêt à aller bien plus loin que lors de son premier mandat et à augmenter singulièrement les doses de traitements spéciaux administrés aux citoyens des États-Unis et du monde. Avant même son entrée à la Maison-Blanche, sa méthode et ses priorités se laissent déjà clairement discerner.
Purge de l’administration et méga-austérité pour les travailleurs.
L’État fédéral et ses réglementations présentées comme tentaculaires sont désignés comme les principaux responsables des difficultés enregistrées aujourd’hui. La recette de la nouvelle administration trumpiste est simple : couper à la hache dans les dépenses de l’État fédéral et libérer les seules initiatives qui vaillent, celles des traders et des entrepreneurs privés. Elon Musk, qui doit être promu à la tête d’un ministère chargé de « l’efficacité gouvernementale », et ses amis libertariens de la Silicon Valley seront maîtres d’œuvre du traitement de choc infligé à l’État fédéral.
L’oligarque de Wall Street, patron de Tesla, Space X et du réseau social X (ex-Twitter) qui a mis de sa personne et financé, pour quelques cent millions de dollars, la campagne du président élu , réalise un sacré retour sur investissement. La valeur des titres de ses trois sociétés a bondi en Bourse dès l’annonce du résultat. De quoi conforter sa position d’oligarque le plus riche du monde. Quant aux conflits d’intérêt plus que manifestes du champion du capitalisme sans entrave (subventions publiques aux véhicules électriques, contrats mirobolants avec la NASA), ils sont traités par le mépris.
L’objectif assigné par le nouveau maître de la Maison-Blanche est, on ne peut plus clair : il faut , martèle-t-il « sabrer les régulations excessives, couper dans les dépenses inutiles et restructurer les agences fédérales » D’un tempérament pas précisément introverti, le président, son super-ministre et ses amis de la Silicon Valley n’ont pas longtemps fait mystère de leurs ambitions. Il y aura jusqu’à 2 000 milliards de dollars (un peu plus de 1 900 milliards d’euros) de coupes claires, soit environ un tiers d’un budget fédéral qui culmine entre 6 500 et 7 000 milliards de dollars (5 800 à 6 600 milliards d’euros).
Toutes les agences fédérales sont concernées par la méga-austérité du gouvernement de choc qui va s’installer à Washington. L’addition de ces bouleversements désirés sera présentée exclusivement à ces classes modestes qui ne pèsent rien dans les enceintes financières. Finie l’éducation publique. Le ministère fédéral est confiée à une certaine Linda McMahon, ex patronne de la fédération états-unienne de catch. Championne de l’esbrouffe sur le ring comme dans l’arène politique, n’a-t-elle pas déjà, avant même de prendre ses fonctions, décrété que les attributions publiques de son ministère seraient vouées à la disparition pour faire place nette, là encore, à la seule initiative qui vaille, celle du privé ?
Avec Trump 2 sont également voués à disparaître les programmes publics Medicare et Medicaid, destinés à fournir aux retraités et aux plus démunis un minimum de couverture santé. Le nouveau ministre pressenti, Mehmet Oz, ex-chirurgien, s’est fait un nom comme vedette des émissions de télévision spécialisées dans la promotion des médecines dites alternatives. Son objectif déclaré : poursuivre le démantèlement des caisses publiques, déjà bien entamée par l’administration Biden/Harris. Jusqu’à nier leurs missions d’intérêt général pour les faire passer sous la coupe des assureurs privés. On ne saurait mieux accentuer encore les injustices dans l’accès aux soins et stimuler, ce faisant, la régression continue de la courbe de l’espérance de vie, quand les Etats-Unis sont, sur ce terrain, désormais talonnés par… Cuba (78 ans contre 74 pour les habitants de la grande île). L’explosion des inégalités et des injustices qui ont tant nourri le délabrement de tout un modèle, ont de beaux jours devant eux.
Déréglementation pour le capital…
Les chiffres de la croissance, plutôt flatteurs, tout comme les mesures officielles de l’évolution des rémunérations des salariés, n’ont permis en rien de mesurer le niveau des souffrances populaires et l’immense mécontentement qui a nourri finalement le vote Trump. Car elles ont été établies selon des critères de Wall Street, aveugles à la montée de ces tensions. Pourtant depuis au moins 30 ans les revenus du capital n’ont cessé de capter une part grandissante de la valeur ajoutée créée par les entreprises au détriment constant des salaires. Jusqu’à mettre en cause aujourd’hui ce minimum d’équilibres, sans lequel le vivre ensemble devient toujours plus problématique.
La répartition entre les revenus du travail et ceux du capital n’a cessé, depuis 20 ans, de se détériorer, au détriment des premiers. En 2022 seulement 58 % du total de la richesse créée dans le pays parvenait aux salariés, soit près de 10 % de moins qu’au tournant des années 2000. Cette énorme ponction est le résultat de l’application systématique d’une politique dite de « mobilisation de la valeur pour l’actionnaire ». C’est elle qui a nourri un creusement des inégalités comme jamais dans le pays. Quand les oligarques du capital raflent tout. Quand la capitalisation des 500 plus grosses sociétés états-uniennes cotées en bourse gonfle de quelques 60 % sur seulement deux ans, entre 2023 et 2024. Quand ces champions de Wall Street ne laissent plus que des miettes aux travailleurs, les 20 % des citoyens états-uniens les plus pauvres ne percevant plus en 2023 que 3,2 % du total de la richesse produite par le pays.
C’est cette orientation délibérée en faveur de la financiarisation qui suscite le sentiment de déclassement d’une immense majorité de salariés. Si essentiel pour comprendre la détermination des grévistes de Boeing évoquée plus haut, elle devient très mauvaise conseillère pour l’immense majorité silencieuse dépourvue de syndicat, condamnée à subir tous les diktats patronaux. Terrible contradiction : c’est aujourd’hui le plus grand matamore du capital financier qui est désigné pour panser les plaies d’une société déglinguée par… la financiarisation.
Wall Street apprécie et célèbre le président élu. Les cours flambent depuis le 5 novembre dernier. Les marchés considèrent le nouveau locataire de la Maison-Blanche comme leur homme. Celui pour qui le progrès ne saurait se mesurer qu’au rythme de l’amélioration des rentes financières, jusque dans leurs dimensions les plus spéculatives.
La valeur des cryptomonnaies est montée au plafond. Baptisées bitcoin, litecoin ou encore ethereum, ces monnaies sont des produits purement numériques. Elles présentent l’avantage de ne pas subir la moindre réglementation, à la différence des devises émises par les banques centrales. Un investissement à risque puisque les cours peuvent être extrêmement volatiles. Mais tous les coups sont permis, pour les opérations les plus lucratives. Sans qu’on soit regardant sur l’origine même des fonds déplacés. Un rêve, on l’aura compris, non seulement pour les traders les plus « téméraires » mais aussi pour toutes sortes de sbires spécialisés dans le blanchement d’argent.
Elon Musk est l’un des plus fervents partisans de ces cryptomonnaies. Il s’en sert couramment dans des transactions concernant ses trois sociétés, Tesla, space X ou le réseau social X (twitter). Comme grand ordonnateur de l’efficacité économique dans le gouvernement Trump, il ne fait aucun doute qu’il mettra tout son poids en faveur d’une banalisation de l’usage de ces monnaies virtuelles. N’a-t-il pas lui-même promu DOGEcoin avec un logo à tête de chien qui est aussi, singulier hasard, l’exact acronyme de son ministère chargé de l’efficience gouvernemental, le DOGE ou Department of Governmental Efficiency.
… jusqu’à risquer l’overdose financière et (ou) d’émission de CO2.
