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Le puissant réquisitoire de Patrick Le Hyaric (1) contre M. Le Pen

Le puissant réquisitoire de Patrick Le Hiaric (1) contre M. Le Pen

                                         Son masque tombe

  « …. Le monde gouverné par cette pourriture,

 Les peuples l’ont maté et pourtant attention :

 N’exultez pas trop tôt, la victoire n’est pas sûre,

 Car ce terreau putride est encore fécond.

 Il engendre chaque jour de nouveaux bourreaux…..”

 Bertolt Brecht

La résistible Ascension d’Arturo Ui.(Extrait)

 

Voici sans doute la phrase qui résume le mieux la nature profonde de ce parti, prononcée par l’un des lieutenants de la cheffe de l’extrême droite : « Marine Le Pen est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable. »

 

Autrement dit, vous pouvez commettre un crime, détourner de l’argent public, c’est à vous qu’il appartient de juger de votre innocence ou de votre culpabilité. Il n’y a pas de degré plus élevé dans la brutalisation et la négation de la justice. Voici étalé le putride terreau où germe le pire.

 

Les élus de l’extrême droite courent  après les voleurs de pommes, après un gamin de 13 ans qui fait l’imbécile avec un pistolet à eau au bord du canal Saint-Martin à Paris, traquent  tout ce qui ressemble pour eux à un immigré, mais ils dénient le droit aux juges de faire leur travail au service de la société quand il s’agit d’eux.

 

 Mieux, opposant les magistrats au peuple, la responsable en chef d’un détournement de fonds qui a duré plus de dix ans au Parlement européen affirme que « les Français » seraient les seuls « juges ». En apparence, cette sentence semble de « bon sens », comme on le répète  dans les  ensileuses à dépolitisation. On pourrait donc être élu au nom de la démocratie… qu’on bafoue allègrement.

 

L’égalité juridique* entre tous les citoyens est noyée dans le marigot de la corruption et des affaires afin d’échapper à toute sanction pénale. L’impunité des « puissants » violant les lois et l’État de droit qui leur permet d’accéder et de rester au pouvoir serait naturelle.

 

Nous  entrons ici dans ce sombre dédale où le droit  d’association, le droit syndical, le droit de manifestation, le droit de la presse sont comprimés alors que la violation du droit par un parti d’extrême droite est largement accompagnée par une multiplicité de grands médias et de journaux armés de ces  nouvelles disciplines : le confusionnisme organisé autour du jugement et  la sondologie ou la sondomanie.

 

À peine sortie d’un tribunal qui condamne un détournement financier  en bande organisée au détriment de l’intérêt public, voilà que des sondages sont commandés pour certifier que celle-là même qui pille des deniers publics est apte à les gérer.

 

L’affaire est d’une gravité extrême. Elle lèse les citoyennes et les citoyens qui, au travers de leurs impôts, contribuent aux caisses communes pour l’intérêt général. L’héritière des fondateurs du Front national sollicite le vote de celles et ceux qu’elle est accusée d’avoir floués.

Et les grands médias, voyageant toujours avec dans leurs bagages ces spécialistes patentés  de « l’opinion », accréditent l’idée qu’il ne sert à rien d’aller aux urnes puisque la condamnée serait élue dans tous les cas de figure.

 

 ces Derrièreglissements trop banalisés, trop acceptés, c’est la démocratie qu’on enchaîne, c’est la destruction méthodique des contre-pouvoirs censés protéger les citoyens d’un pouvoir autoritaire, qui sont imperceptiblement mais sûrement déchiquetés.

 

Se présenter en étant à la fois poursuivie et condamnée par deux tribunaux, dans l’espoir qu’une majorité d’électrices et d’électeurs élira la cheffe de la fraude, revient à revendiquer  un privilège ou une immunité permanente.

 

L’élection présidentielle est prise en otage,  transformée en un référendum « pour ou contre le bracelet électronique » pour Mme Le Pen et pour son immunité  permanente. Fidèle à sa vieille nature, l’extrême droite menace les juges de la cour de cassation et est prête à instrumentaliser les institutions pour s’auto-amnistier de ses délits financiers dès son installation à l’Élysée, avant de modifier 14 articles de la Constitution, comme le prévoient les trois lois constitutionnelles déposées par le RN/FN sur le bureau de l’Assemblée nationale**.

 

     Pourquoi cet assourdissant silence autour de ce coup de force ?

 

Contre cette privatisation engagée de la future élection présidentielle, les citoyennes et les citoyens doivent être largement prévenus, éclairés, instruits, initiés, affranchis, mobilisés.

 

Je sais les nombreuses et nombreux amis, voisins, travailleurs désabusés par la politique politicienne, la lutte des places, les promesses jamais tenues, les postures justifiant les désunions stériles qui veulent donner un coup de pied « dans la fourmilière », comme ils disent.

 

Je sais aussi l’affligeante et pénible situation de celles et ceux qui triment pour un maigre salaire quand tous les prix montent en flèche, puis n’ont qu’une retraite de misère après une vie de dur labeur, angoissés par l’avenir de leurs enfants et petits-enfants face aux guerres, aux bombes à retardement du  réchauffement climatique et cette envie de « secouer le système ». 

 

À toutes et tous, je me permets ces suggestions : attention à ne pas se laisser noyer dans le lac de la victimisation des extrêmes droites pour évacuer du débat public et des actions populaires tous les enjeux liés à vos conditions d’existence.

 

Comment votre souveraineté, s’exerçant dans l’isoloir au moment de l’élection présidentielle, pourrait-elle inclure l’élection de quelqu’un qui a proclamé qu’elle « avait les mains propres et la tête haute », a demandé l’inéligibilité à vie des corrompus, s’oppose aux réductions et aux aménagements de peines,  et se trouve aujourd’hui condamnée pour avoir organisé le vol des deniers publics ?

 

La probité est l’une des conditions premières à la possibilité de choisir ses représentants, d’exercer donc son choix démocratiques.

 

Lorsque s’éteint ce principe, la république s’abîme, la liberté électorale perd son sens.  

Ce qui vient de se passer dit tout  de la suite si, par malheur, le RN/FN, coalisé à l’ensemble des droites et à une partie des forces capitalistes, accédait au pouvoir suprême. Nous entrerions bien dans un autre régime, autoritaire et dictatorial, pour préserver les privilèges des forces de l’argent. C’est du reste ce qui est recherché désormais par des sphères importantes de la haute bourgeoisie capitaliste.  On ne peut être condamnée pour avoir pillé l’argent public et être éligible pour le gérer !

 

Nous avons, ensemble, à agir, à défricher des chemins nouveaux pour faire taire les armes, pour stabiliser le climat et régénérer la biodiversité, pour initier un nouveau projet alimentaire et le droit à une alimentation de qualité pour toutes et tous, pour prendre possession du travail et de la production, condition de meilleurs salaires et retraites, pour faire reculer les inégalités et les discriminations, ouvrir la voie à une nouvelle étape dans la création des services publics de la santé, de l’école, des transports, la culture.

 

Premières victimes de ces violences imposées à l’État de droit, les citoyennes et les citoyens doivent pouvoir se parler, dialoguer en toute franchise, élaborer des propositions progressistes dans des comités  locaux de débat et d’actions, des comités de la fraternité et de la sororité, contre les extrêmes droites et pour construire leur union populaire pour changer la vie, changer le monde.

 

Ce n’est pas parce que tout se disloque qu’il faut laisser gonfler les passions mauvaises. Au contraire ! Organisons le sursaut unitaire, pour le bien commun.

