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PISA : REMETTEZ UNE PIÈCE DANS LE JUKE-BOX…
PISA : REMETTEZ UNE PIÈCE DANS LE JUKE-BOX…

C’est reparti. Ils vont mettre encore une pièce dans le juke-box et l’on va entendre toujours les mêmes perroquets discréditer l’enseignement français, l’Éducation nationale et les enseignants. Les résultats de PISA viennent de paraître : aussitôt, les procureurs habituels reprennent leur refrain. Le niveau baisse, l’école publique ne fonctionnerait plus, les enseignants ne travailleraient pas assez et il faudrait introduire davantage de concurrence, d’autonomie, de sélection et, bien entendu, de privé. Cela fait quarante ans que la chanson passe en boucle. À force, même le disque devrait être usé.

Commençons donc par regarder sérieusement les chiffres. En 2025, les élèves français de 15 ans obtiennent 483 points en sciences, 456 en compréhension de l’écrit et 458 en mathématiques. La France se situe légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE en sciences et légèrement en dessous en lecture et en mathématiques. Elle n’est donc ni parmi les meilleures ni parmi les plus mauvaises nations. Elle appartient au groupe intermédiaire des pays européens, proche notamment de l’Italie, du Portugal ou de l’Espagne. En revanche, ses résultats sont les plus faibles enregistrés depuis le début des enquêtes PISA et la proportion d’élèves en difficulté augmente dangereusement : ils sont désormais 36 % sous le niveau minimal attendu en mathématiques. Voilà ce que dit réellement le rapport PISA 2025 de l’OCDE⁠.

Mais le scandale français ne tient pas seulement à la baisse de la moyenne. Il réside dans les écarts. Plus de 90 points séparent encore les élèves socialement favorisés des élèves défavorisés. Les jeunes scolarisés en seconde générale et technologique obtiennent des résultats comparables à ceux des meilleurs systèmes européens, tandis qu’une partie des élèves de la voie professionnelle se situe parmi les groupes les plus fragiles à l’échelle internationale. Notre école ne s’effondre donc pas uniformément : elle trie, elle sépare et elle laisse tomber beaucoup plus lourdement ceux qui auraient précisément besoin d’elle pour échapper à leur condition sociale.

Et pendant que l’on accuse l’école publique de tous les maux, combien d’argent public consacrons-nous à l’enseignement prétendument privé ? En 2022, l’État lui a versé environ 8,5 milliards d’euros et les collectivités territoriales 1,9 milliard supplémentaire, soit plus de 10 milliards d’euros en une seule année. En 2025, les seuls crédits de l’État ont atteint environ 9 milliards, dont 90 % destinés à la rémunération des personnels. Pour 2026, la somme approche encore 9 milliards. Au total, près des trois quarts des ressources de l’enseignement privé sous contrat proviennent de fonds publics. Voilà un secteur « privé » dont la première clientèle est le contribuable. La Cour des comptes⁠ et un rapport parlementaire transpartisan⁠ ont pourtant constaté l’insuffisance des contrôles et des contreparties imposées en matière de mixité sociale.

Car les résultats bruts du privé sont effectivement meilleurs. Mais que compare-t-on ? En 2021, 55,4 % de ses élèves appartenaient aux catégories sociales favorisées, contre 32,3 % dans le public. La proportion d’élèves très favorisés dans le privé est passée de 26,4 % en 2000 à 40,2 % en 2021. Inversement, les collèges publics accueillent une proportion beaucoup plus importante d’enfants défavorisés, d’élèves en situation de handicap et de jeunes vivant dans des territoires où les difficultés sociales se cumulent.

La Cour des comptes le dit sans détour : un excellent taux de réussite au baccalauréat peut être obtenu en sélectionnant les élèves à l’entrée, puis en réorientant ou en renvoyant vers le public ceux qui risquent de faire baisser les statistiques. Tous les établissements privés ne le font évidemment pas. Mais le phénomène existe suffisamment pour que l’on ne puisse juger un lycée sur son seul taux de réussite au bac. C’est pourquoi le ministère calcule aussi un taux d’accès de la seconde au baccalauréat et une « valeur ajoutée », tenant compte du niveau initial et de l’origine sociale des élèves. Quand on mesure ce que l’établissement fait réellement progresser, et non la qualité de ceux qu’il a choisi de garder, la prétendue supériorité générale du privé devient beaucoup moins éclatante. La vitrine brille ; il faut simplement éviter de regarder trop attentivement l’arrière-boutique.

Le plus extraordinaire est que l’argent public finance ainsi deux systèmes qui n’assument pas les mêmes obligations. Le public accueille tous les élèves de son secteur, y compris ceux que les autres établissements ne veulent pas ou plus garder. Le privé sous contrat peut choisir largement son recrutement, demander une contribution aux familles et préserver son « caractère propre », tout en faisant rémunérer ses enseignants par la puissance publique. Nous finançons donc collectivement un système qui contribue à la séparation sociale, puis nous utilisons ses résultats bruts pour reprocher au service public de prendre en charge les enfants qu’il concentre précisément entre ses murs.

Après le lycée, le tri continue et l’argent familial prend une importance encore plus décisive. Plus d’un étudiant sur quatre est désormais inscrit dans l’enseignement supérieur privé, contre environ 17 % en 2010. Certaines formations coûtent 8 000, 10 000, parfois 15 000 euros par an, auxquels s’ajoutent le logement, les transports, les séjours à l’étranger, les préparations privées, les stages parfois non rémunérés et le réseau familial. Présenter ensuite la réussite de ces jeunes comme le seul fruit de leur mérite individuel relève d’une plaisanterie sociale assez cruelle.

Les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur sont implacables : parmi les jeunes de 25 à 29 ans, 68 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants sont diplômés du supérieur, contre 37 % des enfants d’ouvriers ou d’employés. Et 38 % des premiers détiennent un master, un doctorat ou un diplôme de grande école, contre seulement 13 % des seconds. Ces données officielles⁠ ne décrivent pas une compétition équitable : elles montrent une course dans laquelle certains partent avec plusieurs kilomètres d’avance, puis expliquent aux autres qu’ils auraient dû courir plus vite.

Ce sont pourtant les enseignants que l’on montrera du doigt. Ces enseignants dont les rémunérations de milieu de carrière restent nettement inférieures à celles de leurs homologues de l’OCDE ; ces personnels auxquels on demande d’accueillir toujours davantage de difficultés scolaires, sociales, familiales et psychologiques ; ces équipes qui travaillent parfois dans des locaux dégradés, avec des postes non pourvus, des remplacements impossibles et des accompagnants d’élèves handicapés maintenus dans la précarité. On désarme le service public, on organise sa pénurie, puis on brandit ses difficultés comme la preuve qu’il faudrait encore l’affaiblir. C’est moins une démonstration qu’un numéro de prestidigitation.

Pendant ce temps, les familles les plus riches achètent ce que la République ne garantit plus suffisamment : petites classes, accompagnement, cours particuliers, préparation aux concours, logement près des établissements prestigieux, mobilité internationale et réseaux professionnels. Les autres se voient rappeler que l’égalité des chances existe dans la devise, quelque part entre deux mots gravés au fronton.

