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Combattre les inversions

 

                                                                                                                                                         Combattre les inversions

 

Bien sûr, les temps troublés nous obligent à refuser les simplismes, les postures, les outrances. Avec lucidité et hauteur de vue, il s’agit d’affronter ensemble les complexités.

 

De les défricher, de les déplisser jusqu’au fond de leurs replis cachés. Cela exige de penser, de parler, de réfléchir ensemble et de condamner sans ambiguïté toutes les violences, toutes les mises à mort et leurs responsables.

Il est temps de s’interroger. On peut se demander dans quelle mesure le moment ne porte pas la marque brune de l’accélération d’une dangereuse culbute portée par de puissantes forces drapées des habits de la raison et de la bienséance.

Avant que ne s’élance à Lyon samedi dernier une manifestation en mémoire de Q. Deranque, rassemblant nationalistes, identitaires, racistes de toute sorte et néonazis, la tête de liste du parti les « Républicains » à la mairie de Marseille revendiquait le slogan pétainiste « Travail, Famille, Patrie » en lieu et place de la devise républicaine : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Quelques heures plus tard, la ministre de l’Agriculture la soutenait ouvertement à la radio.

 

Au dîner annuel du CRIF, le Premier ministre a annoncé qu’il proposerait de légiférer pour faire confondre antisémitisme avec l’antisionisme incluant la contestation des actions criminelles du pouvoir d’extrême droite israélien.

 

Depuis le perchoir, la présidente de l’Assemblée nationale a ouvert les vannes en demandant publiquement la destitution d’un député, permettant plus tard à une ministre de traquer tout électeur de La France Insoumise, puis à une autre de demander l’interdiction de ce parti, puis à d’autres de dresser un trait d’égalité entre l’extrême droite et La France Insoumise après que le ministre de l’Intérieur eut demandé, en dehors de toute jurisprudence, de ranger ce mouvement à l’extrême gauche dans les classifications des listes aux élections municipales. Une autre ministre a pu proclamer que « La France insoumise, c’est l’anti-France » comme jadis, du temps de Pétain, certains criaient « Communistes, pas français. » Injonction est faite à toute force de gauche et écologiste de ne plus s’approcher de La France Insoumise. Curieux non ! Quand on sait que 40% du groupe LR à l’assemblée nationale ont été élus grâce au retrait des candidats du Nouveau Front Populaire. Dans une bonne demi-douzaine de circonscription cela a été le fait de candidat de La France Insoumise participant à ce qui est communément appelé « le barrage Républicain ».

 

Devant l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères s’est permis, sur la base d’une déclaration tronquée de demander la démission de la rapporteure de l’ONU chargée d’enquêter sur la nature des crimes à Gaza. Le ministre de l’Enseignement supérieur demande aux préfets un contrôle sur la nature des conférences organisées dans les universités.

Loin d’être un dérèglement de la pensée républicaine, cet ensemble de paroles et de décisions indique la nature d’une nouvelle déviation politique sapant les fondements de notre République. Les forces dominantes et les possédants ont eu si peur de la victoire du Nouveau Front populaire au début de l’été 2024, qu’ils cherchent tous les moyens d’empêcher son unité et sa progression. Dès lors, chaque événement est exploité en ce sens.

Il convient de redire sans détour, avec fermeté et clarté qu’aucune violence physique, aucun meurtre n’est tolérable, acceptable, banalisable dans une démocratie républicaine. Il ne peut y avoir d’exception.

 

L’antifascisme est une attitude, un combat d’idées, un mouvement large des démocrates et des républicains qui refuse la prise de pouvoir de partis ou de groupuscules autoritaires et fascisants menaçant la République. C’est un mouvement de défense et de protection. Ce n’est ni une milice, ni un groupuscule. Il n’emploie pas les méthodes de ceux qu’il doit combattre. Il vise le mouvement majoritaire mariant l’esprit républicain et la mobilisation pour une radicale perspective de transformation comme au temps du Front Populaire avec ce tryptique « Le Pain, La liberté, La Paix ».

Mais on ne peut prétendre vouloir  panthéoniser Marc-Bloch et stigmatiser au plus haut niveau de l’état l’antifascisme !

 

Le contexte oblige à refuser toute excuse, toute complaisance au meurtre de Q. Deranque militant nationaliste d’extrême droite. L’enquête et la justice doivent établir les faits et les responsabilités et prendre en conséquence les décisions conformes au droit.