 

Le 13 juillet 2026

 

(1) ancien directeur de l’Humanité

* le principe de la soumission d’un ou une responsable politique à l’autorité judiciaire et à la loi commune. Il s’agit d’une violation de l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 aout 1789) selon laquelle la loi « doit être le même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse »

 

**projet de loi constitutionnelle présentée le 28 septembre 2021 : « Citoyenneté Identité immigration » (inclut un scénario de mise en œuvre en utilisant l’article 11 de la constitution)

2018 « Proposition de loi constitutionnelle sur le rétablissement de la maitrise souveraine de la politique migratoire et la protection de la nationalité française »

25 janvier 2024 » nouvelle proposition de loi constitutionnelle après l’annulation par le conseil constitutionnel d’un tiers de la loi immigration du gouvernement de décembre 2023.

 

 

 

 

 

 

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Humanisme : Où plaçons-nous le curseur ?

 

                                                                                   Où plaçons-nous le curseur ?

J’ai lu avec attention l’article de Var-Matin relayant les propos de M.Péréa qui propose d’accueillir des réfugiés ukrainiens pour participer à la redynamisation du centre-ville de La Seyne-sur-Mer. J’ai surtout pris le temps de lire les très nombreux commentaires qu’il a suscités. Et, finalement, je crois que le véritable sujet dépasse largement l’Ukraine. Il parle de nous. Il parle de notre conception de l’humanisme.

 

Le plus surprenant est peut-être que cette proposition ne vient pas d’une association humanitaire ou d’un mouvement de gauche, mais du directeur de campagne du maire RN de La Seyne-sur-Mer. Son raisonnement est simple : ces réfugiés travailleraient, rouvriraient des commerces, paieraient des loyers, consommeraient et contribueraient ainsi au renouveau économique de la ville.

 

Or il suffit de parcourir les réactions pour constater un paradoxe saisissant. Une grande partie des commentateurs, dont beaucoup semblent proches du RN, rejette catégoriquement cette idée : « Les Français d’abord », « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », « Qu’ils reconstruisent leur pays », « C’est justement pour éviter cela que nous avons élu une municipalité RN ». Comme si, finalement, le fait qu’il s’agisse d’Ukrainiens ne changeait rien : ce sont d’abord des étrangers.

 

À l’inverse, ceux qui soutiennent cette proposition avancent souvent un autre argument : ils sont travailleurs, diplômés, européens, ils consommeront, ils feront vivre les commerces. Là encore, quelque chose m’interpelle. Car, dans les deux cas, on parle finalement très peu des êtres humains. Les uns calculent ce que ces personnes coûteraient. Les autres calculent ce qu’elles rapporteraient. Le débat devient comptable.

 

Et puisque certains aiment tant sortir la calculette dès qu’il est question d’immigration, allons jusqu’au bout de leur raisonnement. Des économistes ont consacré des années à mesurer ce que les personnes immigrées versent en impôts et en cotisations, ce qu’elles consomment, ce qu’elles produisent, mais aussi ce qu’elles reçoivent en prestations et en services publics. Le résultat est beaucoup moins spectaculaire que les slogans : l’immigration ne ruine pas la France.

 

Son effet sur les finances publiques est faible et généralement voisin de l’équilibre, parfois légèrement positif, parfois légèrement négatif selon les années et les méthodes retenues. Elle fournit de la main-d’œuvre, crée de l’activité, paie des cotisations, consomme, fonde des entreprises et occupe de nombreux emplois indispensables. En clair, les immigrés ne vivent pas à côté de l’économie française : ils en font partie. Le véritable problème n’est donc pas une prétendue facture astronomique ; il réside bien davantage dans les obstacles à l’emploi, les discriminations, la non-reconnaissance des diplômes et l’intégration insuffisamment organisée, qui empêchent précisément leur contribution d’être plus forte encore.

 

Il y a tout de même quelque chose d’assez savoureux dans cette affaire. En proposant d’accueillir des Ukrainiens au nom de leur utilité économique, Gilbert Péréa reprend finalement, à l’échelle seynoise, une logique très macronienne : soutien appuyé à l’Ukraine, discours sur l’intégration par le travail, sélection des profils jugés utiles et valorisation de ceux qui contribueront à la croissance.

Voilà donc le RN local empruntant les habits du macronisme qu’il prétend combattre. Les deux ne sont sans doute pas identiques, mais ils se retrouvent parfois sur un même terrain : celui où l’être humain devient acceptable lorsqu’il est productif, solvable et compatible avec les besoins de l’économie. Deux faces d’une même pièce ? Peut-être pas toujours. Mais, sur ce coup-là, elles brillent étrangement du même éclat.

C’est alors qu’une question s’impose : à partir de quand un être humain cesse-t-il d’être un être humain pour devenir un coût… ou un investissement ?

 

Une autre interrogation me vient immédiatement. Pourquoi cette proposition concerne-t-elle précisément des Ukrainiens ? Si le même article avait proposé d’accueillir des familles soudanaises, afghanes, syriennes ou palestiniennes pour contribuer au renouveau du centre-ville, les réactions auraient-elles été identiques ?

 

Je n’en suis pas convaincu. Et si la réponse est non, alors il faut avoir le courage de s’interroger. Est-ce une question de proximité culturelle ? De religion ? De couleur de peau ? De représentations héritées ? De peurs entretenues ? Je ne prétends pas répondre à la place de chacun. Mais ces questions méritent d’être posées, car elles touchent au cœur de notre rapport à l’autre.

 

Lorsqu’on explique que certains réfugiés seraient les bienvenus parce qu’ils sont européens, diplômés, travailleurs et facilement intégrables, que dit-on, en creux, des autres ? Qu’ils seraient moins intégrables ? Moins souhaitables ? Qu’ils auraient moins de valeur ? Sans toujours en avoir conscience, on finit par établir une hiérarchie entre les êtres humains. C’est précisément là que, selon moi, le curseur commence à glisser dangereusement.

 

Je souris aussi devant une contradiction que les commentaires révèlent avec une étonnante clarté. Le directeur de campagne du maire RN défend l’accueil de réfugiés ukrainiens au nom de l’intérêt économique de la ville, tandis qu’une partie importante des sympathisants de ce même courant politique refuse cette idée parce qu’il s’agit… d’accueillir des étrangers. Cette contradiction mérite d’être regardée en face. Elle montre que le débat n’est pas seulement économique ; il touche à notre représentation de l’étranger et à ce qui le rend, ou non, acceptable.

 

La Seyne-sur-Mer devrait pourtant se souvenir de sa propre histoire. Notre ville ne s’est pas construite malgré les vagues successives d’immigration ; elle s’est aussi construite grâce à elles. Italiens, Espagnols, Arméniens, Portugais, Maghrébins, Comoriens et bien d’autres ont participé à l’histoire des chantiers navals, des commerces, des associations et de la vie culturelle. Beaucoup furent accueillis avec méfiance avant de devenir simplement… des Seynoises et des Seynois.

 

Qu’on ne se méprenne pas sur mon propos. Une démocratie a parfaitement le droit de débattre de sa politique migratoire. Elle doit même le faire avec lucidité, responsabilité et en tenant compte de ses capacités d’accueil. Mais le véritable humanisme ne consiste ni à ouvrir toutes les portes sans discernement, ni à sélectionner les êtres humains selon leur origine, leur religion, leur apparence ou leur utilité économique.

