La santé encore de plus en plus chère !

 

La ministre de la santé vient d’annoncer le doublement des franchises médicales qui passent de 100 à 200 euros par an que vont subir les malades, histoire de les « responsabiliser » ?

On connaît la chanson et le cynisme d’un gouvernement qui ne veut pas taper dans les sur-profits des milliardaires, il épargne aussi les industries du médicament mais il sanctionne les plus modestes qui abuseraient de notre système de santé alors qu’il l’essore de budgets en budgets ?

Cela devrait rapporter 750millions d’euros, selon les Echos, après que le budget de 2026 ait réduit ses dépenses de…6milliards par rapport au précédent !

 

Lecornu avait prévenu que le budget de la sécurité sociale (PLFSS) serait « austéritaire », n’hésitant pas à stigmatiser les patients qui consomment trop, à ses yeux, qu’il oppose « aux plus fragiles socialement  », la démagogie ne lui est pas étrangère.

 

Il oublie juste de nous rappeler que la hausse du budget de la défense est en train de doubler en dix ans, il atteindra 63,4 mds en 2027 contre 32,7 en 2017. Initié par le chef de l’Etat, le 1er ministre et le ministre des comptes publics, validé par le parlement à travers les débats sur les budgets et celui particulier de la défense sur la loi d’actualisation de la programmation militaire (LPM) de 2024 à 2030.

 

Cette loia été adoptée à l’Assemblée nationale le mardi 19 mai 2026 par une large coalition allant du PS au RN aux côtés du bloc gouvernemental (Ensemble) et de la droite (Les Républicains). Ont voté contre : LFI, les communistes et les écologistes.

 

On a beau dire que «  c’est pour adapter la défense française aux nouvelles menaces mondiales »le vote PS ne va pas doper l’union de la gauche, d’autant que le RN a voté dans le même sens.

Cela ne va pas simplifier les rapports à gauche. Ni nous rassurer sur l’avenir des guerres qui ont pris une tournure des plus insoutenables. Et cela forcément aux dépens de nos économies, de notre pouvoir d’achat, de nos services publics et à cause du manque de moyens pour faire face à toutes les catastrophes naturelles ou pas, qui révèlent les insuffisances de nos moyens décidées par un pouvoir au service de la haute finance.

 

Nos hôpitaux publics subissent un sous-financement permanent : suppression massive de lits, pénuries de personnels, infrastructures dégradées, la concurrence privée ne va pas mieux, bien qu’elle se soit jetée sur les services les plus rentables et pratique largement les dépassements d’honoraires, parkings payants, chambres seules à la charge de certaines mutuelles…

 

  Selon la FHP, fédération hospitalière privée, 46 % des 1030 établissements privés seraient en déficit. D’ailleurs les personnels se battent pour le maintien de leurs postes, de leurs salaires, de leurs primes, de leurs conditions de travail…révélait l’Humanité du 23 juillet dernier.

 

Une autre moitié des cliniques privées, parfois baptisées « hôpital privé » est entre les mains de puissants groupes multinationaux motivés par le degré de rentabilité.

 

J’ai même pu constater que l’hôpital public Ste Anne peut, sans être débordé, diriger ses malades vers le privé alors que cet hôpital public dispose d’un service de radiographie mais pas pour vous, si vous n’êtes pas militaire, Cela coûtera dix euros de plus non remboursables. Ce n’est rien, direz-vous. Certes, c’est le principe. Demain ça sera encore plus cher…Ils viennent de nous le prouver.

 D’année en année, juste en même temps que le covid-19, « les budgets sont en diminution constante et les hôpitaux transformés en usines à actes »,déclarait Marie Desplechin, journaliste et écrivaine. «  Le combat des personnels pour hôpital public, c’est le mien. Il porte une idée très haute de cette société qui a choisi de ne pas faire de la vie et de la mort principalement une affaire d’argent.

 

La société peut-être, aspire à cette haute vision de la République. Pas celles et ceux qui sont au pouvoir ni ceux qui veulent aller beaucoup plus loin dans l’ultra-conservatisme, le néo-fascisme pour être clair.

 

Comme l’écrit la sociologue Monique Pinçon-Charlot, « le chaos c’est maintenant.Il n’y a pas d’autre solution que de rompre avec un capitalisme devenu irresponsable. »

 

 

 

René Fredon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La santé encore de plus en plus chère !