
Oui, vous avez bien lu.
Suite à de nombreuses observations réalisées dans leur milieu naturel — principalement Facebook, mais pas uniquement — nous lançons aujourd’hui un appel à témoins.
Nous recherchons des personnes répondant aux critères suivants :
* capables de développer une idée sur plus de trois lignes ;
* capables de répondre à un argument sans utiliser les mots « gauchiasse », « wokiste », « islamo-gauchiste », « bobo », « bien-pensance » ou « collabo » ;
* capables de discuter d’un sujet sans remonter systématiquement à Staline, Mao, Mitterrand, la CGT, Mai 68, ou à la préhistoire d’Homo sapiens ;
* capables d’éviter Homo erectus, certains semblant accorder au second mot une importance toute particulière et parfois excessivement virile ;
* capables de distinguer un fait, une opinion, une rumeur et une publication Facebook partagée par le cousin du voisin du beau-frère ;
* capables d’admettre qu’un problème complexe puisse avoir plusieurs causes et qu’une solution sérieuse puisse nécessiter davantage qu’un slogan.
Signes particuliers :
Ils ne commencent pas leurs phrases par « Ouvrez les yeux ».
Ils ne terminent pas leurs démonstrations par une rafale de points d’exclamation et trois émojis hilares.
Ils savent que répéter une affirmation n’est pas la même chose que la démontrer.
Ils savent qu’un lien Internet n’est pas automatiquement une preuve et qu’une vidéo TikTok n’est pas une thèse de doctorat.
Ils peuvent éventuellement citer une source sans que celle-ci comporte les mots « médias complices », « vérité cachée », « grand remplacement » ou « on nous ment ».
Je précise, avant que certains ne s’emballent, que je n’ai jamais affirmé que le Rassemblement national était un parti fasciste. Je n’ai jamais affirmé non plus que tous ses électeurs étaient des extrémistes.
J’entends même régulièrement qu’il s’agit désormais d’un parti respectable, républicain, intégré à la vie démocratique du pays, débarrassé de ses anciennes ambiguïtés et pleinement engagé dans le cadre institutionnel.
Très bien.
Mais alors, que cette respectabilité soit complète.
Elle devrait aussi passer par une reconnaissance claire, explicite et publique des horreurs, des abominations du passé, mais aussi des errances verbales, des ambiguïtés entretenues et des dérives plus récentes.
Elle devrait conduire à rejeter sans détour toute personne tenant ou relayant des propos racistes, antisémites, anti-LGBT, antiféministes, ou visant à exclure des citoyens de la communauté nationale en raison de ce qu’ils sont.
Elle devrait imposer le respect dû aux personnes précaires, aux sans-abri, aux travailleurs pauvres, à celles et ceux qui survivent plus qu’ils ne vivent, et qui ne sont certainement pas des « assistés », mais les premières victimes d’un système profondément injuste.
Elle devrait aussi conduire leurs députés à ne pas se prétendre proches du peuple tout en refusant les votes qui permettraient un rééquilibrage plus juste des richesses dans notre pays.
On ne peut pas parler au nom des oubliés le dimanche sur les marchés, puis protéger les puissants le mardi dans l’hémicycle.
Nous n’aborderons même pas ici les arrangements parfois très souples avec la légalité dans les trop nombreuses affaires politico-financières. Chaque chose en son temps : il ne faudrait pas épuiser le lecteur dès le petit-déjeuner.
Elle devrait encore permettre de regarder lucidement l’histoire politique de ce courant : les ratonnades, les violences de rue, les complaisances anciennes avec les nervis d’extrême droite, et la persistance de certaines passerelles idéologiques avec des milieux qui n’ont jamais vraiment rompu avec cette culture de brutalité.
Elle devrait aussi permettre de dire clairement que des morts comme Malik Oussekine ou Federico Martín Aramburu rappellent ce que produisent, dans des contextes différents, la violence d’État, la violence politique, le racisme, l’autoritarisme ou les idéologies de haine quand elles trouvent des exécutants.
Et l’on ne peut pas non plus se dire pleinement républicain tout en trouvant mille excuses à des figures autoritaires comme Viktor Orbán, Javier Milei, Jair Bolsonaro, Benyamin Netanyahou, et quelques autres champions internationaux du coup de menton, du mépris social ou de la brutalité politique.
La respectabilité ne se décrète pas.
Elle se prouve.
À partir de là, une simple interrogation me vient à l’esprit.
Si le RN a changé, comme on nous l’explique souvent, alors il devrait être possible de discuter avec ses sympathisants comme avec n’importe quels citoyens : sur des faits, des propositions, des choix politiques, leurs coûts, leurs conséquences et leurs résultats.
Or, sur les réseaux sociaux, je dois bien avouer que mes recherches restent pour l’instant peu concluantes.
Je rencontre beaucoup de certitudes.
Beaucoup de colère.
Beaucoup de slogans.
Beaucoup de phrases toutes faites.
Beaucoup de convictions exprimées avec une assurance inversement proportionnelle aux connaissances mobilisées.
Mais les argumentaires solides demeurent une espèce relativement rare.
Je continue pourtant d’espérer.
Parce qu’un désaccord intelligent est infiniment plus intéressant qu’un accord fondé sur l’ignorance.
Parce qu’une démocratie vivante suppose des citoyens capables de confronter leurs idées sans se traiter mutuellement de tous les noms.
Et parce que, je l’avoue, découvrir quelques spécimens de cette espèce me rassurerait considérablement sur l’évolution de l’espèce humaine.
Si vous apercevez un sympathisant RN répondant à cette description, merci de le signaler.
Les chercheurs poursuivent leurs travaux.
🔍
Rejoignez le groupe Pour un front républicain seynois :
https://www.facebook.com/share/g/1C5rLyJ4Mu/?mibextid=wwXIfr
Aimez, partagez, discutez, contredisez même si vous le souhaitez — mais avec des arguments. Et surtout, ne laissez jamais l’abstention décider à votre place : votez et faites voter autour de vous.
#DébatPublic #EspritCritique #Démocratie #LaSeyneSurMer #FrontRépublicainSeynois
🎵 La Mauvaise Réputation – Brassens, Sinsemilla
📌 Le désaccord politique n’est pas un problème. L’absence d’argument, le mépris social et les vieux réflexes de haine, si.
Illustration réalisée à l’aide de l’intelligence artificielle, utilisée uniquement à des fins d’illustration.
Par Guy CALMES avec l’accord de Christian BARLO

