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Alternative progressiste pointe l’inertie du RN sur les dossiers clés

 

 

Alternative progressiste pointe l’inertie du RN sur les dossiers clés

L’opposition de gauche décortique le bilan des 6 premiers mois de la mandature RN et met en avant ses actions et interventions pour en montrer à la fois les outrances et l’absence d’ambition pour la commune et ses habitants.

 

Trois des quatre élus d’opposition de gauche, Stéphane Sacco, Brigitte Cheinet et Cédric Turco mercredi matin, rue Lagane, avec en main le nouveau numéro de leur journal. PHOTO T.T.

Après le conseil municipal de mardi, nous retrouvons aujourd’hui les conseillers municipaux d’opposition de gauche dans le centre-ville de l’ex-cité des Chantiers pour une analyse de la gestion par l’extrême droite de la commune ces six premiers mois.

Concernant le volet des écoles, dont le maire Dorian Munoz affirme avoir fait sa priorité avec la sécurité, l’enseignant Cédric Turco (PCF) explique que, mis à part quelques travaux engagés, la rentrée s’est effectuée dans des conditions totalement insatisfaisantes. « Dans la deuxième ville du Var, on a des écoles dans un état lamentable. On est loin d’être à la hauteur des besoins », affirme-t-il. Et donc l’absence d’avenant budgétaire pour répondre à l’urgence dénote une absence de volonté politique malgré l’affichage, pointe l’élu.

Et de poursuivre : « Les préfabriqués de l’école Victor Hugo sont amiantés et sont de vraies passoires thermiques : c’est irrespectueux pour les enseignants, pour le personnel municipal et pour les élèves de travailler dans ces locaux ».

L’occasion aussi de rappeler que le groupe Alternative progressiste ne lâchera rien à propos de la construction du nouveau groupe scolaire Verne-Mabily qui aurait dû accueillir les élèves depuis 2021. Un projet que la droite précédemment aux manettes a jeté aux orties sans autre forme de procès. En attendant la solution trouvée n’a apporté aucune amélioration, explique-t-il. Au contraire même, puisque « le fait que la maternelle Mabily partage les locaux avec la maternelle Cotton engendre de gros problèmes au niveau de l’organisation ». Sans compter que « l’école Verne est amiantée du sol au plafond ».

L’autre point noir dénoncé réside dans le manque de transports scolaires. Et l’embauche d’un chauffeur de bus contractuel risque de ne pas suffire. Pour la gauche, « une sortie scolaire annulée, c’est une activité pédagogique qui disparaît, et un enfant qui ne peut pas partir en sortie parce que la collectivité n’a pas les moyens de l’y emmener, c’est aussi une inégalité d’accès aux activités scolaires ».

Écoles délabrées

Cédric Turco rappelle également que l’apprentissage de la natation obligatoire pour les élèves de la maternelle au CM2 n’est toujours pas assuré faute de piscine.

 

« C’est une obligation légale pour les communes de plus de 30 000 habitants », insiste Stéphane Sacco (GRS).

Concernant, leur présence aux côtés des personnels de l’hôpital de La Seyne mobilisés pour que continue de vivre le service psychiatrique, les élus de gauche rappellent qu’ils ont été les seuls à les soutenir et à participer à tous les rassemblements devant l’établissement.

« Nous avons contacté nos élus parlementaires et il y a eu une question écrite posée au gouvernement », précise Brigitte Cheinet (PCF). Et de poursuivre : « On a pu obtenir la mise en place temporaire pendant l’été d’un certain dispositif et il avait été annoncé la venue d’un professeur, le professeur Diaz, avec des internes pour faire vivre ce service. Donc nous, on ne lâche pas ce dossier, on le suit de très près ».

Autres sujets sur lequel Alternative progressiste souhaite intervenir, celui de la traversée du port de La Seyne et le projet de réhabilitation de la corniche de Tamaris qui s’enlise.

« Sur le centre-ville, Monsieur Munoz est dans les pantoufles de Minniti [l’ancien maire de droite, ndlr] et poursuit des opérations qui étaient déjà préparées », déclare Stéphane Sacco.

Et de préciser : « Pour nous, la priorité dans la rénovation du centre-ville, ce n’est pas simplement de refaire des places ou de déplacer du mobilier urbain mais de réhabiliter le logement existant, permettre à de nouvelles familles, à des jeunes actifs de pouvoir s’y installer. C’est comme cela que nous créerons de la mixité sociale tout en préparant les mobilités de demain ».

Concernant la corniche, l’élu interroge : « On nous avait notamment annoncé des travaux qui devaient commencer et même une réalisation à l’horizon 2026, or ils n’ont toujours démarré. Où en est réellement ce projet ? ».

 

Concernant ensuite le tunnel sous le port que la droite avait présenté comme une solution pour désengorger la traversée du centre-ville, Alternative progressiste ne se dit pas surprise par les premières conclusions de faisabilité. « Pendant la campagne, nous avions déjà expliqué que ce projet posait des problèmes techniques importants, notamment au niveau des accès et des sorties du tunnel, avec des conséquences sur les secteurs concernés », détaille Stéphane Sacco.

La gauche insiste sur le fait que la solution à adopter ne devra pas faire l’impasse sur l’arrivée du BHNS comme c’est le cas aujourd’hui.

Thierry Turpin /

La Seyne-sur-Mer /

24/09/2026 | 07h33

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La municipalité de La Seyne a-t elle des griefs envers la Résistance ?

                                                                         La stèle marquant le massacre de la ferme de Limate, à Signes, de neuf maquisards FTPF et un berger. PHOTO DR

 

La municipalité de La Seyne a-t elle des griefs envers la Résistance ?

Après lui avoir interdit de prendre la parole le 26 août dernier pour commémorer la libération de la ville, la municipalité refuse de prêter un car à l’Anacr pour amener les élèves à Signes sur les lieux où ont été massacrés des résistants.

La stèle marquant le massacre de la ferme de Limate, à Signes, de neuf maquisards FTPF et un berger. PHOTO DR

L’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (Anacr) a été privée de parole pour la cérémonie du 26 août commémorant de la libération de La Seyne.

« Et ce n’était qu’un début », s’indigne Louis Vaisse, en expliquant que lors de la réunion du comité de coordination des anciens combattants de La Seyne, le 7 septembre, l’élu délégué par la municipalité a indiqué qu’elle ne serait plus autorisée à intervenir officiellement lors de cet hommage. Et qu’elle devrait se contenter de lire le message national lors de la cérémonie du 27 mai, Journée nationale de la Résistance depuis 2013. « Ce qui, aux dires du représentant municipal, est déjà bien suffisant ! », rapporte le militant.

Plus grave encore, le comité local qui emmène une centaine de collégiens sur les lieux de mémoire à Signes où ont eu lieu des massacres de Résistants, en sollicitant les communes de La Seyne et Six-Fours pour le prêt d’un bus, s’est vu opposer un refus tout aussi catégorique de l’élu de l’ex-cité des Chantiers. Ce dernier déclarant : « Cela vous arrange bien que cela soit à Signes. Pourquoi n’allez-vous pas dans le haut Var ? » Pour mémoire, Signes fait également partie des communes tombées dans les bras du Rassemblement national. Le parti à la flamme, héritier de celui créé avec Jean-Marie Le Pen par d’anciens membres de la Waffen SS craignant peut-être que soit rappelé que leurs aînés n’étaient pas vraiment du bon côté de l’Histoire.

Alors que la sortie pédagogique vise à faire vivre le devoir de mémoire en évoquant deux mouvements de résistance, un réseau de renseignement, et d’expliquer ce qu’est une nécropole nationale. Mais aussi leur faire découvrir, in situ, le lieu où s’est effectuée la jonction entre une partie de l’armée du général de Lattre de Tassigny et les résistants lors de la bataille de Toulon.

Mais pas question d’en rester là, promet Louis Vaisse.« Nous allons donc réitérer nos demandes chaque année. Et nous serons à Signes, en espérant trouver une solution pour y emmener les élèves, comme chaque année sous les municipalités précédentes », conclut le comité local.