Et après cela, on s’étonne de la colère, de la défiance envers les institutions et du succès de l’extrême droite. Celle-ci ne propose évidemment aucune réponse égalitaire : elle détourne cette colère vers les étrangers, les enseignants, les fonctionnaires ou les plus pauvres. Mais elle prospère sur une promesse républicaine trahie. Quand une société répète aux citoyens que seuls le travail et le mérite déterminent la réussite, alors que le patrimoine, le carnet d’adresses et la capacité à payer décident de plus en plus lourdement des trajectoires, elle fabrique elle-même le ressentiment dont l’extrême droite se nourrit.

PISA ne démontre pas que l’école publique serait condamnée. Il révèle au contraire ce qu’elle parvient encore à maintenir malgré son affaiblissement. La priorité n’est pas d’ajouter de nouvelles parts de marché scolaire. Elle est de reconstruire un grand service public national : mieux rémunérer et former les personnels, stabiliser les équipes, réduire les effectifs là où les difficultés se concentrent, financer réellement l’école primaire et le collège, rénover les bâtiments et conditionner chaque euro versé au privé à des obligations contrôlables de mixité, d’accueil et de continuité scolaire.

L’École n’a pas vocation à apprendre aux enfants à accepter leur place. Elle devrait leur donner les moyens d’en changer. Faute de quoi elle ne sera plus l’ascenseur de la République, mais son service de répartition des étages.

Œuvre plastique — Honoré Daumier, Le Wagon de troisième classe (vers 1862-1864) : Dans ce wagon, les voyageurs les plus modestes sont relégués dans un espace inconfortable, tandis que les classes privilégiées voyagent ailleurs et autrement. Daumier donne ainsi à voir une société qui ne réserve ni les mêmes conditions ni les mêmes horizons à tous. Comme dans notre système scolaire, chacun semble avancer dans le même train, mais certainement pas dans la même classe.

Par Guy CALMES 

Œuvre musicale — Jacques Brel, Les Bourgeois, interprétée par Jacques Brel

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Le monocle ou le dessein national
Le monocle ou le dessein national 

Ils émergent, sortis de leur torpeur estivale. Les voilà qui envahissent les plateaux télévisés, les studios radio, s’entrecroisant, s’échangeant les mêmes idées éculées, les mêmes recettes avariées. Attifés de leur monocle, ils scrutent la montée des déficits, s’alarment des courbes de la dette. Pourtant, c’est bien leur œuvre qu’ils contemplent. Puis, tronçonneuses en main, ils traquent les économies… toujours du côté des classes populaires.

Tous se ressemblent, vêtus de leur uniforme gris austère : droite, extrême droite, centre, extrême centre, sociaux-libéraux pédants, sachants du grand capital, journalistes de la bien-pensance. Jamais le syndicat du grand patronat n’avait dicté aussi ouvertement l’agenda économique, social et politique de la rentrée. Ceux qui, pelle mécanique en main, ont creusé les déficits publics en transférant l’argent vers leurs coffres-forts, manient aujourd’hui la peur et le fatalisme : « Pour éviter des choix brutaux d’austérité demain, il faut prendre des mesures difficiles maintenant », s’exclame le Premier ministre. « Si nous n’y arrivons pas, ce sera la cata », s’est époumoné le ministre du Travail à la tribune de l’assemblée de rentrée de la CFDT.

Pourtant, leur monocle reste aveugle. Aveugle devant les lieux où l’argent dégouline : les profits, les gâchis, les évasions fiscales, les dividendes, les privilèges… Aveugle devant les 211 milliards de cadeaux aux grandes entreprises, sans contrepartie.

 

L’hypocrisie des rapaces

Plus incroyable encore : ceux-là mêmes qui ont livré le pays à la voracité des marchés financiers feignent de se plaindre de la hausse des taux d’intérêt, passés à plus de 4 % cet été. Autrement dit, les rapaces se nourrissent de la dette sur laquelle ils prélèvent l’équivalent du budget de l’Éducation nationale. Ils creusent le trou, puis proposent de le combler en s’attaquant aux travailleuses et travailleurs, aux assurés sociaux, aux retraités, aux services publics.

 

Tout passe dans l’entonnoir de la moulinette : hausse des franchises médicales, suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse des impôts indirects, blocage des retraites et leur désindexation de l’inflation, réduction des crédits pour la politique familiale, démantèlement progressif de l’universalité des prestations, réduction du nombre d’agents publics.

 

Et comme ils ne peuvent plus nier la faiblesse des salaires, nos politiciens antisociaux cherchent une astuce : augmenter le salaire net… en faisant fondre le salaire brut. Faire croire au salarié que les cotisations ne font pas partie intégrante de sa rémunération, tout en réduisant encore la participation des employeurs au financement de la Sécurité sociale.

 

L’investissement public, socle de notre humanité partagée

Pourtant, la dépense publique est un investissement pour la vie, un engagement envers notre humanité commune. L’impôt juste et les cotisations sociales ne sont pas une confiscation, mais des leviers essentiels — non seulement du pouvoir d’achat, mais surtout du « pouvoir de vivre » : celui qui permet de mettre en commun une part de la richesse produite pour la solidarité, le partage, le vivre mieux ensemble. En fusionnant salaire brut et salaire net le travailleur aurait l’impression, qu’il gagnerait plus à la fin du mois alors qu’en réalité c’est son « pouvoir de vivre » qui sera amputé. Cette tromperie organisée vise à empêcher les luttes pour l’augmentation des salaires et la baisse des prix des produits de premières nécessités, tout en stérilisant les combats pour des services publics modernes. Voilà l’une des raisons qui me font préférer   la notion de « pouvoir de vivre » à celle de « pouvoir d’achat ».

 

C’est ce que refusent désormais les plus fortunés, qui ont décidé de faire sécession. Avec une hypocrisie sans limite, ils fustigent le secteur public, dénoncent le « fardeau » des prélèvements obligatoires, transforment les cotisations sociales en « charges ». Ils oublient soigneusement de rappeler qu’ils figurent parmi les premiers bénéficiaires des biens et services publics. Sans éducation, sans santé, sans infrastructures, sans justice, sans sécurité collective, il n’y a ni efficacité économique durable, ni bien-être collectif.

 

Tarir les budgets de l’éducation, de la santé, de la sécurité, de l’écologie ou de la justice, c’est compromettre le développement humain, et donc la productivité future. C’est l’accumulation des coûts de ces réductions insupportables, conjuguée aux transferts massifs de richesses vers le grand capital, qui finit par faire craquer la société.

 

Le coût de l’inaction

Où se cachaient ces chasseurs de dépenses publiques pendant les canicules, pour ne pas voir que la contraction des budgets de la sécurité civile, la lamination du Fonds vert, le refus d’une transition environnementale, la compression du budget de la santé coûtent cher — en vies humaines et en réparations ?


Dès le 10 août, la ministre de la Transition écologique a annoncé que les canicules coûteraient au bas mot 15 milliards d’euros à la France. Comparons ce chiffre aux subventions aux énergies fossiles, qui, selon la Cour des comptes, atteignent 13 milliards par an. Selon une étude de Triodos Bank, les coûts des chaleurs extrêmes s’élèveraient à 180 milliards en Europe, soit 1 % du PIB. Pour la France, ce recul atteindrait 1,4 % des richesses produites, soit 40 milliards. Sans compter les effets à long terme : surmortalité, dépollution des eaux, dégradation des écosystèmes, baisse des rendements agricoles, restauration des forêts brûlées (20 000 € par hectare), réparations d’infrastructures endommagées.