Comme pour confirmer le sens le plus libéral-libertaire de sa démarche à l’égard des cryptomonnaies, Donald Trump a poussé le président de l’Autorité de Régulation des marchés financiers (SEC) à se démettre. Gary Gensler, qui s’est illustré précisément par sa volonté de réglementer les marchés cryptos, a annoncé le 21 novembre dernier qu’il ne sera plus en fonction le 20 janvier quand Trump entrera à la Maison-Blanche. La voie se libérait ainsi encore davantage pour les audaces les plus spéculatives. Ce qui n’a pas manqué de faire se pâmer à nouveau Wall Street, jusqu’à des plus hauts jamais atteints.
Toutefois, cette manière de soigner un système qui souffre précisément de l’emprise croissante de la finance pourrait très vite tourner court. C’est un peu comme si l’on préconisait de traiter le mal provoqué par la financiarisation en augmentant la prescription autorisée de « shoots » financiers. A ce compte-là, on risque d’atteindre très vite l’overdose. Et les formidables bulles financières accumulées autour des cryptos en liberté pourraient bien devenir le déclencheur d’un monstrueux krach historique.
D’autres secteurs où une suraccumulation apparaît programmée pourraient nourrir des bulles analogues. Comme celui des hydrocarbures. Big Oil qui affiche déjà des résultats record, est à la fête avec l’extension programmée de ses champs d’exploitation sur le territoire des Etats-Unis, qu’ils soient conventionnels ou à fraction hydraulique, C’est-à-dire fortement polluants.
Le président élu en a fait une priorité, martelant à maintes reprises durant sa campagne qu’il faudrait « forer, forer, forer » (drill, drill , drill). Cet appel frénétique est bien plus qu’une provocation climato-sceptique. Il vise à renforcer l’autonomie énergétique et la pole position stratégique acquise par les Etats-Unis dans la production d’hydrocarbures. En dépit de toutes les conséquences pour la croissance confirmées d’émissions de CO2 qui est en train de prendre une dimension toujours plus préoccupante pour l’avenir de l’humanité.
Ces contradictions vont s’aiguiser avec la volonté affirmée de la nouvelle administration de dégager le terrain d’une nouvelle accumulation financière. Selon une logique qui va de pair avec une agressivité commerciale sans précédent, appuyée sur la domination du dollar.
Une agressivité commerciale décuplée en usant à fond de l’arme du dollar…
Avant même son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a déjà déclaré la guerre commerciale au monde. Dès le 22 novembre 2024, il a annoncé une forte hausse des droits de douane pour l’entrée des marchandises en provenance des trois pays qui enregistrent les échanges les plus importants avec les États-Unis : le Mexique, le Canada et la Chine. Les deux premiers verront la totalité de leurs exportations taxées à 25 %. Le troisième, déjà placé hors catégorie par le candidat Trump lors de la campagne électorale, verrait dans un premier temps les taxes douanières portées à 35 %. Mais le président élu qui déjà a annoncé la mise en place d’une taxe à 60 % sur les produits chinois ne s’arrêtera pas là.
S’appuyant sur la rhétorique raciste et populiste de ses discours de campagne il présente cette volonté de fermer les frontières comme un moyen d’empêcher les drogues comme le fentanyl, et les étrangers illégaux de poursuivre « l’ invasion de notre pays ». Les Européens sont prévenus, la guerre commerciale n’épargnera personne. Les voisins canadiens et mexicains, avec lesquels les États-Unis tissent les échanges les plus intenses depuis des décennies, sont aux premières loges. Même le traité de libre-échange NAFTA, déjà transformé par Trump lors de son premier mandat en accord USMCA, est dénoncé.
Au grand dam de la nouvelle présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, qui a exhorté le président élu à dépenser plus pour la paix et le développement dans le monde, afin de résoudre la cause des migrations ou encore à se pencher sur le problème de santé publique que constituait la consommation de drogue aux États-Unis.
Il reste que les guerres commerciales enclenchées par Trump visent des considérations bien plus structurelles destinées à rétablir l’influence et l’attrait de la place financière états-unienne. Elles sont appelée à constituer une arme supplémentaire pour drainer le capital vers les États-Unis et combler leurs gigantesques déficits commerciaux.
Dans cette course, le dollar, monnaie commune mondiale de fait, doit permettre de conquérir de nouveaux marchés et de nouveaux territoires. L’attraction pour un billet vert fort sur le marché des changes va accentuer en effet les difficultés de tous les concurrents, y compris européens. Ils risquent d’être contraints de revoir leurs politiques monétaires et d’augmenter leurs taux d’intérêt pour tenter d’enrayer vaille que vaille une fuite des capitaux vers les États-Unis.
Le phénomène s’est déjà fait lourdement sentir pour les pays rassemblés désormais au sein des BRICS +. Beaucoup d’entre eux se sont vus contraints d’augmenter fortement leur loyer de l’argent en réponse aux récentes hausses des taux de la Réserve fédérale. Il pourrait s’emballer au rythme de la guerre commerciale de Trump, avec des conséquences dramatiques sur l’Europe, pour les industries exportatrices, en particulier celles d’outre-Rhin déjà très malmenées.
C’est dire l’acuité nouvelle que va revêtir la bataille engagée par es BRICS+ pour se dégager de la domination du dollar, arme essentielle de l’impérialisme états-unien. Et l’intérêt pour l’Europe de se rapprocher de ce combat des Suds pour assurer sa survie et son autonomie à l’égard de Washington.
L’ennemi, c’est la Chine !
Il ne faut pas s’y tromper : la guerre commerciale qu’entend déclarer Donald Trump envers et contre tout jusqu’à toucher des pays alliés qui passaient pour desrelais essentiels de leur économie, est la résultante d’une offensive qui vise d’abord la Chine. Selon une volonté d’enrayer la montée en puissance économique et politique d’un pays qui talonne désormais les États-Unis.
Cette logique géostratégique est le fruit d’un consensus bipartisan depuis « le pivot » de Barack Obama, cette décision de l’ex président démocrate de faire basculer du Proche vers l’Extrême-Orient les gigantesques moyens politiques, économiques et militaires de Washington pour «endiguer» la Chine. Cette surenchère pourrait s’emballer jusqu’à constituer la plus importante menace pour les équilibres et la paix du monde.
Les vociférations du Président élu, comme le pédigree des représentants de l’administration Trump 2, ne laissent en effet guère de doute sur la fuite en avant belliciste programmée. Marco Rubio, le futur nouveau secrétaire d’État, exilé cubain, viscéralement anticommuniste, cultive une solide réputation de faucon anti-Pékin, partisan inconditionnel de l’autonomie de Taïwan, voire de celle recouvrée de Hong Kong. Pour Mike Waltz, le futur conseiller national à la sécurité du gouvernement, Pékin est l’ennemi public numéro un. Quant à John Ratcliffe, le nouveau chef de la CIA, il voit explicitement dans la Chine une menace à réduire car « engagée contre le leadership états-unien. »
La méthode destinée à terrasser la Chine se situera initialement sur le terrain commercial. Un recours systématique à des droits de douanes punitifs, portés à 60 % sur tous les produits chinois, a été annoncé durant sa campagne par celui qui démarre son bail de locataire de la Maison-Blanche le 20 janvier. Soit une escalade qui réduira vite les mesures lancées par le même Donald Trump en 2018 au statut d’amuse-gueules. On se souvient de la pourtant tonitruante taxation à respectivement 30 % et 20 % des panneaux solaires et des lave-linges importés de Chine.
Même les super-tarifs adoptés par une administration Biden, habitée de priorités géopolitiques voisines, devraient faire pâle figure. Le président sortant avait décidé de surtaxer l’équivalent en valeur de quelques 16 milliards d’euros de marchandises made in China, les véhicules électriques voyant leurs droits d’entrée sur le territoire états-unien portés à 100 %, les panneaux solaires et semi-conducteurs à 50 %, l’acier et l’aluminium à 25 %.
