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La Seyne : Dorian Munoz, le nouveau maire RN ,Face à une ville humiliée et exigeante
L’installation ce samedi du nouveau maire RN de La Seyne et du 1er conseil municipal ont été marqués d’une ambiance tendue, difficilement contenue chez les vainqueurs venus nombreux d’où ont surgi quelques huéees.
C’était à craindre, dès le 1er tour, le score de Munoz atteignait les 35,3%, conséquence de l’éclatement de la liste LR dès les premiers jours de sa prise de fonction en 2020, duel entre carrièristes Nathalie Bicais et son 1er adjoint, Jean-Pierre Colin qu’elle a écarté avant de manquer aux règles de gestion et de devenir inéligible.
Deux listes s’étaient présentées, de la même équipe d’une droite toujours très divisée, le jeune militant RN de 34 ans encore inconnu il y a six ans, débarquait à La Seyne après avoir fait ses classes au sein de l’appareil comme assistant parlementaire. Une aubaine, bien entouré il n’allait pas manquer d’absorber une partie des électeurs.ices déçus pendant ces six ans de gâchis aux frais des contribuables.
A lire les interventions des deux candidats LR têtes de liste sortants se maintenant au 2e tour, on se demande pour qui roulent-ils ? L’avocat du groupe Minnitti, Bernard Pin, a adressé à Munoz« ses félicitations républicaines et lui souhaite « sa réussite» Rien que ça. Il est allé jusqu’à féliciter les nouveaux élus d’avoir débarrassé le conseil municipal de ceux qui tenaient des propos outranciers. J’espère des débats apaisés»
Que de courbettes et de respect envers l’extrême-droite qui tisse sa toile et dont on connait les origines et les objectifs ? Pas forcément tous les abstentionnistes et déçus de tous les « politiques »En la matière de …Ciotti à Nice n’en manque pas, de respect, qui vient de détrôner son ami de trente ans devenu macronien, ce n’est pas un perdreau de la dernière couvée. Ciotti a rejoint sans aucun complexe, les inconditionnels de Trump. Retailleau, son successeur, n’est pas très loin, sur le social, le climat, la haute finance, les services publics et leurs dotations, la paix et le chaos mondial que l’on vit très mal.
A la Seyne, au lieu de reconnaître leur bilan des plus médiocres et leurs divisions incessantes autant que négatives, les deux candidats de droite ont persisté à se maintenir, c’est donc créer les conditions qu’aucun ne puisse gagner, chacun le sait. C’est un règlement de comptes, personne ne parle de « barrage républicain » il leur a suffi d’inverser leurs responsabilités et d’accepter les désistements même à contre cœur.
Ce qu’avait demandé le socialiste OlivierAndrau à la liste de Stéphane Sacco, (soutenue par le PCF, le MRC, l’Après, la GRS, Debout et Génération S) après avoir contribué à la division à gauche dont il aurait voulu être le leader.
Le RN n’en demandait pas tant pour arriver nettement en tête au 1er tour et y croire au second. Avant de semer la haine, en finir avec l’assistanat, comme ils disent, tout en servant les ultra-riches et en votant les baisses des dotations des collectivités locales !
Bien entendu, le maire a tenu un discours de circonstance très convenu « l’avenir se construira ensemble » « je serai le maire de tous »…» l’apparatchik, pur produit du parti lepéniste-père se la joue « humilité d’abord » et faire très attention au langage et à l’attitude
Souriante et décontractée… »Pourquoi ne pas essayer le RN ?» Titrait V-M en fin de campagne. La banalisation, ça aide. D’où qu’elle vienne.
Le maire n’a pas tardé d’annoncer qu’il allait faire passer la police municipale de 64 à 70 agents, histoire de nous rappelé que la sécurité c’est leur premier souci. Il va même s’en occuper personnellement…les immigrés – leurs ascendants et leurs descendants- ont de quoi s’inquiéter et pas qu’à La Seyne. Car les nouveaux locataires de l’Hôtel de Ville veulent absolument que ce soit les origines ethniques qui créent les incivilités et les trafics de drogue et pas la pauvreté qui y fait des ravages Ce sera au menu du prochain conseil municipal.
A Saint-Denis dans la banlieue nord de Paris, Bally Bagayoko le nouveau maire LFI élu au 1er tour s’entend insulter sans limites sur le média du milliardaire Bolloré mais pas que, la peau noire du maire et son appartenance à LFI déclenchent la haine de ceux qui se disent « patriotes » et nient leur racisme et leur xénophobie. Le maire de Saint-Denis a porté plainte. Le mal est profond
En tout début de séance samedi, Stéphane Sacco a fait une intervention pertinente et courageuse (1), prenant acte de la victoire du RN «dans un jour pas comme les autres…nous faisons face à un basculement grave, lourd de conséquences pour notre ville, pour son histoire, pour son avenir. » signifiant au maire que « nous serons une opposition sans concession. Une opposition ferme, déterminée, et vigilante à chaque instant.»
Même basculement en faveur à Six-Fours du RN au détriment de la droite qui en dit long sur son emprise en France et plus encore dans le Var, département militaire et sociologie des nouveaux entrants qui expliqueraient la droitisation et maintenant l’extrême-droitisation, la cherté de la vie, du logement notamment et les politiques ultra-libérales imposées aux populations les plus fragiles.
Il n’y a pourtant aucune fatalité à ce que la gestion d’un pays, d’un département, d’une ville ou d’un village ne dépende que, théoriquement, des choix décidés par les élus en relation avec les investisseurs, commerces, agriculteurs, services, entreprises, banques privées,…les collectivités locales pouvant jouer un rôle induisant la participation des contribuables aux choix d’une commune, d’un quartier, d’une communauté.
Dans quelle société voulons-nous vivre ? Pourquoi cette résurgence de ce qu’ont vécu nos grands-parents en Europe dans les années 1930-1945 ? Et comment éviter le pire?
René Fredon