Thierry Turpin /

Var /

24/09/2026 | 09h10

 

 

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Un week-end musclé

 

 

 

Un week-end musclé

 

Ce ne sont pas les « nouvelles » qui manquent, on ne sait plus où donner de la tête -je ne sais pas la vôtre mais la mienne est très fatiguée- à vivre ce que nous vivons ici, dans notre pays connecté à ce qui se passe ailleurs.

 

On a du mal à suivre les évènements, plus ou moins lointains, de toute nature qui ont des conséquences directes avec nos problèmes les plus sensibles touchant de plus en plus de foyers modestes par les coûts de l’alimentation, des énergies, du logement, des dérèglements climatiques et de leur évolution, des guerres hybrides interminables.

 

Donc pas exclusivement militaires, mais par tous les moyens…pour nous « protéger », disent-ils, les démagogues bien rémunérés, détenant le pouvoir même sans majorité ? Devinez qui s’en sort plutôt très bien ? Toujours les mêmes qu’il ne faut pas contrarier ! Les intérêts privés, de l’extrême-droite au social-libéralisme, restent prioritaires ??

 

Macron nous prépare au pire, sans complexe, et nous annonce des exercices militaires dans chacun de nos départements, à nos frais, de sorte que le budget de la défense nous coûte de plus en plus cher.

 

L’austérité n’a pas de limite, le mot ne convient pas à nos « élites » et aux semeurs de haine et de violation du droit français avec leur « Les Français d’abord, les immigrés dehors, le droit du sol hors-la-loi»…

 

L’AfD en Allemagne a gagné ce dimanche le Mecklembourg et doublé son score, confirmant son succès il y a peu en Saxe-Anhalt. Elle a mis une sourdine à ses modèles néo-nazis…Elle progresse aussi à Berlin mais c’est Die Linke, la gauche unie a gagné la capitale en tête à 25%. Le président CDU persiste, il n’a pas bien compris…l’audition sans doute.

 

Le RN se montre discret avec sa « dédiabolisation » factice mais n’en pense pas moins. Tous n’arrivent pas toujours à retenir les éléments de langage qui masquent leurs pensées et leurs buts.

 

Médiapart vient de révéler que le parlement européen demande à Mme Le Pen le remboursement de 166 997 euros. (1)  Rien à voir avec son escroquerie de près de 15 ans qui l’a condamnée : inéligible plus un an de prison ferme. On n’attend plus que la cassation.

Son électorat semble lui faire confiance : détournement d’argent public ? Par deux fois prononcé, elle pense mettre la justice à genoux et se faire pardonner en devenant Présidente de la Répblique, digne de son père ?

 

Ciotti, l’ancien président LR, est le premier bras droit du RN avec son micro-parti UDR, il recrute de nombreux amis en vue des sénatoriales et de la présidentielle, moyennant le soutien total du RN à Nice et un ministère promis à cet ultra-conservateur,  au cas où…

 

On n’y est pas encore, la République ne peut pas perdre ses valeurs, déjà bien entamées.  Assez d’hypocrisie du côté de ses ennemis traditionnels. Mais du contenu véritablement révolutionnaire et unitaire du côté de ses enfants naturels, le peuple souverain. Trop souvent déçu par des promesses non tenues par une gauche (?) sous l’emprise de la finance et des intérêts privés.

 

Monumental !!!

 

Encore une fois, Trump et son compère génocidaire Netanyahou, ont refusé pour la deuxième année la présence de Mahmoud Abbbas, président de l’OLP  et de ses membres à l’assemblée générale de l’ONU qui s’ouvre ce mardi à New-York jusqu’au 28 septembre. Une déclaration pourrait être lue ? La situation de Gaza et du Liban est criminelle.

Autrement dit, les déclencheurs, seuls responsables de la guerre au Moyen-Orient et de ses conséquences en cours, colossales, humaines et économiques, que subissent tous les peuples du monde, peuvent toujours se permettre de dicter aux Nations Unies qui peut y être accepté ou pas.

 

C’est le sort de l’ONU qui est en jeu, pour sortir de la paralysie provoquée par les E-U avec constance et détermination.

 

Nous en reparlerons.

 

 

René Fredon

 

 

 

 

 

 

(1)     https://www.mediapart.fr/journal/france/180926/le-parlement-europeen-reclame-pres-de-170-000-euros-marine-le-pen-pour-des-depenses-indues?utm_source=enquete-20260919-073006&utm_medium=&utm_campaign=&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[ENQUETE]-enquete-20260919-073006&M_BT=1463838351823

 

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 L’urgence du réveil!

                                                                                               L’urgence du réveil

Le désastre se fait en général processus. Il peut être lent, mûrissant dans les replis des indifférences, des aveuglements, des compromissions, des renoncements et des capitulations. L’ivresse des certitudes, les éléments de langage recrachés et le confort intellectuel le dissimulent souvent.Ainsi, le chancelier allemand Friedrich Merz avait promis de diviser par deux le score de l’AfD (Alternative für Deutschland), ce parti qui se réclame de la fange nazie. Il a finalement réussi l’exploit de diviser par deux les résultats de … sa propre formation politique.S’il vient de se déclarer « choqué » par la poussée électorale de l’extrême droite en Saxe-Anhalt, il ne l’est pas au point de rompre avec sa politique d’austérité et de militarisation. Non, il entend la mener à son terme.Mais, à l’instar de ces droitiers politiciens qui n’ont cure des souffrances des travailleuses et des travailleurs, il feint de croire qu’il ne s’agirait que d’un problème de communication : il le fera donc avec « plus de pédagogie ». Les mêmes causes produisant immanquablement les mêmes effets, cet homme prépare, du haut de sa superbe et de son air hautain, le retour du fascisme en Europe.

 

Il n’est pas seul. Les irresponsables organisent le covoiturage. Début novembre 2023, son prédécesseur Olaf Scholz empruntait déjà la rhétorique xénophobe en affirmant : « Nous devons enfin expulser à grande échelle ceux qui n’ont pas le droit de rester en Allemagne. »

Quelques mois plus tard, après avoir décrété une dissolution chaotique et rejeté l’évidence d’un front républicain, Emmanuel Macron qualifiait, le 18 juin 2024 — en marge des commémorations de l’appel du général de Gaulle à l’Île-de-Sein —, le Nouveau Front Populaire de « totalement immigrationniste ».

 

Depuis lors, on ne compte plus les décisions et les lois directement puisées dans la besace trouée  de l’extrême droite, pour être appliquées avant même qu’elle n’accède au pouvoir.

 

 Qu’il s’agisse des lois dites « contre le séparatisme », de l’instauration d’une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, ou de cette loi immigration saluée comme un triomphe idéologique historique par le Rassemblement National ; qu’il s’agisse de la loi de programmation militaire, du rejet méprisant de la taxe sur les super-riches, du refus obstiné d’augmenter le SMIC, du retour empoisonné des pesticides dans nos sillons, ou encore de ces votes infâmes sur les « hubs de retour » au Parlement européen — partout, le bulletin de vote de l’extrême droite se dissout comme un sucre amer dans la déchéance des droites et d’une macronie déclinante. Cette dernière, en pleine mutation servile, s’est fait le paveur zélé de la voie sacrée sur laquelle s’avance le désastre.

Tout est mis en œuvre pour que les parlementaires du RN/FN trouvent un nid douillet au cœur du lit de plume que les raboteurs de la République feignent encore de nommer « l’arc républicain » — cet enclos factice dont a été brutalement éjectée la gauche de transformation sociale et écologique.

Ce sordide dispositif s’articule avec une implacable machine à confusion, un automate sémantique qui ressasse à satiété ses catéchismes de la « responsabilité », du « raisonnable » et du « nécessaire compromis », tout en vouant aux gémonies les travailleurs en lutte, travestis par la bien pensance au service des grands propriétaires en vulgaire « preneurs d’otages ».

