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L’extrême droite à l’assaut de  l’Amérique!

 

 

L’extrême droite à l’assaut de  l’Amérique:

 

Un texte de Julia Hamlaoui, cheffe du service de l’Humatinale qui résume le fond du rendez-vous, ce jeudi, des extrêmes-droites du continent américain à Santiago-du-Chili et qui concerne aussi le nôtre

 

« Leur objectif a le mérite d’être clair : mener « la bataille culturelle face au wokisme, au progressisme et au néo-marxisme ». Et pour ça la fine fleur du néofascisme international a rendez-vous à Santiago au Chili.

 

Dans la place pour cette cinquième édition des Rencontres régionales du forum de Madrid, le président du pays, fils de nazi assumé et nostalgique revendiqué de la dictature de Pinochet, José Antonio Kast et son voisin libertarien, fou de la tronçonneuse, Javier Milei. Mais seront aussi présents à ce rendez-vous, fondé par les néofranquistes du parti espagnol Vox, le ban et l’arrière-ban de leurs alliés venus d’Amérique latine, d’Europe et… des États-Unis.

 

Leur ambition ? Poursuivre, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, le jeu de domino qui a vu la peste brune grignoter le sous-continent considéré par Donald Trump comme son arrière-cour. Répression tous azimuts sous couvert de guerre au narcotrafic, chasse aux migrants, destruction méthodique des droits sociaux, dérégulations à tout va…

 

Si l’un se pense maître des autres, tous s’entendent sur un point : mettre le peuple au pas pour servir les intérêts du capital.

 

Une idéologie, des mots, des actes mortifères se forgent en commun à Santiago et ailleurs, appuyés par une bataille culturelle menée pied à pied pour éradiquer l’alternative jusqu’à, par exemple, classer organisation terroriste le mouvement antifasciste, à l’instar du locataire de la Maison Blanche. Ils s’organisent, nous sommes prévenus.

 

Retrouvez également sur l’Humanite.fr les autres infos qui font l’actu ce jeudi. À commencer par le ministre de la Défense israélien qui assume vouloir expulser les Palestiniens de Gaza, le retour en France ce matin des deux réalisateurs détenus au Togo, Donald Trump qui veut rebaptiser le détroit d’Ormuz… »

 

https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/a-santiago-une-reunion-de-linternationale-brune-pour-lutter-contre-le-terrorisme-politique-dextreme-gauche

 

https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/linternationale-brune-se-reunit-au-chili-pour-mener-la-bataille-culturelle

 