 

La force de la politique sera toujours supérieure à la politique de la force, des coups-de-poing et de pieds. 

Faire reculer la force renforce la vitalité démocratique. Il n’y a jamais de circonstances atténuantes au crime. Il convient donc d’être clair, ferme et de se détacher de certaines organisations et de leurs méthodes violentes qui poussent à la mort d’un jeune quelles que soient ses opinions aussi radicalement opposées aux nôtres.

 

Ne pas le faire revient, qu’on le veuille ou non, à délégitimer l’antifascisme.

C’est ce mouvement de renverse qui est en train de se produire. Nous devons en tenir compte dans l’indispensable combat idéologique pour remettre les choses à l’endroit. La France insoumise, n’a évidemment rien à voir avec ce meurtre. Sa mécanique de défense face au rouleau compresseur de la réaction et de quelques autres cercles ne doit pas  ouvrir la voie au poison de suspicions infondées, à de redoutables défiances portant au bout du compte les germes d’une dislocation de la gauche, et de la destruction du bouclier protecteur des classes populaires et de la jeunesse. C’est l’objectif du grand cercle de la raison capitaliste, qui par tous les moyens veut préserver son système.

 

On ne peut plus aborder le débat politique de la même manière qu’il y une dizaine d’années. L’internationale réactionnaire est active. Elle est à la tête de grands États, dont les États-Unis. Elle tisse sa toile aux quatre coins de la planète, particulièrement en France. Des forces importantes des droites républicaines mutent pour mieux défendre, par tous les moyens – non pas les principes républicains – mais le capitalisme miné par ses contradictions. Pour cela, il leur faut absolument, non pas seulement diviser la gauche, mais la détruire.

Dès lors que le rideau de fumée macroniste et sa fumeuse thèse du « ni gauche-ni droite », commune d’ailleurs avec celle du  parti lepéniste, s’est évanouie dans le service zélé aux puissances d’argent et qu’en même temps la droite recomposée après la Seconde Guerre mondiale dérive au fil des eaux brunes de l’extrême droite, le moment est complètement nouveau et ouvre les voies du pouvoir à cette dernière.

 

Il convient de mesurer la puissance de la machine à laver mise au service de la blanchisserie du RN/FN.

 

Quand les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat appellent à une manifestation contre l’antisémitisme en permettant au parti le plus antisémite de défiler à leurs côtés, ils offrent aux héritiers du fascisme, du nazisme et de la collaboration, un blanchiment historique.

 

Quand ces mêmes présidents font se lever députés et sénateurs aux côtés de l’extrême droite pour une minute de silence en hommage à Q. Déranque, alors qu’ils ne l’ont pas fait en hommage, par exemple, au rugbyman Frederico Martin Aramburu criblé de balles le 19 mars 2022 par deux nervis fascistes connus des services de police, on mesure la digue qu’ils sont en train de détruire.

 

Les stratégies de confusionnisme, les opérations d’obscurcissement sont orchestrées sur une musique de fond laissant croire que la vie démocratique serait dans son état normal.

 

Comment la vie politique peut-elle être « normale » quand les forces d’extrême droite devancent toutes les autres aux élections européennes avec le tiers des suffrages, que son groupe est numériquement le plus important à l’Assemblée nationale et qu’elles frôlent les 40 % des suffrages dans certaines enquêtes d’opinion ?

 

Quand tout se bouscule ainsi, sous les apparences de la normalité, la situation est dangereuse. La vaste tentative en cours de prise de pouvoir sur les esprits peut accélérer un mouvement de bascule que nos concitoyens regretteraient rapidement et amèrement.

Ce qui se passe aux États-Unis doit faire réfléchir : une coalition de réactionnaires, d’identitaires, de nationalistes et de libertariens, alliés au grand capital du numérique, du militaire, de l’immobilier, de la pharmacie et de l’extractivisme capitaliste théorise la fin du droit, la fin de la démocratie et le recours à la violence. Au pouvoir, ils aggravent les souffrances sociales des travailleuses et des travailleurs, tout en délégitimant la science et rêvant de mettre la culture au pas. Nous entrons en France aussi dans ce mouvement d’une terrible inversion des responsabilités et des valeurs.

 

Ici, il ne s’agit plus pour le pouvoir et la droite de condamner la violence en politique, mais de l’instrumentaliser, de l’utiliser comme prétexte à l’intimidation médiatique et institutionnelle, à faire taire les contestations sur une multitude d’enjeux sociaux, démocratiques, environnementaux, antiracistes, féministes.