C’est ainsi que les mots et les concepts s’installent, sournois, comme les barreaux de la courte échelle vers l’abîme. Les connivences aussi ! Ensemble, le pouvoir et l’extrême droite font pression pour expliquer qu’il « faut un budget à la France ». Lequel ? Évidemment un budget taillé sur mesure pour les plus fortunés.

Une piètre et sinistre ministre, déshonorant la charge d’un portefeuille censé fustiger le racisme, a osé prétendre que l’odieux concept du « grand remplacement » échappait à l’infamie xénophobe, et que souffler sur ces braises fascistes pour appeler à leur embrasement relevait de la simple liberté d’expression. C’est absoudre, d’un trait de plume, une théorie complotiste dont l’artificier en chef a pourtant été, à maintes reprises, flétri et condamné par les tribunaux de la République.

 

Mais le grand complexe médiatico-politique ne recule devant aucun ravalement de façade. Qu’importe que des agents de la police municipale de Carcassonne — par ailleurs sbires avérés du service d’ordre du Rassemblement National — éructent des tas d’immondices de paroles racistes, sexistes et homophobes : la machine à blanchir en fait aussitôt de commodes « brebis galeuses », paratonnerres dérisoires destinés à masquer la matrice idéologique du parti d’extrême droite. C’est ce même zèle amnésique qui s’est employé à repeindre le RN/FN en force respectable sous prétexte d’un divorce de façade avec les néonazis allemands à Strasbourg. Imposture que voilà ! Derrière le vernis des convenances et dans le secret des pupitres de l’hémicycle européen, la réalité crue, éclate : le parti de Bardella et Le Pen épouse et vote près de 90 % des amendements dictés par l’AfD.

 

Le couronnement de cette déchéance est venu d’en haut, offert sur un plateau d’argent par le Premier ministre lui-même. On l’a vu s’agiter tout l’été, mendiant auprès des banques pour que soit octroyé à Marine Le Pen le nerf de sa prochaine guerre électorale. Qu’importe que la candidate traîne le boulet d’une condamnation pour détournement de fonds publics ; pour l’hôte de Matignon, la probité n’est qu’une vétille et le droit un détail de l’histoire.

 

L’historien Robert Paxton, scrutant les mécanismes du siècle passé, nous prévient pourtant : « Les fascistes sont proches du pouvoir lorsque les conservateurs commencent à leur emprunter leurs méthodes. »

 

C’est ce vertige qui saisit le monde en cette fin d’été. Le fascisme avance masqué, drapé dans de nouveaux oripeaux, mais le poison demeure identique.

Chassons de nos esprits l’illusion d’une immunité : le grand capital, étranglé par ses propres et insolubles contradictions, réclame ce sauveur, cette assurance vie qui peut lui faire gagner quelques années encore. C’est pour cela que la récidive peut exister ! Le, processus est entamée aux Etats-Unis, en Argentine, en Italie et ailleurs.

 

Les puissances industrielles et financières ont besoin de dissoudre la politique au sens de délibération publique. Ce fut net lors des universités d’été du Medef, transformées en tribunal contre les conquis sociaux et démocratiques, contre la réévaluation des salaires, la meute patronale se faisant agressive pour défendre les privilèges. Le capital s’appuie sur les extrêmes droites pour pousser une nouvelle logique interne au sein des pays et à l’échelle mondiale : verticalité absolue du pouvoir, culte du chef, destruction des normes sociales et environnementales, suppression totale de la fiscalité sur le capital. La bataille culturelle de la réaction s’appuie sur le fantasme d’un passé mythifié, l’instrumentalisation d’angoisses multiples, une rhétorique sécuritaire et la restauration de l’hégémonie vacillante de figures traditionnelles, telles que le patron, l’homme blanc ou le producteur.

Dans un contexte où les vieilles solutions néolibérales ne peuvent plus régénérer le capitalisme, où les « alternances » et les gouvernements de « compromis » échouent à répondre aux souffrances sociales, aux dénis démocratiques et aux bouleversements écologiques, et alors que la gauche est divisée et faible, les formations d’extrême droite sont jugées « neuves » par des millions de personnes — y compris par celles qui souffrent le plus du système.

 

De la Saxe-Anhalt à la France, du Royaume-Uni  à l’Italie, jusqu’en Amérique Latine, le discours ultraréactionnaire — porté par de nouveaux journaux, de nouvelles télévisions et de nouvelles constructions imaginaires — devient une marchandise aux apparences de nouveauté. La dictature des opinions, qui étouffe la démocratie, est défendue au nom du pluralisme. Le mensonge et les « vérités alternatives » deviennent des éléments majeurs de la conversation publique. Les croyances et les simplismes congédient la science. Le fétichisme technique des magnats de la Silicon Valley devient un trait constitutif d’un autoritarisme sans limites, sans morale et sans éthique.

 

Ce qui rend la situation extrêmement dangereuse, c’est la trajectoire même de la concentration du capital : son hubris, son avidité, sa voracité et son désir d’exploitation sans frein de l’ensemble du vivant et du non-vivant, imposant le règne absolu de la marchandise en déshumanisant tout sur son passage.

Au moment même où l’Allemagne se réarme, où le trumpisme et son colocataire le techno-fascisme se déchaîne , où le militarisme tient le haut du pavé, où l’atome guerrier se trouve banalisé, et alors que s’élèvent d’arrogants nationalismes et des guerres de territoires, les feux sombres d’un retour au pire s’allument les uns après les autres.

Il y a urgence à déchiffrer ces signaux, à les combattre pied à pied. Les nombreuses mobilisations en préparation pour ce mois de septembre vont y aider.

Aucun progressiste, aucun humaniste, aucun démocrate ne peut plus se satisfaire de querelles subalternes qui divisent, affaiblissent le mouvement ouvrier et parsèment d’embûches le chemin de la jeunesse — alors que les projections électorales annoncent que la candidate du RN, fût-elle lestée d’un bracelet électronique, s’apprête à rassembler plus du tiers des suffrages dans six mois auxquelles il faut ajouter ceux de ses succursales.

« Que les choses continuent comme avant, voilà la catastrophe », écrivait Walter Benjamin.

 

Ne l’oublions pas. Contre ceux qui pavent la voie du désastre : décrétons l’urgence du réveil. Des mouvements citoyens et sociaux qui se déploient en cette rentrée peuvent faire jaillir l’énergie sociale, progressiste et écologique, et faire naître de nouvelles lumières.

14 septembre 2026. par Patrick LE HYARIC 

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Actualités, International

Pouvoir d’achat, environnement, paix…. Parlons des urgences!

 

 

Pouvoir d’achat, environnement, paix….Parlons des urgences

 

« Depuis le début des années 2000, la trajectoire du PIB français par habitant  s’écarte progressivement de celle de l’ensemble des économies avancées.…» peut-on lire dans le dernier « Vie publique », support du gouvernement.

 

Difficile de nier la réalité. Ils n’ont pas de solution, ils mettent un point d’interrogation à chaque cause que leur analyse donne à ce phénomène de longue date qui se manifeste dans tous les pays occidentaux ( croissance plus faible, désindustrialisation, déficit commercial, dette publique élevée, retard dans certaines technologies comme l’IA)…

 

Les dirigeants des pays capitalistes les plus industrialisés ont fait basculer sciemment leur stratégie de « conquête du monde par le libre échange » en allant faire produire en Chine et en Inde ce qui leur coûte beaucoup moins cher en salaires, en fiscalité, en aides sans contrepartie. Depuis les années 1980, ils déplacent leurs usines pour accroître les profits de leurs actionnaires et très hauts salaires. (2)

Ils nous disaient que « c’était pour améliorer la production ». Ce fut -et c’est toujours- une guerre contre l’emploi, une catastrophe industrielle, économique et sociale. Pas pour tout le monde. Et ça continue, les guerres en plus, ça ne rapporte qu’à ceux qui les décident.

 

Une information toute fraiche : au 18è sommet des BRICS, le 12-9-26 à New Dehli, chefs d’Etats ont adopté à l’unanimité « une déclaration économique engageant à développer les échanges commerciaux et les investissements réglés dans les monnaies nationales des États membres... » Trump et le dollar en prennent un sérieux coup. Les BRICS représentent 48% de la population mondiale.

