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Pouvoir d’achat, environnement, paix…. Parlons des urgences!

 

 

Pouvoir d’achat, environnement, paix….Parlons des urgences

 

« Depuis le début des années 2000, la trajectoire du PIB français par habitant  s’écarte progressivement de celle de l’ensemble des économies avancées.…» peut-on lire dans le dernier « Vie publique », support du gouvernement.

 

Difficile de nier la réalité. Ils n’ont pas de solution, ils mettent un point d’interrogation à chaque cause que leur analyse donne à ce phénomène de longue date qui se manifeste dans tous les pays occidentaux ( croissance plus faible, désindustrialisation, déficit commercial, dette publique élevée, retard dans certaines technologies comme l’IA)…

 

Les dirigeants des pays capitalistes les plus industrialisés ont fait basculer sciemment leur stratégie de « conquête du monde par le libre échange » en allant faire produire en Chine et en Inde ce qui leur coûte beaucoup moins cher en salaires, en fiscalité, en aides sans contrepartie. Depuis les années 1980, ils déplacent leurs usines pour accroître les profits de leurs actionnaires et très hauts salaires. (2)

Ils nous disaient que « c’était pour améliorer la production ». Ce fut -et c’est toujours- une guerre contre l’emploi, une catastrophe industrielle, économique et sociale. Pas pour tout le monde. Et ça continue, les guerres en plus, ça ne rapporte qu’à ceux qui les décident.

 

Une information toute fraiche : au 18è sommet des BRICS, le 12-9-26 à New Dehli, chefs d’Etats ont adopté à l’unanimité « une déclaration économique engageant à développer les échanges commerciaux et les investissements réglés dans les monnaies nationales des États membres..» Trump et le dollar en prennent un sérieux coup. Les BRICS représentent 48% de la population mondiale.

 

Ainsi, alors qu’ils créent le chômage chez eux, les dirigeants occidentaux accroissent les inégalités et l’austérité comme seul moyen d’équilibrer les budgets, se refusant toujours de toucher aux capitaux privés faramineux.

 

Ils ne répondent pas aux exigences environnementales, sociales, sociétales... Aujourd’hui s’y ajoutent des guerres qui n’en finisssent pas et obscurcissent l’avenir des peuples du monde.

C’est fou comme les budgets trouvent facilement de l’argent public -notre argent- pour la défense de l’Ukraine (?) sans l’avis d’un peuple jamais consulté en dix ans. Budgets soutenus par la droite, macronie comprise, l’extrême-droite et une poignée de socialistes.

 

Comme le disait Georges Orwel, « le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité pour ce qui n’est que vent »

 

C’est ce qui se passe sur les plateaux surtout privés où tout le monde parle, s’engueule, dès qu’il y a deux invités.es et plus, sans parler des « experts » pensant et posant trop souvent des questions orientées plus ou moins perfides selon l’invitée. Le buzz est toujours bon à prendre, il attire la publicité qui envahit comme jamais la télé, les ordinateurs et les téléphones que nous payons et qui sont de plus en plus chers !

 

Rien n’est joué, tout peut arriver

 

A n’en pas douter nous sommes en campagne, à la fois contre le RN dont on connait les idéaux néo-fascistes, leur démagogie, leur violence leur bourrage de crânes…et contre le prolongement de la politique libérale au service des ultra-riches, que nous a imposé Macron depuis 10 ans après ses pairs et ses majorités relatives appuyées aussi par le RN marqué par l’escroquerie qui condamne M. Le Pen et quelques autres

 

Le nombre de candidats.es, à droite et à gauche, ne peut satisfaire que le RN déjà 1er parti de France, au point que Zemmour se présente pour faire voter une partie de l’extrême-droite allergique au FN devenu RN. Il joue d’ailleurs de sa réputation sensée rendre le RN plus « modéré »

 

Difficile d’anticiper le nombre final de candidats qui auront confirmé et rempli les conditions de candidat(e) officiel(le). Pas moins, à ce jour, de 33 déclarés et 6 pressentis, du jamais vu ! (1)

 

Effrayant, même si on peut supposer que les tractations vont éclaircir la ligne de départ mais ne pas forcément stimuler les enjeux politiques : alternative progressiste ou fascisation de notre pays ?

 

Le succès de la Fête de l’Huma « pour faire front populaire » (titre du journal) tient à la présence de  toutes les sensibilités de la gauche, « tous dans le même bateau » se réjouissait le rappeur Ino Casablanca. Un tremplin pour les mobilisations en cours face aux choix libéraux qui enfoncent les classes populaires et moyennes, ils s’assoient sur les urgences sociales, environnementales, culturelles…les hausses des coûts des énergies, des logements, des transports, des aliments. Leur objectif : « touchez pas au grisbi…» des très riches.

 

Ils se dressent lorsqu’ils entendent parler de la lutte des classes, d’un changement de système, pourtant en train de prendre l’eau, ils ferment les yeux, mais pas la bouche, jusqu’à nier qu’il puisse y avoir des solutions radicalement opposées mais réalistes, répondant à celles et ceux qui vivent mal, une majorité de familles qui subissent les politiques d’austérité renforcée, un peu plus chaque jour.