 

Ne mésestimons pas la portée du combat en cours. Lorsqu’une partie de la droite s’empare de l’abominable crime de Lyon pour réclamer la censure de Rima Hassan, elle s’attaque, au fond, à la cause palestinienne et au droit international.

 

Ce même pouvoir qui hier interdisait des manifestations syndicales de défense du code du travail ou pour l’application du droit international en Palestine, a poussé encore plus l’aiguille du cadran de la bascule idéologique en autorisant,  samedi dernier au cœur de Lyon, le défilé de groupuscules d’extrême droite avec ses saluts nazis, ses propos homophobes, masculinistes, racistes et anti-communiste.

 

Dans plusieurs villes, les manifestations des extrêmes droites laissent derrière elles des murs maculés de croix gammées. Des permanences de partis de gauche, notamment celles de La France Insoumise et du Parti communiste, ont été souillées ou vandalisées.

 

On aurait grand tort de ne voir que les apparences de la peinture fraîche sur les masques des extrêmes droites.

 

Nous en sommes, pourtant, au point où dans une unité de vues, des cercles gouvernementaux, des forces de droite et de l’extrême droite se permettent d’appeler à une alliance d’un nouveau type contre La France Insoumise. Le leader du RN/FN a pu, sur cette base – soutenue en toute tranquillité par des ministres et des responsables de droite – appeler à un front commun contre La France Insoumise. Ne nous trompons pas ! De cliquet en cliquet, c’est toute la gauche et l’écologie politique, des syndicats, des associations, des personnalités progressistes qui sont visés dans un engrenage qui vise la destruction des droits humains et sociaux, le pluralisme de la presse, la mise au pas de la justice, la répression des mouvements écologistes. Que nos amis socialistes ne s’y trompent pas. Eux aussi seront dans le collimateur comme le sont les responsables démocrates aux États-Unis. Que certains d’entre eux y réfléchissent et ne hurlent pas avec les loups aux crocs acérés.

 

En 1933, aussi, le parti national-socialiste allemand prenait prétexte de l’incendie du Reichstag pour interdire le Parti communiste et de multiples organisations de gauche pour, au bout du compte, mettre au pas le peuple Allemand et déployer sa stratégie nazie. Les forces qui, aujourd’hui concentrent leurs coups sur La France Insoumise ouvrent, à coup de bulldozer, un boueux boulevard où paraderait un RN/FN avec un visage de la respectabilité et l’apparence – seulement – d’une force capable d’apporter des réponses à la mal-vie, aux crises et aux désordres.

 

Or, ce parti d’extrême droite reste antirépublicain et constitue la dernière béquille du grand capital mondialisé. Il est utile de lire les propositions de loi que le RN/FN a déposées sur le bureau de l’Assemblée nationale, dans lesquelles surgit, entre les lignes, son projet de coup d’État constitutionnel pour imposer la « préférence nationale ».

 

Dans un contexte si inflammable, si désordonné et confus , nos amis de La France insoumise ont la responsabilité de ne pas tendre en permanence les formes du débat, de sortir d’une posture vécue comme trop agressive par une partie conséquente de l’électorat de gauche et au-delà par de larges fractions de celles et de ceux qui ont intérêt au changement progressiste et cherchent une issue à leurs souffrances sociales. De même, le combat contre les fausses informations, les insultes, l’agressivité de discoureurs de plateaux  ne doit pas être confondue avec l’indispensable pluralisme des médias à gagner, le droit d’être informé convenablement et le débat d’idées si indispensable à l’exercice de la citoyenneté.

 

Il n’y a ici aucun propos belliqueux, mais une volonté de construire un large front commun aux progressistes et démocrates pour empêcher le pire d’advenir et pour ouvrir, dans le dialogue, dans le débat avec toutes les forces progressistes, bien au-delà des partis les voies d’un rassemblement majoritaire pour un processus d’émancipation.

 

On ne peut laisser plus longtemps délégitimer les belles et fortes valeurs de la gauche : l’humanisme, le souci de l’autre, l’altérité, la sororité, l’antiracisme, le processus démocratique comme but et moyen à la disposition des citoyens et des salariés pour conquérir des pouvoirs nouveaux dans la cité et sur le travail et la production.

 

Combattons cette musique qui tend à faire passer les valeurs émancipatrices et inclusives pour des projets dangereux, quand la droite extrémisée promeut l’ordre et le compromis contre le travail et la création pour sauver un capitalisme qui a encore plus besoin de les exploiter.