 

Ainsi, alors qu’ils créent le chômage chez eux, les dirigeants occidentaux accroissent les inégalités et l’austérité comme seul moyen d’équilibrer les budgets, se refusant toujours de toucher aux capitaux privés faramineux.

 

Ils ne répondent pas aux exigences environnementales, sociales, sociétales... Aujourd’hui s’y ajoutent des guerres qui n’en finisssent pas et obscurcissent l’avenir des peuples du monde.

C’est fou comme les budgets trouvent facilement de l’argent public -notre argent- pour la défense de l’Ukraine (?) sans l’avis d’un peuple jamais consulté en dix ans. Budgets soutenus par la droite, macronie comprise, l’extrême-droite et une poignée de socialistes.

 

Comme le disait Georges Orwel, « le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité pour ce qui n’est que vent »

 

C’est ce qui se passe sur les plateaux surtout privés où tout le monde parle, s’engueule, dès qu’il y a deux invités.es et plus, sans parler des « experts » pensant et posant trop souvent des questions orientées plus ou moins perfides selon l’invitée. Le buzz est toujours bon à prendre, il attire la publicité qui envahit comme jamais la télé, les ordinateurs et les téléphones que nous payons et qui sont de plus en plus chers !

 

Rien n’est joué, tout peut arriver

 

A n’en pas douter nous sommes en campagne, à la fois contre le RN dont on connait les idéaux néo-fascistes, leur démagogie, leur violence leur bourrage de crânes…et contre le prolongement de la politique libérale au service des ultra-riches, que nous a imposé Macron depuis 10 ans après ses pairs et ses majorités relatives appuyées aussi par le RN marqué par l’escroquerie qui condamne M. Le Pen et quelques autres

 

Le nombre de candidats.es, à droite et à gauche, ne peut satisfaire que le RN déjà 1er parti de France, au point que Zemmour se présente pour faire voter une partie de l’extrême-droite allergique au FN devenu RN. Il joue d’ailleurs de sa réputation sensée rendre le RN plus « modéré »

 

Difficile d’anticiper le nombre final de candidats qui auront confirmé et rempli les conditions de candidat(e) officiel(le). Pas moins, à ce jour, de 33 déclarés et 6 pressentis, du jamais vu ! (1)

 

Effrayant, même si on peut supposer que les tractations vont éclaircir la ligne de départ mais ne pas forcément stimuler les enjeux politiques : alternative progressiste ou fascisation de notre pays ?

 

Le succès de la Fête de l’Huma « pour faire front populaire » (titre du journal) tient à la présence de  toutes les sensibilités de la gauche, « tous dans le même bateau » se réjouissait le rappeur Ino Casablanca. Un tremplin pour les mobilisations en cours face aux choix libéraux qui enfoncent les classes populaires et moyennes, ils s’assoient sur les urgences sociales, environnementales, culturelles…les hausses des coûts des énergies, des logements, des transports, des aliments. Leur objectif : « touchez pas au grisbi…» des très riches.

 

Ils se dressent lorsqu’ils entendent parler de la lutte des classes, d’un changement de système, pourtant en train de prendre l’eau, ils ferment les yeux, mais pas la bouche, jusqu’à nier qu’il puisse y avoir des solutions radicalement opposées mais réalistes, répondant à celles et ceux qui vivent mal, une majorité de familles qui subissent les politiques d’austérité renforcée, un peu plus chaque jour.

 

Leurs mobilisations sont déterminantes pour que le rapport des forces sociales s’impose et obtienne des avancées concrètes en se faisant entendre  et en tirant les leçons politiques le moment venu.

 

Le changement espéré et possible, ce n’est pas qu’un vote. C’est le mouvement populaire et sa détermination, c’est une offre politique à gauche, collective et coordonnée. Qui n’exclut pas le pluralisme, mais avec des risques.

Aucun pays ne peut perdre ses emplois et prospérer. Les gestionnaires « du bloc central » n’ont fait qu’accentuer le déclin de la France, ils ne sont plus dignes de la présidence et le RN la pire des « alternances ».

 

René Fredon

 

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L’ENFER FISCAL… ET LES 61 MILLIARDS DE DIVIDENDES

Œuvre plastique — Quentin Metsys, Le Prêteur et sa femme (1514). Cinq siècles plus tard, la question demeure étrangement familière : que devient une société lorsque l’argent cesse d’être seulement un moyen pour devenir la mesure de toute chose ?

 

L’ENFER FISCAL… ET LES 61 MILLIARDS DE DIVIDENDES

Il faut croire que l’enfer a parfois de curieuses douceurs.

Depuis des années, le même récit s’est installé dans le débat public : la France accablerait ses entreprises. Trop d’impôts, trop de cotisations, trop de normes, trop de contraintes. Le diagnostic a largement débordé la droite traditionnelle. En 2014, François Hollande lui-même engageait son « pacte de responsabilité » autour d’un principe très clair : diminuer les charges et les contraintes pesant sur les entreprises, en échange d’investissements et d’emplois. (elysee.fr) Depuis, quelle que soit la couleur des gouvernements, une bonne partie de notre politique économique s’est construite autour de cette même idée : pour que l’économie fonctionne, il faudrait d’abord alléger ce qui pèse sur l’entreprise.

 

Puis les chiffres viennent parfois troubler le récit.

Au deuxième trimestre 2026, les principales sociétés françaises cotées suivies par Janus Henderson ont distribué 70,4 milliards de dollars — environ 61 milliards d’euros — de dividendes. Sur ces trois mois, la France occupe la première place européenne et la deuxième mondiale, derrière les États-Unis. L’Allemagne se situe à 51,3 milliards de dollars, l’Italie à 17,5 milliards et l’Espagne à 13,2 milliards. (Boursorama) Voilà donc un pays réputé tellement hostile au capital que ses grandes entreprises réussissent néanmoins à offrir à leurs actionnaires l’une des plus importantes rémunérations de la planète.

Ne faisons pas dire à ce chiffre davantage qu’il ne dit. Il concerne un trimestre, celui où les entreprises européennes versent traditionnellement une grande partie de leurs dividendes. Il porte sur les grandes sociétés cotées, pas sur les millions de PME et de petites entreprises françaises. Et il comprend un versement exceptionnel de Bolloré d’environ 4,2 milliards d’euros. (Boursorama) Surtout, distribuer beaucoup de dividendes ne prouve évidemment pas que la fiscalité des entreprises soit faible. Oui, certains prélèvements, notamment les impôts de production, restent plus lourds en France que chez plusieurs de nos voisins. Le nier serait aussi idéologique que de prétendre que toutes les entreprises françaises seraient étranglées.

Mais précisément : le problème commence lorsque l’on transforme une réalité partielle en vérité générale.

Car pendant que l’on racontait l’entreprise française martyrisée par la puissance publique, cette même puissance publique organisait un soutien massif à l’économie privée. Une commission d’enquête du Sénat a évalué en 2025 à au moins 211 milliards d’euros les aides aux entreprises en 2023 dans son acception la plus large : allègements de cotisations, dépenses fiscales, subventions et interventions financières de Bpi-france. Le Sénat précise lui-même qu’en retirant certains éléments discutables du périmètre, l’estimation tombe à 108 milliards. (Sénat) Autrement dit, le chiffre de 211 milliards ne doit pas devenir à gauche ce que « l’enfer fiscal » est devenu à droite : un slogan brandi sans précaution. Mais même avec le périmètre resserré, nous parlons d’une intervention publique considérable.

Et c’est là que le débat devient réellement politique.

 

Pendant des décennies, on nous a expliqué que la première urgence consistait à diminuer le « coût du travail ». L’expression elle-même mérite qu’on s’y arrête. Le salaire, les cotisations sociales, la retraite, l’assurance-maladie deviennent ainsi des coûts. La rémunération du capital, elle, conserve un vocabulaire infiniment plus élégant : dividendes, rendement, retour sur investissement. Personne ne parle du « coût du capital » avec la même insistance. Pourtant, lorsqu’une entreprise distribue une partie de ses bénéfices à ses propriétaires plutôt que de l’investir, il s’agit bien, là aussi, d’un choix dans la répartition de la richesse produite.

