Peut être une image de texte qui dit ’On ne m'a mềme pas dit bonjour! Ils sont trop méchants! AVENTURES EN URSS Communiste! Cent millions de morts! Espèce de bachibouzouk! Mille sabords de soviétophile! zigomar de comité central! Comemuse de kolkhoze ambulant! Marin d' d'eau tiède du marxisme en charentaises! Bougre de dialecticien en carton! Simili-révolutionnaire .a roulettes! ...zouave... CONSEIL CON MUNICIPAL’

 

                                                             Quand l’anticommunisme remplace la pensée

 

Il y a des mots qui dépassent de très loin la simple brutalité d’un échange politique. Il y a des mots qui révèlent un fond. Quand un maire d’extrême droite, agacé par la contradiction, renvoie à des élus de gauche « des millions » ou « cent millions de morts sur les mains », il ne dérape pas seulement. Il montre sa matrice. Il ne débat plus, il excommunie. Il ne répond plus à des arguments, il ressort l’arsenal le plus grossier d’un anticommunisme primaire suranné, celui qui dispense de réfléchir, celui qui évite d’avoir à discuter du réel.

Car enfin, de quoi parlait-on ? D’une ville. D’un budget. Et voilà qu’au lieu de répondre sur le fond, on convoque les fantômes du XXe siècle comme une massue verbale. Ce procédé est ancien : quand on ne peut pas contester sérieusement, on accuse symboliquement son adversaire de tous les crimes de l’Histoire. C’est commode. Et c’est intellectuellement misérable.

Comment est-il raisonnablement possible d’accuser aujourd’hui des représentants de la citoyenneté seynoise de crimes commis ailleurs, dans d’autres contextes, il y a des décennies ? Nous ne sommes plus dans la polémique, mais dans l’absurdité pure. À ce compte-là, plus personne ne débat : chacun devient comptable, par étiquette, de tout ce que l’Histoire a produit de pire.

Faudrait-il, par la même logique, lui répondre qu’il serait le fils d’Hitler ou le filleul de Goebbels ? Ce serait grotesque. Et c’est précisément le problème : ce type d’amalgame n’a aucune valeur. Sinon, la partie de ping-pong peut continuer à l’infini : un coup droit de Mao, un revers de Mussolini… et plus personne ne parle ni de La Seyne, ni des écoles, ni des services publics.

Je ne suis pas communiste. Je ne l’ai jamais été. Mais précisément pour cette raison, je me sens libre de dire ceci : assimiler aujourd’hui des élus locaux, des citoyens engagés, ou des militants du Parti communiste français à des crimes commis ailleurs, dans d’autres temps, relève d’une faute intellectuelle grave. Le Parti communiste français d’aujourd’hui agit dans un cadre démocratique, participe aux institutions républicaines, et ses références internationales n’ont rien à voir avec les fantasmes que certains agitent. Le lien mécanique que l’on voudrait établir ne tient tout simplement pas. Seule une inculture politique et historique peut expliquer cette simplification extrême.

Et surtout, ici, à La Seyne, cette confusion devient une insulte. Une insulte à la mémoire des chantiers navals. Une insulte à cette histoire ouvrière qui a façonné la ville. Pendant des décennies, des milliers d’ouvriers ont travaillé, vécu, lutté ici, et le Parti communiste, comme la CGT, ont été des composantes fortes de cette réalité sociale et politique. Cette histoire-là n’a rien à voir avec les caricatures brandies aujourd’hui. Elle parle de travail, de solidarité, de dignité, de conquêtes sociales. Elle parle aussi d’engagement, y compris dans les heures les plus sombres de notre histoire, lorsque des femmes et des hommes issus de ces milieux ont pris part à la Résistance, parfois au prix de leur vie. Comment peut-on sérieusement mettre sur le même plan cette mémoire locale, concrète, vécue, avec les dérives tragiques de régimes étrangers aujourd’hui disparus ? Ce n’est pas seulement faux. C’est profondément irrespectueux. Nous le savons très bien, il y a dans les rangs du RN des personnes qui ont voté par le passé pour le PC. Il y a des parents et des grands parents seynois, anciens des Chantiers, aucun ne mérite l’insulte de cet amalgame.

Il y a aussi, dans cette scène, quelque chose d’étrangement adolescent. Transformer un refus supposé de poignée de main en « crachat à la gueule », c’est moins la réaction d’un responsable public que celle d’un tempérament qui vit toute contradiction comme une humiliation. Un maire n’est pas là pour être validé. Il est là pour encaisser, pour répondre, pour tenir.

C’est peut-être cela qui commence déjà à apparaître. Le vernis se fissure. Dès qu’il est contredit, il s’emballe, il dramatise, il déforme. Ce n’est pas un détail : c’est un indice. Car que se passera-t-il lorsque, mois après mois, le réel viendra contredire les promesses ? Quand les résultats ne suivront pas ? Les pouvoirs fragiles ont leurs réflexes : détourner l’attention, fabriquer des polémiques, désigner des coupables.

Et puisqu’il aime tant convoquer l’Histoire, encore faudrait-il le faire avec un minimum d’honnêteté. Dans son propre univers politique, certaines références ont été associées à des lieux où furent diffusés des ouvrages négationnistes. Et sans remonter si loin, rappelons que le président du Front national avait lui-même qualifié les chambres à gaz de « détail » de l’histoire. Un peu de mémoire ne nuirait pas avant de distribuer des leçons.

Quel spectacle veut-on offrir aux Seynois ? Après le goût pour le catch et les compétitions Red Bull, faudrait-il ajouter ce numéro d’histoire de comptoir ? Est-ce cela, l’horizon proposé : du bruit, de la caricature, de l’excitation permanente ?

La Seyne mérite mieux. Elle mérite de la tenue, de la pensée, du respect. Une démocratie locale commence par là : dans les mots que l’on accepte.

Parce qu’au fond, c’est très simple : quand un élu ne sait plus répondre, il insulte.

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Par guy CALMES ..

Quand l’anticommunisme remplace la pensée..