
Et déjà certains semblent découvrir le dossier avec l’enthousiasme d’un héritier ouvrant un grenier rempli de meubles anciens : “Oh tiens… mais tout cela existait déjà ?”
Parce qu’il faut quand même remettre les choses dans l’ordre.
Ce grand programme de renouvellement urbain ne tombe pas du ciel en 2026. Il ne descend pas non plus d’une manne divine et invisible, miraculeusement tombée sur le parapluie du dernier arrivé. Il ne naît pas d’une illumination subite entre deux photographies officielles et trois inaugurations.
Les premières pierres politiques, administratives et financières de ce chantier ont été posées sous les mandatures de Marc Vuillemot et de son équipe.
2014 : le centre-ville entre dans les quartiers prioritaires.
2015 : La Seyne est retenue dans le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain.
2017 : signature du protocole de préfiguration. Et là, on ne parle pas d’un simple croquis sur un coin de table : études lourdes, partenariats, financements ANRU, stratégie habitat, espaces publics, commerce, équipements, rénovation urbaine…
Bref : le socle du projet existe avant 2020. Et ensuite ?
Ensuite, soyons honnêtes : les années Bicais-Minniti ont surtout ressemblé à une longue salle d’attente administrative avec quelques coups de peinture communicationnelle. Le dossier a continué d’exister parce qu’il était déjà lancé, porté par TPM, l’ANRU et des dispositifs engagés auparavant. Mais pendant des années, le centre-ville a continué à s’enfoncer : commerces fermés, habitat dégradé, précarité croissante, perte d’attractivité, sentiment d’abandon.
Et c’est là que le sujet devient plus profond que la petite cuisine municipale.
Faire revivre un centre-ville populaire, ce n’est pas seulement refaire des pavés et planter vingt arbres.
Un centre-ville ne renaît pas avec des slogans.
Il renaît quand on recrée de la vie humaine : des habitants, des commerces accessibles, des services publics, de la culture, des logements dignes, des déplacements simples, des lieux où l’on reste, où l’on se rencontre, où les familles reviennent, où les anciens peuvent encore vivre, où les jeunes ne voient pas seulement des rideaux métalliques baissés.
C’était précisément l’un des enjeux que nous portions dans Uni.e.s pour La Seyne : penser le centre-ville comme un lieu de vie complet, pas comme un décor de communication ou une simple vitrine événementielle.
Oui, ces travaux sont nécessaires. Oui, il faudra suivre attentivement leur réalisation. Oui, il faudra saluer ce qui sera réussi.
Mais il faudrait aussi éviter cette étrange réécriture permanente de l’histoire locale où chaque nouvel arrivant explique qu’avant lui il n’y avait rien… tout en coupant des rubans financés, préparés et négociés parfois dix ans plus tôt.
À La Seyne, certains héritent des dossiers comme d’autres héritent d’une maison familiale : ils changent les rideaux, prennent la photo devant la façade… et oublient volontairement qui a coulé les fondations.
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📌 Les grands projets publics ne tombent pas du ciel. Ils sont pensés, négociés, financés et construits pendant des années. Reconnaître ce travail n’empêche pas de débattre du présent ; c’est simplement respecter les faits.
Aux prochaines échéances électorales, ne laissons pas l’abstention choisir à notre place. Informons-nous, débattons, convainquons autour de nous.
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🎵 Les Murs de poussière
Illustration IA utilisée uniquement à des fins satiriques et d’illustration politique.
Par Guys CALMES avec l’accord de Christian BARLO