 

Au fond, le véritable curseur de l’humanisme se situe peut-être ici. Non pas dans le nombre de personnes que nous accueillons, mais dans les raisons pour lesquelles nous acceptons de le faire. Si nous accueillons quelqu’un uniquement parce qu’il nous ressemble davantage, parce qu’il partage notre culture, parce qu’il est chrétien, parce qu’il est blanc, parce qu’il est diplômé ou parce qu’il fera prospérer nos commerces, alors nous ne parlons déjà plus de solidarité. Nous parlons de sélection.

 

Et c’est peut-être cette question-là, plus encore que celle de l’immigration, qui mérite aujourd’hui d’être posée à chacun d’entre nous : où plaçons-nous réellement le curseur de notre humanisme ?

 

Par Guy CALMES

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Trump nomme son ennemi : le communisme!

 

 

Trump nomme son ennemi : le communisme

 

Le 250ᵉ anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis aura été pour D. Trump l’occasion de dérouler le tapis chiffonné d’un roman national où ne figureraient que d’étincelants héros et un exceptionnalisme américain baigné dans les eaux saumâtres d’un nationalisme chrétien.

Aucune trace de l’esclavagisme, aucune mention de la ségrégation, du racisme ou du génocide de peuples autochtones.

 

Rien non plus sur la barbare peine de mort, la traque des immigrés et des opposants, la chasse aux mots dérangeants et aux sciences. Pas un mot, sur les bombes atomiques déversées sur Hiroshima et Nagasaki. Silence sur les guerres bruyantes et désastreuses menées en dehors du territoire nord-américain. Mutisme total sur celles menées sans aviation, sans chars, ni soldats : les blocus et sanctions économiques qui ont causé, ces cinquante dernières années, près de 28 millions de morts selon la revue « The Lancet ».

 

Un détail sans doute pour le roi de la Maison-Blanche, qui se souvient des crus mots de l’ancienne et cynique secrétaire d’État américaine, Mme Madeleine Albright, justifiant cette hécatombe à la chaîne CBS : « C’est un choix difficile, mais nous estimons que le jeu en vaut la chandelle »

Voilà le tableau du récit trumpiste : un conte de fées écrit à l’encre de la domination et du mépris.

 

Heureusement, le pape Léon XIV, à l’occasion de ce même anniversaire, a de nouveau employé des mots puissants contre les bombes, prononcé d’énergiques homélies contre les chasses aux migrants, appelé Trump à la « modération », « au respect des opinions contraires » et à la paix.

 

Après avoir fustigé celles et ceux qui veulent l’émancipation des femmes de toutes dominations et inégalités, dénigré les immigrés, stigmatisé les peuples indigènes, Trump a ciblé ceux qui colportent des « mensonges marxistes ».

 

Sur sa lancée, l’empereur du grand capital étasunien a déplié à plusieurs reprises dans chacun de ses discours le grand chiffon rouge :

 

« la menace communiste, notamment de la part de nouveaux arrivants dans notre pays qui adhèrent à des idées totalement opposées à notre mode de vie et à notre grande réussite ». Puis, plus précis, il a ajouté : « Il ne s’agit pas de simples désaccords politiques comme des divergences sur la fiscalité ou la réglementation. Le communisme est une menace morale pour la liberté américaine. C’est la plus grande menace qui pèse sur notre pays… » s’est-il écrié.

 

On le comprend ! Le porte-voix des forces du grand capital américain est fortement préoccupé par la progression des candidats « socialistes démocrates d’Amérique » (DSA) au sein du Parti démocrate et dans la société, après l’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York.

 

Quel crime en effet, que de vouloir faire de l’Amérique un pays combattant la pauvreté, respectant les personnes noires et les métis, intégrant les sans-papiers, libérant les opprimés et les dépossédés, combattant les injustices, agissant contre les guerres et pour la libération des peuples !

 

Ainsi, le tout-puissant président de l’imperium, tout occupé à l’accélération sans limite d’un capitalisme protofasciste, avoue que sa grande entreprise, au milieu de ce clair-obscur, de cet entre-deux instable, se heurte au risque d’un processus communiste. C’est pour l’empêcher de se frayer un chemin qu’il convoque le monde aux obsèques du droit, de la culture et de la science ; qu’il théorise l’inégalité, vante le droit à la supériorité et la prééminence du « moi » royal-trumpiste. C’est pour cette raison que nous sommes invités à l’enterrement de la démocratie.

 

Voilà qui doit faire méditer, unir et agir toutes les militantes et tous les militants de la rupture avec le capitalisme, les colonialismes, le militarisme et l’impérialisme. Que le commandant en chef de « l’occidentalisme capitaliste » nomme lui-même « communisme» ce qui s’oppose à son projet doit nous mettre en éveil.

 

Sa lucidité l’oblige à constater qu’une part non négligeable du peuple américain et de la classe ouvrière prend conscience des impasses où il les conduit. C’est le peuple, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui paient au prix fort les guerres économiques et l’augmentation des droits de douane.

 

Les pays du Sud – qui n’incarnent pas toujours des alternatives au capitalisme – n’en sont pas moins en rébellion contre la prééminence du dollar, contre l’extraterritorialité du droit américain, contre l’Otan et les guerres pour s’accaparer les ressources rares et contre la négation des bouleversements climatiques.

 

Ainsi, la guerre américano-israélienne déclenchée le 28 février dernier est majoritairement désavouée par les populations américaines. Elles découvrent que l’autoproclamé « président de la paix » ne connaît que le langage des bombes et des sanctions, la furie de la prédation et de la force.

 

Et dans le monde entier, on se souvient des mensonges qui ont justifié le déclenchement de la guerre en Irak et de la débâcle. On se souvient quand, en août 2021, les militaires étatsuniens pliaient bagage après vingt années de guerre en Afghanistan. On se souvient du bourbier militaire et de la victoire du peuple vietnamien.

 

On sait qu’à chaque fois, ce sont les résistances des peuples, les solidarités internationalistes, qui ont permis l’arrêt des déluges de fer et de feu et les reculs de l’impérialisme.

 

Cela ne peut évidemment faire oublier l’effroyable prix payé par les populations, le sang et les larmes, le sacrifice de générations, les ruines et les paysages de cendres.

 

On ne peut s’abstraire non plus de l’immensité des dégâts que produit la guerre contre l’Iran et le crime de génocide en cours à Gaza.

 

Ils sont pourtant la source d’un tournant historique : les crimes à Gaza et l’annexion de la Palestine, soutenus par la quasi-totalité des pays occidentaux, voient s’opposer un inédit mouvement populaire planétaire de solidarité avec le peuple palestinien. La nature de l’État colonialiste israélien éclate aux yeux de tous sur la planète entière. Et les dirigeants de l’Occident capitaliste sont perçus comme ses complices.

 

Les crimes en Palestine sont devenus le miroir grossissant de l’hypocrisie occidentale. Chaque bombe qui tombe à Rafah ou à Beyrouth, chaque enfant enterré sous des décombres, chaque veto américain au Conseil de sécurité de l’ONU est un clou de plus dans le cercueil de la crédibilité morale de l’Occident capitaliste.

 

L’issue de la guerre contre l’Iran apparaît désormais comme une défaite de l’imperium et de son satellite israélien. Non seulement le peuple iranien n’a pas été libéré du joug de la théocratie, mais les négociations se font aujourd’hui sur la base des revendications des responsables iraniens, avec de nombreuses conséquences pour les familles populaires du monde entier.

 

Transformé du fait de cette guerre en une arme de pression considérable, le détroit d’Ormuz est utilisé par le régime iranien au service de son national-capitalisme.

