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Le Parlement européen crache une sombre morve!

 

Le Parlement européen crache une sombre morve

 

Au cours de sa session de Strasbourg, cette semaine, la majorité fusionnelle des droites et des extrêmes droites de l’assemblée européenne a voté des textes bien éloignés des prétendues « valeurs européennes », de la souveraineté des pays et des peuples, des conventions internationales.

Sombre semaine ! le parlement européen entérine un accord de soumission au capital nord-américain, vote un texte abject contre les droits des migrants, et relance les manipulations génétiques sur les plantes en vue d’aller toujours plus loin dans le brevetage du vivant. Par contre, dans l’enceinte européenne, toujours aucun geste envers les Palestiniens violentés, massacrés, volés, occupés, emprisonnés. Aucune discussion sur l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne.

– À l’instant même où le président Trump menaçait d’imposer des tarifs douaniers de 100 % sur le vin français, la majorité du Parlement européen votait les fameux « accords » négociés par Mme von der Leyen sur le green de golf de M. Trump en Écosse.

L’Union européenne accepte donc de supprimer ses droits de douane sur la plupart des produits agricoles et industriels en provenance des États-Unis et se verra imposer une taxe de 15 % sur ses exportations vers les États-Unis. Le plus incroyable est que les défenseurs du texte ont argué de la nécessité de rassurer « les ménages et les entreprises » qui n’auraient ainsi pas à souffrir d’une escalade tarifaire avec les États-Unis. Au nom de ce sinistre mensonge, l’Europe cède à une considérable extorsion de fonds sur les ménages et les secteurs économiques européens.

Le second forfait concerne un règlement scélérat imposé aux États visant l’expulsion des migrants déboutés du droit d’asile. Celui-ci permet à chaque pays de conclure des accords pour éjecter des migrants venus en Europe pour les parquer dans des centres de rétention en dehors de l’Union européenne. Les initiateurs de cet insupportable méfait ont trouvé un nom bien marketé pour leur sale opération : « hubs de retour ». Ces pays n’auront aucun rapport avec le lieu d’origine de la personne migrante. Celle-ci n’aura aucune garantie de traitement humain, respectueux des conventions internationales. Le Rwanda, l’Ouganda, le Kazakhstan, le Ghana, l’Égypte, l’Ouzbékistan, le Sénégal, la Tunisie n’ont pas une réputation de terres d’asile, havre d’humanisme. Voici donc le modèle de la protofasciste G. Meloni, présidente du Conseil italien, copié par les institutions européennes. Cela fait déjà des mois qu’elle a fait construire des « camps de rétention » en Albanie. La presse de droite s’est félicitée que ce vote ait été l’occasion pour le chef de file des députés de droite français F-X. Bellamy de nouer un pacte avec Bardella et son groupe.

Le troisième texte diabolique est un revirement. Jusque là l’assemblée parlementaire avait refusé de voter en faveur des « nouvelles techniques génomiques » (NGT). Elle vient de le faire mardi 16 juin, sous la pression des firmes semencières et de l’agrochimie. Alors que les organismes génétiquement modifiés(OGM) étaient jusque-là encadrés au sein de l’Union européenne, le Parlement européen vient donc de décider de permettre la modification du génome d’une plante à la demande des firmes comme Bayer, Corteva, Syngenta, BASF et de quelques start-up à l’affût d’accumulation de capitaux. Ces multinationales pourront commercialiser des plantes ayant subi moins de vingt modifications génétiques sans aucune obligation d’étiquetage et de traçabilité. Les risques de contamination générale des cultures sont grands, alors que les firmes pourront instaurer un régime de brevet sur les plantes qu’elles obtiendront par NGT. Quelques firmes vont donc pouvoir privatiser le vivant et faire main basse sur la souveraineté alimentaire contre les paysans et l’ensemble des citoyens. Les droites, extrême droite et extrême centre, ont voté ensemble ce texte. Un mouvement citoyen d’ampleur pourrait faire annuler ces décisions donnant le champ libre aux grandes firmes de l’agrochimie et des semences.

Oui, sombre semaine au Parlement européen.

Un conseil : occupons-nous des politiques européennes pour sortir de la soumission à Trump et aux grandes firmes capitalistes et pour faire prévaloir le droit international et les droits humains.

Le 19 juin 2026

 

Patrick LE HYARIC 
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UNE CANICULE JAMAIS VUE AVANT MÊME LE DÉBUT DE L’ÉTÉ : QUI AURAIT PU PRÉDIRE ?

UNE CANICULE JAMAIS VUE AVANT MÊME LE DÉBUT DE L’ÉTÉ : QUI AURAIT PU PRÉDIRE ?

«Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ?» C’était la question faussement débile et réellement provocatrice prononcée par Emmanuel Macron le 31 décembre 2022, lors de son discours de fin d’année, après une vague d’incendies sans précédent.

Nous sommes trois ans et demi plus tard. Nous entrons, avant même le début officiel de l’été, dans la deuxième vague de canicule de l’année. Certaines prévisions anticipent des pics de température jusqu’à 45°C dans le Sud Ouest, et un thermomètre au dessus de 40°C sur la majeure partie du pays. Des records absolus, inédits dans les annales météorologiques, risquent d’être battus, avec la journée de lundi qui pourrait compter parmi les plus chaudes jamais observées en France. L’anomalie thermique moyenne des 7 prochains jours pourrait atteindre 9°C de plus que les normales de saison.

Pire encore, ces chaleurs extrêmes risquent de durer plusieurs jours d’affilée, sans doute au-delà d’une semaine avec des températures au dessus de 30°C. C’est donc un événement qui aura des conséquences catastrophiques pour la vie animale et végétale. La terre et les plantes vont sécher, les animaux souffrir, et le risque d’incendies sera très élevé.

Alors que nous n’avons quasiment pas connu un seul été sans canicule depuis 10 ans, aucun protocole de protection n’est mis en place pour les enfants dans les écoles, pour les nouveaux nés, pour les personnes âgées, pour les travailleurs manuels. Les boulangers, travailleurs du BTP, restaurateurs, ouvriers en usines et dans les entrepôts risquent tout simplement leur vie ces prochains jours s’ils vont travailler. Lors de la précédente vague de chaleur il y a trois semaines, Daniel, 19 ans, est décédé dans la Drôme après avoir travaillé pendant des heures sur un toit, alors qu’il faisait 31°C à l’ombre. Ces prochains jours, il fera 10°C de plus. À combien de morts doit-on s’attendre ?

Et les millions d’habitant·es vivant dans des tours de béton, dont les appartements se transforment en fours et dont la température peine à retomber la nuit ? Oublié·es aussi.

La chaleur prévue par les météorologues pourrait être plus élevée que la grande canicule de 2003, celle qui avait choqué le pays. Un décompte de l’Inserm avait calculé une surmortalité de 19.490 personnes en France cet été là, et 70.000 en Europe. Des corps avaient du être entreposés dans des chambres froides du marché de Rungis, et les hôpitaux avaient été saturés. En 2003, la canicule avait eu lieu en août, et pas dès le mois de juin. Nous sommes 23 ans plus tard, et rien n’a été fait. Alors, «qui aurait pu prédire» ? Tout le monde.

