Raphaël Glucksmann : le retour de la gauche qui a déjà échoué…
Depuis quelques semaines, certains présentent Raphaël Glucksmann comme le renouveau de la gauche française. Pourtant, à observer ses soutiens, son discours et son projet, il apparaît davantage comme l’héritier d’une social-démocratie qui a déjà gouverné la France que comme le représentant d’une véritable gauche de transformation.
Son premier grand meeting présidentiel en est une illustration frappante.
On y retrouvait de nombreux anciens responsables du Parti socialiste, plusieurs figures du hollandisme et des personnalités issues du macronisme en rupture avec Emmanuel Macron.
Difficile d’y voir une rupture. Plus facile d’y reconnaître la tentative de reconstituer ce que certains appellent encore une « gauche de gouvernement ».
Le problème est que cette gauche a déjà exercé le pouvoir. Et les résultats sont connus.
François Hollande est le seul président de la Ve République à avoir renoncé à se représenter pour un second mandat. Non parce qu’il l’avait librement choisi, mais parce que sa popularité s’était effondrée à un niveau jamais atteint par un président sortant. Son propre camp doutait de ses chances de qualification au second tour.
Ce renoncement n’est pas un détail de l’histoire politique française. Il symbolise la rupture profonde qui s’est produite entre une partie du peuple de gauche et une social-démocratie qui avait promis de s’attaquer à la finance avant d’accompagner des politiques largement inspirées par les logiques libérales : Pacte de responsabilité, CICE, loi Travail, reculades écologiques, sentiment d’abandon des catégories populaires et des territoires.
Aujourd’hui, Raphaël Glucksmann critique le libre-échange généralisé, les délocalisations et certains excès de la mondialisation.
Mais ces discours rappellent étrangement ceux que l’on entendait déjà il y a quinze ans. Comme François Hollande avant lui, il dénonce certaines conséquences du système sans réellement remettre en cause ses fondements.
La différence est là.
La gauche de rupture considère que les inégalités ne sont pas un accident de parcours mais le résultat logique d’un système économique organisé autour de la concentration des richesses, de la concurrence généralisée et de la domination de la finance sur les choix politiques.
Elle défend une transformation profonde de la fiscalité, du partage des richesses, du fonctionnement de l’Union européenne, de la place des services publics et du rapport entre le capital et le travail.
Or ces questions apparaissent étonnamment secondaires dans le projet porté par Raphaël Glucksmann. Les enjeux liés à la taxation des grandes fortunes, aux héritages, à la réduction des inégalités patrimoniales ou encore à la remise en cause du pouvoir des marchés financiers restent largement absents ou relégués au second plan.
Même sur les questions internationales, certains silences interrogent.
Lors de ce meeting consacré en partie aux risques de guerre et aux enjeux géopolitiques, pas un mot ou presque sur la Palestine, pourtant au cœur de l’actualité mondiale et des préoccupations d’une grande partie de la gauche.
Personne ne conteste que Raphaël Glucksmann soit un homme de gauche. La question est plutôt de savoir quelle gauche il représente.
Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’une gauche de rupture mais d’une tentative de reconstruction de la social-démocratie telle qu’elle existait avant l’effondrement du quinquennat Hollande : une gauche qui corrige les excès du marché sans remettre en cause les mécanismes qui les produisent.
Or la situation sociale, écologique et démocratique du pays exige davantage qu’une simple alternance de gestion.
La France n’a pas besoin d’un nouveau François Hollande plus jeune, plus médiatique ou plus européen. Elle a besoin d’un projet capable de s’attaquer aux causes profondes des fractures qui traversent notre société.
La rupture n’est pas une posture.
C’est la volonté de changer les règles du jeu plutôt que d’administrer celles qui nous ont conduits dans l’impasse actuelle.
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🎵 La chanson du jour : Ils ont partagé le monde – Tiken Ja Fakoly.
Une chanson qui rappelle que les rapports de domination économique et politique ne sont jamais le fruit du hasard, mais de choix bien réels.
💬 Question du jour : La gauche peut-elle retrouver la confiance populaire en revenant aux recettes de la social-démocratie des années 2000-2010, ou doit-elle inventer un autre chemin ?
#Gauche #JusticeSociale #République #Démocratie #FrontRépublicainSeynois
Par Guy CALMES avec l’accord de christian barlo