 

Voici une donnée vertigineuse : selon la Cour des comptes, pour chaque euro investi aujourd’hui, ce sont 3 euros de dommages évités demain. Continuer à refuser le progrès social et écologique coûtera, selon ses calculs, 11 points de PIB — soit 331 milliards.

 

Pourquoi ces chiffres capitaux sont-ils systématiquement étouffés ? Pourquoi cette vérité est-elle noyée sous la propagande des déficits, sous ce refrain hypocrite qui accuse notre protection sociale d’être « trop généreuse » ?

 

Ajoutons qu’aucune étude  ne chiffre pour l’instant ni la destruction de capital ( forêts , maisons, décapitalisation des troupeaux faute de nourritures,  destructions diverses, …), ni les effets à moyen terme sur la santé ..

 

Un autre choix est possible

La question n’est donc pas de savoir si nous avons les moyens, mais si nous pouvons nous permettre de ne pas agir.

Dans l’immédiat, les propositions du nouveau Front populaire restent d’actualité :Taxation des superprofits, Contribution des très grandes fortunes (comme l’impôt minimal de 2 % sur le patrimoine des milliardaires proposé par Gabriel Zucman),Suppression progressive des aides publiques et des niches fiscales qui entretiennent la dépendance aux énergies fossiles, Lutte déterminée contre l’évasion fiscale, Conditionnalité sociale et écologique des aides aux entreprises, Emprunts publics de long terme pour financer des infrastructures utiles à plusieurs générations.

 

Au-delà, une révolution fiscale s’impose. La maîtrise citoyenne de la création monétaire et du système bancaire, devenus propriété sociale et publique, doit être mise en débat. Créons-nous de l’argent pour favoriser les possédants… ou pour l’intérêt général, humain et environnemental ?

 

Un fonds européen de centaines de milliards, alimenté par le gel des dettes des États et la création monétaire de la BCE pour le développement humain et la vie des écosystèmes, est d’une urgence absolue. Un fonds mondial, géré à l’ONU, visant le co-développement humain et la transition environnementale, est tout aussi nécessaire.

 

Pour un nouveau dessein national

Pour être utile, les débats préparatoires à l’élection présidentielle n’ont pas besoin de porteurs de lampe torche éclairant les déficits et le désastre qu’ils ont créé. Et les forces de la transformation sociale ont besoin de s’unir non pas pour répéter ce que proposent les syndicats de lutte de classe mais pour porter un grand et neuf projet de rupture : un nouveau dessein national mêlant justice et paix, démocratie réelle, et refus de toutes les dominations.

Les travailleuses et les travailleurs unis ont besoin d’un bond en avant dans le progrès social, écologique, féministe et antiraciste.
Ainsi pourrons-nous éloigner la peste brune.

31 août 2026 par Patrick LE HYARIC 

 

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Rentrée des luttes…et des classes

 

Rentrée des luttes…et des classes

 

Ce n’est pas l’euphorie, ne serait-ce que ce que nous avons vécu cet été, toujours très au-dessus de la moyenne de saison.

 

Pas seulement en Provence, ni même en France où l’on a battu des records de chaleur, de feux de forêts qui n’en finissaient pas, consécutifs à la sécheresse et à l’insuffisance de nos moyens humains et matériels pas à la hauteur des préjudices subis, malgré l’engagement des pompiers et autres intervenants.

 

Les dégâts sont considérables et les victimes loin de retrouver la joie de vivre après la disparition partielle ou totale de leur lieu de vie.

 

 

Sans oublier les productions agricoles déficitaires dans toutes les filières et ça continue. Le gouvernement dit leur venir en aide en tapant dans les budgets sociaux. Les ultra-riches apprécient.

 

Peut-on en rester à «la catastrophe naturelle» ?

 

Ingénieur très influent, Jean-Marc Jancovici, vient de proposer d’initier un « mouvement citoyen » de 150 personnes tirées au sort, autour des enjeux climatiques, d’énergie et de ressourcespour que ces questions soient à leur place, à l’ouverture de la campagne présidentielle, très dense en candidats potentiels et en questions très controversées, voire « dilemmes de notre époque », précise-t-il.

 

Climatologue de renom, Jean Jouzel, ancien président du GIEC,insiste sur la nécessité de réduire le carbone provenant des activités humaines et, ajouterons-nous, principalement de nos modes de production à finalité marchande et privée. Au détriment de l’évolution du climat et des producteurs et des consommateurs, ce que ne veulent pas entendre les capitalistes et leurs soutiens. Leurs profits d’abord !

« Si on se place à l’horizon 2050, souligne le climatologueil faut bien comprendre que l’évolution du climat est pratiquement jouée. Le problème c’est de limiter le réchauffement climatique de façon à ce que dans la deuxième moitié de ce siècle les jeunes puissent s’adapter à ce réchauffement sans trop de difficultés. Il y a toutes les raisons de penser qu’il vaudrait mieux limiter le réchauffement à 1,5° degré plutôt qu’à 2 degrés et donc atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. C’est ça le message de la communauté scientifique. »(1)

 

Le RN, est en train de changer de langage alors qu’il était très climatosceptique et s’opposait au GIEC ! En campagne électorale ses cadres sont prêts à toutes les rectifications…de langage. Il se dit même sur les plateaux bien pensants, que Mme Le Pen aurait un programme…de gauche ?? Voler l’argent public ça ne lui suffit pas ?

 

La rentrée des classes , primaire, collèges, lycées est tendue, un peu partout, le manque de moyens, d’instits et de profs, de remplaçants, le taux d’élèves par classe, les conditions de travail trop souvent dégradées pour les élèves et les profs -et la canicule se prolonge- l’interdiction du téléphone dans les lycées…et le salaire des enseignants. Il fait l’objet d’une surenchère démagogique chez les anciens ministres de droite, candidats à la présidentielle qui n’assument pas l’austérité qu’ils ont introduite dans l’Education nationale aussi.

 

Dans notre académie Ciotti, le nouveau maire de Nice a décidé d’installer un mât et un drapeau français dans chacune des 89 écoles pour qu’on puisse une fois par semaine lever les couleurs et chanter la Marseillaise ??? En fidèle porte-parole des identitaires obsédés du RN qu’il a choisi de servir.

 

Il s’est fait remonter les bretelles par le ministre de l’Education nationale, il joue la victime en bon provocateur qui veut qu’on parle de lui en se démarquant du pouvoir, tout en votant pour lui sans complexe !

 

Le SNUipp-FSU du département y a vu « une instrumentalisation de l’école ,

la ville n’a pas à s’occuper du contenu pédagogique. » idem pour la FCPE-06, les gauches niçoises outrées, la CGT soulignant que «des dispositifs scolaires similaires avaient été instaurés sous le régime de Vichy » , dénonçant une « résonance particulièrement inquiétante ».

 

Rien de surprenant quand on voit qu’en France, les mêmes néo-fascistes veulent obtenir le retrait du voile des femmes qui le portent, en toute liberté. Le RN dans sa foulée de chasseur de l’immigration a brandi son principal prétexte pour justifier les crises profondes qui traversent la France, l’Europe et le monde. Pactisant avec le grand capital.

