
Il paraît qu’on n’arrête pas le progrès !
De jour en jour on ne sait plus où nous allons, comment éviter le pire et pour quel avenir…en entendant ou lisant les déclarations de ces messieurs et de quelques dames qui occupent le haut des Etats de l’occident, mis devant le fait accompli d’un énergumène d’extrême-droite.
Tous plus libéraux les uns que les autres qui se font de larges sourires de circonstance pour nous rappeler qu’ils ont besoin les uns des autres ( droite et extrême droite) pour essayer de garder leurs pouvoirs et leur domination sur le reste du monde qui lui échappe de plus en plus.
Le plus fort se croyant tout permis et se permettant, jour après jour, de taper sur la table si bien qu’il l’a cassée et ne cesse de confirmer qu’il est le chef et que les autres doivent le suivre même s’il dit tout et son contraire d’un jour à l’autre.
Il a même trouvé le moyen de braquer sa préférée, la présidente du gouvernement italien sa plus proche partenaire, admiratrice de Mussolini, Georgia Méloni dont le parti MSI, mouvement social italien, se veut l’héritier du Parti national fasciste de Benito Mussolini.
Jeudi à Antibes, au 36è congrès franco-italien, Macron et Méloni, élue en 2022, ont affiché leur très bonne entente, ils se sont fait la bise pour bien marquer leur proximité y compris politique, donc leur vision du monde et de l’Europe.
« Que ferait l’Europe sans l’union de l’Italie et de la France ? » ont-ils souligné en chœur, sans oublier les antimissiles européens pour entourer et pénétrer en Russie et les projets publics qui intéressent le privé…Ils parleront, peut-être un jour, du climat, de la décarbonations, du social et de la haute main des milliardaires sur la finance comme de leur captation des fruits du travail humain qui pèse sur le quotidien des classes populaires et moyennes…
Macron n’a pas hésité à offrir à Trump un somptueux dîner au château de Versailles à nos frais, bien entendu, il est question de 600 000 euros : quelle courbette, quelle hypocrisie devant un type de cet acabit.

C’est ainsi que Macron et sa gestion très libérale ont permis au RN, qu’il a toujours banalisé, de devenir le parti le plus influent de France, encore plus exigeant pour liquider tous les acquis des luttes populaires et politiques d’après la seconde guerre mondiale, il y a 80 ans.
Sécurité sociale étatisée, durée du travail rallongée, licenciements à la hausse, des congés payés menacés, égalité hommes-femmes non résolue, services publics, logements sociaux essorés, droit du travail mis en cause, nationalisations évaporées, pas pour tout le monde…universités de plus en plus chère…le tout sur fond de racisme, de xénophobie, d’homophobie : « les étrangers dehors » ! La liste serait longue. « Sécurité et immigration d’abord ! »
On se demande comment des partis d’extrême-droite, certains ouvertement néo-fascistes, salut compris, peuvent séduire une forte partie des classes populaires, dans l’absorption d’une partie de la droite, 81 ans après la capitulation nazie le 8 mai 1945 ? Au point d’être donné, en France, en tête des sondages du 1er tour à la présidentielle, ce qui ne veut pas dire gagnant au second. La menace est réelle, elle ne part pas d’aujourd’hui.
Certes, la sanction attendue début juillet sur le jugement contesté d’il y a une quinzaine d’années concernant un détournement substantiel de fonds collectifs au détriment du parlement européen, peut modifier les rapports de force.
Rien n’est joué mais le nombre de candidats qui se dessine de tous les côtés laisse perplexe. Je n’ai pas vocation à faire des pronostics, d’autant que ce qui peut changer la donne c’est le mouvement social et populaire des villes et des campagnes, face à des restrictions qui n’ont rien de fatal tout en gonflant les profits des plus riches ! Ce que le RN ne veut surtout pas changer.
Me revient à l’esprit « notre » Internationale parce que née en France d’un poète et chansonnier montmartrois et communard, Eugène Pottier dès les lendemains de la « semaine sanglante » en 1871 et de Pierre Degeyter pour la musique. Elle ne fut publiée que 16 ans plus tard avant d’être adoptée par tous les dominés, dans tous les pays dominants.
Je ne vous apprendrai rien, le deuxième couplet nous dit :
« Il n’est pas de sauveurs suprêmes
Ni dieu, ni César, ni tribuns
Travailleurs sauvons-nous nous-mêmes
Travaillons au salut commun
Pour que les voleurs rendent gorge… »
Pour tirer l’esprit du cachot
Allumons notre grande forge
Battons le fer quand il est chaud … »
Si ce n’est un extrait de la main d’Eugène Pottier et la force d’un tel contenu que d’aucuns rêvent de faire disparaître +150 ans après, il n’a pas pris une ride, -je voudrais bien en dire autant- et fier en même temps que les mots commune, commun, communard, communiste…aient pris leur source dans notre France révolutionnaire.
Karl Marx en avait compris la portée, ses œuvres en témoignent et restent très inspirantes.
René Fredon