 

Le fervent défenseur des stratégies de guerre et grand idéologue des forces conservatrices américaines, Robert Kagan, a prévenu de la gravité de ce qui se joue pour la direction américaine :

 

« … Les défaites au Vietnam et en Afghanistan ont été coûteuses, mais elles n’ont pas porté atteinte de manière durable à la position globale des États-Unis dans le monde, car elles étaient loin des théâtres d’opérations de la compétition mondiale. L’échec initial en Irak a été atténué par un changement de stratégie qui a finalement laissé l’Irak relativement stable et inoffensif pour ses voisins, tout en permettant aux États-Unis de conserver leur position dominante dans la région. Une défaite dans le conflit actuel avec l’Iran sera d’une nature tout à fait différente. Elle ne pourra être ni réparée, ni ignorée. Il n’y aura pas de retour au statu quo ante, ni de triomphe américain final qui permettrait d’effacer ou de surmonter le mal causé ». On ne peut mieux dire la nature de l’échec américano-israélien.

 

Le coût en vies humaines est effroyable, tragique, catastrophique, et l’affaiblissement de la direction américaine ne signifie pas la fin de l’empire et du colonialisme.

 

Cependant, la brèche est ouverte : la crédibilité du discours étatsunien et israélien s’effondre de par le monde.

 

Aucune puissance, aussi arrogante et armée soit-elle, ne peut résister aux idées qui s’emparent des peuples, aux énergies sociales pour la paix et la justice. C’est vrai au Moyen-Orient, à Cuba et dans toute l’Amérique latine comme en Ukraine ou en Russie.

 

La conjonction de ces mouvements ouvre sans attendre un espace pour des forces progressistes de rupture qui doivent elles-mêmes se coaliser, s’unir pour refuser la militarisation et l’économie de guerre.

 

Ces mouvements doivent éclairer la nature de l’alternative : soit l’Europe et la France persistent dans leur alignement servile sur Washington, soit elles osent enfin incarner l’ouverture vers les peuples du Sud, porter une audacieuse et déterminée diplomatie de paix conjuguée à une diplomatie pour le climat et la biodiversité.

 

L’union populaire doit porter une nouvelle alliance internationaliste faisant de l’Europe le fer de lance de nouveaux types de coopérations, de solidarité avec les peuples palestinien, libanais et ceux d’Iran pour leur émancipation, la fin des blocus et des sanctions, la protection de Cuba, la fin des pillages et de l’extractivisme capitaliste, l’arrêt des exécutions sommaires extraterritoriales, des guerres économiques asphyxiant les peuples.

 

La véritable sécurité ne se mesure pas aux stocks d’ogives nucléaires et autres engins de mort, mais par la réorientation des sommes ainsi dilapidées vers le vivant et l’humanité : les hôpitaux, les écoles, la bifurcation environnementale, la sécurité sociale, un nouveau déploiement de services publics démocratisés.

 

Dans ce cadre, la France devrait accomplir un geste fort en quittant le commandement intégré de l’OTAN et en militant pour sa dissolution en vue de la construction d’un système coopératif de sécurité commune européenne – voie de négociation pour faire cesser la guerre de la Russie contre le peuple ukrainien – et une charpente pour la sécurité commune mondiale sous l’égide des Nations unies. Sécurité qui devrait englober toutes les sécurités humaines : alimentaires, climatiques, sanitaires, sociales.

 

Nous ne parlons donc pas ici simplement d’un changement de pouvoir et de société, si indispensable soit-il, mais d’un projet civilisationnel. Celui que redoute Trump comme mandataire des capitalismes financier, numérique, militaro-industriel, pharmaceutique, agro-industriel.

 

En nommant « le communisme » et son processus populaire et démocratique comme son ennemi, Trump montre malgré lui la voie : L’unité des opprimés, des dominés, des dépossédés reprenant le pouvoir sur leurs vies, sur leur travail et productions et pour la grande paix universelle.

 

C’est la voie de l’empêchement du nouveau fascisme. Le nom de l’ennemi de Trump est, en vérité, l’immense défi à relever pour notre commune humanité.

6 juillet 2026

 

Par Patrick LE HYARIC 

 

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Tolérance ZERO pour les autres ,mais pas pour moi ?

 

 

 

En France, une personne condamnée pour détournement de fonds publics, inscrite au casier judiciaire, ne pourrait pas devenir gendarme, enseignant, infirmière, magistrate, pharmacienne, pilote, convoyeur de fonds, éducatrice spécialisée…

 

 La liste est interminable. La République estime, à juste titre, que ces métiers exigent une exemplarité incompatible avec certaines condamnations.

 

Mais cette même personne prétend aujourd’hui pouvoir accéder à la plus haute fonction de l’État.

Autrement dit, elle ne pourrait pas être chargée d’encaisser un chèque dans certaines professions, mais elle voudrait avoir entre les mains les codes nucléaires, diriger les armées, promulguer les lois, présider le Conseil des ministres et représenter la France dans le monde.

 

Le plus sidérant reste sans doute ailleurs. Ceux qui, depuis des années, réclament la tolérance zéro, les peines les plus lourdes, davantage de prisons, davantage de sanctions, l’intransigeance absolue face aux délinquants… deviennent soudain d’une indulgence infinie lorsque les faits concernent leur propre championne. Pour les autres, la loi serait sacrée ; pour les leurs, elle deviendrait une simple gêne politique.

 

Il faut choisir : soit l’exigence de probité est une valeur républicaine, soit elle ne l’est pas. Si elle interdit l’exercice de dizaines de métiers, elle ne devrait certainement pas devenir facultative lorsqu’il s’agit de la présidence de la République.

 

La véritable question est peut-être celle-ci : combien d’électeurs accepteront encore de fermer les yeux, de se boucher les oreilles et d’oublier leurs propres principes au moment de glisser leur bulletin dans l’urne en 2027 ?

 

Parce qu’à ce niveau de responsabilité, ce n’est plus seulement une candidate qui est jugée. C’est aussi l’idée que chacun se fait de la République, de l’exemplarité… et du respect qu’il accorde à l’État de droit.

 

Par Guy CALMES 

 

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Mondial de football, miroir du monde

                                                                     Mondial de football, miroir du monde

 

Les quarts de finale de la coupe du monde commencent ce jeudi soir avec le match France-Maroc. L’importance du Mondial n

e cesse de croître, pas seulement pour la qualité footballistique des matchs.

C’est l’événement majeur de ce sport, la compétition la plus suivie dans le monde, tous les quatre ans : la coupe du monde de football. Un moment hors du temps, où même celles et ceux qui se fichent éperdument du foot deviennent, l’espace d’un mois, des supporters passionnés. Cette édition-ci, plus encore que les précédentes, tend un miroir d’un monde en ébullition.

Ébullition au sens propre : à l’heure des canicules, le football s’adapte en instaurant des « pauses fraîcheurs ». Elles sont décriées, tant pour l’aspect sportif – elles cassent le rythme – que pour l’aspect financier – ces pauses sont l’occasion de pages de pub à la télé. Leur intérêt est d’autant plus questionnable qu’il y a des pauses fraîcheurs même dans des stades climatisés…

Mais s’il n’était question que de cela, le monde se porterait assez bien. Car ce Mondial est aussi celui des affrontements, au rang desquels le racisme a tenu le haut du pavé. Aussi a-t-on été témoin de ce que l’Amérique de Trump fait au quotidien : contrôler ses frontières à l’abus – nous vous en parlions dans le détail ici. Arbitres, joueurs, staffs techniques, supporters… le message était clair : les pays d’Afrique et d’Orient ne sont pas les bienvenus.