 

C’est ici qu’une gauche de rupture se distingue d’une simple politique d’accompagnement. Elle ne poserait pas la question infantile : « Êtes-vous pour ou contre les entreprises ? » Elle demanderait : qui produit la richesse, qui la reçoit, qui finance quoi, et qui décide de son partage ?

Cette question devient d’autant plus légitime que la fiscalité réelle ne frappe pas uniformément toutes les entreprises. Selon une étude de la DG Fip réalisée avec l’Insee, le taux implicite brut d’imposition des profits était en 2022 de 21,4 % pour les PME, contre 14,3 % pour les grandes entreprises. (impots.gouv.fr) Il ne s’agit donc pas de réclamer mécaniquement « davantage d’impôts sur les entreprises ». Une petite société artisanale de quinze salariés, une PME industrielle qui exporte, Carrefour, Total Energies ou LVMH ne constituent pas une catégorie économique homogène simplement parce que le Code du commerce les appelle toutes « entreprises ».

 

Une politique de rupture pourrait justement partir de cette différence : soutenir davantage ce qui produit, emploie, investit et transforme ; demander davantage à ce qui accumule, financiarise et distribue. Conditionner plus strictement les aides publiques à l’emploi, à l’investissement productif, aux salaires et à la transition écologique ; examiner les aides lorsque des groupes massivement soutenus licencient tout en distribuant des dividendes ; distinguer fiscalement les bénéfices réinvestis de ceux qui sont distribués ; rendre enfin parfaitement transparent ce que chaque grande entreprise reçoit de la collectivité. Ce débat sur la conditionnalité n’est d’ailleurs pas une invention militante : le rapport sénatorial de 2025 constate explicitement que la coexistence d’aides publiques, de plans sociaux et de dividendes élevés a relancé cette question. (Sénat)

Voilà sans doute où pourrait se situer aujourd’hui une véritable ligne de rupture.

 

Non pas dans une guerre absurde contre « les patrons ». Il existe des entrepreneurs qui prennent des risques, investissent leur patrimoine, créent des emplois et se battent quotidiennement pour maintenir leur activité. Leur appliquer indistinctement la même grille qu’à une multinationale serait économiquement stupide et politiquement paresseux. Mais l’erreur symétrique consiste à placer sous le joli mot d’« entreprise » des réalités tellement différentes qu’il devient impossible de parler du pouvoir économique. Une multinationale n’est pas seulement une entreprise plus grosse qu’une PME : elle dispose de moyens financiers, juridiques, fiscaux et politiques incomparablement supérieurs.

 

C’est peut-être là que trente années de politique économique mériteraient d’être interrogées. À force de chercher comment rassurer les marchés, restaurer les marges, diminuer le coût du travail, réduire l’impôt sur les sociétés et multiplier les dispositifs d’aide, avons-nous suffisamment demandé ce que la collectivité recevait en retour ? François Hollande lui-même avait présenté les allègements de 2014 comme un contrat : moins de charges, en contrepartie d’emplois, d’investissements et de formation. (elysee.fr) La question politique, douze ans plus tard, consiste aussi à regarder le bilan de cette logique plutôt qu’à en répéter indéfiniment le postulat initial.

Car l’enjeu de fond n’est finalement pas fiscal.

 

Il concerne le pouvoir.

Qui décide de l’utilisation de la richesse créée dans une entreprise ? Quelle part revient au travail ? Quelle part finance l’investissement ? Quelle part rémunère le capital ? Lorsque la puissance publique intervient pour rendre une entreprise plus compétitive, les salariés qui y travaillent et les citoyens qui la financent acquièrent-ils un droit de regard sur les conséquences de cette aide ? Ou considère-t-on que l’argent est public jusqu’au moment où il entre dans l’entreprise, puis strictement privé dès qu’il en est sorti ?

 

Voilà le débat qu’une gauche qui prétendrait réellement rompre avec les politiques économiques de ces dernières décennies aurait à ouvrir. Pas celui d’une taxation punitive destinée à faire applaudir quelques militants. Pas davantage celui d’un État distribuant les aides sans regarder ce qu’elles deviennent. Mais celui d’une économie dans laquelle l’argent public oblige, dans laquelle le travail retrouve un poids face au capital et dans laquelle l’entreprise n’est plus envisagée exclusivement à travers les intérêts de ses propriétaires.

 

Les 61 milliards d’euros distribués au printemps 2026 ne démontrent donc pas que la France serait un paradis pour les entreprises. Ce serait aussi caricatural que de la présenter comme leur enfer.

Ils démontrent quelque chose de beaucoup plus intéressant : dans ce supposé enfer fiscal, le capital sait encore fort bien prospérer.

 

Et si nous commencions enfin à discuter moins du niveau abstrait des prélèvements que de ce que nous voulons collectivement faire de la richesse produite ?

 

Guy CALMES 

 

 

Œuvre musicale — Pink Floyd, Money (1973). Une caisse enregistreuse transformée en rythme : difficile de trouver meilleure introduction sonore à une réflexion sur la place que nous accordons à l’argent.

 

 

 

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Six-Fours : Carolyn Salva, l’ex-1ère adjointe, s’exprime !

 

                                  Six-Fours : Carolyn Salva, l’ex-1ère adjointe, s’exprime….

 

 

Lundi 7 septembre, dans Var-Matin, Carolyn Salva qui n’a pas démissionné mais que Boccaletti a « viré » ? Elle n’était pas encartée, il l’avait choisie comme 1ère adjointe. Il a fait voter, en son absence, un arrêté de retrait de ses fonctions, sans donner d’autre raison que « nous avons des divergences de vue » !

 

Un peu court et humiliant, il l’avait reçue le 13 août, juste avant ses vacances, elle partait le 17 et, dans la foulée, le maire  avait convoqué à la hâte un conseil municipal le samedi 22,  suivi par sa majorité.

 

Il ne s’agit pas, ici, de départager les colistiers d’une liste d’extrême-droite qui se dit « large » et soucieuse des seuls intérêts de la population, avec à sa tête un député RN dont la carrière, les actes et les idéaux sont plus proches du néofascisme à la sauce de l’AfD qui va diriger une région  allemande loin de l’esprit de la République française.

 

Evidemment il ne s’en vante pas ce « patriote » et négationniste, ce qui n’est guère compatible.  En France, le racisme n’est pas un débat mais un délit.

 

On ne peut fermer les yeux sur les pratiques dictatoriales auxquelles on assiste et qui montrent jusqu’où va un député-maire d’extrême-droite qui organise l’éviction d’une colistière pendant ses vacances sans justifier les faits, les raisons d’une telle précipitation ?!

 

Alors qu’il l’avait lui-même recrutée, justement parce qu’elle n’était pas encartée au RN ni ailleurs et qu’elle avait une expérience de plus de 20 ans  cadre municipale à Six-Fours, à l’origine d’une association locale axée sur le social. Belle « prise » pour attirer les électeurs.ices proches d’une personnalité active et connue !

 

Quatre premiers mois d’investissement intenses, tout va bien et ce permanent FN-RN de longue date, décide de s’en débarrasser toute affaire cessante. Craignait-il qu’elle devienne populaire par son expérience municipale et associative ?

 

En tout cas, les Six-Fournais.es ont le droit de connaître les motifs d’un tel acte humiliant à la marge du droit public. Ce n’est pas parce que les recours du vote ont été rejetés que le maire peut faire ce qu’il veut sans rendre de comptes.

 

Si, sur la forme, le maire dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour retirer les délégations d’un ou d’une adjointe, sur le fond  « la décision doit obligatoirement reposer sur un motif légal. S’il y a un recours devant le tribunal administratif, le maire devra révéler ce motif au juge « .