 

Et que dire en Allemagne, de l’ascension de l’AfD (Alternative für Deutschland) pour l’Allemagne, créée en 2013, ultra-droite et admiratrice du IIIè Reich, donnée vainqueur ce w-e en région Saxe-Anhalt .

«Ils veulent en finir avec la transparence sur l’histoire de l’Allemagne nazie.”c’est un sénateur LR, Ronan le Gleut, habitant Berlin qui l’écrit dans Public-Sénat (2)

 

Les temps sont durs et incertains. Il n’y a pourtant aucune fatalité. L’avenir appartient aux peuples et à leur engagement citoyen rempli de paix, de fraternité, de solidarité, de partage….

 

 

René Fredon

 

https://www.ihemi.fr/actualites/entretien-avec-jean-jouzel-sur-les-enjeux-lies-au-changement-climatique(1)

 

(2)

https://www.publicsenat.fr/actualites/international/une-victoire-de-lafd-aux-elections-regionales-en-allemagne-serait-un-seisme-politique-avec-une-lourde-charge-symbolique

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L’extrême droite à l’assaut de  l’Amérique!

 

 

L’extrême droite à l’assaut de  l’Amérique:

 

Un texte de Julia Hamlaoui, cheffe du service de l’Humatinale qui résume le fond du rendez-vous, ce jeudi, des extrêmes-droites du continent américain à Santiago-du-Chili et qui concerne aussi le nôtre

 

« Leur objectif a le mérite d’être clair : mener « la bataille culturelle face au wokisme, au progressisme et au néo-marxisme ». Et pour ça la fine fleur du néofascisme international a rendez-vous à Santiago au Chili.

 

Dans la place pour cette cinquième édition des Rencontres régionales du forum de Madrid, le président du pays, fils de nazi assumé et nostalgique revendiqué de la dictature de Pinochet, José Antonio Kast et son voisin libertarien, fou de la tronçonneuse, Javier Milei. Mais seront aussi présents à ce rendez-vous, fondé par les néofranquistes du parti espagnol Vox, le ban et l’arrière-ban de leurs alliés venus d’Amérique latine, d’Europe et… des États-Unis.

 

Leur ambition ? Poursuivre, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, le jeu de domino qui a vu la peste brune grignoter le sous-continent considéré par Donald Trump comme son arrière-cour. Répression tous azimuts sous couvert de guerre au narcotrafic, chasse aux migrants, destruction méthodique des droits sociaux, dérégulations à tout va…

 

Si l’un se pense maître des autres, tous s’entendent sur un point : mettre le peuple au pas pour servir les intérêts du capital.

 

Une idéologie, des mots, des actes mortifères se forgent en commun à Santiago et ailleurs, appuyés par une bataille culturelle menée pied à pied pour éradiquer l’alternative jusqu’à, par exemple, classer organisation terroriste le mouvement antifasciste, à l’instar du locataire de la Maison Blanche. Ils s’organisent, nous sommes prévenus.

 

Retrouvez également sur l’Humanite.fr les autres infos qui font l’actu ce jeudi. À commencer par le ministre de la Défense israélien qui assume vouloir expulser les Palestiniens de Gaza, le retour en France ce matin des deux réalisateurs détenus au Togo, Donald Trump qui veut rebaptiser le détroit d’Ormuz… »

 

https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/a-santiago-une-reunion-de-linternationale-brune-pour-lutter-contre-le-terrorisme-politique-dextreme-gauche

 

https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/linternationale-brune-se-reunit-au-chili-pour-mener-la-bataille-culturelle

 

Par René FREDON 

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L’ÉCOLE PROMET L’ÉGALITÉ. MAIS DONNE-T-ELLE VRAIMENT À TOUS LE MÊME DROIT DE RÉUSSIR ?
L’ÉCOLE PROMET L’ÉGALITÉ. MAIS DONNE-T-ELLE VRAIMENT À TOUS LE MÊME DROIT DE RÉUSSIR ?
La République aime dire que tous les enfants entrent à l’école par la même porte. L’image est belle. Elle est même en partie vraie. Mais elle oublie une chose essentielle : tous ne parviennent pas jusqu’à cette porte par le même chemin.
Certains arrivent à l’école avec des livres à la maison, des parents familiers du système scolaire, un espace pour travailler, des adultes capables d’expliquer une consigne ou d’anticiper une orientation. D’autres disposent de beaucoup moins. Or l’école française, malgré des décennies de réformes, ne parvient toujours pas suffisamment à corriger ces écarts de départ.
Les comparaisons internationales sont sévères. En France, l’origine sociale reste l’un des facteurs qui expliquent le mieux les performances scolaires. Ce déterminisme apparaît tôt, bien avant le lycée. Il se construit progressivement : premières différences de langage et de maîtrise des savoirs, écarts qui persistent à l’école élémentaire, difficultés qui se renforcent au collège, puis orientations qui transforment les écarts scolaires en destins scolaires.
Cette mécanique ne dépend pas uniquement des connaissances acquises. Elle tient aussi à la connaissance du système lui-même. Savoir quelle option choisir, quelle décision d’orientation contester, quelle filière laisse ouvertes certaines possibilités, comment fonctionne Parcoursup, quel établissement demander ou comment trouver un stage : tout cela constitue un capital invisible mais déterminant. Les familles ne disposent pas toutes du même mode d’emploi de l’école.
C’est là l’une des contradictions les plus profondes de notre système. Nous proclamons l’égalité scolaire, mais nous acceptons que la capacité à naviguer dans les règles dépende largement du milieu familial.
Une troisième contradiction tient à la répartition des moyens. Nous savons depuis longtemps qu’il est beaucoup plus facile de réduire les écarts lorsque les enfants sont jeunes. Pourtant, notre système a longtemps consacré relativement moins de ressources aux premières années de scolarité qu’aux étapes ultérieures. Nous intervenons donc souvent lorsque les difficultés sont déjà installées.
Il faudrait inverser cette logique. Investir davantage dans la maternelle et l’école élémentaire, non pas seulement par des réductions ponctuelles d’effectifs, mais par un continuum : soutien précoce, petits groupes, accompagnement dans le temps scolaire, psychologues, médecine scolaire, RASED, tutorat. L’objectif ne serait plus de réparer tardivement, mais d’empêcher que les difficultés deviennent structurelles.
Une quatrième contradiction concerne les enseignants. Plus les établissements sont difficiles, plus ils accueillent souvent des personnels jeunes et mobiles. Nous semblons considérer comme normal que les situations les plus complexes soient confiées à ceux qui disposent de la moindre expérience. Il faudrait au contraire bâtir des équipes volontaires, stables, reconnues, capables de travailler ensemble pendant plusieurs années.
La difficulté scolaire exige moins de rotation et davantage de collectif.
La même logique devrait conduire à revoir l’éducation prioritaire. Une école est aujourd’hui classée ou non classée, comme si la réalité sociale obéissait à un interrupteur. Elle devrait plutôt fonctionner selon un continuum de moyens : plus les besoins sont importants, plus l’encadrement et les ressources augmentent.
Le collège constitue ensuite un moment décisif. Il faut pouvoir aider davantage certains élèves sans pour autant les enfermer trop tôt dans une identité de « faible ». La différenciation doit être temporaire et ciblée. Elle ne doit pas devenir une assignation durable.
Il faut enfin remettre en cause un autre impensé : le travail à la maison. À l’école, les élèves disposent d’un environnement relativement commun. Dès qu’ils rentrent chez eux, les écarts réapparaissent brutalement. Chambre individuelle ou logement surchargé. Ordinateur personnel ou téléphone partagé. Parent diplômé ou parent lui-même en difficulté avec le système scolaire. Cours particuliers ou aucune aide possible.
Le travail scolaire essentiel devrait donc pouvoir être accompli dans l’établissement. Étude, tutorat, aide méthodologique, préparation aux examens : ces services devraient être universels et gratuits. Non pas parce que les familles seraient incapables d’aider leurs enfants, mais précisément pour que la réussite scolaire ne dépende pas de leur capacité à le faire.
Et puis une opportunité se présente.
Les effectifs scolaires vont fortement diminuer dans les prochaines années. Nous pouvons considérer cette baisse comme une occasion de réaliser des économies. Ou comme une chance historique de redistribuer les moyens afin de mieux encadrer les élèves et de réduire les inégalités. Dans un cas, nous accompagnons la démographie. Dans l’autre, nous en faisons un projet politique.
Le but n’est pas que tous les enfants deviennent identiques. Il n’est pas non plus de nier les différences de goûts, de talents ou de parcours. Il est simplement de faire en sorte que ces différences cessent d’être aussi fortement déterminées par la naissance.
L’égalité des chances ne peut pas consister à ouvrir la même porte à tout le monde lorsque certains y arrivent par un tapis roulant et d’autres après un parcours d’obstacles.
Une école réellement juste serait une école capable de réduire suffisamment ces écarts pour que le destin scolaire d’un enfant soit de moins en moins écrit par celui de ses parents.
Nous savons aujourd’hui beaucoup de choses sur la manière d’y parvenir. Le principal problème n’est plus l’absence de diagnostic.
Le vrai débat commence au moment où l’on accepte de toucher aux mécanismes qui protègent les avantages de certains groupes sociaux.
C’est là que l’école devient vraiment politique.
Et c’est aussi là que l’égalité républicaine cesse d’être seulement une promesse.
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(NB : Vous aurez peut-être remarqué qu’une seconde publication sur le même sujet est publiée parallèlement. Le fond, les idées et le positionnement sont volontairement les mêmes, mais la construction du texte et l’illustration diffèrent. Il s’agit d’une petite expérimentation : observer si la forme du texte et surtout le type d’illustration influencent les vues, les réactions, les commentaires ou les partages. Je publierai prochainement les résultats de cette comparaison.)