Dès 1972, le Rapport Meadows du Club de Rome alerte sur la croissance, l’épuisement des ressources et la pollution.
– À partir des années 1970, des Sommets de la Terre sont organisées par l’ONU et réunissent les dirigeants du monde entier pour parler du réchauffement climatique et de la biodiversité.
– En 1979, le scientifique Haroun Tazieff parle à la télévision d’un «effet de serre général avec un réchauffement de 2 ou 3 degrés de la température de l’atmosphère».
– En 1990 le GIEC, groupe de scientifiques du monde entier, publie son premier Rapport d’évaluation sur le réchauffement climatique. 6 rapports sont parus à ce jour.
– Depuis 1995 des COP sont organisées chaque année, et réunissent les dirigeants mondiaux pour parler du climat. Il y en a donc eu 31. Sans résultat.
– En 2002, lors d’un Sommet de la Terre, Jacques Chirac déclare : «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. Le changement climatique nous menace d’une tragédie planétaire. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas !»
– En 2018 Macron fanfaronne devant le congrès américain : «Make our planet great again».
– En février 2022, le GIEC écrivait qu’il était encore possible de s’adapter au changement climatique «à condition que le réchauffement climatique soit limité à 1,5 ou 2°C».
– En 2023 le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu, déclare qu’il faut «se préparer au pire», c’est-à-dire «préparer notre pays à quatre degrés» de réchauffement, «ça veut dire anticiper beaucoup de changements».

Tout le monde sait depuis plus de 50 ans. Et nos dirigeants ont laissé faire. Pire, ils ont accéléré la fuite en avant. La firme française Total, soutenue par l’État français, poursuit sa recherche de pétrole et ses projets de pipelines, tout en recevant 400 millions d’euros d’aides publiques.

Les 65 plus grosses banques mondiales ont accordé 750 milliards d’euros de financement aux entreprises du pétrole, du gaz et du charbon en 2024, contre 612 milliards d’euros en 2023, et plus encore l’an dernier.

Tout le monde pouvait prédire, mais il sera bientôt trop tard pour se soulever.

Par Guy CALMES …

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Trump à Versailles : beaucoup de dorures, peu de victoire!

 

Trump à Versailles : beaucoup de dorures, peu de victoire

Hier, Donald Trump était reçu à Versailles avec tous les honneurs.

Galerie des Glaces, palais du Roi Soleil, protocole impeccable, caméras du monde entier : la mise en scène était grandiose. C’est également hier qu’a été annoncé l’accord conclu avec l’Iran.

Et c’est précisément ce contraste qui m’interpelle.
Car derrière les dorures de Versailles et les déclarations triomphales, que reste-t-il réellement de cette séquence ?
Un accord présenté comme historique mais qui ressemble davantage à un armistice qu’à une paix durable. Des milliers de morts, une région toujours aussi instable, une économie mondiale secouée par les tensions énergétiques, un droit international et un droit maritime une nouvelle fois malmenés.

Et surtout un constat difficile à contourner : aucun des objectifs spectaculaires annoncés au début du conflit ne semble avoir été atteint.

Le régime iranien est toujours là. Ses dirigeants sont toujours là. Le pays est toujours là. Et l’équilibre régional demeure profondément fragile.

À voir les images de Versailles, j’ai parfois eu le sentiment d’assister à une cérémonie de victoire dont la victoire elle-même restait à démontrer.

Je repense alors à cette première rencontre entre Trump et Macron. Cette poignée de main interminable devant les caméras du monde entier. Cette démonstration de force soigneusement mise en scène. Cette manière très trumpienne de vouloir montrer qui était le patron.

Depuis, les épisodes de mépris, les petites humiliations publiques, les provocations et les remarques désobligeantes se sont multipliés. On peut apprécier ou non Emmanuel Macron. Là n’est pas la question. Lorsqu’un président français est publiquement rabaissé, c’est aussi l’image de la France qui est atteinte.
Mais au fond, Trump n’est pas le véritable sujet. Le véritable sujet, c’est nous.
Car lorsque l’on regarde froidement le résultat de cette guerre, une question s’impose : tout cela pour quoi ?
Des milliers de morts, des populations civiles plongées dans l’angoisse, une région davantage déstabilisée. Et à l’arrivée ?
Le régime des mollahs n’a pas disparu. Certains observateurs considèrent même qu’il pourrait sortir politiquement renforcé de cette épreuve. Israël demeure engagé dans une logique d’affrontement permanent avec son environnement régional. L’économie mondiale a subi de nouvelles secousses liées aux tensions énergétiques. Le droit international et la liberté de circulation maritime ont été une nouvelle fois malmenés. Et les États-Unis, après l’Afghanistan, ont donné l’image d’une puissance immense sur le plan militaire mais incapable d’imposer durablement un règlement politique conforme à ses objectifs initiaux.

Trump peut bien bomber le torse, multiplier les déclarations triomphales et se présenter comme l’artisan de la paix.

Chacun jugera. Mais il est difficile de parler de victoire lorsque les objectifs proclamés au départ n’ont pas été atteints.
Quant à Benjamin Netanyahou, qui a déjà laissé entendre que cet accord ne l’engageait pas pleinement, il conserve certes une supériorité militaire incontestable au Liban, à Gaza ou en Cisjordanie. Mais cette stratégie ressemble de plus en plus à une fuite en avant.

À court terme, elle produit des résultats militaires. À long terme, elle risque d’accentuer l’isolement diplomatique d’Israël. Or aucune nation, même la plus puissante militairement, ne peut durablement vivre contre une partie croissante de l’opinion mondiale et contre un nombre grandissant de partenaires internationaux.

Et c’est précisément ce qui me conduit à une réflexion plus large.

Dans un an à peine, les Français auront à choisir leur prochain président de la République puis les députés qui composeront la future majorité parlementaire. Et une question me paraît essentielle : qui est aujourd’hui capable de représenter la France dans le monde qui vient ?
Qui possède la stature, l’expérience, la culture politique, le sang-froid et la solidité nécessaires pour dialoguer d’égal à égal avec les dirigeants des grandes puissances ?
Mais la question ne s’arrête pas à l’élection présidentielle.

Dans le cadre actuel de la Cinquième République, aucun président ne gouverne seul. Derrière la fonction présidentielle, il y a aussi une majorité parlementaire capable – ou incapable – de traduire une vision en actes.
La question est donc double : qui peut incarner la France dans le monde qui vient ? Et quelle majorité politique sera capable de soutenir cette orientation, de voter les réformes nécessaires, de défendre les intérêts du pays et de préparer les transformations démocratiques dont notre République a besoin ?

Pour ma part, je reste convaincu que l’avenir passe par une majorité issue de la gauche de rupture, une gauche à la fois républicaine, sociale, écologique et profondément démocratique. Une gauche capable de répondre aux urgences sociales sans céder au libéralisme économique qui a largement montré ses limites. Une gauche capable de défendre la souveraineté populaire sans sombrer dans le nationalisme. Une gauche capable de porter une ambition européenne sans accepter la soumission aux logiques du marché.
Et surtout une gauche capable d’engager, le plus rapidement possible, la transition vers une Sixième République.

Car beaucoup des blocages que nous connaissons aujourd’hui trouvent leur origine dans l’épuisement progressif des institutions de la Cinquième République : concentration excessive du pouvoir, présidentialisation permanente de la vie politique, affaiblissement du Parlement, sentiment d’éloignement entre les citoyens et leurs représentants.
La France a besoin d’une présidence forte face aux puissances étrangères. Mais elle a tout autant besoin d’une démocratie plus forte face à elle-même.

C’est pourquoi la question de 2027 ne se résume pas au choix d’un président.

Elle pose également celle de la majorité politique qui l’accompagnera et du projet démocratique qu’elle portera pour le pays.
Le monde est en train de changer.

Les rapports de force reviennent au premier plan. Les tensions géopolitiques s’accumulent. Face aux États-Unis, à la Chine, à la Russie, à la Turquie, à l’Inde et aux nouvelles puissances émergentes, la France ne peut pas se contenter d’avoir un bon gestionnaire ou un excellent communicant. Elle a besoin d’une voix forte, respectée et crédible.
Et je vais peut-être en froisser quelques-uns, mais tant pis.

Le prochain président ou la prochaine présidente de la République ne pourra pas être un simple gestionnaire, ni une personnalité effacée, ni un tapis sur lequel les grandes puissances du monde viendraient s’essuyer les pieds. La fonction exige du caractère, de l’épaisseur politique, une vision et une capacité à tenir tête lorsque les intérêts de la France sont en jeu.
C’est précisément pour cette raison que je regarde avec beaucoup de scepticisme un certain nombre de candidatures qui pourraient émerger dans les mois à venir.

