
En Photo ( HUMANITE ) le groupe Fasciste NEMESIS avec ces femmes anti-avortement et anti progres sociaux et/ou societaux
collectif fémonationaliste Némési …© Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP
Unir le peuple de France contre le fascisme
C’était déjà la préoccupation des communistes en avril 1936. C’est plus que jamais d’actualité. Détour à travers l’Histoire et les similitudes presqu’un siècle plus tard où l’on craint que les mêmes sources idéologiques, à l’œuvre derrière leur leader américain, parviennent à dominer les pays et les peuples qui voient un avenir très sombre se dessiner.
Nous nous trouvons devant une crise profonde du capitalisme confronté à un monde multipolaire. Crise dont on ne voit pas la fin, avec le risque d’une troisième guerre mondiale entretenu par la conception impérialiste des E-U, notamment, du droit international quitte à prolonger les guerres en cours, toujours alimentées par les mêmes et leurs soutiens…très à droite et à l’extrême-droite au service des ultras-riches qui ne le sont jamais assez !
L’imminence, en France et ailleurs, de la possibilité d’accession du RN -et autres groupes d’ultra-droite- aux pouvoirs, nationaux et locaux, ne saurait être sous-estimée, ni surestimée car minoritaire à condition que les 2/3 de la population se manifestent lors des élections prochaines sans attendre l’échéance de la présidentielle.
Encore faut-il que l’antifascisme soit clairement inclusif à la démocratie et à la République, ainsi que la laïcité dans toute sa diversité. Que la gestion des problèmes économiques, sociaux, sociétaux et environnementaux soit en dehors de tout privilège avec la volonté de réduire les inégalités sociales qui ne cessent de s’accroître, à la ville comme à la campagne.
Ce qui n’est pas du tout au programme des droites et extrêmes-droites d’hier et d’aujourd’hui. Contradictions existentielles qui ne se résoudront que par les luttes populaires dans les entreprises et dans les lieux de vie.
Une situation comparable, à bien des égards, qui m’est revenue en mémoire, condensée dans le discours du 17 avril 1936 de Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, qui n’avait jamais été invité à Radio-Paris, discours qui reste prémonitoire, à mes yeux, non par fétichisme mais par ce qu’il contient de vision communiste dans une période et un contexte des plus difficiles au sein de l’internationale communiste d’alors, dirigée par Staline qui n’avait pas apprécié l’initiative française, à la veille de la seconde guerre mondiale.
Ce discours dont on retient surtout « la main tendue aux catholiques et aux croix-de-feu…» avait déclenché la stupeur et l’ironie haineuse parmi les classes dominantes et leurs porte-paroles gouvernementaux n’était que la partie finale d’un discours conséquent sur l’état de la France et l’analyse qu’en faisait l’orateur, ancien mineur, d’une clarté et d’une conviction rares. (1)
Il y développait « Les 200 familles responsables de la crise. La dictature des banques. Les ouvriers et employés dans la crise. La ruine des paysans. Les fascistes diviseurs de Français. Le fascisme, c’est la guerre. Complices d’Hitler en France. Nous combattons pour l’avenir de notre peuple ».
Ce qui me paraît flagrant, tragique même, ce sont les parallèles avec ce que nous vivons aujourd’hui, 90 avant après, à la veille de la seconde guerre mondiale, l’on voit les mêmes idéologies d’extrême-droite resurgir, banalisées et prêtes à imposer les « valeurs » que l’on sait, tout en se camouflant, déniant ce qu’elles ne veulent pas reconnaître : leur filiation et leurs objectifs qui passent toujours par les guerres et les dictatures.
Illustration à Toulon où la députée RN, devient candidate au poste de maire, sur une liste sans étiquette: la gestion d’une commune serait apolitique !
« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde » écrivait le poète et dramaturge allemand Bertold Brecht dès 1941. Il avait une autre citation très popularisée : « Celui qui combat peut perdre mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».
Bien entendu, ce sont les générations d’aujourd’hui qui trouveront les réponses à ce qui les révolte, d’autres approuvant où, par l’abstention, laissant faire ceux qui nous gouvernent, à droite et ceux qui, à l’extrême-droite, sont aux portes du pouvoir, aux côtés de Trump et de Poutine deux nationalistes qui veulent agrandir leur territoire par la guerre.
Le premier visant d’annexer et de dominer de grands espaces et des pays entiers, malgré eux, allant jusqu’à kidnapper le chef d’Etat du Venezuela, à priver d’électricité et d’essence Cuba où les E.U disposent toujours d’une base militaire ??
On est samedi 28 février, il est bientôt 13 h, j’ouvre la 2 et j’entends que les E-U ont largué des bombes sur l’Iran comme ils nous y préparaient, Trump disant qu’il s’agit « d‘une opération de combat majeure » et que libérer le pays des mollahs c’est bon pour l’avenir !!! De quel droit et pour quels intérêts ? Il a eu l’accord de Nétanhyaou, on s’en doutait, c’est tout le problème. Voilà le Moyen-Orient embrasé et la réplique militaire aussitôt activée de l’Iran. Une guerre de plus !
C’est ça l’avenir du monde ?
Il est vrai qu’en France, de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui ne font pas confiance aux « politiques » de droite et de gauche pour ne pas avoir respecté leurs promesses, non sans raison, ça a commencé il y a longtemps. Une partie essayant le RN qui se dit à l’écoute des couches populaires et des paysans tout en refusant de taxer les ultra-riches, ils défendent leurs fortunes indécentes qui ne manquent pas de leur être reconnaissantes ?! En plus des détournements d’argent public..
Ils prennent les immigrés pour des boucs émissaires, responsables des politiques libérales touchant d’abord les plus défavorisés quelles que soient leurs origines et leurs religions. Choix libéraux qui creusent les inégalités financières et sociales. Sans parler des dispositions environnementales nettement insuffisantes, face au réchauffement climatique.
Leur camapgne anti-immigration relève fondamentalement de leur xénophobie : tout ce qui vient de l’étranger, en particulier noirs et arabes musulmans, empiète sur leur nationalisme très étroit qu’ils confondent avec le patriotisme qu’ils voudraient confisquer.
Que celles et ceux, notamment chez les jeunes, ce qui ne saurait être un reproche, bien au contraire, ne manquez pas de voir et de revoir « le dictateur », véritable chef d’œuvre parmi d’autres, de Charlie Chaplin, son discours de fin est à couper le souffle.
Ce ne sont pas les sujets de préoccupation qui manquent. A commencer par comment créer les conditions d’un barrage de tous les antifascistes, soit un front républicain au second tour après une perspective progressiste, l’affaire des listes de gauche et écologistes au 1er tour à l’élection municipale ? D’où le titre de ce texte.
A suivre
René Fredon
(1) https://www.gauchemip.org/spip.php?article19319
(2) https://www.lhistoire.fr/feuilleton-1936/la-main-tendue-de-thorez