Cette fois en effet c’est une fermeture à double tour pour toutes les productions venues de Chine qui est mise à l’ordre du jour. Rien ne doit échapper à la demande frénétique de hausse des droits de douane, mise en scène à plusieurs reprises par le candidat Trump sur les tréteaux de ses meetings de campagne. Même les produits réalisés ailleurs par des investisseurs chinois, en Europe, au Mexique ou au Canada, ne doivent pas échapper au couperet des taxes douanières.
Seulement, la mise en œuvre de ce « découplage » désiré des échanges avec la Chine – bien au-delà des mesures visant à « dérisquer » ces rapports, selon le néologisme cultivé jusqu’alors par l’administration Biden et les plus atlantistes des européens – est aussi traversée par des contradictions de taille qui pourraient aller jusqu’à les rendre très contreproductives. Un effondrement des échanges avec la Chine ne serait pas sans conséquences pour l’économie états-unienne. Les métaux rares exportés par la seconde puissance économique mondiale rentrent en effet dans la fabrication de nombreux produits made in the USA. Ce qui devrait poser de très graves problèmes d’approvisionnement à des secteurs industriels clé.
De plus, une forte hausse des droits de douane qui sera répercutée sur les prix ne manquera pas d’avoir des conséquences sur la consommation et l’activité, analysent plusieurs instituts de conjoncture outre-Alantique, alors même que le pays sort déjà si difficilement d’une période d’inflation qui a si gravement ponctionné les revenus des salariés. Comme ceux de… Boeing qui y ont puisé les ressources pour conduire une grève historique, si révélatrice du délabrement d’un modèle états-unien ultra-financiarisé.
Toulon : Laure Lavalette validée par Bardella On s’en serait douté, ça se passait vendredi 24/1 à…La Valette qui englobe la 2è circonscription de Toulon dont elle est députée, celle qui manque au RN et à sa leader, co-porte-parole du parti d’extrême-droite que préside Jordan Bardella depuis que Marine Le Pen la lui a laissée pour se consacrer à la présidentielle de 2027. Mais il y a un hic très malencontreux : un scandale financier concernant une cinquantaine d’assistants parlemetaires européens FN-RN, à salaires fictifs qui remonte à 2015, doit donner son verdict en mars prochain. Il doit se prononcer ou non, sur la condamnation de Mme Le Pen, notamment, qui risque de ne pouvoir se présenter en 2027. Lourd enjeu.
Bardella n’a pas failli à sa tâche, ils font partie des hauts cadres et leVar est le plus représenté de France en députés, avec un jeune sénateur et maire à Fréjus qui, lui aussi, a des casserolles à ses basques qu’il essaie de faire oublier carune enquête des plus sérieuses a été ouverte, à propos d’un livre, depuis plus d’un an : « Les rapaces » De Camille Vigogne Le Coat sur la gestion de Fréjus que fréquentait beaucoup J. Bardella et son grand copain D. Rachline Il n’était pas venu à Toulon pour ça le jeune président, marié avec la petite-fille du récent défunt, J-M Le Pen, le grand-père paternel fondateur du FN que vénère comme un saint le petit-fils par alliance pour tout ce qu’il partage de pas très républicain, ni laïc et même d’antisémitisme et de négationnisme.
Il vient même ces derniers jours de soutenir, au parlement européen, leurs modèles états-uniens, Trump-Musk qui montrent le chemin du retrour en grand, de l’immigration que préconise le RN, ils soutiennent aussi la taxation des produits qui ne viennent pas assez de leurs pairs américains. Merci beaucoup ! Bardella ne pouvait qu’encenser la député-conseillère municipale RN, à l’aise dans ses baskets, elle n’en demandait pas tant, elle en oubliait que son parti était encore l’objet de plaintes au civil et plus souvent en interne pour homophobie ou racisme après les excès de son propre assistant parlementaire quelques semaines auparavant dont elle a dû se séparer, question d’image. Le plus souvent ils s’oubliaient. Elle allait jusqu’à freiner par fausse modestie, les louanges quitombaient sur elle, « j’ai des idées bien sûr mais on a encore du temps devant nous….»
Elle devait parler de l’actualité, qu’on sait en France, pour être dans son rôle, ce n’était pas improvisé. Du grand classique par des pros de la politique, très présents sur tous les plateaux et qui ont même leur réseau X, celui de Musk, le n°1 deTrump très proche des extrêmes-droites d’Europe pour les aider à diviser les droites.Nos nationalistes et « patriotes » -dont les fondateurs étaientpétainistes ont bonne mine de se prendre pour les « petits soldats du président des E.-U ».
Ils se proclament garants de notre indépendance nationale ? Déjà très écornée par une Europe à 27 qui noie les souverainetés dans la centralité, dominée par les milliardaires privés, au mieux de leur forme et qui confirment leur climatosceptisme criminel et irresponsable. Et ils se prétendent les défenseurs des salariés ?? Trump annonce qu’il veut annexer le canal de Panama, le Canada, le Groënland…rien que ça pour commencer et pourquoi pas d’autres territoires ? Le RN ne trouve rien à dire pas même se demander où cela peut conduire le monde ? Le RN n’est pas surpris, ne s’en inquiète même pas…
Il est ravi de la saignée que Trump veut faire dans « son » immigration : 11 millions ! On en prend acte. Aux voeux et en présence du président, il fallait faire une annonce locale qui ouvre l’année pour un objectif politique attendu qui puisse démoraliser le sortant qui a déjà était sorti, puis éliminé puis remplacé, puis potentiellement rétablissable dans ses droits. La seule préoccupation de la désormais candidate RN à la tête de la ville de Toulon, c’est de savoir si la cour de cassation va réhabiliter Falco ? Elle n’est guère confiante. La place ne lui est pas réservée. Son mentor a bien échoué au second tour des législatives de juillet, Bardella se voyait 1er ministre. Il perdit le second tour
D’ici les municipales l’eau va couler sous les ponts à commencer par le vote du budget 2025 bien mal embarqué. On ne compte aucun milliardaire français -cher à nos adorateurs du plus riche au monde et de ses congénères- qui ait fait un don pour abonder les recettes qui manquent cruellement selon les gardiens du capitalisme, inclus le RN.
Le président du RN et la candidate ont dû oublier que 80 ans plus tôt, l’horreur des camps nazis était révélée au monde dans la dernière semaine de janvier 1945 puis libérés par l’armée rouge avant la capitulation des nazis le 8 mai avec l’intervention de tous les alliés, américains, anglais et français notamment. Ce que J-M Le Pen qualifiait plus tard de « détail de l’histoire » !
Aujourd’hui, le président des Etats-Unis fait subventionner l’AfD, un parti d’extrême-droite allemand ouvert aux néo-nazis.
Les élus et cadres du RN ont rendu un dernier hommage au fondateur de leur parti d’extrême-droite, en la cathédrale Saint-Léonce de Fréjus avant d’être inhumé dans sa Bretagne natale. Le sénateur-maire, David Rachline, vice-président du RN a trouvé moyen de souligner qu’une messe sert à réunir les chrétiens qui partagent les mêmes prières. Il est très observé par la justice
Les catholiques ne partagent pas forcément les mêmes convictions politiques, leurs militants RN de toujours ont doté le défunt de bien de «qualités», forte tête», para, par choix, visionnaire, nationaliste, mauvaise réputation… Qu’il ait si souvent été condamné pour des actes et écrits graves, antisémistes, dans la tradition de l’anti-France et qu’il n’hésitait pas à pratiquer la torture, son esprit colonial était naturel. Provocateur et violent, il était entraîné.