Par René FREDON 

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L’ÉCOLE PROMET L’ÉGALITÉ. MAIS DONNE-T-ELLE VRAIMENT À TOUS LE MÊME DROIT DE RÉUSSIR ?
L’ÉCOLE PROMET L’ÉGALITÉ. MAIS DONNE-T-ELLE VRAIMENT À TOUS LE MÊME DROIT DE RÉUSSIR ?
La République aime dire que tous les enfants entrent à l’école par la même porte. L’image est belle. Elle est même en partie vraie. Mais elle oublie une chose essentielle : tous ne parviennent pas jusqu’à cette porte par le même chemin.
Certains arrivent à l’école avec des livres à la maison, des parents familiers du système scolaire, un espace pour travailler, des adultes capables d’expliquer une consigne ou d’anticiper une orientation. D’autres disposent de beaucoup moins. Or l’école française, malgré des décennies de réformes, ne parvient toujours pas suffisamment à corriger ces écarts de départ.
Les comparaisons internationales sont sévères. En France, l’origine sociale reste l’un des facteurs qui expliquent le mieux les performances scolaires. Ce déterminisme apparaît tôt, bien avant le lycée. Il se construit progressivement : premières différences de langage et de maîtrise des savoirs, écarts qui persistent à l’école élémentaire, difficultés qui se renforcent au collège, puis orientations qui transforment les écarts scolaires en destins scolaires.
Cette mécanique ne dépend pas uniquement des connaissances acquises. Elle tient aussi à la connaissance du système lui-même. Savoir quelle option choisir, quelle décision d’orientation contester, quelle filière laisse ouvertes certaines possibilités, comment fonctionne Parcoursup, quel établissement demander ou comment trouver un stage : tout cela constitue un capital invisible mais déterminant. Les familles ne disposent pas toutes du même mode d’emploi de l’école.
C’est là l’une des contradictions les plus profondes de notre système. Nous proclamons l’égalité scolaire, mais nous acceptons que la capacité à naviguer dans les règles dépende largement du milieu familial.
Une troisième contradiction tient à la répartition des moyens. Nous savons depuis longtemps qu’il est beaucoup plus facile de réduire les écarts lorsque les enfants sont jeunes. Pourtant, notre système a longtemps consacré relativement moins de ressources aux premières années de scolarité qu’aux étapes ultérieures. Nous intervenons donc souvent lorsque les difficultés sont déjà installées.
Il faudrait inverser cette logique. Investir davantage dans la maternelle et l’école élémentaire, non pas seulement par des réductions ponctuelles d’effectifs, mais par un continuum : soutien précoce, petits groupes, accompagnement dans le temps scolaire, psychologues, médecine scolaire, RASED, tutorat. L’objectif ne serait plus de réparer tardivement, mais d’empêcher que les difficultés deviennent structurelles.
Une quatrième contradiction concerne les enseignants. Plus les établissements sont difficiles, plus ils accueillent souvent des personnels jeunes et mobiles. Nous semblons considérer comme normal que les situations les plus complexes soient confiées à ceux qui disposent de la moindre expérience. Il faudrait au contraire bâtir des équipes volontaires, stables, reconnues, capables de travailler ensemble pendant plusieurs années.
La difficulté scolaire exige moins de rotation et davantage de collectif.
La même logique devrait conduire à revoir l’éducation prioritaire. Une école est aujourd’hui classée ou non classée, comme si la réalité sociale obéissait à un interrupteur. Elle devrait plutôt fonctionner selon un continuum de moyens : plus les besoins sont importants, plus l’encadrement et les ressources augmentent.
Le collège constitue ensuite un moment décisif. Il faut pouvoir aider davantage certains élèves sans pour autant les enfermer trop tôt dans une identité de « faible ». La différenciation doit être temporaire et ciblée. Elle ne doit pas devenir une assignation durable.
Il faut enfin remettre en cause un autre impensé : le travail à la maison. À l’école, les élèves disposent d’un environnement relativement commun. Dès qu’ils rentrent chez eux, les écarts réapparaissent brutalement. Chambre individuelle ou logement surchargé. Ordinateur personnel ou téléphone partagé. Parent diplômé ou parent lui-même en difficulté avec le système scolaire. Cours particuliers ou aucune aide possible.
Le travail scolaire essentiel devrait donc pouvoir être accompli dans l’établissement. Étude, tutorat, aide méthodologique, préparation aux examens : ces services devraient être universels et gratuits. Non pas parce que les familles seraient incapables d’aider leurs enfants, mais précisément pour que la réussite scolaire ne dépende pas de leur capacité à le faire.
Et puis une opportunité se présente.
Les effectifs scolaires vont fortement diminuer dans les prochaines années. Nous pouvons considérer cette baisse comme une occasion de réaliser des économies. Ou comme une chance historique de redistribuer les moyens afin de mieux encadrer les élèves et de réduire les inégalités. Dans un cas, nous accompagnons la démographie. Dans l’autre, nous en faisons un projet politique.
Le but n’est pas que tous les enfants deviennent identiques. Il n’est pas non plus de nier les différences de goûts, de talents ou de parcours. Il est simplement de faire en sorte que ces différences cessent d’être aussi fortement déterminées par la naissance.
L’égalité des chances ne peut pas consister à ouvrir la même porte à tout le monde lorsque certains y arrivent par un tapis roulant et d’autres après un parcours d’obstacles.
Une école réellement juste serait une école capable de réduire suffisamment ces écarts pour que le destin scolaire d’un enfant soit de moins en moins écrit par celui de ses parents.
Nous savons aujourd’hui beaucoup de choses sur la manière d’y parvenir. Le principal problème n’est plus l’absence de diagnostic.
Le vrai débat commence au moment où l’on accepte de toucher aux mécanismes qui protègent les avantages de certains groupes sociaux.
C’est là que l’école devient vraiment politique.
Et c’est aussi là que l’égalité républicaine cesse d’être seulement une promesse.
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(NB : Vous aurez peut-être remarqué qu’une seconde publication sur le même sujet est publiée parallèlement. Le fond, les idées et le positionnement sont volontairement les mêmes, mais la construction du texte et l’illustration diffèrent. Il s’agit d’une petite expérimentation : observer si la forme du texte et surtout le type d’illustration influencent les vues, les réactions, les commentaires ou les partages. Je publierai prochainement les résultats de cette comparaison.)

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Par Guy CALMES