D’abord celles qui s’inscrivent clairement dans la continuité du macronisme. Qu’il s’agisse de Gabriel Attal, de Bruno Le Maire ou d’autres figures issues du pouvoir actuel, je ne vois là qu’une promesse de continuité. Changer les visages pour ne rien changer au fond. Poursuivre, sous une autre forme, une politique dont les résultats économiques, sociaux, démocratiques et écologiques sont aujourd’hui largement contestés.

Viennent ensuite les représentants d’une social-démocratie ou d’un centre gauche qui, selon moi, n’ont toujours pas tiré toutes les leçons des trente dernières années. Qu’il s’agisse de François Hollande, d’Olivier Faure, de Raphaël Glucksmann, de Carole Delga ou de Bernard Cazeneuve, je ne retrouve pas dans leurs propositions la rupture politique, économique et institutionnelle que j’estime désormais nécessaire.

Et puis il y a l’extrême droite. Là, la question est différente. Concernant Jordan Bardella, mon inquiétude n’est pas d’abord celle de la continuité, mais celle du projet lui-même.

Je vois un responsable politique dont l’image occupe souvent davantage l’espace que l’expérience des responsabilités exécutives. Mais surtout, je ne peux dissocier sa candidature de l’idéologie portée par le Rassemblement national, une idéologie que je combats depuis toujours et que je considère profondément dangereuse pour notre République.

Pour des raisons différentes, aucune de ces options ne me paraît aujourd’hui répondre aux défis considérables qui attendent notre pays.

La France mérite mieux qu’un duel entre des gestionnaires sans souffle et des marchands de colère. Elle mérite une personnalité capable de rassembler, de comprendre la complexité du monde et de défendre les intérêts du pays avec fermeté, sans céder ni à la soumission ni aux passions identitaires.

Attention : je ne parle pas d’autoritarisme. Je ne parle pas de chercher un Trump français. Je ne parle pas davantage d’un chef providentiel. Je parle d’une personnalité capable de défendre les intérêts de notre pays sans agressivité inutile mais sans faiblesse non plus.
Regardons le Canada. Son dirigeant n’est ni un dictateur ni un va-t-en-guerre. Pourtant, lorsqu’il s’agit de répondre à Donald Trump, il sait le faire avec fermeté, calme et détermination.

C’est peut-être cela que nous devrions rechercher : un homme ou une femme capable de dialoguer avec les grandes puissances sans se coucher devant elles, quelqu’un qui sache négocier quand c’est nécessaire, résister quand c’est indispensable et rappeler que la France n’est pas une puissance secondaire condamnée à commenter l’histoire écrite par les autres.

Parce que le monde qui se dessine sera probablement plus dur, plus instable et plus dangereux que celui que nous avons connu.
Et dans ce concert géostratégique où chacun cherche à faire entendre sa partition, la France aura besoin d’une voix claire, d’une voix qui ne tremble pas, d’une voix respectée et d’une voix digne de ce que notre pays représente encore dans le monde.
💬 Et vous, quelle personnalité et quelle majorité parlementaire vous paraissent aujourd’hui capables de porter ce projet de transformation démocratique, sociale et républicaine tout en défendant la place de la France dans le monde ?

🎵 La chanson du jour : Résiste – France Gall. « Résiste, prouve que tu existes…”

👉 Rejoignez le groupe Pour un front républicain seynois et participez au débat citoyen.

#PourUnFrontRépublicainSeynois #France #Trump #Versailles #Iran #Présidentielle2027 #Législatives2027 #SixièmeRépublique #GaucheDeRupture

Par Guy CALMES ..

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COLÈRES RÉELLES, PEURS ENTRETENUES : LE GRAND TOUR DE PASSE-PASSE DU RN

 

COLÈRES RÉELLES, PEURS ENTRETENUES : LE GRAND TOUR DE PASSE-PASSE DU RN

Il faut commencer par une évidence : toutes les colères sur lesquelles prospère le Rassemblement national ne sont pas imaginaires. Beaucoup sont réelles, profondes et parfaitement légitimes.

La colère de celles et ceux qui voient leur pouvoir d’achat reculer alors que les grandes fortunes continuent de prospérer. La colère des habitants de territoires abandonnés, confrontés à la fermeture des services publics, à la disparition des commerces de proximité ou à l’éloignement des soins. La colère des familles qui peinent à se loger, des salariés qui travaillent dur sans parvenir à vivre dignement de leur travail, des retraités qui voient chaque année leur budget se réduire. La colère aussi face à l’insécurité, aux trafics, aux violences et aux incivilités qui dégradent la vie quotidienne de nombreux Français.

Toutes ces colères existent. Les nier serait une faute.

Mais reconnaître ces difficultés ne signifie pas accepter les fausses solutions qui sont proposées.
Car la méthode du RN est toujours la même : prendre un problème complexe, désigner un coupable facile, puis prétendre que tout ira mieux une fois ce coupable écarté.

Le pouvoir d’achat ? Ce serait l’immigration. La crise des services publics ? Encore l’immigration. Le logement ? L’immigration. L’hôpital ? L’immigration. Les difficultés de l’école ? Toujours l’immigration.
Comme si des décennies de désindustrialisation, de dérégulation économique, de concentration des richesses, de recul des services publics ou d’abandon de certains territoires pouvaient s’expliquer par une seule et même cause.
La réalité est beaucoup moins simple.

On ne créera pas davantage de médecins en désignant des boucs émissaires. On ne construira pas davantage de logements en opposant les pauvres entre eux. On ne réduira pas les inégalités en détournant le regard des véritables mécanismes qui concentrent les richesses au sommet. On ne restaurera pas la sécurité sans une police mieux dotée, une justice disposant enfin des moyens nécessaires et une politique de prévention digne de ce nom.

Le RN prospère également sur des peurs parfois légitimes, parfois largement entretenues.
La peur du déclassement social. La peur de voir ses enfants vivre moins bien que soi. La peur de perdre son emploi. La peur du changement. La peur de l’insécurité culturelle. La peur du chaos politique.

Mais au lieu de rassembler les Français pour affronter ces défis, il préfère les opposer les uns aux autres : Français contre étrangers, salariés contre allocataires, habitants des centres-villes contre habitants des quartiers populaires, fonctionnaires contre travailleurs du privé.
Pendant que les plus fragiles se disputent les miettes, les véritables gagnants du système continuent tranquillement leurs affaires.
Et c’est peut-être là le plus grand paradoxe.

Car ceux qui prétendent parler au nom du peuple ne sont jamais très loin des affaires politico-financières qui ont régulièrement accompagné l’histoire de leur mouvement. Ceux qui dénoncent les privilèges des autres se montrent souvent beaucoup plus discrets lorsqu’il s’agit de l’utilisation de l’argent public ou des avantages procurés par le pouvoir.
Mais leur dernière escroquerie est peut-être moins financière que morale.
D’un côté, ils prétendent représenter les ouvriers, les employés, les retraités modestes et les oubliés de la mondialisation.
De l’autre, ils cherchent à nous vendre une sorte de roman people permanent où l’on devrait s’enthousiasmer pour les aventures sentimentales d’un petit parvenu politique façonné par les plateaux de télévision et d’une influenceuse issue de l’aristocratie européenne dont la principale activité semble consister à exposer son train de vie sur les réseaux sociaux.
Le contraste est saisissant.

Pendant que des millions de Français s’interrogent sur leur avenir, leur retraite, leur logement ou celui de leurs enfants, certains voudraient nous distraire avec un conte de fées mondain digne de la presse people.
La France mérite mieux qu’un feuilleton.
Elle mérite un projet.
Un projet qui traite les causes plutôt que de désigner des coupables. Un projet qui rassemble plutôt qu’il ne divise. Un projet qui protège réellement les plus fragiles au lieu d’exploiter leurs inquiétudes.
Parce qu’au fond, le RN ne résout pas les problèmes : il les utilise.