 

Leurs mobilisations sont déterminantes pour que le rapport des forces sociales s’impose et obtienne des avancées concrètes en se faisant entendre  et en tirant les leçons politiques le moment venu.

 

Le changement espéré et possible, ce n’est pas qu’un vote. C’est le mouvement populaire et sa détermination, c’est une offre politique à gauche, collective et coordonnée. Qui n’exclut pas le pluralisme, mais avec des risques.

Aucun pays ne peut perdre ses emplois et prospérer. Les gestionnaires « du bloc central » n’ont fait qu’accentuer le déclin de la France, ils ne sont plus dignes de la présidence et le RN la pire des « alternances ».

 

René Fredon

 

Actualités

L’ENFER FISCAL… ET LES 61 MILLIARDS DE DIVIDENDES

Œuvre plastique — Quentin Metsys, Le Prêteur et sa femme (1514). Cinq siècles plus tard, la question demeure étrangement familière : que devient une société lorsque l’argent cesse d’être seulement un moyen pour devenir la mesure de toute chose ?

 

L’ENFER FISCAL… ET LES 61 MILLIARDS DE DIVIDENDES

Il faut croire que l’enfer a parfois de curieuses douceurs.

Depuis des années, le même récit s’est installé dans le débat public : la France accablerait ses entreprises. Trop d’impôts, trop de cotisations, trop de normes, trop de contraintes. Le diagnostic a largement débordé la droite traditionnelle. En 2014, François Hollande lui-même engageait son « pacte de responsabilité » autour d’un principe très clair : diminuer les charges et les contraintes pesant sur les entreprises, en échange d’investissements et d’emplois. (elysee.fr) Depuis, quelle que soit la couleur des gouvernements, une bonne partie de notre politique économique s’est construite autour de cette même idée : pour que l’économie fonctionne, il faudrait d’abord alléger ce qui pèse sur l’entreprise.

 

Puis les chiffres viennent parfois troubler le récit.

Au deuxième trimestre 2026, les principales sociétés françaises cotées suivies par Janus Henderson ont distribué 70,4 milliards de dollars — environ 61 milliards d’euros — de dividendes. Sur ces trois mois, la France occupe la première place européenne et la deuxième mondiale, derrière les États-Unis. L’Allemagne se situe à 51,3 milliards de dollars, l’Italie à 17,5 milliards et l’Espagne à 13,2 milliards. (Boursorama) Voilà donc un pays réputé tellement hostile au capital que ses grandes entreprises réussissent néanmoins à offrir à leurs actionnaires l’une des plus importantes rémunérations de la planète.

Ne faisons pas dire à ce chiffre davantage qu’il ne dit. Il concerne un trimestre, celui où les entreprises européennes versent traditionnellement une grande partie de leurs dividendes. Il porte sur les grandes sociétés cotées, pas sur les millions de PME et de petites entreprises françaises. Et il comprend un versement exceptionnel de Bolloré d’environ 4,2 milliards d’euros. (Boursorama) Surtout, distribuer beaucoup de dividendes ne prouve évidemment pas que la fiscalité des entreprises soit faible. Oui, certains prélèvements, notamment les impôts de production, restent plus lourds en France que chez plusieurs de nos voisins. Le nier serait aussi idéologique que de prétendre que toutes les entreprises françaises seraient étranglées.

Mais précisément : le problème commence lorsque l’on transforme une réalité partielle en vérité générale.

Car pendant que l’on racontait l’entreprise française martyrisée par la puissance publique, cette même puissance publique organisait un soutien massif à l’économie privée. Une commission d’enquête du Sénat a évalué en 2025 à au moins 211 milliards d’euros les aides aux entreprises en 2023 dans son acception la plus large : allègements de cotisations, dépenses fiscales, subventions et interventions financières de Bpi-france. Le Sénat précise lui-même qu’en retirant certains éléments discutables du périmètre, l’estimation tombe à 108 milliards. (Sénat) Autrement dit, le chiffre de 211 milliards ne doit pas devenir à gauche ce que « l’enfer fiscal » est devenu à droite : un slogan brandi sans précaution. Mais même avec le périmètre resserré, nous parlons d’une intervention publique considérable.

Et c’est là que le débat devient réellement politique.

 

Pendant des décennies, on nous a expliqué que la première urgence consistait à diminuer le « coût du travail ». L’expression elle-même mérite qu’on s’y arrête. Le salaire, les cotisations sociales, la retraite, l’assurance-maladie deviennent ainsi des coûts. La rémunération du capital, elle, conserve un vocabulaire infiniment plus élégant : dividendes, rendement, retour sur investissement. Personne ne parle du « coût du capital » avec la même insistance. Pourtant, lorsqu’une entreprise distribue une partie de ses bénéfices à ses propriétaires plutôt que de l’investir, il s’agit bien, là aussi, d’un choix dans la répartition de la richesse produite.