 

Le moment est exigeant pour tout républicain, tout démocrate : ne céder ni à la violence, ni au piège des parallèles tracées entre l’extrême droite et les forces de gauche réunies au sein du nouveau Front populaire.

 

Le moment est exigeant pour toutes les forces de gauche, écologistes et progressistes : ouvrir les mains et les cœurs pour apaiser les débats en les rendant constructifs ; éclairer sur la douloureuse expérience en cours avec le trumpisme; ne rien faire à l’occasion des élections municipales qui fasse perdre des gestions de villes par les forces de gauche qui, depuis 1977, agissent ensemble pour le bien des populations ; ne pas se contenter des débats électoralistes – avec en arrière-pensée l’élection présidentielle – mais se porter au service des combats des travailleurs, si maltraités par l’impérieuse loi de l’argent et ses violences sociales dont on parle si peu ; protéger les plus démunis, celles et ceux que l’on nomme les minorités ; bâtir des initiatives unitaires au service de l’émancipation ; faire prévaloir en toute chose le respect des uns et des autres, le dialogue cordial et fraternel sans gommer les différences et les désaccords.

 

Au contraire, nous devrions nous attacher à les mettre en débat parmi les citoyens et les travailleurs et à entendre leurs aspirations unitaires. Tout doit être mis entre les mains des citoyennes et des citoyens, du monde du travail et de la création qui doivent se mêler des débats pour pouvoir devenir actrices et acteurs d’un nouveau projet d’à-venir.

L’heure est à ne pas laisser vaciller la République.

Le 23 février 2026, La lettre de Patrick LE HYARIC

 

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Unir le peuple de France contre le fascisme

                 En Photo ( HUMANITE ) le groupe Fasciste NEMESIS avec  ces  femmes  anti-avortement et anti progres sociaux  et/ou societaux 

collectif fémonationaliste Némési  …© Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP

 

                                                                                                                      Unir le peuple de France contre le fascisme

 

C’était déjà la préoccupation des communistes en avril 1936. C’est plus que jamais d’actualité. Détour à travers l’Histoire et les similitudes presqu’un siècle plus tard où l’on craint que les mêmes sources idéologiques, à l’œuvre derrière leur leader américain, parviennent à dominer les pays et les peuples qui voient un avenir très sombre se dessiner.

 

Nous nous trouvons devant une crise profonde du capitalisme confronté à un monde multipolaire. Crise dont on ne voit pas la fin, avec le risque d’une troisième guerre mondiale entretenu par la conception impérialiste des E-U, notamment, du droit international quitte à prolonger les guerres en cours, toujours alimentées par les mêmes et leurs soutiens…très à droite et à l’extrême-droite au service des ultras-riches qui ne le sont jamais assez !

L’imminence, en France et ailleurs, de la possibilité d’accession du RN -et autres groupes d’ultra-droite- aux pouvoirs, nationaux et locaux, ne saurait être sous-estimée, ni surestimée car minoritaire à condition que les 2/3 de la population se manifestent lors des élections prochaines sans attendre l’échéance de la présidentielle.

Encore faut-il que l’antifascisme soit clairement inclusif à la démocratie et à la République, ainsi que la laïcité dans toute sa diversité. Que la gestion des problèmes économiques, sociaux, sociétaux et environnementaux soit en dehors de tout privilège avec la volonté de réduire les inégalités sociales qui ne cessent de s’accroître, à la ville comme à la campagne.

Ce qui n’est pas du tout au programme des droites et extrêmes-droites d’hier et d’aujourd’hui. Contradictions existentielles qui ne se résoudront que par les luttes populaires dans les entreprises et dans les lieux de vie.

 

Une situation comparable, à bien des égards, qui m’est revenue en mémoire, condensée dans le discours du 17 avril 1936 de Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, qui n’avait jamais été invité à Radio-Paris, discours qui reste prémonitoire, à mes yeux, non par fétichisme mais par ce qu’il contient de vision communiste dans une période et un contexte des plus difficiles au sein de l’internationale communiste d’alors, dirigée par Staline qui n’avait pas apprécié l’initiative française, à la veille de la seconde guerre mondiale.