Et pendant qu’on regarde le doigt qui accuse, on oublie souvent la main qui fait les poches.

📌 Rejoignez le groupe Facebook “Pour un front républicain seynois” :

https://www.facebook.com/groups/frontrepublicainseynois

🎵 La chanson du jour : Tout va très bien, Madame la Marquise de Ray Ventura

💬 Phrase du jour :
“Une République forte n’a pas besoin de désigner des ennemis intérieurs ; elle a besoin de réduire les injustices qui fragilisent ses citoyens.”

🤝 Parce que la colère mérite mieux que des boucs émissaires. Parce que la peur mérite mieux que des marchands d’illusions. Parce que la France mérite mieux que des divisions entretenues à des fins électorales.

 

par guy CALMES 

#FrontRépublicain #JusticeSociale #Démocratie #CitoyennetéActive #SolidaritéRépublicaine #RésistanceDémocratique

 

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Raphaël Glucksmann : le retour de la gauche qui a déjà échoué…

 

 

Raphaël Glucksmann : le retour de la gauche qui a déjà échoué…

Depuis quelques semaines, certains présentent Raphaël Glucksmann comme le renouveau de la gauche française. Pourtant, à observer ses soutiens, son discours et son projet, il apparaît davantage comme l’héritier d’une social-démocratie qui a déjà gouverné la France que comme le représentant d’une véritable gauche de transformation.
Son premier grand meeting présidentiel en est une illustration frappante.

On y retrouvait de nombreux anciens responsables du Parti socialiste, plusieurs figures du hollandisme et des personnalités issues du macronisme en rupture avec Emmanuel Macron.

Difficile d’y voir une rupture. Plus facile d’y reconnaître la tentative de reconstituer ce que certains appellent encore une « gauche de gouvernement ».

Le problème est que cette gauche a déjà exercé le pouvoir. Et les résultats sont connus.
François Hollande est le seul président de la Ve République à avoir renoncé à se représenter pour un second mandat. Non parce qu’il l’avait librement choisi, mais parce que sa popularité s’était effondrée à un niveau jamais atteint par un président sortant. Son propre camp doutait de ses chances de qualification au second tour.

Ce renoncement n’est pas un détail de l’histoire politique française. Il symbolise la rupture profonde qui s’est produite entre une partie du peuple de gauche et une social-démocratie qui avait promis de s’attaquer à la finance avant d’accompagner des politiques largement inspirées par les logiques libérales : Pacte de responsabilité, CICE, loi Travail, reculades écologiques, sentiment d’abandon des catégories populaires et des territoires.
Aujourd’hui, Raphaël Glucksmann critique le libre-échange généralisé, les délocalisations et certains excès de la mondialisation.

Mais ces discours rappellent étrangement ceux que l’on entendait déjà il y a quinze ans. Comme François Hollande avant lui, il dénonce certaines conséquences du système sans réellement remettre en cause ses fondements.

La différence est là.

La gauche de rupture considère que les inégalités ne sont pas un accident de parcours mais le résultat logique d’un système économique organisé autour de la concentration des richesses, de la concurrence généralisée et de la domination de la finance sur les choix politiques.

Elle défend une transformation profonde de la fiscalité, du partage des richesses, du fonctionnement de l’Union européenne, de la place des services publics et du rapport entre le capital et le travail.

Or ces questions apparaissent étonnamment secondaires dans le projet porté par Raphaël Glucksmann. Les enjeux liés à la taxation des grandes fortunes, aux héritages, à la réduction des inégalités patrimoniales ou encore à la remise en cause du pouvoir des marchés financiers restent largement absents ou relégués au second plan.
Même sur les questions internationales, certains silences interrogent.

Lors de ce meeting consacré en partie aux risques de guerre et aux enjeux géopolitiques, pas un mot ou presque sur la Palestine, pourtant au cœur de l’actualité mondiale et des préoccupations d’une grande partie de la gauche.
Personne ne conteste que Raphaël Glucksmann soit un homme de gauche. La question est plutôt de savoir quelle gauche il représente.

Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’une gauche de rupture mais d’une tentative de reconstruction de la social-démocratie telle qu’elle existait avant l’effondrement du quinquennat Hollande : une gauche qui corrige les excès du marché sans remettre en cause les mécanismes qui les produisent.

Or la situation sociale, écologique et démocratique du pays exige davantage qu’une simple alternance de gestion.
La France n’a pas besoin d’un nouveau François Hollande plus jeune, plus médiatique ou plus européen. Elle a besoin d’un projet capable de s’attaquer aux causes profondes des fractures qui traversent notre société.
La rupture n’est pas une posture.

C’est la volonté de changer les règles du jeu plutôt que d’administrer celles qui nous ont conduits dans l’impasse actuelle.

📌 Pour poursuivre ces échanges et construire une alternative républicaine, sociale, écologique et démocratique à La Seyne-sur-Mer et au-delà, rejoignez le groupe Facebook “Pour un front républicain seynois”.

 

🎵 La chanson du jour : Ils ont partagé le monde – Tiken Ja Fakoly.

Une chanson qui rappelle que les rapports de domination économique et politique ne sont jamais le fruit du hasard, mais de choix bien réels.

💬 Question du jour : La gauche peut-elle retrouver la confiance populaire en revenant aux recettes de la social-démocratie des années 2000-2010, ou doit-elle inventer un autre chemin ?

#Gauche #JusticeSociale #République #Démocratie #FrontRépublicainSeynois

Par Guy CALMES avec l’accord de christian barlo 

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La justice OUI mais avec juste des grands moyens et surtout pas Abandonnée ou version Boucs émissaires!

Je dois vous faire un aveu. Lorsque je publie une caricature de Jordan Bardella, de Marine Le Pen, d’Emmanuel Macron ou d’une autre personnalité politique, les réactions affluent. Les commentaires se multiplient. Les partages aussi.

Lorsque je parle de la Justice, de ses difficultés, de ses moyens insuffisants ou de ses dysfonctionnements, l’écho est déjà plus discret.
Mais lorsque le sujet concerne les enfants victimes d’inceste, de viols ou d’agressions sexuelles, lorsque des professionnels viennent expliquer devant une commission parlementaire que des enquêtes prennent des mois, parfois des années, que des enfants attendent, que des familles s’effondrent, alors le silence devient presque assourdissant.

Et cela m’interroge.

Je continuerai à dénoncer les dérives, les incohérences ou les fautes du personnel politique. C’est nécessaire. Les élus exercent le pouvoir ; ils doivent rendre des comptes. Mais à quoi sert de commenter avec passion les joutes politiques quotidiennes si nous détournons le regard lorsque sont évoqués des sujets aussi fondamentaux que la protection des enfants ?

Ces derniers jours, j’ai écouté l’audition de l’avocat marseillais Michel Amas devant la commission d’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses commises contre les enfants.

Ce que j’y ai entendu n’était ni une querelle partisane, ni un débat idéologique, ni une bataille électorale. C’était le récit d’enfants qui parlent et qui attendent. Le récit de procédures qui s’enlisent. Le récit d’institutions débordées. Le récit d’une société qui affirme que les enfants sont sa priorité mais qui peine encore à leur apporter la protection qu’ils sont en droit d’attendre.

Maître Michel Amas ne dit pas seulement que la Justice dysfonctionne. Il dit quelque chose de plus terrible : les lois existent déjà. Les dispositifs existent. Les procédures existent. Ce qui manque, ce sont les moyens humains pour les faire vivre.

