En France, une personne condamnée pour détournement de fonds publics, inscrite au casier judiciaire, ne pourrait pas devenir gendarme, enseignant, infirmière, magistrate, pharmacienne, pilote, convoyeur de fonds, éducatrice spécialisée…
La liste est interminable. La République estime, à juste titre, que ces métiers exigent une exemplarité incompatible avec certaines condamnations.
Mais cette même personne prétend aujourd’hui pouvoir accéder à la plus haute fonction de l’État.
Autrement dit, elle ne pourrait pas être chargée d’encaisser un chèque dans certaines professions, mais elle voudrait avoir entre les mains les codes nucléaires, diriger les armées, promulguer les lois, présider le Conseil des ministres et représenter la France dans le monde.
Le plus sidérant reste sans doute ailleurs. Ceux qui, depuis des années, réclament la tolérance zéro, les peines les plus lourdes, davantage de prisons, davantage de sanctions, l’intransigeance absolue face aux délinquants… deviennent soudain d’une indulgence infinie lorsque les faits concernent leur propre championne. Pour les autres, la loi serait sacrée ; pour les leurs, elle deviendrait une simple gêne politique.
Il faut choisir : soit l’exigence de probité est une valeur républicaine, soit elle ne l’est pas. Si elle interdit l’exercice de dizaines de métiers, elle ne devrait certainement pas devenir facultative lorsqu’il s’agit de la présidence de la République.
La véritable question est peut-être celle-ci : combien d’électeurs accepteront encore de fermer les yeux, de se boucher les oreilles et d’oublier leurs propres principes au moment de glisser leur bulletin dans l’urne en 2027 ?
Parce qu’à ce niveau de responsabilité, ce n’est plus seulement une candidate qui est jugée. C’est aussi l’idée que chacun se fait de la République, de l’exemplarité… et du respect qu’il accorde à l’État de droit.
Par Guy CALMES