 

Dans V-M, madame Salva fait état d’une pression certaine : « soit  tu démissionnes soit je vais annoncer qu’il y a des divergences entre nous. »… sans lui préciser lesquelles.

 

Après sa demande d’un recours gracieux qui n’a été suivi d’aucune réponse,  Mme Salva, dans son droit de réponse, insiste sur son refus de démissionner et conteste vivement le seul motif avancé : « les divergences  sur la conduite des affaires municipales « ?

 

On se croirait à La Seyne en 2020 lors de la querelle Bicais-Colin qui n’a jamais cessé de diviser la liste LR et qui s’est terminée par l’accès d’un maire RN comme à Six-Fours succédant à un autre maire LR depuis 30 ans…

 

 Cela commence mal aussi, dans un autre contexte : A La Seyne c’est le 1er adjoint qui contestait les choix du maire. A Six-Fours c’est le maire qui  renie son choix initial et qui a activé une sanction arbitraire.

 

Ce qui en dit long sur son totalitarisme et sa soif de pouvoirs…bien rémunérés.

 

Les Six-Fournais ( e) apprécieront !

 

 

René  Fredon

 

 

 

 

 SIX FOURS /PCF 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PISA : REMETTEZ UNE PIÈCE DANS LE JUKE-BOX…
PISA : REMETTEZ UNE PIÈCE DANS LE JUKE-BOX…

C’est reparti. Ils vont mettre encore une pièce dans le juke-box et l’on va entendre toujours les mêmes perroquets discréditer l’enseignement français, l’Éducation nationale et les enseignants. Les résultats de PISA viennent de paraître : aussitôt, les procureurs habituels reprennent leur refrain. Le niveau baisse, l’école publique ne fonctionnerait plus, les enseignants ne travailleraient pas assez et il faudrait introduire davantage de concurrence, d’autonomie, de sélection et, bien entendu, de privé. Cela fait quarante ans que la chanson passe en boucle. À force, même le disque devrait être usé.

Commençons donc par regarder sérieusement les chiffres. En 2025, les élèves français de 15 ans obtiennent 483 points en sciences, 456 en compréhension de l’écrit et 458 en mathématiques. La France se situe légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE en sciences et légèrement en dessous en lecture et en mathématiques. Elle n’est donc ni parmi les meilleures ni parmi les plus mauvaises nations. Elle appartient au groupe intermédiaire des pays européens, proche notamment de l’Italie, du Portugal ou de l’Espagne. En revanche, ses résultats sont les plus faibles enregistrés depuis le début des enquêtes PISA et la proportion d’élèves en difficulté augmente dangereusement : ils sont désormais 36 % sous le niveau minimal attendu en mathématiques. Voilà ce que dit réellement le rapport PISA 2025 de l’OCDE⁠.

Mais le scandale français ne tient pas seulement à la baisse de la moyenne. Il réside dans les écarts. Plus de 90 points séparent encore les élèves socialement favorisés des élèves défavorisés. Les jeunes scolarisés en seconde générale et technologique obtiennent des résultats comparables à ceux des meilleurs systèmes européens, tandis qu’une partie des élèves de la voie professionnelle se situe parmi les groupes les plus fragiles à l’échelle internationale. Notre école ne s’effondre donc pas uniformément : elle trie, elle sépare et elle laisse tomber beaucoup plus lourdement ceux qui auraient précisément besoin d’elle pour échapper à leur condition sociale.

Et pendant que l’on accuse l’école publique de tous les maux, combien d’argent public consacrons-nous à l’enseignement prétendument privé ? En 2022, l’État lui a versé environ 8,5 milliards d’euros et les collectivités territoriales 1,9 milliard supplémentaire, soit plus de 10 milliards d’euros en une seule année. En 2025, les seuls crédits de l’État ont atteint environ 9 milliards, dont 90 % destinés à la rémunération des personnels. Pour 2026, la somme approche encore 9 milliards. Au total, près des trois quarts des ressources de l’enseignement privé sous contrat proviennent de fonds publics. Voilà un secteur « privé » dont la première clientèle est le contribuable. La Cour des comptes⁠ et un rapport parlementaire transpartisan⁠ ont pourtant constaté l’insuffisance des contrôles et des contreparties imposées en matière de mixité sociale.

Car les résultats bruts du privé sont effectivement meilleurs. Mais que compare-t-on ? En 2021, 55,4 % de ses élèves appartenaient aux catégories sociales favorisées, contre 32,3 % dans le public. La proportion d’élèves très favorisés dans le privé est passée de 26,4 % en 2000 à 40,2 % en 2021. Inversement, les collèges publics accueillent une proportion beaucoup plus importante d’enfants défavorisés, d’élèves en situation de handicap et de jeunes vivant dans des territoires où les difficultés sociales se cumulent.

La Cour des comptes le dit sans détour : un excellent taux de réussite au baccalauréat peut être obtenu en sélectionnant les élèves à l’entrée, puis en réorientant ou en renvoyant vers le public ceux qui risquent de faire baisser les statistiques. Tous les établissements privés ne le font évidemment pas. Mais le phénomène existe suffisamment pour que l’on ne puisse juger un lycée sur son seul taux de réussite au bac. C’est pourquoi le ministère calcule aussi un taux d’accès de la seconde au baccalauréat et une « valeur ajoutée », tenant compte du niveau initial et de l’origine sociale des élèves. Quand on mesure ce que l’établissement fait réellement progresser, et non la qualité de ceux qu’il a choisi de garder, la prétendue supériorité générale du privé devient beaucoup moins éclatante. La vitrine brille ; il faut simplement éviter de regarder trop attentivement l’arrière-boutique.

Le plus extraordinaire est que l’argent public finance ainsi deux systèmes qui n’assument pas les mêmes obligations. Le public accueille tous les élèves de son secteur, y compris ceux que les autres établissements ne veulent pas ou plus garder. Le privé sous contrat peut choisir largement son recrutement, demander une contribution aux familles et préserver son « caractère propre », tout en faisant rémunérer ses enseignants par la puissance publique. Nous finançons donc collectivement un système qui contribue à la séparation sociale, puis nous utilisons ses résultats bruts pour reprocher au service public de prendre en charge les enfants qu’il concentre précisément entre ses murs.

Après le lycée, le tri continue et l’argent familial prend une importance encore plus décisive. Plus d’un étudiant sur quatre est désormais inscrit dans l’enseignement supérieur privé, contre environ 17 % en 2010. Certaines formations coûtent 8 000, 10 000, parfois 15 000 euros par an, auxquels s’ajoutent le logement, les transports, les séjours à l’étranger, les préparations privées, les stages parfois non rémunérés et le réseau familial. Présenter ensuite la réussite de ces jeunes comme le seul fruit de leur mérite individuel relève d’une plaisanterie sociale assez cruelle.

Les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur sont implacables : parmi les jeunes de 25 à 29 ans, 68 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants sont diplômés du supérieur, contre 37 % des enfants d’ouvriers ou d’employés. Et 38 % des premiers détiennent un master, un doctorat ou un diplôme de grande école, contre seulement 13 % des seconds. Ces données officielles⁠ ne décrivent pas une compétition équitable : elles montrent une course dans laquelle certains partent avec plusieurs kilomètres d’avance, puis expliquent aux autres qu’ils auraient dû courir plus vite.

Ce sont pourtant les enseignants que l’on montrera du doigt. Ces enseignants dont les rémunérations de milieu de carrière restent nettement inférieures à celles de leurs homologues de l’OCDE ; ces personnels auxquels on demande d’accueillir toujours davantage de difficultés scolaires, sociales, familiales et psychologiques ; ces équipes qui travaillent parfois dans des locaux dégradés, avec des postes non pourvus, des remplacements impossibles et des accompagnants d’élèves handicapés maintenus dans la précarité. On désarme le service public, on organise sa pénurie, puis on brandit ses difficultés comme la preuve qu’il faudrait encore l’affaiblir. C’est moins une démonstration qu’un numéro de prestidigitation.