Il manque des juges. Il manque des greffiers. Il manque des enquêteurs spécialisés. Il manque des policiers formés à l’écoute de la parole des enfants. Il manque des salles adaptées. Il manque du temps. Il manque de la coordination. Il manque cette attention concrète qui transforme une promesse républicaine en protection réelle.

On peut toujours inaugurer des palais de justice. C’est beau, un palais. Cela se photographie bien. Cela alimente les discours officiels. Mais un palais sans personnels suffisants n’est qu’une façade derrière laquelle s’accumulent les dossiers et les retards.
Et pendant ce temps, des enfants attendent.

Certains attendent des mois avant d’être entendus. Certains voient leur parole fragilisée par la lenteur même de la procédure. Certains sont ballotés entre enquête pénale, protection de l’enfance, expertises et placements. Certains voient même le parent qui tente de les protéger devenir à son tour objet de suspicion.

Alors on ajoute de la douleur à la douleur. On ajoute du soupçon au traumatisme. On ajoute de l’administration à l’effondrement.
Il ne s’agit pas ici d’accuser indistinctement les magistrats, les policiers, les greffiers, les éducateurs, les avocats ou les travailleurs sociaux. Beaucoup accomplissent leur mission avec courage et dévouement malgré des conditions devenues indignes de l’importance de leur tâche.

Mais justement : que dit une République lorsqu’elle demande à ses serviteurs de protéger les enfants sans leur donner les moyens suffisants de le faire ? Que dit une société lorsqu’elle proclame que l’inceste est un crime abominable mais laisse les procédures s’étirer jusqu’à l’épuisement des victimes ? Que vaut notre indignation si elle ne survit pas au-delà d’un fait divers, d’un discours ministériel ou d’une séquence médiatique ?

La protection de l’enfance ne devrait pas être un sujet secondaire. Elle devrait être un test moral. Un test politique. Un test démocratique.
Car une société ne se juge pas seulement à la fermeté de ses discours ou à la solennité de ses cérémonies. Elle se juge à la manière dont elle protège ceux qui ne peuvent pas se défendre seuls.

Un enfant qui parle devrait être immédiatement entendu. Un enfant qui révèle un inceste, un viol ou une agression sexuelle ne devrait jamais avoir à traverser un labyrinthe institutionnel pour espérer être cru, protégé et accompagné.

Alors oui, je continuerai sans doute à publier des caricatures politiques. Il faut parfois mettre des visages sur les responsabilités. Mais aujourd’hui, je voudrais que nous regardions ailleurs. Pas vers ceux qui occupent les plateaux de télévision. Pas vers ceux qui monopolisent les réseaux sociaux.

Pas vers ceux qui vivent de la polémique permanente. Je voudrais que nous regardions vers ceux que l’on n’entend presque jamais : les enfants qui parlent trop bas pour les algorithmes, les enfants dont les dossiers ne font pas exploser les compteurs, les enfants dont la souffrance ne produit ni buzz, ni punchline, ni petite phrase. Ils ne demandent ni compassion de façade, ni émotion passagère.

Ils demandent simplement une Justice qui fonctionne. Et dans une démocratie digne de ce nom, ce n’est pas une exigence excessive. C’est le minimum.

Source : audition de Maître Michel Amas, avocat au barreau de Marseille, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses commises contre les enfants, 8 avril 2026.
Compte rendu officiel :

https://www.assemblee-nationale.fr/…/CRCANR5L17S2026PO8…

 

Actualités

QUI VEUT VRAIMENT UNE JUSTICE EFFICACE ?

 

QUI VEUT VRAIMENT UNE JUSTICE EFFICACE ?

À chaque affaire judiciaire qui bouleverse le pays, le même scénario se répète. L’émotion est immense, la colère est légitime, les questions fusent : pourquoi cette personne n’était-elle pas en prison ? Pourquoi cette plainte n’a-t-elle pas été traitée plus vite ?

Pourquoi cette victime n’a-t-elle pas été davantage protégée ? Puis viennent les coupables désignés : le juge, le procureur, le greffier, le magistrat qui aurait commis une erreur. Et bien sûr, les éternels « juges rouges » que certains responsables politiques ressortent régulièrement du placard dès qu’une décision ne leur convient pas.

Pourtant, derrière chaque défaillance individuelle éventuelle, une question bien plus dérangeante se pose : dans quelles conditions la justice française exerce-t-elle aujourd’hui ses missions ? Car il est toujours facile d’accuser une institution que l’on prive depuis des années des moyens nécessaires à son fonctionnement.

Depuis longtemps, les gouvernements successifs multiplient les annonces, les plans d’action, les circulaires et les priorités affichées. À chaque drame, une nouvelle urgence est proclamée : violences intrafamiliales, protection des femmes, protection des enfants, narcotrafic, sécurité routière…

Priorité à ceci, priorité à cela. Mais une priorité sans moyens supplémentaires n’est souvent qu’une ligne de plus dans une circulaire. Lorsqu’un magistrat, un procureur ou un greffier gère déjà des centaines de dossiers, lui annoncer cinq nouvelles priorités ne crée pas une sixième journée dans la semaine.

La réalité est têtue. La France consacre environ 0,20 % de son PIB à la justice, contre 0,28 % en médiane européenne. Elle compte 3,2 procureurs pour 100 000 habitants, contre 11,2 en médiane européenne. Elle compte 11,3 juges professionnels pour 100 000 habitants, contre 21,9 en moyenne européenne. Autrement dit, nous exigeons de notre justice qu’elle soit plus rapide, plus présente, plus protectrice, plus réactive que jamais, tout en lui donnant des moyens qui restent nettement inférieurs à ceux de nombreux pays comparables.

Oui, le budget de la justice a augmenté ces dernières années. Mais cette hausse a surtout permis de rattraper une partie du retard accumulé au fil des décennies, notamment après les années Sarkozy, pourtant souvent présentées comme celles de l’autorité et du respect de l’institution judiciaire. La France demeure encore loin des standards européens.

Et sur le terrain, les chiffres budgétaires abstraits ne changent rien lorsque les effectifs restent insuffisants, que les audiences s’accumulent et que les dossiers s’empilent.

Les conséquences sont visibles partout : aux prud’hommes, des salariés attendent parfois plus d’un an avant qu’une affaire soit tranchée ; dans les affaires familiales, certaines décisions concernant des enfants, des pensions alimentaires ou des séparations conflictuelles mettent des mois à arriver ; les juges des enfants, chargés des situations les plus sensibles, travaillent eux aussi sous tension ; au pénal, victimes et prévenus attendent parfois très longtemps avant qu’un dossier soit examiné ; dans les juridictions commerciales, certaines procédures peuvent s’enliser pendant des années.

Et chez nous, dans le Var, cette réalité n’a rien d’abstrait. À Toulon, le palais de justice attend depuis des années une rénovation et une extension devenues indispensables. Les juridictions demeurent réparties sur plusieurs sites et les locaux actuels sont eux-mêmes décrits officiellement comme vétustes et dysfonctionnels.

Pourtant, malgré tout cela, le système tient encore grâce à l’engagement quotidien de magistrats, de greffiers, d’éducateurs, d’avocats et de personnels administratifs qui tentent de faire fonctionner la machine judiciaire dans des conditions souvent difficiles.

Alors oui, il existe parfois des erreurs individuelles ; oui, certaines décisions peuvent être contestées ; oui, certaines fautes doivent être reconnues et sanctionnées. Mais réduire les difficultés de la justice française à quelques individus désignés à la vindicte publique relève de la facilité politique.

Et il y a dans tout cela une contradiction assez spectaculaire. Certains responsables politiques se présentent comme les plus ardents défenseurs de l’autorité, de l’ordre et de la Justice avec un grand J. Pourtant, les mêmes nous offrent régulièrement un concert de casseroles judiciaires : emplois fictifs, financements douteux, conflits d’intérêts, détournements de fonds publics, affaires de favoritisme ou de corruption. Quand la justice poursuit leurs adversaires, elle est exemplaire. Quand elle s’intéresse à eux ou à leurs proches, elle devient soudainement partiale, idéologique ou politique.