L’Argentine est souvent pointée du doigt. Les chants et les déclarations racistes (repris par certains joueurs) sont légion. Comble : lorsqu’un montage audio attribue à un commentateur argentin des propos racistes, son démenti ne pèse rien : les racistes le relaient. L’Argentine offre un terrain fertile à l’extrême droite : nation d’immigration européenne, population autochtone massacrée et gouvernement dirigé par Javier Milei. En contrepoint, on présente parfois la vertueuse Espagne… où, pourtant, les sorties racistes des supporters ne sont pas moins courantes.

La France est une cible privilégiée des racistes. Pour l’extrême droite mondiale, son équipe ne montre pas un visage qui correspond au pays. Pour le dire autrement, les xénophobes de tous les pays – Français compris – s’attendent à voir des blancs sur le terrain. Or cette équipe représente l’histoire de notre immigration et des espoirs d’une jeunesse populaire. Face à ceux qui pensent qu’il y a « trop de noirs et d’arabes » en équipe de France, la vérité, c’est qu’il y a des Français partout. Parmi les 1248 joueurs participant à la compétition, 99 sont nés en France, ce qui fait de l’hexagone le premier vivier de talents footballistiques. Ces joueurs portent le maillot de l’Algérie, d’Haïti, du Congo ou encore celui du Sénégal. Inversement, seuls trois joueurs des Bleus ne sont pas nés en France : Michael Olise est né en Angleterre, Brice Samba au Congo et Marcus Thuram en Italie. Le problème n’est pas l’origine ou la naissance de tout ce beau monde. Le problème, c’est le racisme qu’ils subissent dès qu’ils font le choix d’un drapeau plutôt que d’un autre.

Lors de cette coupe, Kylian Mbappé a affirmé son opposition à l’extrême droite française. Par la suite, victime d’injures racistes de la part d’une sénatrice et d’une ancienne star du Paraguay, le capitaine des Bleus a commis une réponse parfaite : « Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde entier a déjà oublié le parcours et l’effort historique que vos joueurs ont réalisés durant cette coupe ». Il a reçu le soutien de toute la classe politique, même du gouvernement et du RN. On ne peut que leur conseiller de faire preuve de la même hypocrisie aux autres rendez-vous antiracistes, plutôt que de chercher à faire interdire les marches et rassemblements.

L’arbitrage a été également au cœur de nombreuses polémiques – vive le football ! –, au point que chaque match devient une preuve d’un complot. Le plus répandu concerne l’équipe d’Argentine – encore elle ! L’Albiceleste aurait un parcours trop facile, la Fifa magouillerait pour donner la coupe à son capitaine Léo Messi, les matchs sont volés, etc. Même le maire de New York, Zohran Mamdani, lâche des petites blagues à ce sujet. On nous cache quelque chose. À l’ère de la post-vérité et des « faits alternatifs », sur les réseaux sociaux et dans les émissions sportives, les débats sur fond de théories du complot vont bon train.

Il faut dire que la Fifa n’est pas d’une innocence immaculée. Après avoir inventé un « prix de la paix » offert à Donald Trump, elle cède à sa demande d’annulation du carton rouge indiscutable donné au meilleur buteur américain. Quand Donald Trump pèse sur la compétition, il déstabilise les règles communes aux puissants et aux faibles. Comme partout, il détruit la possibilité de vivre ensemble.

Conflits entre nations, sociétés au racisme débridé, corruption et complotisme de toute part… Le football n’est pas un simple sport, c’est un jeu d’influence et de puissance.

Par Loïc Le Clerc

Source ” site le REGARD “

https://regards.fr

 

Actualités

CUBA  sous le blocus ignoble des E-U

 

CUBA  sous le blocus ignoble des E-U

 

Comme le dit l’association « Cuba coopération France »  on peut imaginer la vie à Cuba qui ne subit pas un évènement climatique mais un blocus renforcé et impitoyable depuis bien trop longtemps, avec des conséquences bien plus dramatiques. Ce blocus est donc bien pire qu’un épisode de canicule. Et pour l’instant la population cubaine n’en voit pas la fin… »

 

Après le Venezuela et l’enlèvement criminel du chef de l’Etat Nicolas Maduro, il y a 6 mois, le 3 janvier 2026, toujours dans les geôles américaines dont on n’entend plus parler, Trump et sa clique appliquent, au détriment du droit international, leurs méthodes maffieuses qui se poursuivent  au Moyen-Orient, en Ukraine et ailleurs quitte à y perdre leur crédit auprès des peuples et même dans leur propre camp.

 

Macron ferme les yeux et lui ouvre le château de Versailles il y a quelques jours ! Il avait même décidé d’envoyer le porte-avions Gl De Gaulle dans le golfe persique en toute « indépendance » bien sûr…mais tout de même pas loin de l’armada américaine de Trump. Lequel  ne sait plus quoi faire n’ayant pas pu y imposer sa loi-du-plus-fort. Il hésite « à finir le travail », dit-il avec sa délicatesse ordurière, ce qui pourrait lui coûter très cher.  Et il laisse Netanhyaou bombarder sans arrêt le Liban du sud avant de le coloniser ainsi que la Cisjordanie et Gaza. On en est toujours là.

 

En Ukraine, il promettait dès sa prise de fonction, de rétablir la paix en quelques jours…On en est à compter près de 2 millions de morts civils et militaires, blessés et disparus, un peu plus du côté Russe que de l’Ukraine, selon des sources occidentales, l’UE annonce que c’est le moment d’encercler la Russie affaiblie par sa guerre et appelle tous ses membres  à se doter de budgets militaires  supplémentaires alors qu’on subit une crise économique et sociale qui persiste, au détriment des plus modestes, comme toujours !

 

Du coup, on ne parle plus d’Epstein, ni du Venezuela qui vient de subir le pire des séismes qui a ravagé le nord du pays et fait des milliers de morts, l’ONU parle de 50 000 disparus,  un véritable désastre humain et des dégâts d’une ampleur exceptionnelle.

 

Revenons à Cuba que Trump a décidé, comme en Iran, de changer de gouvernement en claquant dans ses doigts par le blocus total d’énergies et d’alimentation notamment. Pour espérer une réaction politique anti-castrique des Cubains. Il va même sortir des dollars pour «appâter » ceux qu’il affame et qui croient aux miracles. Sa base militaire  ne lui suffit pas, antérieure à la révolution de Fidel Castro en 1959, chassant le dictateur Battista et créant le premier pays socialiste des Amériques. Son frère Raoul à ses côtés est toujours présent dans le gouvernement actuel.

C’est tout le sens du récent discours de Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, le 18 juin 2026, dont nous ouvrons une séquence. (la totalité en PJ)

 

« On ne peut pas parler de liberté tout en poussant délibérément tout un peuple au désespoir par manque de ressources qui sont aujourd’hui vitales pour l’existence.
Au gouvernement des États-Unis, nous disons, sans haine, mais sans crainte : si vous voulez vraiment aider le peuple cubain, laissez-nous vivre!

 

Laissez Cuba commercer; laissez Cuba acheter ses médicaments; laissez Cuba importer son carburant ; laissez Cuba recevoir des investissements, des crédits, des financements, et entretenir des relations normales avec ses émigrés et avec le monde. Laissez Cuba montrer à la planète de quoi ce peuple est capable lorsqu’aucun obstacle ne vient entraver ses efforts pour se relever ! (Applaudissements.) Ce serait là quelque chose de véritablement nouveau et édifiant de la part de l’adversaire.