Marine Le Pen a regretté, sur tous les plateaux, d’avoir mis à la porte son père, fondateur du FN en 1971, avant d’être exclu par sa fille pour désobéissance et désaccords politiques. Le parti d’extrême-droite changea de nom. La présidente et ses proches n’auront pas manqué de parler du défunt comme d’un héros de la nation qui avait toujours et encore partagé la longue carrière et l’idéologie
raciste du fondateur aujourd’hui portée par le président des Etats-Unis et ses milliardaires !
L’histoire est en pleine ébullition ? Les peuples se sont levés en 1939 contre l’Allemagne » d’Hitler, les collaborateurs avérés n’avaient pas bonne presse chez les vainqueurs. Ils ont mis du temps à se montrer de face.
A l’origine, d’anciens SS, des miliciens, des Croix de feux, des pétainistes ont crée le FN, décollant très lentement. Il faudra 30 ans et le père, malgré les jeux de mots et autres « détails de l’histoire», tortionnaire en Algérie, puis au Vietnam, il avait de la suite dans les idées, après l’armée, très active, la politique : plus jeune député d’un petit commerçant puis l’audace, il rend visite à Mitterrand qui lui ouvre la RTF pour diviser la droite.
Le RN a progressé au point de constituer un risque majeur en Europe notamment. Qui aurait dit que ce sont les fachos qui vont proposer leurs solutions en liens étroits avec les sociétés privées puissantes pour conserver le système capitaliste et lui permettre d’atteindre leurs objectifs financiers dans les guerres économiques que les E.U ont cn perspective.
Trump et Musk annoncent la couleur : ultraconservatrice. Ils « arrosent » les partis d’extrême-droite en Europe. Le RN aurait-il été oublié ? En tout cas, Trump est attendu à la cérémonie d’investiture, la main sur la bible. Il a hâte de convaincre de sa détermination à mieux défendre les intérêts américains et surtout ceux de la haute finance.
La Première Guerre mondiale devait être la der des ders. Depuis, de nombreux conflits ont endeuillé et brisé les peuples du monde, et les mécaniques guerrières sont toujours dans les esprits.
Aujourd’hui encore, des balles sifflent en Ukraine et en Russie, des bombes tombent sur Gaza, des femmes et des hommes meurent au Yémen ou au Soudan…
Même si chaque guerre ou conflit a ses propres causes, les intérêts de l’argent dictent souvent l’entrée en guerre. Ce n’est pas simplement des initiatives isolées de dirigeants qui seraient fous ou tyranniques.
On le voit dans les débats autour de la guerre en Ukraine : rares sont les voix qui parlent de paix. Si nous le faisons quotidiennement dans ce journal, nous sommes souvent les seuls ici en France.
Quand on écoute les médias, il faudrait vaincre la Russie ou éliminer Poutine.
C’est exactement ce genre de logique qui fait que les guerres s’éternisent, que les hommes meurent chaque jour pour avancer de 10 kilomètres, puis reculer d’autant le lendemain.
L’armée ukrainienne, biberonnée aux armes américaines et européennes fait péniblement face aux Russes, et la guerre continue. On le sait, tous les conflits finissent par des négociations, la question, c’est quand ? Nous disons que ce doit être le plus vite possible ! Chaque jour sans discussion, c’est du temps et des vies perdus.
Une voie diplomatique existe et doit être empruntée en ouvrant des négociations basées sur des référendums territoriaux et la neutralité de l’Ukraine.
La guerre n’a que trop duré, la diplomatie française n’est que trop silencieuse. Il faut un plan de paix. Alignée bêtement sur l’OTAN et les États-Unis, la France est inaudible.
Des pays, notamment les BRICS+, portent une autre voie. Ils représentent aujourd’hui 46 % de la population et 29 % du PIB mondial. La Chine et l’Inde ont pesé pour des négociations entre la Russie et l’Ukraine, l’Afrique du Sud a été le premier pays à organiser une délégation pour rencontrer Poutine et Zelensky.
Ces pays qui prennent de plus en plus de place ont l’air de proposer autre chose au monde que la domination militaire et économique étasunienne. Écoutons-les ! Discutons avec eux d’égal à égal, plutôt que de les considérer comme des rivaux.
Les questions internationales sont souvent inaudibles, monopolisées par des pseudo-experts. Dans ce journal et dans notre organisation, nous faisons tout pour rendre ce sujet accessible au plus grand nombre.
Ne laissons pas les gouvernements décider seuls de l’avenir de nos pays, engageons-nous, faisons-nous entendre, faisons monter l’exigence de la paix ! l
Assan Lakehoul,
Secrétaire général du Mouvement Jeunes communistes de France
Les manifestations de clémence, de la part des hommes du pouvoir et de la droite, et de trop nombreux médias dans leurs hommages au fondateur et chef du Front national, confinent à de la malsaine connivence, si ce n’est à de la complicité. Elles s’inscrivent dans la troublante continuité de la banalisation de l’extrême droite française, et en sont un accélérateur.
Le brouillage de tous les repères idéologiques atteint sonparoxysme quand des responsables de l’État qualifient « d’outrances » ou de « polémiques » des propos qui ont valu à Le Pen une vingtaine de condamnations judiciaires pour incitation à la haine raciale ou pour contestation de crimes contre l’humanité. Décidément, les sulfateuses à détruire tout repère idéologique tournent à plein régime.
Par quelle amnésie magique et obscurantiste, président de la République, Premier ministre, ministres et dirigeants de droite peuvent-ils transformer un tortionnaire colonialiste, un raciste antisémite et islamophobe, homophobe, anticommuniste et négationniste tantôt en « une figure de la vie politique », tantôt en homme qui « a marqué son époque », ou encore, comme l’écrit l’Élysée en « figure historique dont le rôle dans la vie publique de notre pays pendant près de soixante-dix ans relève désormais du jugement de l’histoire ». Voici l’euphémisme devenu politique !
Est-ce que tout ceci est destiné à camoufler les conditions de la fulgurante ascension de celui qui créa le Front national avec ses amis anciens de la Waffen SS ? L’existence et la force de Le Pen et de ses idées ne doivent rien à un prétendu génie politique.
En effet, alors qu’il n’avait pas pu être candidat à l’élection présidentielle de 1981, il a bénéficié, comme les braqueurs de banques, de nombreuses complicités. Dans un contexte où tout était fait pour affaiblir le Parti communiste français, le tournant droitier du pouvoir mitterrandien pour adapter, dès 1983, la France à la mondialisation capitaliste a servi de carburant à l’extrême droite.
Deux événements fondateurs constituent un accélérateur des particules du proto-fasciste.
Le premier a lieu lors des élections municipales partielles àDreux où le candidat du RPR s’allie au second tour, le 11 septembre 1983, à la liste du lieutenant de Le Pen, Jean-Pierre Stirbois, pour battre la maire socialiste sortante Françoise Gaspard. Le Front national obtient 10 conseillers municipaux et 3 adjoints au maire. Jacques Chirac justifiera cette alliance dès le lendemain, dans un discours à Rambouillet en ces termes : « Ceux qui ont fait alliance avec les communistes sont définitivement disqualifiés pour donner des leçons de droits de l’homme et de règles de démocratie. » Il reprenait ainsi l’argumentaire du penseur du conservatisme d’alors, Raymond Aron, qui avait écrit : « L’opposition ne changeait pas de nature, elle ne se ralliait pas aux idées du FN, elle acceptait quatre compagnons de Le Pen sur sa liste, ce qui me semble moins grave que d’accepter quatre communistes au Conseil des ministres. » Par la suite, en 1988, la droite dirigea plusieurs conseils régionaux – Bourgogne, Rhône-Alpes, Picardie, Languedoc-Roussillon, Centre-Val de Loire – avec l’appui de l’extrême droite.