Cette conception variable de l’État de droit n’est pas celle de la République.

Une démocratie solide ne se construit pas contre la justice. Elle se construit avec une justice forte, indépendante, respectée et correctement dotée. La sécurité n’est pas seulement une affaire de discours. C’est aussi une affaire de magistrats, de procureurs, de greffiers, d’éducateurs, de personnels administratifs, de locaux adaptés et de délais raisonnables.

Une République qui veut réellement protéger ses citoyens doit donner à sa justice les moyens de rendre la justice. Le reste n’est souvent que communication.

Pour un front républicain seynois

https://www.facebook.com/…/pourunfrontrepublicainseynois

🎵 Chanson du jour : Les Copains d’abord — Georges Brassens.

 

Parce qu’à force de voir certains politiques protéger les leurs avant de défendre la justice, le choix s’imposait presque.

#Justice #Toulon #Var #LaSeyneSurMer #République

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Les manipulations de l’info, parlons-en ?

                                                              Les manipulations de l’info, parlons-en ?

Qui ne se pose pas la question et même la réponse : on baigne dedans, depuis des lustres et sur tous les terrains ! L’idéologie dominante n’est-ce pas, certes mais c’est vite dit, pour beaucoup qui cautionnent et partagent ce qu’on leur dit ou écrit selon la source.

Par exemple, Macron qui rentre du Monténégro, l’un des cinq Etats de l’ex-Yougoslavie. Il dit qu’il y est allé « pour développer une coopération dans la lutte contre les manipulations de l’information…» Pardi, il connait ça. Juste pour appuyer leur demande d’entrée dans l’UE, divisée et affaiblie, et renforcer la défense coordonnée par l’OTAN en mauvaise passe qui prétend nous protéger de la Russie.

Stratégie déterminée qu’ils ont décidé de financer et de muscler, nos militaires sont déjà présents à la frontière de la Russie à  l’Ukraine. Comme c’est aussi le cas en Pologne, en Roumanie…dans les Pays-Bas en accord avec l’Angleterre et l’Allemagne encore plus proches des E-U tels qu’ils évoluent dans un monde qui tend au multilatéralisme et non plus aux impérialismes des siècles passés.

 

Ce sont les peuples, saturés de leurs privations accentuées et imposées, ils sont, eux, parmi les victimes des guerres et en paient le coût au prix fort. Par contre c’est une aubaine pour les investisseurs dans le matériel militaire et dans d’autres domaines. On est déjà en pleine austérité pour des temps indéfinis angoissants, aux enjeux humains considérables. Les inégalités se creusent comme jamais, au seul bénéfice des milliardaires et des très riches. Ce n’est pas un hasard mais le résultat des choix politiques au service du capitalisme et de sa dérive néo-fasciste qui nous menace sérieusement.

On ne nous dit pas tout. VM écrit que l’UE bouscule les géants du e.commerce et a décidé d’une taxe de 3 euros sur les colis en provenance d’entreprises hors de l’Europe, la Chine, par exemple. Ce n’est pas un scandale, ni un mensonge, ni un hasard. Mais si l’UE croit que la Chine va se sentir touchée et que son économie va en pâtir, on nous désinforme plutot que de chercher des accords « gagnant-gagnant » et d’en finir avec les silences devant les génocides en cours, on se moque de nous. Ils nient le rôle de l’ONU paralysé tandis que les Etats « aidés » par les E-U font allégeance à celui qui se prend pour le maître du monde.

 

Ce jeudi matin aux infos de France-musique, le journaliste de service, d’un ton neutre, nous lit son info ainsi résumée : « Trump attend que la guerre au Moyen-Orient soit finie pour s’occuper de Cuba », comme il s’est occupé du Vénézuéla et de son président légitime! Une info qui circule depuis longtemps, sur les médias publics et privés, ici elle est banalisée sans émotion, sans réaction, comme si des actes de cette nature étaient défendables et conformes au droit international. C’est ça l’objectivité, la liberté d’expression ?

Il n’y a rien de républicain à ce que le droit particulier d’un chef d’Etat, fût-il des E-U, puisse mettre le feu au monde depuis qu’il est au pouvoir. Les médias porte-parole du camp dominant, le grand patronat, les très riches, la droite et le RN l’aident de fait par leur fidélité et leur convergence idéologique assumées, prêts à prendre le pouvoir comme le monde l’a subi dans les années trente du siècle dernier, par la capitulation des « élites » au pouvoir en Europe (1)

Aujourd’hui on nous prépare à la « guerre moderne », celle qui tue toujours autant sinon plus, par les drones, les missiles et avions furtifs. Finis les fantassins, les troupes au sol et même les pilotes et les chars d’assaut ? Les stratégies conçues par l’IA, un miracle ?…Pas vraiment.

On voit ce que ça donne, Trump-le-messie ne sait plus comment sortir du piège de son blocage du détroit d’Ormuz, de son échec en Iran et du volcan qu’il a réveillé au Moyen-Orient et bien au-delà, par les conséquences directes pour l’ensemble du monde, privé d’énergies et d’alimentation à une grande échelle par l’inflation et les jeux de bourse, la perte de pouvoir d’achat des plus modestes confrontés aux pénuries pendant que les ultra-riches s’enrichissent toujours.

Qui va payer les coûts exorbitants de ces armes et de ces destructions humaines et matérielles ? L’expert et conférencier Thierry Berthier nous éclaire : « de l’ordre de 20 000 euros piècepour le droneet de 2 à 4 millions pour un seul missile« (1)

il n’y a plus qu’à faire l’addition…colossale !

 

Récent débat au sénat sur les propositions de Macron concernant le budget de la défense. La droite LR voulait 50 mds supplémentaires et la ministre 36 mds jusqu’à 2030, en portant à 436 milliards d’euros les dépenses militaires prévues d’ici la fin de la décennie, soit 36 milliards supplémentaires par rapport à la dernière loi de programmation (2023). Insuffisant, pour les sénateurs LR qui plaidaient pour porter cet effort à 50 milliards d’euros.e .C’est ce qu’ils appellent « l’effort de guerre ». Pour qui ?

Autre exemple des manipulations de l’info: le logement social et le préfet

 

Le préfet du Var y voit « une année-record…pour rattraper le retard !  »Aurait-il de l’humour ? Comme tous les préfets il essaie d’obtenir des maires de faire, là aussi, un effort pour construire un peu plus de logements sociaux. Quand on a, dans le Var mais pas que, une très forte majorité de maires de droite, du centre et d’extrême-droite qui, par principe, en veulent moins, il ne faut pas se faire d’illusion mais savoir pourquoi il y a blocage volontaire.

« On est très au-dessus des 2 000 logements sociaux agrées en moyenne par an, le meilleur chiffre depuis 2018…  » Agrées, ça ne veut pas dire « réalisés  » mais depuis les CMS (contrats de mixité sociale) pour faire du logement locatif plus varié selon les catégories sociales, Les gouvernements Macron veulent diversifier pour mieux réduire les logements sociaux qui s’adressent aux plus modestes et ne rapportent qu’aux investisseurs privés. Seulement voilà, dans le Var, 70% des familles sont éligibles à un logement social de qualité et financièrement accessible. Ces maires préfèrent payer des amendes, aux frais de la collectivité, pour non respect de la loi SRU (solidarité renouvellement urbain. Ces populations ne les intéressent pas, pour ces élus, le logement doit être privé, même le locatif.

 

Ils disent que le Var est très attractif et le foncier trop cher pour construire du « social », voyons…ou que leurs électeurs ne veulent pas de cité populaire malfamée et souvent de familles d’origines multiples.

