Les cigales vont bientôt faire ce qu’elles savent faire de mieux : offrir à nos étés varois leur bande-son officielle. Mais du côté des oiseaux, le concert semble perdre des pupitres.

Et cette fois, ce n’est pas une affaire de poésie champêtre : c’est un signal d’alarme écologique.
La Ligue pour la Protection des Oiseaux vient de publier son Baromètre de l’avifaune 2026. Le constat est préoccupant : en France, les populations d’oiseaux communs ont diminué d’environ 18 % en vingt-cinq ans. Derrière ce chiffre se cachent des millions d’oiseaux qui ont disparu de nos villes, de nos campagnes, de nos jardins et de nos paysages.

Bien sûr, tout n’est pas sombre. Certaines espèces ont pu être sauvées grâce à des politiques de protection ambitieuses : les cigognes blanches, plusieurs rapaces ou encore certains vautours connaissent aujourd’hui une situation bien meilleure qu’il y a quelques décennies.

Cette bonne nouvelle prouve une chose essentielle : lorsque l’être humain décide réellement de protéger le vivant, cela fonctionne.
Mais dans le même temps, les oiseaux du quotidien poursuivent leur déclin. Hirondelles, martinets, moineaux, alouettes, mésanges et bien d’autres espèces familières deviennent moins nombreuses. Leur disparition est progressive, presque discrète. On ne s’en aperçoit pas forcément d’une année sur l’autre. Pourtant, lorsque l’on compare avec ce que l’on observait il y a trente ou quarante ans, le changement est saisissant.

À La Seyne-sur-Mer comme dans l’ensemble du Var, nous avons la chance de vivre dans un territoire encore remarquable pour sa biodiversité. Entre Janas, le cap Sicié, Fabrégas, les Sablettes, Tamaris ou Saint-Elme, les oiseaux font partie du paysage. Mais les tendances observées au niveau national et régional n’épargnent pas notre territoire.

Et il ne s’agit pas seulement de protéger quelques jolies plumes pour le plaisir des photographes ou des amoureux de la nature.
Les oiseaux jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes. Beaucoup régulent naturellement les populations d’insectes. D’autres participent à la dispersion des graines et donc au renouvellement de la végétation. Certains nettoient les milieux en consommant les carcasses. Tous participent, à leur manière, à l’équilibre général du vivant.

Quand les oiseaux disparaissent, c’est souvent que quelque chose ne va plus très bien ailleurs : moins d’insectes, moins de diversité végétale, moins d’habitats naturels, davantage d’artificialisation des sols, davantage de pollutions ou de perturbations liées au dérèglement climatique.

Beaucoup se souviennent aussi d’une époque où les pare-brise étaient couverts d’insectes après un trajet estival. Ce souvenir n’est pas une preuve scientifique à lui seul. Mais plusieurs études européennes ont depuis confirmé un déclin important des insectes volants. Moins d’insectes signifie moins de nourriture pour de nombreux oiseaux. Là encore, tout est lié.

Il faut aussi être lucide : sur nos littoraux méditerranéens, certaines espèces comme le goéland leucophée — notre fameux gabian — sont très présentes, parfois trop dans certains secteurs. Mais là encore, ce déséquilibre dit beaucoup de nous. Les goélands ont profité de nos déchets accessibles, de nos ports, de nos rejets alimentaires, de nos toitures et de notre manière d’occuper le littoral. Le problème n’est donc pas “l’oiseau contre l’humain”, mais une cohabitation mal organisée. Le gabian n’est pas le méchant de l’histoire. Il est parfois le miroir bruyant de nos propres négligences.

Face à cela, une commune n’est pas impuissante. Elle peut préserver les espaces naturels plutôt que les grignoter. Elle peut protéger les zones humides, maintenir les arbres remarquables, replanter des essences locales, conserver ou recréer des haies, limiter l’artificialisation des sols, mieux gérer les déchets, empêcher le nourrissage sauvage, adapter l’éclairage public pour moins perturber la faune nocturne, favoriser les nichoirs dans certains bâtiments publics et faire de ses parcs et jardins de véritables refuges pour la biodiversité.

Elle peut aussi sensibiliser les habitants et les écoles, car protéger le vivant commence souvent par apprendre à le connaître.
C’est sans doute la leçon principale de ce rapport : les oiseaux ne sont pas seulement des habitants de nos paysages. Ils sont des indicateurs de l’état de santé de notre environnement.

Protéger les oiseaux, ce n’est donc pas défendre une cause marginale. C’est protéger l’eau, les sols, les forêts, les zones humides, les espaces naturels, les paysages et, finalement, les conditions mêmes qui permettent à nos sociétés humaines de prospérer.
Le vivant fonctionne comme un immense chœur. Chaque espèce y tient sa partie. Lorsqu’un pupitre disparaît, la musique continue encore un peu. Mais elle devient moins riche, moins équilibrée, plus fragile.

Et lorsque trop de voix se taisent, c’est tout le concert qui finit par vaciller.

P.S. : Touche pas aux cigales. Mais prenons aussi le temps d’écouter le silence inquiétant des oiseaux…
Pour un front républicain seynois
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🎵 Chanson du jour : « Touche pas aux cigales » — Aïoli

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Ecrit par Guy CALMES 

 

L’écologie vraiment et pas du jardinage municipal !