Cuba ne demandera pas la permission d’exister et ne cédera pas sa souveraineté. Cuba est prête dès aujourd’hui, dès maintenant, à entretenir une relation civilisée et respectueuse qui profite aux deux peuples. La porte restera toujours ouverte à ceux qui sont disposés à la franchir avec le même respect que celui avec lequel nous l’ouvrons…»

 

Un plaidoyer des plus offensifs et plein de sagesse qui change de niveau avec son destinataire qu’il ne ménage pas tout en exprimant la volonté de s’entendre et de se respecter. Quelles que soient les divergences. Encore faudrait-il que Trump entende et dispose de toutes ses fonctions ?

Merci à Roger Grevoul, pour cette transmission, le fondateur et président de l’association France-Cuba, devenue Cuba-coopération-France.

 René Fredon

https://www.facebook.com/share/r/1EdTGwmsUE/

 

PJ..  https://cubacoop.org/Notre-chere-Cuba-traverse-les-heures-les-plus-difficiles-de-ce-siecle-et-nous

 

https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/cuba-le-president-miguel-diaz-canel-et-des-membres-de-la-famille-castro-dans-le-viseur-de-trump

 

https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/de-menaces-en-escalades-comment-donald-trump-accentue-la-pression-sur-cuba-asphyxiee-par-le-blocus

 

 

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France / Espagne : le match n’est pas gagné !

 

                                         France / Espagne : le match n’est pas gagné !

 

Et si, pour une fois, nous regardions simplement ce qui fonctionne…

Quand votre voisin obtient de meilleurs résultats que vous, deux attitudes sont possibles. La première consiste à expliquer qu’il a simplement eu de la chance ou que la comparaison n’est pas pertinente. La seconde est plus exigeante : chercher à comprendre ce qui explique cette réussite.

 

Depuis plusieurs années, l’Espagne affiche une croissance plus soutenue que la plupart des grandes économies européennes. Aujourd’hui encore, alors que la France et l’Allemagne revoient leurs prévisions à la baisse, elle relève la sienne à 2,6 %.

Bien sûr, personne ne devrait présenter l’Espagne comme un paradis. Le chômage y reste plus élevé qu’en France, les tensions sur le logement sont réelles dans plusieurs métropoles, les inégalités n’ont pas disparu et l’inflation demeure une préoccupation.

 

Mais ces difficultés ne doivent pas empêcher de regarder une réalité : l’économie espagnole affiche aujourd’hui un dynamisme que beaucoup de pays européens lui envient.

Pourquoi ?

La réponse est sans doute multiple.

Le pays a largement mobilisé les financements européens pour investir dans ses infrastructures, la numérisation et la transition énergétique. Il a développé les énergies renouvelables, ce qui a renforcé sa résilience face aux crises énergétiques.

 

 Il est intervenu pour amortir les effets de la hausse des prix sur les ménages et les entreprises. Il a aussi cherché à répondre au vieillissement de sa population active en régularisant une partie de travailleurs déjà présents sur son territoire afin de répondre à des besoins économiques identifiés.

 

On peut discuter chacune de ces décisions. Mais il est difficile de nier qu’elles s’inscrivent dans une stratégie cohérente.

 

Cette comparaison m’amène surtout à une réflexion sur la France. Depuis plusieurs décennies, notre pays a connu des gouvernements de sensibilités différentes.

 

 Pourtant, sur bien des sujets économiques, les orientations ont souvent convergé : priorité donnée à la compétitivité, recherche d’une baisse du coût du travail, ouverture des marchés, réduction de certaines dépenses publiques et confiance importante accordée aux mécanismes du marché.

 

Les partisans de ces politiques soulignent qu’elles favorisent l’investissement, l’emploi et l’attractivité économique.

Leurs critiques estiment, au contraire, qu’elles n’ont pas permis d’enrayer suffisamment la désindustrialisation, qu’elles ont fragilisé certains services publics et qu’elles ont contribué à accroître les inégalités.

Ce débat mérite mieux que des slogans.

 

Il en va de même pour l’immigration.

Réduire toutes les difficultés françaises à cette seule question me paraît être une simplification excessive. À l’inverse, nier les défis que peut poser une immigration insuffisamment organisée ne me semble pas davantage correspondre à la réalité.

L’exemple espagnol rappelle qu’une politique migratoire peut aussi être pensée en lien avec les besoins économiques, démographiques et sociaux d’un pays.

 

Pour ma part, cette comparaison conforte une conviction. Je considère que la social-démocratie peut parfois corriger certains excès du libéralisme et obtenir des résultats plus équilibrés. L’exemple espagnol montre qu’une politique plus volontariste peut produire des effets positifs.

Mais je pense également que les défis auxquels nous sommes confrontés – urgence climatique, montée des inégalités, affaiblissement des services publics, partage de la valeur créée, transition industrielle – appellent des transformations encore plus profondes.

 

C’est pourquoi je me sens davantage en accord avec l’idée d’une gauche de transformation qui place la justice sociale, la transition écologique, la démocratie et les services publics au cœur de son projet, tout en assumant la nécessité d’une économie créatrice de richesses.

 

Au fond, la véritable question n’est peut-être pas de savoir quel pays aurait raison contre un autre. Elle est de nous demander si nous sommes encore capables, en France, d’observer avec lucidité ce qui fonctionne ailleurs, d’en débattre sereinement et d’en tirer les enseignements qui pourraient être utiles à notre propre avenir.

L’intelligence collective commence souvent par une forme d’humilité : reconnaître que personne ne détient seul toutes les réponses.

 

Et vous, quels enseignements la France devrait-elle, selon vous, tirer des expériences menées chez ses voisins européens ?

Parce qu’un pays avance rarement en cultivant la résignation. Il progresse lorsqu’il retrouve le goût de construire ensemble. Et si cette réflexion vous interpelle, n’hésitez pas à la partager autour de vous afin d’enrichir le débat. Les échanges respectueux et argumentés sont souvent plus utiles que les certitudes assénées.

(Illustration réalisée avec l’aide d’une IA.)

#Économie #Espagne #France #Europe #TransitionÉcologique #JusticeSociale #ServicesPublics #DébatPublic

https://www.humanite.fr/en-debat/espagne/lespagne-de-pedro-sanchez-lhonneur-de-leurope

Par Guy CALMES

 

 

Actualités

Pour un droit à la fraicheur

 

Pour un droit à la fraicheur

 

Cela fait bien un demi-siècle que nous sommes prévenus : la température planétaire augmente dangereusement.

 

Depuis un demi-siècle, les études et rapports de collectifs de scientifiques mettent en garde, alertent, interpellent et appellent à empêcher le dérèglement climatique.

 

Un demi-siècle où ils ont fait la démonstration de cette implacable loi physique : plus on rejette de gaz carbonique dans l’air, plus la température en surface de notre Terre commune augmente. Le réchauffement de l’Arctique a pour conséquence une augmentation des températures deux fois plus élevée sur le continent européen que sur le reste de la planète.

 

Et des chercheurs préviennent que l’air de ces derniers jours reste frais comparé à celui que vont subir les générations à venir. Cet avenir hurle l’urgence d’agir.

 

C’est de l’habitabilité de la  Terre dont il s’agit. Loin, très loin des petites phrases et des simplismes politiques concoctés dans les chambres froides de la communication.

 

Loin des minuscules pensées de responsables politiques qui ne raisonnent qu’à partir de leur maintien dans leurs maroquins ministériels. Or, la question est de savoir par quels moyens et sur quelle durée il est possible d’empêcher l’irréversibilité du redoutable processus en cours.