 

Le préfet a fait le lien entre logement et défense.Il s’est réjoui que « l‘effort inédit de défense..-incluant le 2è porte-avions- .et la révolution de la dronisation auront un impact économique et démographique à l’échelle de la métropole toulonnaise et du département…ajoutant que ce développement économique doit impérativement s’accompagner d’une polique ambitieuse de création de logements sociaux et d’équipements aux besoins d’accueil et préserver l’équilibre du territoire. C’est une question de souveraineté nationale. »

 

Le messager de Macron a conclu par « l’effort de guerre » qui nous est imposé et qui nous ouvrirait des perspectives mirobolantes…si on se laisse manipuler.

 

Et dire que Macron, en 2017, ne voulait plus voir de sans-abri dans les rues…

 

 

René Fredon

 

 

(1) https://mail01.orange.fr/appsuite/#!&app=io.ox/mail&folder=default0/INBOX

 

Actualités

L’écologie vraiment et pas du jardinage municipal !

Les cigales vont bientôt faire ce qu’elles savent faire de mieux : offrir à nos étés varois leur bande-son officielle. Mais du côté des oiseaux, le concert semble perdre des pupitres.

Et cette fois, ce n’est pas une affaire de poésie champêtre : c’est un signal d’alarme écologique.
La Ligue pour la Protection des Oiseaux vient de publier son Baromètre de l’avifaune 2026. Le constat est préoccupant : en France, les populations d’oiseaux communs ont diminué d’environ 18 % en vingt-cinq ans. Derrière ce chiffre se cachent des millions d’oiseaux qui ont disparu de nos villes, de nos campagnes, de nos jardins et de nos paysages.

Bien sûr, tout n’est pas sombre. Certaines espèces ont pu être sauvées grâce à des politiques de protection ambitieuses : les cigognes blanches, plusieurs rapaces ou encore certains vautours connaissent aujourd’hui une situation bien meilleure qu’il y a quelques décennies.

Cette bonne nouvelle prouve une chose essentielle : lorsque l’être humain décide réellement de protéger le vivant, cela fonctionne.
Mais dans le même temps, les oiseaux du quotidien poursuivent leur déclin. Hirondelles, martinets, moineaux, alouettes, mésanges et bien d’autres espèces familières deviennent moins nombreuses. Leur disparition est progressive, presque discrète. On ne s’en aperçoit pas forcément d’une année sur l’autre. Pourtant, lorsque l’on compare avec ce que l’on observait il y a trente ou quarante ans, le changement est saisissant.

À La Seyne-sur-Mer comme dans l’ensemble du Var, nous avons la chance de vivre dans un territoire encore remarquable pour sa biodiversité. Entre Janas, le cap Sicié, Fabrégas, les Sablettes, Tamaris ou Saint-Elme, les oiseaux font partie du paysage. Mais les tendances observées au niveau national et régional n’épargnent pas notre territoire.

Et il ne s’agit pas seulement de protéger quelques jolies plumes pour le plaisir des photographes ou des amoureux de la nature.
Les oiseaux jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes. Beaucoup régulent naturellement les populations d’insectes. D’autres participent à la dispersion des graines et donc au renouvellement de la végétation. Certains nettoient les milieux en consommant les carcasses. Tous participent, à leur manière, à l’équilibre général du vivant.

Quand les oiseaux disparaissent, c’est souvent que quelque chose ne va plus très bien ailleurs : moins d’insectes, moins de diversité végétale, moins d’habitats naturels, davantage d’artificialisation des sols, davantage de pollutions ou de perturbations liées au dérèglement climatique.

Beaucoup se souviennent aussi d’une époque où les pare-brise étaient couverts d’insectes après un trajet estival. Ce souvenir n’est pas une preuve scientifique à lui seul. Mais plusieurs études européennes ont depuis confirmé un déclin important des insectes volants. Moins d’insectes signifie moins de nourriture pour de nombreux oiseaux. Là encore, tout est lié.

Il faut aussi être lucide : sur nos littoraux méditerranéens, certaines espèces comme le goéland leucophée — notre fameux gabian — sont très présentes, parfois trop dans certains secteurs. Mais là encore, ce déséquilibre dit beaucoup de nous. Les goélands ont profité de nos déchets accessibles, de nos ports, de nos rejets alimentaires, de nos toitures et de notre manière d’occuper le littoral. Le problème n’est donc pas “l’oiseau contre l’humain”, mais une cohabitation mal organisée. Le gabian n’est pas le méchant de l’histoire. Il est parfois le miroir bruyant de nos propres négligences.

Face à cela, une commune n’est pas impuissante. Elle peut préserver les espaces naturels plutôt que les grignoter. Elle peut protéger les zones humides, maintenir les arbres remarquables, replanter des essences locales, conserver ou recréer des haies, limiter l’artificialisation des sols, mieux gérer les déchets, empêcher le nourrissage sauvage, adapter l’éclairage public pour moins perturber la faune nocturne, favoriser les nichoirs dans certains bâtiments publics et faire de ses parcs et jardins de véritables refuges pour la biodiversité.

Elle peut aussi sensibiliser les habitants et les écoles, car protéger le vivant commence souvent par apprendre à le connaître.
C’est sans doute la leçon principale de ce rapport : les oiseaux ne sont pas seulement des habitants de nos paysages. Ils sont des indicateurs de l’état de santé de notre environnement.

Protéger les oiseaux, ce n’est donc pas défendre une cause marginale. C’est protéger l’eau, les sols, les forêts, les zones humides, les espaces naturels, les paysages et, finalement, les conditions mêmes qui permettent à nos sociétés humaines de prospérer.
Le vivant fonctionne comme un immense chœur. Chaque espèce y tient sa partie. Lorsqu’un pupitre disparaît, la musique continue encore un peu. Mais elle devient moins riche, moins équilibrée, plus fragile.

Et lorsque trop de voix se taisent, c’est tout le concert qui finit par vaciller.

P.S. : Touche pas aux cigales. Mais prenons aussi le temps d’écouter le silence inquiétant des oiseaux…
Pour un front républicain seynois
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🎵 Chanson du jour : « Touche pas aux cigales » — Aïoli

#LaSeyneSurMer #Biodiversité #Oiseaux #Var #Vivant

Ecrit par Guy CALMES 

 

Actualités

VAR :Le logement est un droit !

 

Le préfet du Var vient d’adresser un message particulièrement clair à plusieurs communes du département : lorsque les obligations en matière de logement social ne sont pas respectées, l’État peut reprendre la main.
Droit de préemption, contrôle renforcé du foncier, reprise de la délivrance des permis de construire : les outils existent et le préfet indique désormais être prêt à les utiliser lorsque les blocages persistent.

La République ne s’applique pas à la carte. Elle ne peut pas être brandie !

Une telle annonce devrait nous interroger collectivement.

Car derrière ce qui pourrait apparaître comme un simple désaccord administratif entre l’État et certaines municipalités, il y a en réalité une question beaucoup plus concrète : celle de dizaines de milliers de familles qui cherchent aujourd’hui à se loger dignement.
Avant d’aller plus loin, une question mérite peut-être d’être posée.
Le préfet du Var serait-il devenu un dangereux révolutionnaire ? Un collectiviste forcené ? Un militant d’extrême gauche infiltré dans les services de l’État ?
Après tout, il ose défendre le logement social, rappeler l’existence de la loi SRU et envisager de faire respecter des obligations républicaines pourtant votées démocratiquement.

À moins que l’explication soit beaucoup plus simple.
À moins qu’il ne fasse tout simplement son travail de représentant de l’État.
À moins que le logement social ne soit pas une obsession de « gauchistes », mais un outil prévu par la loi de la République pour répondre à un besoin social bien réel.
À moins que les dizaines de milliers de demandes de logements en attente dans le Var finissent par constituer un problème suffisamment sérieux pour justifier autre chose que des slogans.