Voir moins

Par Guy CALMES

 

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Lettre de Fabien Roussel à celles et ceux qui font vivre l’école!

Lettre de Fabien Roussel à celles et ceux qui font vivre l’école

Madame, Monsieur,
À l’heure où la rentrée scolaire approche, je me permets de vous adresser ces quelques mots.
Vous faites l’un des plus beaux métiers du monde mais il n’est pas reconnu comme il le devrait.
À quelques mois de l’élection présidentielle, beaucoup de promesses vous sont
adressées, tout particulièrement par ceux qui vous ont méprisés ces dernières années. Vous saurez les reconnaître.
Votre rôle dans la société est immense.
La question de l’attractivité des métiers de l’éducation est un enjeu majeur. Bien sûr il y a la question des salaires, mais aussi celle des conditions d’enseignement, du statut, notamment pour les AESH, de la formation initiale.
Sur toutes ces questions, il faut des changements profonds, à la hauteur de vos missions et de l’enjeu de la démocratisation des savoirs dans toute la société.
Vous seuls savez les moyens importants que la Nation doit avoir l’audace de mobiliser pour faire vivre une belle et grande école publique, garantissant la réussite scolaire à tous nos enfants, qu’ils grandissent dans l’hexagone ou dans les territoires dits d’Outre-mer, en ville ou à la campagne, qu’ils soient en situation de handicap ou pas.
Votre engagement au service de l’école de la République n’est hélas pas reconnu à sa juste valeur : d’ailleurs, tous les ans, vous vous mobilisez pour vos salaires, pour vos conditions de travail et nous sommes à vos côtés.
La baisse démographique, à ce titre, ne doit pas être utilisée pour faire des économies. Au contraire. Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle.
Les prochaines échéances électorales seront donc importantes pour faire entendre votre  voix et faire de l’accès aux connaissances et aux savoirs la priorité du quinquennat à venir.
C’est dans cet esprit que nous nous engageons dans cette bataille : pour redonner de la force et du sens à nos services publics, au sein d’une nouvelle République sociale, laïque, féministe, écologiste.
Face à la menace de l’extrême droite qui constitue un danger majeur pour l’école publique,
face à l’abstention qui augmente à chaque scrutin, nous vous invitons à vous engager, à nous
soutenir.
Nous vous invitons à faire en sorte que la gauche redevienne majoritaire en France et capable de gagner l’élection présidentielle en
rassemblant largement nos concitoyennes et nos concitoyens. Vous pouvez compter sur moi pour faire vivre cet espoir et lui donner de la force.
Je vous souhaite à toutes et à tous, une très belle rentrée.
Chaleureusement,
 Fabien Roussel

Actualités

Six-Fours : le maire RN déjà déstabilisé!

 

Six-Fours : le maire RN déjà déstabilisé

 

Après avoir battu de très très peu, le maire LR sortant et après lui avoir pris son siège de député deux ans auparavant, Boccaletti donne l’impression d’être devenu imbattable et vole sur un petit nuage.(1)

Avec une majorité de 30 élus sur 39 – alors qu’il avait 50,06 % et Vialatte 49,94 %- même écart au 1er tour. Il se sent des ailes et va pouvoir faire passer tout ce qu’il voudra. Ce n’est pas le moment de le contrarier, il veut des exécutants qui ne lui font pas perdre son temps maintenant qu’il a gagné. Sa 1ère adjointe n’a pas fait long feu.

 

Une 1ère adjointe donc, qui n’est pas encartée RN et qui préside l’association « Attrap’rêves », connue et susceptible de lui avoir fait gagner des voix pour la liste RN que le tête de liste prétendait « très large » ? Ce qui ne saute pas aux yeux.

 

Notre soldat colonialiste joue de son élection pour passer pour le « bon » maire qui aime tout le monde et défend leurs intérêts. Il y a peu, dans son costume militaire il se permet, sans complexe, d’insulter les réfugiés qu’il traite « de lâches et d’égoïstes «, au sommet de la xénophobie :

« Qui d’autre peut quitter son pays en guerre en abandonnant parents, femmes et enfants ? », s’interroge-t-il alors en 2018 sur son compte Facebook pour limiter l’arrivée « de clandestins « ! Il va jusqu’à proposer « de les enrôler dans la Légion étrangère et de les renvoyer faire la guerre dans le pays qu’ils ont quitté » ! (2) Le comble du cynisme !

 

Boccaletti a puisé dans ses proches amis et leur a fait une place. Ainsi dans son équipe, à la 11è place, un certain Alain Trillat, signalé par Libération, connu pour son antisémitisme et sa fidélité à Pétain qu’il ne cesse publiquement d’admirer. Le voilà délégué aux cérémonies patriotiques et président du comité des organisations patriotiques ??? Le maire fait comme s’il ne le savait pas et tout à l’avenant.