Pendant ce temps, les familles les plus riches achètent ce que la République ne garantit plus suffisamment : petites classes, accompagnement, cours particuliers, préparation aux concours, logement près des établissements prestigieux, mobilité internationale et réseaux professionnels. Les autres se voient rappeler que l’égalité des chances existe dans la devise, quelque part entre deux mots gravés au fronton.

Et après cela, on s’étonne de la colère, de la défiance envers les institutions et du succès de l’extrême droite. Celle-ci ne propose évidemment aucune réponse égalitaire : elle détourne cette colère vers les étrangers, les enseignants, les fonctionnaires ou les plus pauvres. Mais elle prospère sur une promesse républicaine trahie. Quand une société répète aux citoyens que seuls le travail et le mérite déterminent la réussite, alors que le patrimoine, le carnet d’adresses et la capacité à payer décident de plus en plus lourdement des trajectoires, elle fabrique elle-même le ressentiment dont l’extrême droite se nourrit.

PISA ne démontre pas que l’école publique serait condamnée. Il révèle au contraire ce qu’elle parvient encore à maintenir malgré son affaiblissement. La priorité n’est pas d’ajouter de nouvelles parts de marché scolaire. Elle est de reconstruire un grand service public national : mieux rémunérer et former les personnels, stabiliser les équipes, réduire les effectifs là où les difficultés se concentrent, financer réellement l’école primaire et le collège, rénover les bâtiments et conditionner chaque euro versé au privé à des obligations contrôlables de mixité, d’accueil et de continuité scolaire.

L’École n’a pas vocation à apprendre aux enfants à accepter leur place. Elle devrait leur donner les moyens d’en changer. Faute de quoi elle ne sera plus l’ascenseur de la République, mais son service de répartition des étages.

Œuvre plastique — Honoré Daumier, Le Wagon de troisième classe (vers 1862-1864) : Dans ce wagon, les voyageurs les plus modestes sont relégués dans un espace inconfortable, tandis que les classes privilégiées voyagent ailleurs et autrement. Daumier donne ainsi à voir une société qui ne réserve ni les mêmes conditions ni les mêmes horizons à tous. Comme dans notre système scolaire, chacun semble avancer dans le même train, mais certainement pas dans la même classe.

Par Guy CALMES 

Œuvre musicale — Jacques Brel, Les Bourgeois, interprétée par Jacques Brel

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Actualités

Le monocle ou le dessein national
Le monocle ou le dessein national 

Ils émergent, sortis de leur torpeur estivale. Les voilà qui envahissent les plateaux télévisés, les studios radio, s’entrecroisant, s’échangeant les mêmes idées éculées, les mêmes recettes avariées. Attifés de leur monocle, ils scrutent la montée des déficits, s’alarment des courbes de la dette. Pourtant, c’est bien leur œuvre qu’ils contemplent. Puis, tronçonneuses en main, ils traquent les économies… toujours du côté des classes populaires.

Tous se ressemblent, vêtus de leur uniforme gris austère : droite, extrême droite, centre, extrême centre, sociaux-libéraux pédants, sachants du grand capital, journalistes de la bien-pensance. Jamais le syndicat du grand patronat n’avait dicté aussi ouvertement l’agenda économique, social et politique de la rentrée. Ceux qui, pelle mécanique en main, ont creusé les déficits publics en transférant l’argent vers leurs coffres-forts, manient aujourd’hui la peur et le fatalisme : « Pour éviter des choix brutaux d’austérité demain, il faut prendre des mesures difficiles maintenant », s’exclame le Premier ministre. « Si nous n’y arrivons pas, ce sera la cata », s’est époumoné le ministre du Travail à la tribune de l’assemblée de rentrée de la CFDT.

Pourtant, leur monocle reste aveugle. Aveugle devant les lieux où l’argent dégouline : les profits, les gâchis, les évasions fiscales, les dividendes, les privilèges… Aveugle devant les 211 milliards de cadeaux aux grandes entreprises, sans contrepartie.

 

L’hypocrisie des rapaces

Plus incroyable encore : ceux-là mêmes qui ont livré le pays à la voracité des marchés financiers feignent de se plaindre de la hausse des taux d’intérêt, passés à plus de 4 % cet été. Autrement dit, les rapaces se nourrissent de la dette sur laquelle ils prélèvent l’équivalent du budget de l’Éducation nationale. Ils creusent le trou, puis proposent de le combler en s’attaquant aux travailleuses et travailleurs, aux assurés sociaux, aux retraités, aux services publics.

 

Tout passe dans l’entonnoir de la moulinette : hausse des franchises médicales, suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse des impôts indirects, blocage des retraites et leur désindexation de l’inflation, réduction des crédits pour la politique familiale, démantèlement progressif de l’universalité des prestations, réduction du nombre d’agents publics.

 

Et comme ils ne peuvent plus nier la faiblesse des salaires, nos politiciens antisociaux cherchent une astuce : augmenter le salaire net… en faisant fondre le salaire brut. Faire croire au salarié que les cotisations ne font pas partie intégrante de sa rémunération, tout en réduisant encore la participation des employeurs au financement de la Sécurité sociale.

 

L’investissement public, socle de notre humanité partagée

Pourtant, la dépense publique est un investissement pour la vie, un engagement envers notre humanité commune. L’impôt juste et les cotisations sociales ne sont pas une confiscation, mais des leviers essentiels — non seulement du pouvoir d’achat, mais surtout du « pouvoir de vivre » : celui qui permet de mettre en commun une part de la richesse produite pour la solidarité, le partage, le vivre mieux ensemble. En fusionnant salaire brut et salaire net le travailleur aurait l’impression, qu’il gagnerait plus à la fin du mois alors qu’en réalité c’est son « pouvoir de vivre » qui sera amputé. Cette tromperie organisée vise à empêcher les luttes pour l’augmentation des salaires et la baisse des prix des produits de premières nécessités, tout en stérilisant les combats pour des services publics modernes. Voilà l’une des raisons qui me font préférer   la notion de « pouvoir de vivre » à celle de « pouvoir d’achat ».

 

C’est ce que refusent désormais les plus fortunés, qui ont décidé de faire sécession. Avec une hypocrisie sans limite, ils fustigent le secteur public, dénoncent le « fardeau » des prélèvements obligatoires, transforment les cotisations sociales en « charges ». Ils oublient soigneusement de rappeler qu’ils figurent parmi les premiers bénéficiaires des biens et services publics. Sans éducation, sans santé, sans infrastructures, sans justice, sans sécurité collective, il n’y a ni efficacité économique durable, ni bien-être collectif.

 

Tarir les budgets de l’éducation, de la santé, de la sécurité, de l’écologie ou de la justice, c’est compromettre le développement humain, et donc la productivité future. C’est l’accumulation des coûts de ces réductions insupportables, conjuguée aux transferts massifs de richesses vers le grand capital, qui finit par faire craquer la société.

 

Le coût de l’inaction

Où se cachaient ces chasseurs de dépenses publiques pendant les canicules, pour ne pas voir que la contraction des budgets de la sécurité civile, la lamination du Fonds vert, le refus d’une transition environnementale, la compression du budget de la santé coûtent cher — en vies humaines et en réparations ?


Dès le 10 août, la ministre de la Transition écologique a annoncé que les canicules coûteraient au bas mot 15 milliards d’euros à la France. Comparons ce chiffre aux subventions aux énergies fossiles, qui, selon la Cour des comptes, atteignent 13 milliards par an. Selon une étude de Triodos Bank, les coûts des chaleurs extrêmes s’élèveraient à 180 milliards en Europe, soit 1 % du PIB. Pour la France, ce recul atteindrait 1,4 % des richesses produites, soit 40 milliards. Sans compter les effets à long terme : surmortalité, dépollution des eaux, dégradation des écosystèmes, baisse des rendements agricoles, restauration des forêts brûlées (20 000 € par hectare), réparations d’infrastructures endommagées.

 

Voici une donnée vertigineuse : selon la Cour des comptes, pour chaque euro investi aujourd’hui, ce sont 3 euros de dommages évités demain. Continuer à refuser le progrès social et écologique coûtera, selon ses calculs, 11 points de PIB — soit 331 milliards.