 

C’est ici qu’une gauche de rupture se distingue d’une simple politique d’accompagnement. Elle ne poserait pas la question infantile : « Êtes-vous pour ou contre les entreprises ? » Elle demanderait : qui produit la richesse, qui la reçoit, qui finance quoi, et qui décide de son partage ?

Cette question devient d’autant plus légitime que la fiscalité réelle ne frappe pas uniformément toutes les entreprises. Selon une étude de la DG Fip réalisée avec l’Insee, le taux implicite brut d’imposition des profits était en 2022 de 21,4 % pour les PME, contre 14,3 % pour les grandes entreprises. (impots.gouv.fr) Il ne s’agit donc pas de réclamer mécaniquement « davantage d’impôts sur les entreprises ». Une petite société artisanale de quinze salariés, une PME industrielle qui exporte, Carrefour, Total Energies ou LVMH ne constituent pas une catégorie économique homogène simplement parce que le Code du commerce les appelle toutes « entreprises ».

 

Une politique de rupture pourrait justement partir de cette différence : soutenir davantage ce qui produit, emploie, investit et transforme ; demander davantage à ce qui accumule, financiarise et distribue. Conditionner plus strictement les aides publiques à l’emploi, à l’investissement productif, aux salaires et à la transition écologique ; examiner les aides lorsque des groupes massivement soutenus licencient tout en distribuant des dividendes ; distinguer fiscalement les bénéfices réinvestis de ceux qui sont distribués ; rendre enfin parfaitement transparent ce que chaque grande entreprise reçoit de la collectivité. Ce débat sur la conditionnalité n’est d’ailleurs pas une invention militante : le rapport sénatorial de 2025 constate explicitement que la coexistence d’aides publiques, de plans sociaux et de dividendes élevés a relancé cette question. (Sénat)

Voilà sans doute où pourrait se situer aujourd’hui une véritable ligne de rupture.

 

Non pas dans une guerre absurde contre « les patrons ». Il existe des entrepreneurs qui prennent des risques, investissent leur patrimoine, créent des emplois et se battent quotidiennement pour maintenir leur activité. Leur appliquer indistinctement la même grille qu’à une multinationale serait économiquement stupide et politiquement paresseux. Mais l’erreur symétrique consiste à placer sous le joli mot d’« entreprise » des réalités tellement différentes qu’il devient impossible de parler du pouvoir économique. Une multinationale n’est pas seulement une entreprise plus grosse qu’une PME : elle dispose de moyens financiers, juridiques, fiscaux et politiques incomparablement supérieurs.

 

C’est peut-être là que trente années de politique économique mériteraient d’être interrogées. À force de chercher comment rassurer les marchés, restaurer les marges, diminuer le coût du travail, réduire l’impôt sur les sociétés et multiplier les dispositifs d’aide, avons-nous suffisamment demandé ce que la collectivité recevait en retour ? François Hollande lui-même avait présenté les allègements de 2014 comme un contrat : moins de charges, en contrepartie d’emplois, d’investissements et de formation. (elysee.fr) La question politique, douze ans plus tard, consiste aussi à regarder le bilan de cette logique plutôt qu’à en répéter indéfiniment le postulat initial.

Car l’enjeu de fond n’est finalement pas fiscal.

 

Il concerne le pouvoir.

Qui décide de l’utilisation de la richesse créée dans une entreprise ? Quelle part revient au travail ? Quelle part finance l’investissement ? Quelle part rémunère le capital ? Lorsque la puissance publique intervient pour rendre une entreprise plus compétitive, les salariés qui y travaillent et les citoyens qui la financent acquièrent-ils un droit de regard sur les conséquences de cette aide ? Ou considère-t-on que l’argent est public jusqu’au moment où il entre dans l’entreprise, puis strictement privé dès qu’il en est sorti ?

 

Voilà le débat qu’une gauche qui prétendrait réellement rompre avec les politiques économiques de ces dernières décennies aurait à ouvrir. Pas celui d’une taxation punitive destinée à faire applaudir quelques militants. Pas davantage celui d’un État distribuant les aides sans regarder ce qu’elles deviennent. Mais celui d’une économie dans laquelle l’argent public oblige, dans laquelle le travail retrouve un poids face au capital et dans laquelle l’entreprise n’est plus envisagée exclusivement à travers les intérêts de ses propriétaires.

 

Les 61 milliards d’euros distribués au printemps 2026 ne démontrent donc pas que la France serait un paradis pour les entreprises. Ce serait aussi caricatural que de la présenter comme leur enfer.

Ils démontrent quelque chose de beaucoup plus intéressant : dans ce supposé enfer fiscal, le capital sait encore fort bien prospérer.

 

Et si nous commencions enfin à discuter moins du niveau abstrait des prélèvements que de ce que nous voulons collectivement faire de la richesse produite ?

 

Guy CALMES 

 

 

Œuvre musicale — Pink Floyd, Money (1973). Une caisse enregistreuse transformée en rythme : difficile de trouver meilleure introduction sonore à une réflexion sur la place que nous accordons à l’argent.