 

Un train à grande vitesse est lancé vers le mur des canicules et des pluies torrentielles, de la fonte des glaciers et du bouillonnement des océans. Les pouvoirs et le monde économique alimentent la locomotive du capitalisme qui éteint la vie, mène l’humanité vers le néant. L’impérialisme américain mène la guerre au Moyen-Orient, capture le président vénézuélien Maduro, des gouvernements relancent les forages afin de permettre à quelques multinationales du pétrole d’arroser le monde, moyennant profits et rentes, d’une énergie carbonée nourrissant la fournaise.

 

Pour l’éviter, il n’y a pas d’autre voie pour les peuples que d’entendre les mises en garde et de construire des mobilisations pour un processus de bifurcation sociale et environnementale démocratique, associant toutes les citoyennes et citoyens, toutes les travailleuses et travailleurs, en lien avec toutes et tous les scientifiques.

 

Ceux qui nous proposent un brumisateur ou un petit éventail là où il faudrait imaginer une transformation civilisationnelle afin que notre Terre ne devienne pas invivable sont les obstacles à cette indispensable transition.

 

Ils nous serinent leurs phrases prémâchées autour de « la dette » comme d’autres parlent de leur cassette, cachant l’essentiel, le plus important, le plus grave : la grande dette qui peut perdre notre humanité : la dette écologique.

 Il n’y aura pas de stratégie de stabilisation du climat sans une nouvelle stratégie financière incluant une création monétaire de type nouveau des institutions internationales — du Fonds monétaire international comme de la Banque centrale européenne —, sous contrôle populaire.

 

Le climat et la biodiversité sont des biens communs de l’humanité. Ils crient le besoin de changer radicalement de route. D’inventer une autre société, un autre monde pour l’ensemble du vivant et du non vivant. Ils  appellent une union internationaliste de combat pour le vivant.

 

Les mêmes qui nous conseillent de fermer nos volets l’après-midi sont ceux qui ont divisé par trois – de 2,3 milliards d’euros à 837 millions d’euros – le budget du « Fonds vert » destiné à financer les projets d’accélération des transitions au service des collectivités territoriales, abaisser le budget du  projet Ma primRénov.

 

La fameuse « gestion de crise » si prisée par les puissants sert à empêcher de voir l’essentiel.

 

Elle cache les raisons fondamentales d’une situation créée par le capitalocène : un modèle économique pour le profit d’une minorité de possédants, basé sur les énergies carbonées, envahissant tous les espaces de nos vies malmenées.

 

Les corps souffrent sous le soleil brûlant. La santé physique et mentale se dégrade. Les maisons ou appartements deviennent étuve. Les accidents se multiplient. Les ouragans de chaleur ôtent la vie. Les pluies diluviennes aussi ravageuses leur succèdent. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux de mortalité des personnes de plus de 65 ans sur la planète a augmenté de 85 % en vingt ans. Près de 500 000 personnes meurent des effets de la chaleur chaque année depuis 2020. En France, au moins 5 000 décès ont été causés par des températures élevées en 2022. Les inégalités épaulent et aggravent les effets des canicules qui touchent encore plus violemment les femmes, les plus modestes, déjà victimes des difficultés à disposer d’un logement de qualité ou d’accès à la santé.

 

Des chaleurs aussi précoces, comparées à celles du milieu des étés lorsque le climat n’était pas à ce point réchauffé, rendent les sociétés humaines de plus en plus vulnérables. Et elles malmènent les écosystèmes quand les déficits hydriques se combinent avec des rayons du soleil qui brûlent tout et font mourir la végétation. Les arbres récemment plantés dans les villes pour végétaliser rendent l’âme. Les lits des cours d’eau sont nus. La terre devient caillou. Les poulets suffoquent. Les vaches et les chèvres ne peuvent plus faire leur travail de fabrication du lait. Les abeilles tombent comme des mouches. Les chevaux ne trouvent plus l’ombre. Les trains se cabrent. Les centrales nucléaires doivent se mettre à l’arrêt. Les usines hydroélectriques se bloquent par manque d’eau. Les feux rongent les forêts.

 

Tout se dérègle. Tout se cabre. Tout s’éteint. Et, les bien-pensants qui occupent des bureaux climatisés nous appellent à nous adapter à un monde qui va devenir invivable. On ne doit pas se taire. C’est ici un enjeu éminemment politique : celui de la vie.

 

Les enjeux climatiques et environnementaux sont constitutifs d’une nouvelle politique de sécurité, de santé publique et de sécurité alimentaire. Une politique pour le vivant. Y parvenir exige une mobilisation politique, sociale, financière pour la bifurcation d’un niveau peut-être plus important que ce qui a été fait pour la reconstruction de la France et de l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Se pose le grand enjeu d’une sécurité sociale élargie à la sécurité sociale écologique. Bien à rebours donc des thèses austéritaires accaparant les « temps de cerveau disponible ».

 

Déjà, en plusieurs endroits du monde, des mobilisations s’organisent pour porter le « droit à la fraîcheur » comme droit inconditionnel du bien-être du vivant.

 

Il s’agit à la fois de la conquête du pouvoir des travailleuses et travailleurs sur les conditions de travail. Au-delà, c’est leur pouvoir sur les productions elles-mêmes en lien avec les chercheurs et les étudiants qui refusent de servir le capitalisme prédateur de la destruction. Il est en même temps un projet politique pour transformer les villes, les transports, les logements, garantir l’accès à l’eau, lutter contre les inégalités, empêcher la bétonisation des terres agricoles et la destruction des jardins partagés, mettre fin aux projets d’autoroutes et de grands travaux inutiles, porter un nouveau projet de sécurité alimentaire avec l’agroécologie.

 

Le droit à la fraîcheur se fait projet politique. La bifurcation environnementale est un urgent enjeu civilisationnel.

22 juin 2026

Par Patrick LE HYARIC 

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Actualités

Il paraît qu’on n’arrête pas le progrès !

 

Il paraît qu’on n’arrête pas le progrès !

 

De jour en jour on ne sait plus où nous allons, comment éviter le pire et pour quel avenir…en entendant ou lisant les déclarations de ces messieurs et de quelques dames qui occupent le haut des Etats de l’occident, mis devant le fait accompli d’un énergumène d’extrême-droite.

 

Tous plus libéraux les uns que les autres qui se font de larges sourires de circonstance pour nous rappeler qu’ils ont besoin les uns des autres ( droite et extrême droite) pour essayer de garder leurs pouvoirs et leur domination sur le reste du monde qui lui échappe de plus en plus.

 

Le plus fort se croyant tout permis et se permettant, jour après jour, de taper sur la table si bien qu’il l’a cassée et ne cesse de confirmer qu’il est le chef et que les autres doivent le suivre même s’il dit tout et son contraire d’un jour à l’autre.

 

Il a même trouvé le moyen de braquer sa préférée, la présidente du gouvernement italien sa plus proche partenaire, admiratrice de Mussolini, Georgia Méloni dont le parti MSI, mouvement social italien, se veut l’héritier du Parti national fasciste de Benito Mussolini.

 

Jeudi à Antibes, au 36è congrès franco-italien, Macron et Méloni, élue en 2022, ont affiché leur très bonne entente, ils se sont fait la bise pour bien marquer leur proximité y compris politique, donc leur vision du monde et de l’Europe.