 

Pourquoi ces chiffres capitaux sont-ils systématiquement étouffés ? Pourquoi cette vérité est-elle noyée sous la propagande des déficits, sous ce refrain hypocrite qui accuse notre protection sociale d’être « trop généreuse » ?

 

Ajoutons qu’aucune étude  ne chiffre pour l’instant ni la destruction de capital ( forêts , maisons, décapitalisation des troupeaux faute de nourritures,  destructions diverses, …), ni les effets à moyen terme sur la santé ..

 

Un autre choix est possible

La question n’est donc pas de savoir si nous avons les moyens, mais si nous pouvons nous permettre de ne pas agir.

Dans l’immédiat, les propositions du nouveau Front populaire restent d’actualité :Taxation des superprofits, Contribution des très grandes fortunes (comme l’impôt minimal de 2 % sur le patrimoine des milliardaires proposé par Gabriel Zucman),Suppression progressive des aides publiques et des niches fiscales qui entretiennent la dépendance aux énergies fossiles, Lutte déterminée contre l’évasion fiscale, Conditionnalité sociale et écologique des aides aux entreprises, Emprunts publics de long terme pour financer des infrastructures utiles à plusieurs générations.

 

Au-delà, une révolution fiscale s’impose. La maîtrise citoyenne de la création monétaire et du système bancaire, devenus propriété sociale et publique, doit être mise en débat. Créons-nous de l’argent pour favoriser les possédants… ou pour l’intérêt général, humain et environnemental ?

 

Un fonds européen de centaines de milliards, alimenté par le gel des dettes des États et la création monétaire de la BCE pour le développement humain et la vie des écosystèmes, est d’une urgence absolue. Un fonds mondial, géré à l’ONU, visant le co-développement humain et la transition environnementale, est tout aussi nécessaire.

 

Pour un nouveau dessein national

Pour être utile, les débats préparatoires à l’élection présidentielle n’ont pas besoin de porteurs de lampe torche éclairant les déficits et le désastre qu’ils ont créé. Et les forces de la transformation sociale ont besoin de s’unir non pas pour répéter ce que proposent les syndicats de lutte de classe mais pour porter un grand et neuf projet de rupture : un nouveau dessein national mêlant justice et paix, démocratie réelle, et refus de toutes les dominations.

Les travailleuses et les travailleurs unis ont besoin d’un bond en avant dans le progrès social, écologique, féministe et antiraciste.
Ainsi pourrons-nous éloigner la peste brune.

31 août 2026 par Patrick LE HYARIC 

 

Actualités

Rentrée des luttes…et des classes

 

Rentrée des luttes…et des classes

 

Ce n’est pas l’euphorie, ne serait-ce que ce que nous avons vécu cet été, toujours très au-dessus de la moyenne de saison.

 

Pas seulement en Provence, ni même en France où l’on a battu des records de chaleur, de feux de forêts qui n’en finissaient pas, consécutifs à la sécheresse et à l’insuffisance de nos moyens humains et matériels pas à la hauteur des préjudices subis, malgré l’engagement des pompiers et autres intervenants.

 

Les dégâts sont considérables et les victimes loin de retrouver la joie de vivre après la disparition partielle ou totale de leur lieu de vie.

 

 

Sans oublier les productions agricoles déficitaires dans toutes les filières et ça continue. Le gouvernement dit leur venir en aide en tapant dans les budgets sociaux. Les ultra-riches apprécient.

 

Peut-on en rester à «la catastrophe naturelle» ?

 

Ingénieur très influent, Jean-Marc Jancovici, vient de proposer d’initier un « mouvement citoyen » de 150 personnes tirées au sort, autour des enjeux climatiques, d’énergie et de ressourcespour que ces questions soient à leur place, à l’ouverture de la campagne présidentielle, très dense en candidats potentiels et en questions très controversées, voire « dilemmes de notre époque », précise-t-il.

 

Climatologue de renom, Jean Jouzel, ancien président du GIEC,insiste sur la nécessité de réduire le carbone provenant des activités humaines et, ajouterons-nous, principalement de nos modes de production à finalité marchande et privée. Au détriment de l’évolution du climat et des producteurs et des consommateurs, ce que ne veulent pas entendre les capitalistes et leurs soutiens. Leurs profits d’abord !

« Si on se place à l’horizon 2050, souligne le climatologueil faut bien comprendre que l’évolution du climat est pratiquement jouée. Le problème c’est de limiter le réchauffement climatique de façon à ce que dans la deuxième moitié de ce siècle les jeunes puissent s’adapter à ce réchauffement sans trop de difficultés. Il y a toutes les raisons de penser qu’il vaudrait mieux limiter le réchauffement à 1,5° degré plutôt qu’à 2 degrés et donc atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. C’est ça le message de la communauté scientifique. »(1)

 

Le RN, est en train de changer de langage alors qu’il était très climatosceptique et s’opposait au GIEC ! En campagne électorale ses cadres sont prêts à toutes les rectifications…de langage. Il se dit même sur les plateaux bien pensants, que Mme Le Pen aurait un programme…de gauche ?? Voler l’argent public ça ne lui suffit pas ?

 

La rentrée des classes , primaire, collèges, lycées est tendue, un peu partout, le manque de moyens, d’instits et de profs, de remplaçants, le taux d’élèves par classe, les conditions de travail trop souvent dégradées pour les élèves et les profs -et la canicule se prolonge- l’interdiction du téléphone dans les lycées…et le salaire des enseignants. Il fait l’objet d’une surenchère démagogique chez les anciens ministres de droite, candidats à la présidentielle qui n’assument pas l’austérité qu’ils ont introduite dans l’Education nationale aussi.

 

Dans notre académie Ciotti, le nouveau maire de Nice a décidé d’installer un mât et un drapeau français dans chacune des 89 écoles pour qu’on puisse une fois par semaine lever les couleurs et chanter la Marseillaise ??? En fidèle porte-parole des identitaires obsédés du RN qu’il a choisi de servir.

 

Il s’est fait remonter les bretelles par le ministre de l’Education nationale, il joue la victime en bon provocateur qui veut qu’on parle de lui en se démarquant du pouvoir, tout en votant pour lui sans complexe !

 

Le SNUipp-FSU du département y a vu « une instrumentalisation de l’école ,

la ville n’a pas à s’occuper du contenu pédagogique. » idem pour la FCPE-06, les gauches niçoises outrées, la CGT soulignant que «des dispositifs scolaires similaires avaient été instaurés sous le régime de Vichy » , dénonçant une « résonance particulièrement inquiétante ».

 

Rien de surprenant quand on voit qu’en France, les mêmes néo-fascistes veulent obtenir le retrait du voile des femmes qui le portent, en toute liberté. Le RN dans sa foulée de chasseur de l’immigration a brandi son principal prétexte pour justifier les crises profondes qui traversent la France, l’Europe et le monde. Pactisant avec le grand capital.

 

Et que dire en Allemagne, de l’ascension de l’AfD (Alternative für Deutschland) pour l’Allemagne, créée en 2013, ultra-droite et admiratrice du IIIè Reich, donnée vainqueur ce w-e en région Saxe-Anhalt .

«Ils veulent en finir avec la transparence sur l’histoire de l’Allemagne nazie.”c’est un sénateur LR, Ronan le Gleut, habitant Berlin qui l’écrit dans Public-Sénat (2)

 

Les temps sont durs et incertains. Il n’y a pourtant aucune fatalité. L’avenir appartient aux peuples et à leur engagement citoyen rempli de paix, de fraternité, de solidarité, de partage….

 

 

René Fredon

 

https://www.ihemi.fr/actualites/entretien-avec-jean-jouzel-sur-les-enjeux-lies-au-changement-climatique(1)

 

(2)

https://www.publicsenat.fr/actualites/international/une-victoire-de-lafd-aux-elections-regionales-en-allemagne-serait-un-seisme-politique-avec-une-lourde-charge-symbolique