Le mois de mars de l’année 1983 est l’autre moment charnière. Le président de la République, F Mitterrand reniant les engagements communs de la gauche , entraîne le pays dans la voie d’une construction européenne plus fédéraliste et financière, préparant la liberté totale de circulation des capitaux et des marchandises, tout en laissant détruire de grands secteurs industriels, de la sidérurgie au textile. Le Pen fut le monstrueux enfant de cette négation des engagements de la gauche socialiste et de cette mutation-destruction.
Il va d’autant plus vite prendre de l’élan que François Mitterrand lui a agrandi officiellement et artificiellement les ailes*. Après plusieurs rencontres avec des conseillers de l’Élysée, Le Pen se plaint au président de la République, dans une lettre du 26 mai 1982, du traitement insignifiant du congrès du FN qui s’est tenu les 7 et 8 mai 1982. Dès le 22 juin, François Mitterrand répond en personne au chef de l’extrême droite en jugeant « regrettable » « l’incident que vous signalez » et l’informe qu’il demande « à M. le Ministre de la communication d’appeler l’attention des responsables des sociétés de radiotélévision sur le manquement dont vous m’avez saisi ». Incroyable pour un parti qui, à l’époque, n’est même pas présent à l’Assemblée nationale.
L’ordre fut promptement exécuté puisque le zélé Georges Fillioud, ministre de la communication, fit passer, dès le 29 juin 1982, Jean-Marie Le Pen au journal de 23 heures de TF1, puis le 7 septembre, au populaire 13 heures d’Yves Mourousi. Et cela ne s’arrêtera plus. Le 19 septembre, il est l’invité du journal de 20 heures sur Antenne 2. Le 28 septembre, il se retrouve dans l’émission humoristique de Claude Villers à France Inter, « Le tribunal des flagrants délires ». Le 30 octobre, il est à nouveau l’invité de TF1. Avant les élections municipales du mois de mars 1983, Yves Mourousi le reçoit à nouveau dans son journal de la mi-journée qui est alors très regardé. Le 18 septembre 1983, soit une semaine après l’alliance victorieuse de la droite et de l’extrême droite, il est l’invité du Club de la presse d’Europe 1. À cette occasion, Le Monde barre sa une avec ce titre, « Le jour de gloire de M. Le Pen ». Une autre émission phare de l’époque, « Face au public » sur France Inter, lui ouvre ses portes. Et sa grande consécration vient avec sa participation à l’émission « L’heure de vérité » sur Antenne 2, le 13 février 1984. Au cours de cette émission, devant les animateurs** de l’émission médusés et embarrassés, il se leva pour demander une minute de silence pour les « morts du communisme ».
Ainsi l’ascension médiatique organisée de Le Pen ouvrit-elle la voie à son expansion électorale. C’est bien une stratégie politique qui a organisé sa reconnaissance avant toute légitimité. Ce que reconnaîtra ainsi Pierre Bérégovoy, alors secrétaire général de l’Élysée, le 21 juin 1984 : « On a tout intérêt à pousser le FN, il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C’est la chance historique des socialistes. »
On mesure aujourd’hui les désastres de ces stratégies politiciennes pour les partis de la droite issus de l’après-guerre, pour le Parti socialiste lui-même et la gauche toute entière. Bien pire encore, cette vulgaire tactique a surtout servi à préserver les intérêts fondamentaux du capital contre les intérêts de l’immense majorité du peuple, quitte à faire de la scène politique française un immense champ de ruines.
Quarante-deux ans après, dans le droit-fil de cette terre brûlée, les hommages confortent d’autant plus la montée de l’extrême droite que, du pouvoir aux différentes nuances des droites, les thèses antirépublicaines du FN/RN s’inscrivent en lettres noires dans leurs programmes et que leurs discours en vomissent comme de la lave.
La contamination prend une telle ampleur qu’on a pu entendre des commentateurs classés à gauche expliquer que Le Pen aurait été un visionnaire en lui « reconn[aissant] une intuition (sic) sur l’immigration » notamment. On nous valine par conséquent, la vieille thèse selon laquelle « il y a un problème avec l’immigration » comme le serinent le RN/FN et la droite. Or le milliardaire raciste, antisémite et anticommuniste viscéral de Montretout n’a toujours été qu’un souffleur de haine et de division dans un pays construit de mille strates de migrations honnies par ce nostalgique de l’Algérie française. L’histoire de la France, notre société, a été forgée de grands élans de solidarité, d’hospitalité et de fraternité – et de luttes sociales indiscriminées puissantes que Le Pen a toujours combattues avec rage.
Les puissances d’argent, jamais rassasiées, sont mûres pour faire de l’extrême droite leur roue de secours tant elles ont épuisé leurs traditionnels mandataires aux multiples nuances politiciennes déguisées derrière le mot sans cesse sali de « démocratie ». Décidément, la banalisation va jusqu’au tombeau. Ne baissons pas la garde.
Patrick Le Hyaric
9 janvier 2025
* Documenté dans le livre de Franz-Olivier Giesberg, alors éditorialiste au Figaro, La Fin d’une époque [1993]. Voir aussi dans La Main droite de Dieu : enquête sur François Mitterrand et l’extrême droite [1994], d’Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez.
** Pierre Luc Séguillon et Albert Du Roy.
*** Voir aussi le dossier de L’Humanité du 8 janvier 2025 et l’éditorial de Stéphane Sahuc
Le duo américain d’extrême-droite à l’œuvre en Europe
Il ne se passe pas un seul jour sans que l’on parle abondamment, dans tous les grands médias européens, de l’immixion du « couple » présidentiel dans les choix politiques des plus grands pays d’Europe, à commencer par l’Allemagne où des législatives auront lieu fin février, Musk ne se contente pas de commenter mais lance un appel à soutenir l’extrême-droite( Afd)…»qui peut sauver l’Allemagne» !
En Angleterre, il demande le départ du 1er ministre Keir Starmer et de nouvelles élections et sur X il fait campagne pour la libération d’un activiste d’extrême-droite président d’un parti anti-immigration dont il a vu le président ??
On connait leur proximité avec Viktor Orban président de la Hongrie, très à droite et proche de Poutine comme de Trump, sans parler de Georgia Méloni la présidente italienne admiratrice de Mussolini…et de la 1ère fortune du monde. Ils se mettent en scène, s’embrassent sur la bouche pour être photographiés, ça va plaire, il n’est pas mal, c’est un pro et Trump, un vulgaire homme d’affaires ultra-conservateur, inculte et sans scrupules.
Héritier d’un père promoteur immobilier, il prend en 1971 la direction de l’entreprise ça aide, il construit un empire touchant à de nombreux domaines dont le bâtiment, la télévision, les sports mécaniques, les golfs jusqu’à devenir milliardaire avant d’entrer en politique tout en menant grand train. Et en cultivant un parler direct et un mode de vie très…festif. Et ce n’est pas le premier trou dans le billard.
Trump au tribunal…
Il devra se présenter le 10 janvier 2024 devant la justice, il le digère mal. Il espère bien la mettre au pas.Trump a été jugé « coupable de paiements dissimulés à une vedette du porno ».
Le 30 mai 2024, il fut, dans l’histoire des E-U, le premier ancien locataire de la Maison Blanche à être pénalement condamné !
Le jury du tribunal de Manhattan, dépendant de la justice locale de l’Etat de New York, l’avait reconnu coupable de 34 chefs d’accusation pour des paiements cachés à une cliente de luxe, Stormy Daniels, effectués juste avant la présidentielle de 2016, qu’il avait remportée.
Le même juge sait déjà qu’il ne demandera pas l’incarcération ! Mais comment devenir président des E.-U avec un tel casier judiciaire sur la conscience ? Dans le plus puissant pays du monde, le temple du capitalisme en même temps que le pays toujours en guerre, hors de chez lui et sur plusieur fronts. C’est aussi le premier marchand d’armes, avec la France.