 

La chasse aux résistants, à leur mémoire, à leur engagement aux côtés des alliés… est ouverte à Six-Fours comme à La Seyne et autres municipalités varoises d’extrême-droite. Comme le dénonce Sagamore (3)

 

Voilà quel maire a été élu , battant le sortant LR de 21 voix avec une abstention de près de 40%, une gauche à 10%, seule autre liste ?

L’ex-député-maire de droite , J-S Vialatte, 30 ans de services, qui avait pourtant ouvert sa main à Boccaletti, a du mal à n’être plus qu’un des 9 conseillers municipaux face aux 30 de son successeur ? Il lui promet un court mandat en public et dit vouloir rectifier certains arguments qui lui restent dans la gorge. Il a déposé un recours, vu le peu d’écart.

 

Nous n’allons pas jouer les arbitres d’autant que leur président national LR, Ciotti, est passé du côté du RN et est devenu maire de Nice contre Estrosi son ami de longue date,. Un poste de ministre lui est promis, à Ciotti, au cas où…Il est loin d’être acquis.

 

On ne compte plus les cadres et électeurs de la droite LR qui ont basculé vers le RN. Le Var en est une illustration évidente. Toulon et le Var gangrenés par Arreckx, leader de la droite, avaient offert en 1995 la ville au FN du père fondateur J-M Le Pen. L’expérience calamiteuse n’a duré qu’une session…Boccaletti avait ouvert sa librairie négationniste en 1997, près de la place d’Armes, comme par hasard.

 

Deux initiatives ont tendu le dernier conseil municipal de Six-Fours : le foot-ball et son épouse qui a porté plainte pour des propos qu’elle juge insultants. En cas de procès, la ville la couvre financièrement, elle est adjointe. L’argent public, ce sont les habitants.es.

 

La citoyenneté ce n’est pas que le vote, c’est surtout la défense des droits humains dont légalité qui n’est qu’un mot galvaudé très loin de progresser dans le bon sens. C’est ce que libéraux et extrême-droite s’acharnent à nous imposer. Tout en soutenant les très riches et le grand patronat.

 

 

René Fredon

 

 

  1. https://lepetitvarois.fr/a-six-fours-un-conseil-municipal-sous-tension/

 

(2) https://www.leparisien.fr/elections/municipales/municipales-2026-qui-est-frederic-boccaletti-le-sulfureux-nouveau-maire-rn-de-six-fours-les-plages-23-03-2026-K2HYB64OUFGCFGDTCZAQU542OA.php

 

(3) https://mail01.orange.fr/appsuite/#!&app=io.ox/mail&folder=default0/INBOX

 

 

Actualités

Il y a commémorations et … commémoration…
Il y a commémorations et … commémoration…

Oui, il est des commémorations où l’on dépose des gerbes, où l’on prononce les mots attendus, où l’on célèbre la liberté retrouvée. Mais commémorer n’a de sens que si l’on accepte de regarder l’Histoire tout entière.

À La Seyne-sur-Mer, la cérémonie de la Libération prend cette année une tournure singulière. Gérard Estragon, président départemental de l’ANACR, vient d’écrire au maire pour s’étonner que le comité seynois de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance ne puisse, selon lui, prendre la parole et participer pleinement à cette commémoration.

On peut discuter du protocole. Un maire organise les cérémonies de sa commune et aucune association ne possède juridiquement un droit de propriété sur le micro. Mais il reste une question beaucoup plus simple : peut-on raconter la Libération de La Seyne en reléguant ceux dont la raison d’être est précisément de transmettre la mémoire de la Résistance locale ?

Car les résistants seynois n’ont pas été inventés après-guerre pour les besoins des cérémonies. Ils ont renseigné, saboté, organisé, guidé et, pour certains, combattu. Le 21 août 1944, au commissariat de La Seyne, plusieurs d’entre eux payèrent de leur vie leur engagement. Dans les jours qui suivirent, des FFI participèrent encore aux opérations accompagnant l’effondrement du dispositif allemand.

Cela ne signifie évidemment pas que les résistants auraient, seuls, libéré La Seyne. La vérité historique est plus intéressante que les légendes : la libération militaire de la ville, le 26 août 1944, fut d’abord l’œuvre des soldats de l’Armée B du général de Lattre.

Et puisqu’on parle de mémoire, autant ne pas la sélectionner à la carte.

Cette armée française qui remontait vers Toulon n’était pas uniquement composée de jeunes gens débarqués d’une France de carte postale, béret sur la tête et baguette sous le bras. Elle comptait en très grand nombre des combattants venus d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne : Algériens, Marocains, Tunisiens, tirailleurs africains, soldats des troupes coloniales. Beaucoup ont combattu, beaucoup sont tombés pour libérer un pays qui, à l’époque, ne leur accordait certainement pas à tous les mêmes droits qu’aux citoyens de métropole.

Il serait assez piquant de célébrer aujourd’hui une Libération soigneusement débarrassée à la fois de ses résistants et de ses soldats africains.À ce rythme-là, il ne resterait bientôt plus que les uniformes impeccables, les véhicules militaires de collection et les discours officiels. L’Histoire, elle, est heureusement un peu plus encombrante.

Toussaint Merle et Philippe Giovannini,qui dirigèrent plus tard La Seyne, furent eux-mêmes d’authentiques résistants — même s’ils ne participèrent pas directement aux combats de la Libération de la ville en août 1944. Cette précision n’affaiblit nullement le propos de l’ANACR : elle rappelle simplement que l’histoire locale de La Seyne est profondément liée à celle de la Résistance.

Alors oui, la municipalité peut expliquer ses choix. Peut-être existe-t-il une raison de protocole, une organisation particulière, un malentendu. Il serait utile de l’entendre avant de distribuer les mauvais points.

Mais une chose devrait pouvoir rassembler tout le monde : commémorer n’est pas mettre le passé sous vitrine. C’est accepter de transmettre ce qui s’est réellement passé, avec tous ses acteurs, toute sa complexité et parfois ses vérités dérangeantes.

La mémoire de la Résistance n’appartient ni à une association, ni à une municipalité, ni à un parti. Mais personne ne devrait non plus pouvoir en effacer commodément quelques pages.

par Guy CALMES

 

Var - La Seyne sur MER

Six-Fours : le maire RN vire sa 1ère adjointe!

      

 

 

Six-Fours : le maire RN vire sa 1ère adjointe

 

Frédéric Boccaletti le sulfureux député-maire RN de la 4ème ville du Var, élu au 1er tour -avec 21 voix d’avance sur son prédécesseur- il y a cinq mois, retire les délégations de sa 1ère-adjointe « avec effet immédiat » précise celui qui l’avait choisie pour le suppléer dans ses fonctions de maire.

 

Rien d’illégal mais cela fait désordre à peine entamée la gestion de la  nouvelle majorité d’extrême-droite aux commandes, deux ans après sa victoire aux législatives.

 

Donnait-il le change pour battre le sortant de droite ? Ce n’est pas un hasard s’il a choisi Mme Carolyn Salva pour démontrer que le RN était rassembleur et très large d’esprit, pour rassurer que sa liste n’était pas que d’extrême-droite. Cette co-listière n’y était pas encartée néanmoins en accord avec la profession de foi du tête de liste.

Elle préside une association ,« Attrape’rêves» à but sanitaire et social et a travaillé au CCAS, centre communal d’action sociale…donc une expérience précieuse, le maire en a grand besoin.