 

« Que ferait l’Europe sans l’union de l’Italie et de la France ? » ont-ils souligné en chœur, sans oublier les antimissiles européens pour entourer et pénétrer en Russie et les projets publics qui intéressent le privé…Ils parleront, peut-être un jour, du climat, de la décarbonations, du social et de la haute main des milliardaires sur la finance comme de leur captation des fruits du travail humain qui pèse sur le quotidien des classes populaires et moyennes…

 

Macron n’a pas hésité à offrir à Trump un somptueux dîner au château de Versailles à nos frais, bien entendu, il est question de 600 000 euros : quelle courbette, quelle hypocrisie devant un type de cet acabit.

GETTY IMAGES

C’est ainsi que Macron et sa gestion très libérale ont permis au RN, qu’il a toujours banalisé, de devenir le parti le plus influent de France, encore plus exigeant pour liquider tous les acquis des luttes populaires et politiques d’après la seconde guerre mondiale, il y a 80 ans.

 

Sécurité sociale étatisée, durée du travail rallongée, licenciements à la hausse, des congés payés menacés, égalité hommes-femmes non résolue, services publics, logements sociaux essorés, droit du travail mis en cause, nationalisations évaporées, pas pour tout le monde…universités de plus en plus chère…le tout sur fond de racisme, de xénophobie, d’homophobie : « les étrangers dehors » ! La liste serait longue. « Sécurité et immigration d’abord ! »

 

On se demande comment des partis d’extrême-droite, certains ouvertement néo-fascistes, salut compris, peuvent séduire une forte partie des classes populaires, dans l’absorption d’une partie de  la droite, 81 ans après la capitulation nazie le 8 mai 1945 ? Au point d’être donné, en France, en tête des sondages du 1er tour à la présidentielle, ce qui ne veut pas dire gagnant au second. La menace est réelle, elle ne part pas d’aujourd’hui.

 

Certes, la sanction attendue début juillet sur le jugement contesté d’il y a une quinzaine d’années concernant un détournement substantiel de fonds collectifs au détriment du parlement européen, peut modifier les rapports de force.

 

Rien n’est joué mais le nombre de candidats qui se dessine de tous les côtés laisse perplexe. Je n’ai pas vocation à faire des pronostics, d’autant que ce qui peut changer la donne c’est le mouvement social et populaire des villes et des campagnes, face à des restrictions qui n’ont rien de fatal tout en gonflant les profits des plus riches ! Ce que le RN ne veut surtout pas changer.

 

Me revient à l’esprit « notre » Internationale parce que née en France d’un poète  et chansonnier montmartrois et communard, Eugène Pottier dès les lendemains de la « semaine sanglante » en 1871 et de Pierre Degeyter pour la musique. Elle ne fut publiée que 16 ans plus tard avant d’être adoptée par tous les dominés, dans tous les pays dominants.

 

Je ne vous apprendrai rien, le deuxième couplet nous dit :

 

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes

                                                      Ni dieu, ni César, ni tribuns

                                                      Travailleurs sauvons-nous nous-mêmes

                                                      Travaillons au salut commun

                                                      Pour que les voleurs rendent gorge… »

                                                      Pour tirer l’esprit du cachot 

                                                      Allumons notre grande forge

                                                      Battons le fer quand il est chaud … »

 

Si ce n’est un extrait de la main d’Eugène Pottier et la force d’un tel contenu que d’aucuns rêvent de faire disparaître +150 ans après, il n’a pas pris une ride, -je voudrais bien en dire autant- et fier en même temps que les mots commune, commun,  communard, communiste…aient pris leur source dans notre France révolutionnaire. 

Karl Marx en avait compris la portée, ses œuvres en témoignent et restent très inspirantes.

 

 

René Fredon

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L’argent magique, c’est pour les armées

L’argent magique, c’est pour les armées

D’un côté, un budget de l’État où Lecornu cherche à faire des milliards d’économies et qui n’investit ni dans l’école, ni dans la santé, ni dans l’écologie. De l’autre, une rallonge de 36 milliards sur la loi de programmation militaire votée en catimini par 7 députés et 7 sénateurs. Là, l’argent coule à flot.

Emmanuel Macron espère pouvoir le promulguer en grande pompe avant le 14-Juillet : le budget alloué aux armées va être augmenté de 36 milliards d’ici à 2030. L’objectif est d’atteindre les 76,3 milliards d’euros annuels, soit 2,5% du PIB. Encore un petit effort et la France atteindra l’objectif de 5% fixé par Donald Trump !

L’armée doit-elle voir son budget augmenter ? C’est un débat légitime. Le problème, c’est que cette rallonge intervient alors que le gouvernement fait des annonces concernant le budget de la France : pas moins de 6 milliards d’économie, dont 2 sur la Sécu. Il rogne sur le budget de la recherche, de la justice et sur le fond vert. Avoir une telle vista, n’est pas donné à tout le monde. Le ministre des comptes publics, David Amiel, se veut radical : « Pour toute dépense supplémentaire qui serait engagée, il y aura à l’euro près l’annulation d’une autre dépense qui était prévue ». Ça rabote partout.

En l’espèce, il y a un sérieux problème de méthode. Cette hausse du budget des armées s’est décidée en commission mixte paritaire (CMP), par sept députés et sept sénateurs. C’est réglementairement admis mais cela n’en demeure pas moins un fonctionnement anormal du Parlement : une manière de faire qui devient la règle là où elle devrait être l’exception. Le recours à la CMP permet d’établir des majorités nettes, de droite.

Le fait que cette loi de programmation militaire ne suscite aucun débat national est un vrai problème. Quelle stratégie de défense pour la France ? Là est la question.

Les dernières guerres nous informent des transformations de cet « art » particulier. Le progrès technologique, l’irruption du numérique et des drônes changent profondément la donne et il faut l’intégrer. Ainsi, la France est d’ores et déjà la cible de cyberattaques, notamment dans les hôpitaux. La Russie en pointe dans le domaine – acteurs étatiques et privés – est mise en cause par les autorités françaises. Les drônes viennent perturber les systèmes de défense traditionnelle sur de nombreux fronts (de l’Ukraine à l’Iran). La loi prévoit une redirection en ce sens. Enfin, il y a l’arrivée massive de l’IA dans le domaine militaire avec des enjeux éthiques redoublés : peut-on laisser les armes tuer sans humains pour décider ? Toutes ces transformations justifient une réflexion et une réorientation de nos armées. La représentation nationale doit les piloter.

Le député LFI Aurélien Saintoul interrogeait à la tribune de l’Assemblée en avril : à quelle stratégie industrielle est adossé ce budget militaire ? L’affaiblissement du tissu industriel pose la question de notre dépendance. C’est d’ailleurs aussi le pari de Donald Trump : les États-Unis, premier producteur mondial d’armes et de munitions, tireront bénéfice d’une augmentation des budgets de défense. Pis, pour certaines armes (notamment les avions), Washington peut en limiter l’usage et conserve le contrôle de toute la chaîne d’éléments indispensables à leur fonctionnement : maintenance, pièces détachées, logiciels, mises à jour ou données de ciblage.

Enfin, il y a  l’enjeu européen : après l’échec du SCAF, l’avion de combat lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, le char européen MGCS pourrait-il subir le même sort, comme l’avait annoncé le chancelier ? Cet échec met en lumière les divergences de stratégies militaires entre une puissance nucléaire comme la France et une puissance continentale comme l’Allemagne. Cerise sur le gâteau des impensés et des non-dits : que devient une stratégie de défense européenne quand les vents de l’extrême droite progressent partout sur le Vieux Continent ?

On est ok pour un débat sur la défense nationale. Mais un vrai. En attendant, ce chèque en blanc n’a aucun sens. Ou plutôt si : il nous empêche de faire face à la bombe climatique qui advient.

Loïc Le Clerc

site REGARDS

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