Il saura, le 10 janvier 2025, quelle sanction sera confirmée -ou pas- 10 jours avant sa prise de fonction, en grandes pompes, de 45è président, élu haut-la-main, une main sur la bible. Il n’a rien d’un enfant de choeur. A part Poutine personne ne l’impressionne.
Dans son style, s’il en a un, Trump ne baisse jamais la tête et se lave toujours les mains après les galipettes chez les stars de bordels de luxe, d’ailleurs il s’en fout « Cette attaque politique illégitime n’est rien qu’une mascarade..» a-t-il réagi. Le camp Trump n’a pas réussi à faire annuler ce verdict historique malgré l’immunité présidentielle élargie le 1er juillet 2024 par la Cour suprême.
Et pour bien nous éclairer sur les forces ultra-libérales qui détiennent tous les leviers de la gestion de leur pays, le milliardaire Trump a recruté Musk, la star 500 fois milliardaire qui domine le peloton mondial de ceux qui ne rêvent qu’à les imiter, quitte à entretenir les guerres …avec beaucoup d’intérêts. L’argent prêté crée de l’argent en fonction du taux, de la durée et du marché. Le dollar est toujours la monnaie dominante mais elle n’en n’a plus l’exclusivité. C’est encore un privilège de taille qui doit cesser.
Comment se fier à de tels « chefs d’Etats » qui dirigent pour leur compte et celui d’une caste, avec de telles méthodes, de telles politiques, de tels résultats et se refusent d’en voir les conséquences pour la planète et les peuples qui l’habitent. Et qui constatent, malgré la crise économique et sociale en France et ailleurs, l’enrichissement des très riches.
Il explique la régression du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires de très loin les plus nombreuses, comme si cette solution était une fatalité naturelle alors qu’il s’agit avant tout de satisfaire les intérêts des plus riches ?
On assiste à un début de réaction dans les pays d’Europe de l’ouest pris pour cibles à travers cette provocation américaine qui en dit long sur le rôle leader que s’attribue le couple aux dents longues. Des dizaines de milliers d’abonnés.es à la plate-forme X viennent de la quitter. Musk y sera très sensible.
Pourquoi servir les objectifs de ces messies qui gagnent encore de l’argent en nous bourrant le crâne des objectifs qu’ils poursuivent. Ils nous disent…
« Chacun pour soi et travaillez plus, vous serez mieux payés ???»
Autrement dit: «fermez-là et laissez-nous faire» Ne nous laissons pas piétiner
«Seule l’AfD peut sauver l’Allemagne» c’est le message du milliardaire américain avant même qu’il prenne son poste de n°2 des E.-U aux côtés de l’ultra-vulgaire autre milliardaire, Trump.
Le Monde met en exergue l’appel d’un personnage à «sauver le Reich» et nous renvoie de 1933 à 1945, nous qui venions de naître : «Deutschland über alles» -l’Allemagne au-dessus de tout ! Leur führer voulait juste dominer le monde…60 millions de morts ! 80 ans après les guerres se mutiplient, de plus en plus à hauts risques
Qu’un personnage comme Elon Musk, mette l’accent sur ses références, lourdes d’histoire, c’est très inquiétant, voire révélateur, dans un contexte de progression des extrêmes-droites dans toute l’Europe
«Leur objectif :se donner les moyens d’expulser vers l’Afrique du Nord quelque 2 millions de personnes qui vivent aujourd’hui en Allemagne : des migrants et des demandeurs d’asile, mais aussi des citoyens allemands d’origine étrangère…»
(j’ai retrouvé par hasard l’article de l’Huma sur la réunion clandestine qui a eu lieu fin septembre 2023 à Potsdam pour lancer un réseau soutenu par quelques patrons fortunés, pour opérer un processus de « remigration »,
La coalition CDU-SPD-Verts a éclaté en Allemagne. On vote dans deux mois. La crise économique, sociale, politique…y est intense, tout comme en France. En Europe, Trump a promis d’en finir en 24 h avec la guerre en Ukraine. L’avenir de l’Allemagne -et pas que- constitue un enjeu essentiel pour les E-U, il y a des élections au Bundestag fin février 2025. Parmi les partis d’extrême-droite, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) approche les 20% et a retenu l’attention du couple de milliardaires qui ne pense qu’aux intérêts de l’Allemagne…à travers ceux des E.-U. Ils ont annoncé la couleur.
Musk déjà sur le coup fin 23
Le 30 septembre 2023 il «twistait» et critiquait «le soutien de Berlin à des ONG secourant des migrants en Méditerranée, après avoir partagé vendredi un post prônant une victoire électorale du parti allemand d’extrême-droite AfD». Il ajoutait que «cela ressemblait à une invasion!»
Le ministère lui répondit : «c’est ce qu’on appelle sauver des vies»
Musk en remit une couche : «Donc, vous en êtes fiers en fait. Intéressant. Franchement, je doute qu’une majorité de l’opinion allemande soutienne cela. Avez-vous fait un sondage? C’est certainement une violation de la souveraineté de l’Italieque l’Allemagne transporte un large nombre d’immigrants illégaux sur le sol italien ?
Ledit Musk roulait déjà pour Trump et poursuit sa mission aujourd’hui sur le même fond politique : ancrer l’extrême-droite à la place de la droite fut-elle la plus…extrémiste. Le fascisme ça peut toujours servir…bien camouflé d’abord ? ?
Les Allemands vont-ils piloter les élections allemandes ou ce sont-ils les maîtres de la finance américains qui vont s’immiscer dans leurs affaires tout en étant en plein conflit d’intérêts. La raison du plus fort est toujours la meilleure. Tout sera fait dans leurs règles.
Qu’il y ait plusieurs partis d’extrême-droite comme le NPD crée en 1964 considéré comme néo-nazi, raciste, antisémite, révisionniste ou d’autres contre l’immigration islamiste, ne leur fait ni chaud ni froid c’est leur ligne et il la banalise.
D’ailleurs la plupart de l’extrême-droite de France, d’Italie…a chaleureusement salué la victoire du tandem américain pour les suivre dans leur conservatisme, leur gestion au service du capital, des puissants et au détriment des peuples qui voient les inégalités se creuser, les guerres se mutiplier, nos objectifs climatiques s’éterniser, faute de moyens et de volonté politique. Ils sont aussi climato-sceptiques dans une très grande proportion
Ce «Mr. Efficacité» propriétaire entr’autre de SpaceX, Tesla, du réseau X -ex twitter- mondial d’informations qu’il dit «en toute liberté», lui a valu d’être nommé aux côtés de Trump pour rationnaliser sa gestion globale et se mêler de tout qui lui paraît exploitable. Et de nature à séduire les investisseurs qui jugeront si le taux de profit tient ses promesses ainsi que le volume et la durée du marché.
Avec une fortune privée plus grosse qu’un Etat, en ajoutant les deux, ça vous donne tous les pouvoirs -ou presque- dans un monde en pleine décomposition.
Il serait temps de relever le défi et à barrer la route pour que chacun ait droit à la paix, au respect et au bonheur. Humanisons la planète. En conscience.
Mayotte et nous avec elle pleure ses morts et ses innombrables blessés. Mayotte manquait déjà de tout. Le cyclone tropical Chido lui a enlevé ce qui lui restait. Des vies d’abord, à tel point que les autorités sont incapables de dire à cette heure le nombre de victimes. Paysage d’apocalypse, les bidonvilles ont été transformés en cimetières. Les toits des fragiles habitations se sont envolés comme des feuilles de papier, jetant par milliers les familles dans des rues et des chemins encombrés d’un innommable fatras d’arbres déchiquetés, de planches broyées et de tôles tordues.