 

Pour l’aider et peut-être le neutraliser, en 2008, son adversaire l’ancien maire UMP J-S Vialatte avait nommé Boccaletti administrateur du CCAS ! Ils ne sont pas aussi éloignés que ça en politique. F. Boccaletti l’a détrôné

 

Le 15 août Il a eu un entretien avec Mme Salva, elle n’a pas fait de déclaration, enfin pas encore. Il faudrait se contenter de « divergences sur la conduite des affaires municipales «, un peu court.

 

Il manque juste les causes réelles, les faits, la précision et la transparence. Ce ne sont pas les points forts de l’ancien directeur de campagne de J-M Le Pen aux élections régionales de 2010 et en 2015, directeur de campagne de sa petite-fille, Marion Maréchal qui, comme lui, a quitté le FN sans sortir de l’extrême-droite puis ils y sont revenus.

 

Mme Salva lui aurait donc servi d’appât pour accéder à son rêve et mieux asseoir sa carrière politique grâce à une majorité de co-listiers fidèles aux « valeurs » qu’il incarne : négationnisme, antisémitisme, anti-immigration, racisme, anti-social, pro-colonial, pro-capitalisme, soutiens de Trump…en bref !

 

Cet ultraconservateur se veut représenter « l‘intérêt général des six-fournais » et de ne penser qu’à ça, lui qui a fait le coup de feu à Six-Fours sur de jeunes colleurs d’affiches il y a quelques années et condamné pour port d’arme !

 

Dans le costume de député et de maire, il est prêt à s’indigner et à vous poursuivre en justice en brandissant ses succès électoraux et ceux de son parti issu de la collaboration avec les nazis., ce que trop de jeunes ne savent pas ou soutiennent le retour du fascisme.

Cela partout en Europe et en Amérique du sud.

 

Faudrait-il faire semblant de l’oublier ou rafraîchir la mémoire d’une forte partie de la nation qui ne veut pas ouvrir les yeux ? En pleine commémoration de la Libération par surcroît, où l’ANACR représentant la Resistance, ne peut plus s’exprimer dans la plupart des villes RN !

 

La dédiabolisation, c’est la stratégie de la cheffe qui a changé une lettre au FN historique, elle aussi ne manque pas d’air. Et regrette d’avoir contrarié son papa. N’hésitez pas à consulter Wikipedia.

 

On ne peut pas nier la progression du RN, en particulier dans le Var et le pourtour méditerranéen. Un sérieux danger à quelques encablures de l’élection présidentielle…

Cela dans un contexte mondial qui assombrit l’horizon attisé par les E-U. Et dont tous les pays subissent les conséquences jour après jour., affament des milliards d’humains, en tuent par millions faute de guerres et de niveaux de vie indignes. Tout en permettant aux plus riches de se remplir les poches comme jamais.

 

 

Cherchez l’erreur ! En attendant la suite de cette « information » partielle et peu banale.

 

 

René Fredon

Actualités

L’été où la terre a dit NON!
L’été où la terre a dit NON

Cet été brûlant restera comme celui où la nature a posé un ultimatum. La terre se fissure. Elle a cessé de nourrir : l’herbe jaunit, les betteraves se flétrissent, les abricotiers ne donnent plus. Les nappes phréatiques sont à sec, les rivières réduites à un filet d’eau. Les récoltes de blé s’effondrent, les tournesols sont passés du jaune au noir. Les abeilles ont disparu. Les oiseaux se cachent.

Les forêts s’embrasent. Des feux si vastes qu’ils érigent des murs de flammes, créant leur propre souffle, leur propre folie. Les animaux, déjà, mangent les réserves destinées à l’hiver. Pourront-ils étancher leur soif demain ?

 

Accompagnant le silence des bois et celui des terres sèches et craquelées, le désespoir s’étend, lancinant. Tel un cri de la terre et des êtres humains ensemble maltraités par un système qui se moque bien que l’herbe soit verte… pourvu que montent les profits.

 

Pendant ce temps, le paysan —  visage fermé et épaules lourdes — signe le remboursement de son crédit à la banque. Ses recettes s’assèchent comme la terre. Pour survivre, il lui faudra « décapitaliser » : vendre des parcelles transmises depuis des générations, ou des bêtes sélectionnées avec soin. Lui, il se saigne.

 

Pendant ce temps, Bayer-Monsanto, Yara International ASA, Nutrien Ltd (premiers fournisseurs mondiaux d’engrais), John Deere, Fendt, New Holland (géants du machinisme agricole), Terrena, Eureden, Via Lactea, Soléval, Tereos, Cargill, Louis Dreyfus, Bunge (spécialistes du négoce, de l’importation et de la fourniture d’aliments pour le bétail)… eux, se gavent de profits.

 

Ces grands groupes capitalistes considèrent la terre comme un tapis vert à exploiter sans fin. Or, elle est un être vivant. Patiente et généreuse. À condition qu’on la respecte. Les multinationales de l’eau, elles, n’ont que faire de sa rareté.

 

Pour le capitalisme, l’agriculture, l’eau et la nature ne sont que des domaines nouveau à surexploiter au côté du travail. Le capitalisme surmène et épuise le vivant — humain et non humain.

Pourtant, depuis des années, scientifiques, paysans et paysannes avertissent : le modèle agro-industriel, fondé sur les énergies carbonées, les pesticides, les engrais de synthèse et le labour profond, tue la vie des sols. Il les appauvrit, les compacte, les rend stériles. Comme un corps vidé de son sang, la terre perd peu à peu sa capacité à nourrir.

 

Mais pressées par les impératifs de la rentabilité financière, les forces du capital qui contrôlent l’agriculture — en amont comme en aval — ont poussé le monde dans un système toujours plus concentré, toujours plus dépendant de la chimie… et des banques. Un système qui a cru pouvoir défier les lois de la biologie et de la physique.

 

Aujourd’hui, le sol se rebelle. Il ne donne plus. Et avec lui, ce sont des générations de savoir-faire, de traditions, de liens entre les humains et la nature qui se perdent.

 

D’abord, on nous a expliqué que les pesticides étaient indispensables pour lutter contre les ravageurs. Puis, que les engrais chimiques étaient nécessaires pour augmenter les rendements. Ensuite, que les semences hybrides, brevetées, étaient les seules capables de résister aux aléas climatiques. Et, après cela, les ténors de l’Europe ultralibérale nous ont expliqué que le nec plus ultra de la vie en société était la « concurrence libre et non faussée » et les « marchés ouvert des  traités de libre-échange.   À chaque étape, une nouvelle dépendance. À chaque étape de la mondialisation capitaliste et de la financiarisation, toujours plus de pouvoir sur les vies, sur le travail et sur la nature était transféré entre les mains des multinationales de l’agrochimie, de l’agrobusiness et de l’agro-industrie.

 

Bilan ? Les petites et moyennes exploitations disparaissent. Un agriculteur français sur deux est endetté. Un sur trois vit sous le seuil de pauvreté. Et 16 % de nos concitoyens sont en précarité alimentaire.

Pire : ils veulent accélérer cette course au désastre, avec la récente loi dite d’urgence agricole, les traités de libre-échange, la déconstruction du Pacte vert européen et l’austérité budgétaire que la Commission européenne veut imposer, tout en aidant toujours moins les fermes à taille humaine.

