Municipales : les vainqueurs ont gagné !

 

Une heure à peine après la fermeture des bureaux de votes des grandes villes, les leaders de la plupart des partis de gauche, du centre, de droite et au-delà se sont vite dépêchés.es d’occuper les plateaux de télé pour nous dire leur satisfaction des résultats du 2è tour plus positifs que prévus.

 

Ce n’était pas l’euphorie pour tout le monde mais le soulagement de conserver «sa» mairie ou de la conquérir, là où les pronostics n’étaient pas évidents.

 

Paris, Marseille et Lyon, nos trois plus grandes villes, conservent leur majorité de gauche

 

A Marseille, 2è ville de France, nos voisins, le printemps marseillais et son leader Benoit Payan ont nettement battu Franck Allisio, proche de Bardella. A Nîmes, c’est le communiste Vincent Bouget à la tête d’une liste de gauche qui bat le maire sortant et le candidat RN.

A Nice, E. Ciotti, nouveau maire parrainé par le RN a appelé les électeurs LR à le suivre…

 

La ville de Toulon était une prise particulièrement convoité par le RN, sa candidate, la députée L. Lavalette, porte-parole du groupe à l’assemblée nationale, était arrivée en tête au 1er tour avec 42,05%. Elle a été nettement battue au second tour par la maire sortante Josée Massi, droite sans étiquette avec 29,54%, qui a bénéficié du désistement ou du retrait des quatre autres listes. Il n’y avait que 58% de votants et pas de fusion de listes.

 

A La Seyne, le RN Dorian Munoz, jeune apparatchik de 34 ans, assistant parlementaire, devient maire de cette ville ouvrière symbole, longtemps dirigée par un maire communiste issu de la Résistance jusqu’aux années 1980 où la désindustrialisation a fait des ravages. Des municipalités de droite prendront le pouvoir local, jusqu’au retour d’une gauche de plus en plus fragile.

 

Les divisions originelles de la droite seynoise sortante au pouvoir en 2020 se sont avérées inconciliables. Celles des gauches refusant l’union dès le 1er tour ont sabordé une occasion de rassembler à gauche Seynoises et Seynois pour construire une majorité  progressiste et écologiste gagnante. Les divisions ne mobilisent pas. Le pire est arrivé.

 

A Six-Fours le député RN Boccaletti a détrôné de justesse le maire LR Vialatte. Il serait un enfant de chœur. L.Lavalette était venue le soutenir à Six-Fours trois jours avant, en termes chaleureux : «vous avez là un candidat extraordinaire, infatigable, une machine de guerre, un militant acharné… ». Sa biographie mérite quelques précisions.

 

A Draguignan le député RN, P.Schreck, a été mis en échec par le maire sortant R.Strambio obtenant 50,64%. L’avocat député et dépité, parle de déposer un recours, «ils ont lâché les chiens» avance-t-il. Tiens, tiens…à suivre. Le champagne sera pour plus tard.

 

De toute manière, même si le RN n’a pas réussi tout ce qu’il comptait gagner, on ne peut contester son avancée générale notamment dans le Nord-Pas-de-Calais et dans le sud-méditerranéen qui va se traduire en nombre de maires, de conseillers municipaux et communautaires. Et inversement pour les partis de gauche, LFI comprise, il y en aura moins. Mais il y a aussi  des reconquêtes en faveur des partis traditionnels dont leur

Raisons d’être c’est de répondre aux besoins urgents de leurs concitoyens que l’extrême-droite ignore : les logements sociaux, les services publics, l’action populaire à travers les associations et les syndicats.

 

Ce qui ne peut s’obtenir que par les luttes et par la conscience de ce qui, par exemple, prend des proportions insoutenables au Moyen-Orient depuis près d’un mois : la guerre américaine irresponsable qui s’étend, sans mandat de personne, pour massacrer les peuples d’Iran, du Liban en plus de Gaza et des Etats concernés par les conséquences économiques énormes qui nous affectent déjà.

 

Ce qui met les Français.es les plus modestes et les collectivités locales à rude épreuve. Tandis que la guerre russe en Ukraine s’éternise.

 

Nous ne disons pas que ce sont les maires de France qui sont en charge de la paix aux quatre coins du monde mais il ne leur est pas interdit de savoir qu’un chef d’Etat américain puisse par sa force militaire, enlever ou assassiner d’autres chefs d’Etat et décider d’annexer des territoires selon ses propres intérêts, au mépris du droit international ?

 

Or nous savons que les maires d’extrême-droite soutiennent les intentions et les actes de Trump, ils en parlent très rarement. Ils ne sont nullement apolitiques et font beaucoup de bruit à propos des immigrés qu’ils veulent expulser, « la France aux Français » en dit assez long. Ils sont en osmose avec leur mentor qu’ils ont été félicités.

 

Une autre page se tourne, on connaît la prochaine élection, la plus décisive. Aux plus jeunes  de relever les défis alors que le capitalisme n’a plus de souffle.

 

Protégeons la planète et osons le pluralisme, le partage, la justice sociale et les solidarités

 

 

 

René Fredon

 

 

 

 

 

 

 

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