Dans le Var, près de 39 000 ménages attendent aujourd’hui un logement social. Des femmes seules avec enfants. Des retraités modestes. Des jeunes qui commencent leur vie active. Des salariés qui travaillent mais ne parviennent plus à suivre l’envolée des loyers du secteur privé. Des familles coincées dans des logements trop petits, trop chers, parfois indignes.
Et pourtant, malgré cette réalité, le logement social continue parfois d’être présenté comme un problème plutôt que comme une partie de la solution.

Il faut alors remettre quelques pendules à l’heure. Non, le logement social n’est pas synonyme d’immigration. Non, le logement social n’est pas synonyme de délinquance. Non, les habitants des logements sociaux ne sont pas des assistés, des profiteurs ou des menaces pour la société.

L’immense majorité des personnes qui vivent dans ces logements aspirent exactement à la même chose que tous les autres citoyens : travailler, élever leurs enfants, vivre paisiblement, participer à la vie de leur commune et disposer d’un logement adapté à leurs revenus.

Bien sûr qu’il existe des problèmes dans certains quartiers. Bien sûr qu’il existe des trafics, des violences, parfois des armes. Il serait absurde de le nier. Mais il est tout aussi absurde, et beaucoup plus dangereux politiquement, de faire croire que ces difficultés résument la réalité du logement social.

La réalité quotidienne, ce sont des enfants qui partent à l’école, des parents qui courent au travail, des personnes âgées qui comptent leur retraite, des jeunes qui essaient de prendre leur indépendance, des voisins qui s’entraident, des familles qui veulent simplement vivre normalement.

Et si l’on veut réellement lutter contre les difficultés, alors il faut faire exactement l’inverse de ce que proposent les marchands de peur.
Il faut rénover les logements dégradés. Il faut remettre de la présence humaine, du service public, de la médiation, de l’éducation populaire, de la culture, de la santé, des transports. Il faut cesser d’abandonner certains quartiers pendant des années pour venir ensuite expliquer, la main sur le cœur et le mégaphone dans l’autre, que « la République doit reprendre ses droits ».
La République ne revient pas seulement à coups de caméras, de coups de menton et de slogans sécuritaires. Elle se construit avec des logements dignes, des écoles dignes, des rues entretenues, des services publics accessibles, des associations soutenues et des habitants respectés.

La loi SRU impose à de nombreuses communes d’atteindre 20 ou 25 % de logements sociaux. Cette loi n’a pas été écrite pour punir les communes. Elle vise à éviter que certains territoires concentrent toutes les difficultés pendant que d’autres organisent tranquillement l’entre-soi social sous couvert de « cadre de vie ».
Et c’est là que l’on touche au comble.

Ce sont souvent les mêmes responsables politiques qui parlent sans cesse d’ordre, d’autorité, de République, de respect des règles et de fermeté. Mais lorsqu’il s’agit de respecter la loi sur le logement social, alors là, curieusement, la grande passion légaliste devient beaucoup plus souple.
La loi, oui. Mais surtout pour les autres.

Certaines communes préfèrent payer de lourdes pénalités plutôt que de respecter leurs obligations. Autrement dit, elles utilisent de l’argent public pour financer leur refus politique du logement social.

À La Seyne-sur-Mer, la situation n’est pas parfaite. La commune reste en dessous de l’objectif légal, avec environ 18,6 % de logements sociaux pour une obligation de 25 %. Mais elle est tout de même beaucoup plus proche de l’exigence républicaine que d’autres communes varoises.

À Six-Fours-les-Plages, le taux est voisin de 11 %. À La Valette-du-Var, il demeure également très inférieur à l’objectif légal. Et dans plusieurs communes de la ceinture toulonnaise, le retard accumulé n’est pas un détail : il pèse concrètement sur les familles qui cherchent un logement, sur les jeunes qui veulent rester vivre près de leur travail, sur les retraités modestes et sur les salariés que tout le monde applaudit lorsqu’ils rendent service à la société mais que l’on oublie lorsqu’il faut leur permettre de se loger dignement.
Soyons justes : à Six-Fours comme à La Valette, les nouvelles équipes municipales viennent d’arriver. Elles ne peuvent être tenues responsables à elles seules d’une situation héritée de plusieurs mandats.
Nous ne leur jetterons donc pas la pierre.

Bien au contraire.

Puisque leurs responsables se réclament régulièrement de l’ordre républicain, du respect des lois et de l’autorité de l’État, nous sommes certains qu’ils mettront toute leur énergie à rapprocher leurs communes des objectifs fixés par la loi SRU.
Nous ne doutons pas un instant que ces excellents républicains considéreront le respect d’une loi de la République avec la même exigence que celle qu’ils demandent aux autres citoyens.

Nous suivrons donc leurs résultats avec intérêt, curiosité… et, il faut bien l’avouer, une certaine impatience.
À La Seyne, nous avions déjà porté cette exigence dans nos publications et dans le programme Uni.e.s à gauche pour La Seyne-sur-Mer : produire du logement accessible, lutter contre l’habitat indigne, réhabiliter l’ancien plutôt que bétonner sans réfléchir, remettre sur le marché les logements vacants, favoriser la mixité sociale, protéger les espaces naturels et permettre à celles et ceux qui font vivre la ville d’y habiter encore.

Parce qu’une ville où seuls les plus aisés peuvent se loger n’est plus vraiment une ville. C’est une vitrine. Et une vitrine, c’est joli deux minutes, mais on ne vit pas derrière une vitre.
Le logement social n’est pas une faveur accordée à quelques-uns.
C’est un outil de justice sociale.

C’est ce qui permet à une aide-soignante, à un agent municipal, à une caissière, à un jeune apprenti, à une mère seule, à un retraité modeste, à un couple qui démarre dans la vie, de ne pas être expulsés symboliquement de leur propre territoire.
Et quand ces personnes peuvent vivre dans un logement digne, stable, adapté à leurs revenus, elles ne coûtent pas plus cher à la société. Elles y participent mieux. Elles travaillent mieux. Elles élèvent leurs enfants dans de meilleures conditions. Elles s’inscrivent dans la vie locale. Elles deviennent des voisins, des parents d’élèves, des bénévoles, des usagers des services publics, des citoyens à part entière.

 

Bref, elles font société.
Alors oui, parlons de sécurité.

Mais parlons aussi de cette sécurité fondamentale qui consiste à savoir que l’on pourra dormir ce soir dans un logement digne.
Parlons de la sécurité d’un enfant qui a une chambre pour faire ses devoirs.
Parlons de la sécurité d’une femme seule qui n’a pas à choisir entre payer son loyer et remplir le frigo.
Parlons de la sécurité d’un retraité qui n’est pas obligé de quitter la ville où il a vécu toute sa vie.
Parlons de la sécurité d’un jeune qui peut accepter un premier emploi sans être condamné à deux heures de trajet ou à un loyer impossible.

Le logement social n’est pas le problème.
Le problème, c’est le manque de logements accessibles.
Le problème, c’est la spéculation.
Le problème, c’est l’habitat indigne.
Le problème, c’est l’abandon de certains quartiers.
Le problème, c’est le discours de ceux qui transforment des familles modestes en boucs émissaires pour ne jamais parler des vrais choix politiques.

Une municipalité digne de ce nom ne trie pas ses habitants selon leurs revens les discours sur l’autorité et oubliée dès qu’elle impose un effort de solidarité.

Nous voulons une ville où l’on puisse vivre dignement, quel que soit son âge, son revenu, son quartier ou son parcours.
Une ville qui ne regarde pas les plus fragiles comme une gêne. Une ville qui comprend qu’aider les habitants à se loger, ce n’est pas faire preuve de faiblesse.

C’est faire preuve d’intelligence collective.
Et, accessoirement, de simple humanité.

🎵 « Les Mains d’or » de Bernard Lavilliers.

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Illustration réalisée à l’aide d’outils d’intelligence artificielle afin d’accompagner la réflexion proposée dans cette publication.