Le département le plus pauvre de la sixième puissance mondiale s’est transformé en espace fantôme de désolation et de larmes. La violence du vent, excitée par le réchauffement de l’océan, s’est vue grossie de la précarité humaine, du chômage, de la pauvreté qui frappe les trois quarts des habitants, du manque d’eau potable et du choléra. Voici qui rend ridicules les moulinets d’un ancien ministrion de l’Intérieur, du nom de Darmanin, qui, en ces lieux il y a plusieurs mois, bave aux lèvres et poigne de fer, vantait à la télévision ses mérites de destructeur de bidonvilles et de soldat-chef de la « croisade » contre les migrants. Et, l’actuel ministre, fait savoir son obsession pour l’archipel : L’immigration. Abject !
Ceux qui, depuis quelques heures, versent leurs petites larmes de crocodile et se font filmer la mine sombre, tantôt dans des cellules de crise, tantôt dans des déplacements mis en scène, tantôt dans des prises de parole calibrées… Tous ceux-là sont les mêmes qui ont laissé Mayotte se délabrer, s’affaisser, s’appauvrir jusqu’à la tragédie. Ce sont les mêmes qui veulent nous endormir de leurs funèbres musiques austéritaires et leurs refrains sur la nécessité d’amaigrir l’État jusqu’à l’os.
Les mêmes qui ont déchiré sans les lire les rapports qui alertaient sur la nécessité de mettre en place des dispositifs de prévention des risques naturels. Les mêmes qui ont détruit les quelques structures de prévention des risques qui existaient. Les mêmes qui ont toléré la vie chère à Mayotte et refusé les convergences des droits sociaux entre les Mahorais et les autres Français. Les mêmes qui ont bloqué l’alignement du Smic et des minimas sociaux de Mamoudzou sur ceux de Paris. Ils ont sali la République qui a négligée une partie d’entre nous.
Du reste, ceux qui viennent au secours des populations mahoraises ne sont pas ceux qui apparaissent sur les écrans avec leurs beaux costumes et leurs mots ronflants, mais les agents publics, de l’hôpital, des écoles, de la gendarmerie, des pompiers, de l’armée, de l’équipement, des services préfectoraux aux côtés des grandes associations de solidarité. Ceux que les puissants traitent, en temps normal, de « feignasses » ont agi bien avant toute causerie et toute visite ministérielle.
Les mêmes qui vilipendent les services publics sont ceux qui détricotent tout projet, aussi maigre soit-il, de transition environnementale, comme cela se passe en ce moment même au Parlement européen et à la Commission européenne.
Ils n’ont que faire des êtres humains. Mayotte n’est pour eux qu’un lointain point sur la carte, un laboratoire expérimental de la remise en cause du droit du sol. Mais surtout, pour eux, Mayotte n’est qu’une colonie stratégique au large de Madagascar, au cœur du canal du Mozambique où circule le pétrole, et en Indo-pacifique où, en ces troubles temps, on dépoussière les canons du nationalisme et des guerres. Pour les pouvoirs au service de la haute bourgeoisie, Mayotte est une « zone géostratégique », et non un espace de vie humaine, animale et végétale.
L’ampleur des catastrophes et les terribles effets de celles-ci ne peuvent être pensés sans prendre en compte les rapports sociaux de domination. Un cyclone est d’autant plus puissant que le mode de production capitaliste et le traitement colonial laissent béantes les portes des désastres annoncés. Le capitalocène est le nom de cette ère où un système économique engendre et accentue des perturbations qui compromettent les conditions d’habitabilité de notre planète.
Le comportement colonial détourne regards et projecteurs sur l’immigration et la stigmatise pour mieux laisser les populations vivre dans la misère et des habitats plus que précaires, privées d’eau potable, de services de santé, d’écoles et de services publics. C’est abominable. C’est insupportable.
Si les pouvoirs publics de notre pays avaient une autre conception de leur rôle, ils auraient pu depuis longtemps engager le vaste chantier d’adaptation de l’île aux risques naturels, ils auraient dépollué l’eau, stoppé la déforestation, reconstruit les réseaux. Autant d’actions qui tournent le dos à la restriction austéritaire des crédits publics et au colonialisme.
Toutes et tous Mahorais
Soyons solidaires immédiatement pour apporter les aides indispensables aux Mahorais, avec les associations et les municipalités. Dans l’immédiat, il faut gagner la course contre la montre engagée contre la faim, la soif, les maladies, le soin aux blessés. Agissons pour obtenir une solidarité européenne et, au-delà, la solidarité internationale. Surtout, soyons solidaires dans un combat qui doit être engagé pour obtenir les moyens d’une reconstruction du département.
Il faudra tout réparer, tout reconstruire : les maisons et la nature, les champs et les êtres humains.
Mayotte n’est sans doute pas Notre-Dame de Paris qui a fait l’objet de tant d’engagements financiers, politiques, techniques et humains. Mais la situation de Mayotte exige un engagement de plus grande ampleur et avec la même diligence.
Objet : Lu dans L’HUMANITÉ, NFP, RN, LR, qui votera une motion de censure… (2 articles)
Analyse :
François Bayrou nommé premier ministre : NFP, RN, LR… qui votera une motion de censure ?
Alors qu’il vient juste d’être nommé premier ministre, François Bayrou fait déjà face au spectre de la censure. Colère de la gauche et trouble jeu du RN… L’Humanité fait le point sur les déclarations des différents groupes d’opposition.
L’équation est simple, posée sur le papier. Pour espérer tenir plus longtemps que son prédécesseur Michel Barnier, François Bayrou doit compter sur la non-censure d’au moins un des deux blocs d’opposition : le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire. État des lieux des positions de chacun, au jour de sa nomination.
La France insoumise annonce déjà la censure…
À peine François Bayrou nommé à Matignon, le coordinateur national des insoumis, Manuel Bompard a dénoncé « un nouveau bras d’honneur à la démocratie ». « Après avoir perdu toutes les dernières élections, Macron installe son premier et dernier soutien à Matignon. Faire tomber Bayrou, ce sera donc faire tomber Macron », annonce le député. Le groupe FI déposera à l’Assemblée nationale ce qui pourrait être la première censure du gouvernement Bayrou : « Deux choix s’offriront aux députés : le soutien au sauvetage de Macron ou la censure. Nous avons fait le nôtre », prévient Mathilde Panot, cheffe de file des élus FI au Palais Bourbon.
Le PCF dénonce un « déni de réalité » et propose un renoncement au 49.3…
Les communistes regrettent, par communiqué, la nomination de François Bayrou. « Le choix des urnes aurait dû le conduire à nommer un Premier ministre de gauche issu de la coalition arrivée en tête », rappellent-ils. Mais le PCF n’a pas encore pris position sur une éventuelle censure de François Bayrou. « Cette nomination envoie un mauvais signal, car les Français attendent une nouvelle politique, mais nous sommes prêts à débattre s’il renonce à l’article 49.3 », a déclaré Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, reprenant ainsi la proposition faite par la gauche lors des rencontres parlementaires à l’Élysée, en début de semaine (il s’agissait alors, pour un éventuel gouvernement NFP, de renoncer à l’article controversé de la Constitution). « S’il maintient le cap politique de Macron, ce sera la censure », prévient toutefois le porte-parole du PCF, Ian Brossat.
Les écologistes prêts à censurer…
Côté Écologistes, la censure est loin d’être exclue. « On va regarder la teneur de la politique qui se profile. Si c’est pour garder les mêmes aux postes stratégiques, dont M. Retailleau à l’Intérieur, si c’est pour ne rien faire sur les retraites, l’écologie et la justice fiscale, je ne vois pas quel autre choix nous aurions que de le censurer », a indiqué la patronne des Verts, Marine Tondelier. Le député Benjamin Lucas-Lundy, porte-parole du groupe à l’Assemblée, a indiqué plus tôt dans la journée qu’il voterait « à ce stade bien volontiers » une motion de censure contre François Bayrou, dont le choix constitue « un crachat au visage des électeurs et des électrices ».
