L’ÉDITO de MEDIAPART 
Trump au secours de son ami Orbán

Donald Trump aborde les élections législatives du 12 avril en Hongrie comme s’il s’agissait d’un scrutin local, aussi important qu’un « Swing State » états-unien. L’enjeu est d’importance : l’un de ses plus précieux alliés en Europe, l’autocrate Viktor Orbán, allié à la fois de Washington et de Moscou, est menacé.

Après vingt ans au pouvoir, le champion de l’illibéralisme, usé par le pouvoir et contesté pour sa corruption, est défié par Péter Magyar, un ancien avocat et fonctionnaire issu du sérail du Fidesz, le parti d’Orbán, qui jure aujourd’hui de faire rendre gorge à son « système de criminalité national ».

Alors, pour tenter de sauver son ami en difficulté, Donald Trump a envoyé en mission à Budapest son vice-président, J. D. Vance. Les deux hommes, tous deux catholiques, s’entendent bien. Ils partagent la même vision d’un monde chrétien menacé par les « wokes », l’immigration et les personnes LGBTQIA+.

Mardi 7 avril, J. D. Vance s’est rendu dans la capitale hongroise, juste deux mois après une visite du secrétaire d’État Marco Rubio. Il a donné une conférence de presse avec le premier ministre hongrois. Puis il a pris la parole lors d’un meeting de campagne. Il a eu beau affirmer qu’il ne voulait pas s’ingérer dans la campagne, personne n’était dupe. Il s’agit d’aider coûte que coûte le soldat Orbán, cheval de Troie de la galaxie Maga en Europe.

Interrogé avant le déplacement par Politico, un responsable de la Maison-Blanche avait expliqué qu’« Orbán est aux côtés du président depuis très longtemps ». « Nous rendons en quelque sorte la pareille ici – c’est une façon de montrer qu’il a été à nos côtés contre vents et marées, et que nous ferons de même », a ajouté cette source.

À Budapest, J. D. Vance a repris son discours de dénonciation des « bureaucrates de Bruxelles » et rendu hommage à son hôte qui lutte contre l’« invasion » de son pays par l’immigration et les « globalistes » et se bat pour une autre politique énergétique basée sur un rapprochement avec Moscou. « À l’été 2016, il a été le seul premier ministre de l’Union européenne à exprimer son soutien aux politiques du président Donald Trump. Aujourd’hui, il est l’un des alliés et amis les plus proches du président américain, grâce auquel nous vivons un âge d’or dans les relations entre les États-Unis et la Hongrie », a lancé le vice-président.

Ce dernier s’est exprimé mercredi au MCC, le Mathias Corvinus Collegium. Tout à la fois université, maison d’édition, institut de recherche, centre culturel…, un organisme lié au gouvernement de Victor Orbán pour mener la bataille culturelle. Y compris à Bruxelles, comme l’avait raconté Mediapart l’année dernière. J. D. Vance a de nouveau pourfendu les « bureaucrates de Bruxelles » et, ironie du sort, dénoncé les ingérences étrangères dans le scrutin hongrois.

Quoi qu’il en soit, le résultat des législatives dimanche 12 avril aura des conséquences bien au-delà des frontières hongroises, en Europe bien évidemment, mais aussi outre-Atlantique.

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