Ce discours dont on retient  surtout « la main tendue aux catholiques et aux croix-de-feu…» avait déclenché la stupeur et l’ironie haineuse parmi les classes dominantes et leurs porte-paroles gouvernementaux n’était que la partie finale d’un discours conséquent sur l’état de la France et l’analyse qu’en faisait l’orateur, ancien mineur, d’une clarté et d’une conviction rares. (1)

 

Il y développait « Les 200 familles responsables de la crise. La dictature des banques. Les ouvriers et employés dans la crise. La ruine des paysans. Les fascistes diviseurs de Français. Le fascisme, c’est la guerre. Complices d’Hitler en France. Nous combattons pour l’avenir de notre peuple ».

Ce qui me paraît flagrant, tragique même, ce sont les parallèles avec ce que nous vivons aujourd’hui, 90 avant après, à la veille de la seconde guerre mondiale, l’on voit les mêmes idéologies d’extrême-droite resurgir, banalisées et prêtes à imposer les « valeurs » que l’on sait, tout en se camouflant, déniant ce qu’elles ne veulent pas reconnaître : leur filiation et leurs objectifs qui passent toujours par les guerres et les dictatures.

 

Illustration à Toulon où la députée RN, devient candidate au poste de maire, sur une liste sans étiquette: la gestion d’une commune serait apolitique !

 

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde » écrivait le poète et dramaturge allemand Bertold Brecht dès 1941. Il avait une autre citation très popularisée : « Celui qui combat peut perdre mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

 

Bien entendu, ce sont les générations d’aujourd’hui qui trouveront les réponses à ce qui les révolte, d’autres  approuvant où, par l’abstention, laissant faire ceux qui nous gouvernent, à droite et ceux qui, à l’extrême-droite, sont aux portes du pouvoir, aux côtés de Trump et de Poutine deux nationalistes qui veulent agrandir leur territoire par la guerre.

Le premier visant d’annexer et de dominer de grands espaces et des pays entiers, malgré eux, allant jusqu’à kidnapper le chef d’Etat du Venezuela, à priver d’électricité et d’essence Cuba où les E.U disposent toujours d’une base militaire ??

 

On est samedi 28 février, il est bientôt 13 h, j’ouvre la 2 et j’entends que les E-U ont largué des bombes sur l’Iran comme ils nous y préparaient, Trump disant qu’il s’agit « d‘une opération de combat majeure » et que libérer le pays des mollahs c’est bon pour l’avenir !!! De quel droit et pour quels intérêts ? Il a eu l’accord de Nétanhyaou, on s’en doutait, c’est tout le problème. Voilà le Moyen-Orient embrasé et la réplique militaire aussitôt activée de l’Iran. Une guerre de plus !

 

C’est ça l’avenir du monde ?

 

Il est vrai qu’en France, de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui ne font pas confiance aux « politiques » de droite et de gauche pour ne pas avoir respecté leurs promesses, non sans raison, ça a commencé il y a longtemps. Une partie essayant le RN qui se dit à l’écoute des couches populaires et des paysans tout en refusant de taxer les ultra-riches, ils défendent leurs fortunes indécentes qui ne manquent pas de leur être reconnaissantes ?! En plus des détournements d’argent public..

 

Ils prennent les immigrés pour des boucs émissaires, responsables des politiques libérales touchant d’abord les plus défavorisés quelles que soient leurs origines et leurs religions. Choix libéraux qui creusent les inégalités financières et sociales. Sans parler des dispositions environnementales nettement insuffisantes, face au réchauffement climatique.

Leur camapgne anti-immigration relève fondamentalement de leur xénophobie :  tout ce qui vient de l’étranger, en particulier noirs et arabes musulmans, empiète sur leur nationalisme très étroit qu’ils confondent avec le patriotisme qu’ils voudraient confisquer.

Que celles et ceux, notamment chez les jeunes, ce qui ne saurait être un reproche, bien au contraire, ne manquez pas de voir et de revoir « le dictateur », véritable chef d’œuvre parmi d’autres, de Charlie Chaplin, son discours de fin est à couper le souffle.

Ce ne sont pas les sujets de préoccupation qui manquent. A commencer par comment créer les conditions d’un barrage de tous les antifascistes, soit un front républicain au second tour après une perspective progressiste, l’affaire des listes de gauche et écologistes au 1er tour à l’élection municipale ? D’où le titre de ce texte.

 

A suivre

 

René Fredon

 

 

 

(1) https://www.gauchemip.org/spip.php?article19319

 

(2) https://www.lhistoire.fr/feuilleton-1936/la-main-tendue-de-thorez