Le PS « demeure dans l’opposition »…
« Les socialistes ne participeront pas à votre gouvernement et demeureront dans l’opposition », a indiqué le premier secrétaire du PS Olivier Faure à François Bayrou, mettant fin à la rumeur d’un hypothétique décrochage des socialistes du NFP. Le parti à la rose exige du nouveau chef du gouvernement qu’il renonce à l’article en 49.3, sans quoi il se placerait « sous la dépendance du RN » puisqu’il y aurait à nouveau motion de censure. « La poursuite d’une politique et d’une méthode déjà censurées aboutirait au même résultat », menace le PS.
Au Rassemblement national, pas de censure a priori…
« Il n’y a pas de censure a priori », a réagi Jordan Bardella, chef du parti d’extrême droite, après la nomination de François Bayrou. Le RN entend encore jouer l’arbitre des élégances du nouveau gouvernement, en se réservant le droit de censurer au moment qu’il arrange, et en servant de béquille à l’exécutif en attendant. Jordan Bardella a souligné toutefois que les « lignes rouges » du RN, qui ont mené ses députés à voter la censure de Michel Barnier la semaine précédente, restent les mêmes : « Pas de déremboursement des médicaments, ne pas fragiliser la situation économique et sociale des retraités. »
François Bayrou nommé premier ministre : le meilleur allié de Macron à Matignon
Le président du Modem et maire de Pau est devenu le sixième premier ministre d’Emmanuel Macron – le quatrième en un an. Pilier du camp présidentiel, cette figure du centre prônait, cet été, la fermeture aux « extrêmes », renvoyant gauche et RN dos à dos.
François Bayrou est un Jean-Louis Borloo qui a réussi. À l’image de l’ex-ministre de l’Environnement, il était, à chaque remaniement, pressenti pour être le chef du gouvernement mais sans jamais le devenir. Jusqu’à ce vendredi 13 décembre. L’Élysée a annoncé par communiqué nommer le président du MoDem premier ministre. Il devient le sixième locataire de Matignon en sept ans, le quatrième rien qu’en 2024.
Soutien tardif d’Emmanuel Macron lors de sa première campagne présidentielle, après avoir dénoncé dans un premier temps une candidature soutenue par « des grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique », François Bayrou a accompagné les deux mandats du président. Le maire de Pau croit fermement à la doctrine du dépassement des clivages, telle que théorisée par Emmanuel Macron et qu’il avait lui-même développée, dix ans auparavant, lors de la campagne 2007. Interrogé récemment par l’Humanité sur sa ligne politique, François Bayrou la définissait ainsi : « Une volonté de dépassement de l’affrontement stupide droite contre gauche et de prendre le monde tel qu’il va. Avec, comme priorité, l’activité économique. Pour que la vitalité économique serve un projet social et républicain. »
Pour le centriste, Matignon est une revanche. Nommé garde des Sceaux dans le premier gouvernement d’Édouard Philippe en mai 2017, chargé de porter une grande loi pour la « transparence de la vie publique », il est contraint de renoncer à rempiler au lendemain des législatives, cité dans l’affaire des assistants parlementaires du Modem – pour laquelle il a été relaxé en première instance en février dernier. La justice coupe alors l’élan de celui qui devait être un des poids lourds de l’exécutif macroniste.
Le bilan peu reluisant des années Balladur…
Toujours incontournable au sein de la majorité présidentielle, fort des 57 députés MoDem élus en 2017, François Bayrou se fait recycler, en septembre 2020, haut-commissaire au Plan. Sa mission : « animer et coordonner les travaux de planification et de réflexion prospective conduits pour le compte de l’État » et « éclairer les choix des pouvoirs publics ». Une fonction imaginée à l’origine par le général de Gaulle, en 1946, et ressuscitée pour l’occasion. Quatre ans plus tard, de nombreux doutes subsistent encore sur l’utilité réelle de l’institution, et la prise en compte de ses travaux.
Ancien ministre de l’Éducation nationale dans les années 1990 sous les gouvernements d’Édouard Balladur et d’Alain Juppé, François Bayrou partage avec eux un bilan peu reluisant, fait d’attaques contre la Sécurité sociale, de gel des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite et des allocations familiales, et de baisse de taux de remboursement des prestations médicales.
Avec Édouard Balladur, François Bayrou participe aux privatisations de la BNP, d’Elf et de Rhône-Poulenc, adoptées par 49.3, qui affaiblissent le rôle et les recettes de l’État. En tant que ministre de l’Éducation, sa grande bataille a été de proposer – sans succès – une réforme de la loi Falloux. François Bayrou voulait déplafonner le montant des subventions que les collectivités locales pouvaient verser aux établissements d’enseignement privé. Des manifestations pour défendre l’école publique et laïque ainsi qu’une censure de la part du Conseil constitutionnel avaient finalement eu raison de ses ambitions.
En 2007, cette figure du centre se lance dans la course à la présidentielle, dans une rhétorique pré-macroniste : il défend une ligne de synthèse au-delà du clivage gauche-droite, qu’il renvoie à « une guerre de clans, une guerre de camps ». François Bayrou obtient alors 18,57 % des voix, son meilleur score, puis quatre ans plus tard, en 2012, il tombe à 9,13 %. Il appelle alors à voter au second tour pour François Hollande plutôt que Nicolas Sarkozy (ce qui lui vaut l’inimitié de LR).
Quelle attitude face au RN ?
François Bayrou porte aujourd’hui le triste bilan d’Emmanuel Macron, le Modem faisant partie de la coalition macroniste au pouvoir depuis 2017.
Les résultats : des milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, l’affaiblissement du droit du travail et de la Sécurité sociale, le report de l’âge de départ à la retraite à 64 ans ou encore la suppression de l’ISF. Réformes devant lesquelles le Modem s’est illustré soit par son soutien inconditionnel, soit par son incapacité à faire changer d’avis Emmanuel Macron.
Au lendemain des législatives anticipées, François Bayrou s’était distingué en lançant un appel au « rassemblement » à Emmanuel Macron. Dans un entretien accordé au Figaro, il demandait au président de « former un vrai gouvernement, désintéressé, pluraliste et cohérent ».
Une équipe constituée de membres « représentatifs non pas des appareils de partis, mais des grandes sensibilités du pays », « réformistes, de gauche, du centre et de droite, républicains, hors extrêmes ». « Des personnalités qui se respectent entre elles et suffisamment expérimentées », décrivait-il alors. Un macronisme 2.0, en somme.
Après la censure et la nomination d’un nouveau premier ministre, une opportunité pour un budget plus juste ?
Une fermeture « aux extrêmes », donc au Rassemblement national (RN), qui ne l’a cependant pas empêché de voler au secours de Marine Le Pen à la suite des réquisitions du parquet, lors du procès des assistants du parti d’extrême droite au Parlement européen, qui prévoit notamment une peine d’inéligibilité potentiellement applicable pour 2027. « Je n’aime pas l’injustice, même quand elle est faite à mes adversaires », avait-il déclaré. Une sortie jugée « élégante » dans les rangs frontistes.
Quelle attitude adoptera-t-il face aux 124 députés RN et leurs 16 alliés du groupe d’Éric Ciotti ? Ira-t-il jusqu’à composer une majorité avec eux, au risque de lier son destin aux velléités de Marine Le Pen, comme Michel Barnier, ou regardera-t-il ailleurs ? Après s’être couché devant Marine Le Pen, le macronisme semble vouloir s’offrir une tentative de retour à la case départ. Sa dernière chance de survie ?
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