 

Face à ce désastre, il faut chercher et entretenir la lueur d’espoir. Elle existe. Elle persiste. Celle de ces paysans qui, contre vents et marées, ont choisi une autre voie. Celle qui, inspirée par l’expérience de nos anciens, voit la terre non pas comme un champ de bataille extractiviste à conquérir, mais comme une alliée à choyer. Une manière de comprendre que la nature, si on ne l’en empêche pas, sait se défendre elle-même. Il faut aussi compter avec les chercheurs, les scientifiques qui, Salon de l’agriculture après Salon de l’agriculture, nous initient à de nouveaux possibles : une agriculture plus économe en intrants et en eau, des variétés nouvelles, anciennes aussi, diversifiées. 

Bien sûr, il faut d’urgence obtenir des dispositions publiques  pour éviter l’hécatombe annoncée : gel des dettes des agriculteurs pour au moins vingt-quatre mois, avec leur renégociation ; création d’un fonds d’urgence immédiat d’au moins  5 milliards d’euros, financé par une contribution exceptionnelle prélevée sur les profits des géants de l’agroalimentaire, de la grande distribution, des banques et de l’industrie pétrolière.

 

Il s’agit de garantir des prix de base à la production rémunérateurs pour des volumes de production raisonnés ; d’interdire la revente à perte ; d’instaurer un coefficient multiplicateur maximal entre le prix payé au producteur et le prix de vente. Il s’agit de taxer les produits importés qui ne respectent pas nos normes sociales et environnementales, et d’engager un programme ambitieux de relocalisation des productions, afin que la terre nourrisse les humains, et non les cuves à biocarburants.

 Mais ces mesures, aussi nécessaires soient-elles, ne suffiront pas. C’est le système qu’il faut changer.

 

C’est un processus d’« adaptation-transformation » agroécologique, indissociable du droit à une alimentation de qualité pour toutes et tous qu’il faudrait enclencher. Une telle voie se cherche déjà.

 

Ainsi, plus de 2 000 fermes du réseau DEPHY (Démonstration, Expérimentation et Production de Références sur les systèmes économes en phytosanitaires) ont réduit de moitié leur usage de pesticides. Preuve qu’on peut produire autrement. Sans chimie, ou presque. En s’appuyant sur la rotation des cultures, la diversité des espèces, la présence de haies et de bandes enherbées. Ici, l’être humain agit de concert avec la nature.

Le Réseau Semences Paysannes, lui, a choisi de ressemer ses propres graines, année après année. Preuve qu’on peut échapper à l’emprise des multinationales et à la brevetabilité du vivant. Qu’on peut cultiver des variétés adaptées à son terroir, résistantes, savoureuses. Preuve qu’on peut retrouver sa liberté.

 

Les AMAP, les circuits courts et les petites coopératives citoyennes démontrent, quant à elles, qu’une autre relation entre producteurs et consommateurs est possible. Des dizaines d’associations et de municipalités expérimentent déjà des projets de sécurité sociale de l’alimentation.

 

L’agroécologie, c’est aussi une question de temps, de respect des saisons, des reliefs, des qualités de la terre nourricière. Le temps long — celui des cycles naturels, des saisons, des générations. Pas ce temps court et rapide qu’imposent les  rapaces des marchés financiers, des actionnaires, des dividendes, au mépris des cycles naturels et de la vie. Avec l’agroécologie, il s’agit d’une agriculture qui ne cherche pas à dompter la nature, mais à s’inscrire dans ses cycles, ses rythmes, ses saisons.

 

Elle appelle à reconsidérer les sols comme les premiers réservoirs d’eau. Les aider à améliorer leur capacité de rétention est possible en fortifiant l’humus par des fumures organiques issues des élevages et des couverts végétaux ; en conservant les zones humides ; en réinstallant des haies ; en préservant les prairies permanentes.

 

Une telle transformation implique de cesser les spécialisations régionales pour promouvoir une production agricole mixte, mêlant élevage et cultures végétales, élevage et sylviculture, en redonnant aux arbres et à l’agroforesterie toute leur place dans les systèmes agronomiques.

En ce sens, la Politique agricole commune (PAC) doit être réorientée, refondée en y associant les paysannes et paysans-travailleurs.

 

Elle devrait devenir une Politique agroécologique et alimentaire commune. Elle reconnaîtrait enfin la valeur réelle du travail paysan ; inciterait toutes les innovations environnementales ; garantirait la qualité alimentaire, soutiendrait d’abord celles et ceux qui préservent les sols, la biodiversité, et aiderait la rémunération du travail et non plus l’agrandissement-concentration inconsidéré des fermes. Elle accorderait une nouvelle place à la recherche agronomique publique.

Cet été 2027 pousse un cri de fureur en faveur de cette exigence d’intérêt général : il faut commencer, sans attendre, à faire bifurquer nos systèmes de production agricole et alimentaire.

Enfin, il faut démocratiser l’accès à la terre. On ne peut accepter que les terres agricoles deviennent un simple objet de placement financier. Tels de nouveaux féodaux, des fonds d’investissement rachètent des milliers d’hectares pour spéculer sur les prix et relouer ceux-ci aux paysans, redevenus des serfs, non plus des féodaux mais des maîtres du capitalisme financier.

 

La Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) démocratisée pourrait devenir l’outil permettant de prendre en charge les terres, en les louant prioritairement aux paysans, aux collectifs citoyens, aux communes. Elle pourrait le faire en appelant la création monétaire auprès de la Banque centrale européenne, la Banque publique d’investissement et la Caisse des dépôts. Du reste, le vivant, un climat supportable, l’accès à l’eau ont-ils un prix après cet été ? Il est temps de repenser en termes de valeur d’usage et non marchande. 

On peut imaginer des franchises de loyer de longue durée sur ces terres, à condition qu’elles soient cultivées en respectant les cycles de la nature, pour fournir une alimentation de qualité produitelocalement, en lien avec les collectivités et les associations de « citoyens-mangeurs », ou dans le cadre de projets locaux d’expérimentation de la Sécurité sociale de l’alimentation. 

Rendre la terre à ceux qui la travaillent et gagner le droit à l’alimentation sont des combats décisifs de notre temps.

Bien sûr, l’« adaptation-transformation », cette impérative « évolution révolutionnaire » ne se fera ni en un jour, ni dans les bureaux climatisés des ministères et de la Commission européenne. Elle demandera du temps, beaucoup de réflexions, de discussions, pour que les paysans — et celles et ceux qui souhaitent le devenir — deviennent maîtres de leur travail et de leur production, au service de toutes et tous.

Ce sera possible en forgeant une nouvelle alliance avec les autres catégories de travailleurs, avec les consommateurs, avec les chercheurs et les élus. Cela impliquera de sortir des orientations austéritaires des gouvernements successifs et d’opérer une refondation radicale de la PAC.

Ce changement est indispensable. La sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire sont désormais sérieusement menacées. Le risque existe que, dans quelques semaines, les prix alimentaires augmentent d’un tiers, alors que salaires et pensions de retraite sont compressés.

La tâche est immense. Les obstacles sont nombreux. Mais l’espoir, lui, est tenace. Il se niche dans les yeux des jeunes qui choisissent de devenir paysans, tout en militant pour une bifurcation sociale, démocratique et écologique de la production et de l’alimentation.

Nous pensons à tous les enfants et à la jeunesse en proposant que le sol puisse encore chanter avec nous. 

17 août 2026. 

Par Patrick LE HYARIC