TSH : Yves Gavory quitte la majorité et rejoint  LREM !

Ce n’est plus un bruit qui circule à en croire le compte-rendu du conseil municipal dans VM du 26/7 : “S’il n’y a pas de groupe La République en marche au conseil municipal…il y a bien pourtant des adhérents au parti présidentiel. C’est le cas notamment du conseiller municipal Yves Gavory.”

On comprend mieux ses propos de vice-président responsable de TSH, ainsi que ceux du directeur David Guingant, rapportés dans la Marseillaise du 19/7/18, justifiant les expulsions envisagées et qui ont fait se mobiliser les associations de locataires, le DAL, les partis de gauche (PCF, FI, NPA) sur le fond même d’une telle décision qui ne peut être cautionnée par la majorité municipale de large rassemblement à gauche.

Pour l’instant la procédure est suspendue mais le responsable de l’Office -rallié au parti du président des riches- a tenu à justifier les expulsions envisagées. Ce qui le met en contradiction avec le positionnement de la majorité municipale dont il faisait partie !

Il a ainsi confirmé les décisions qu’il a prises dans le cadre de la délégation qui lui avait été confiée.

Chacune des composantes de cette majorité de gauche doit en tirer les conséquences. Les élus communistes l’ont fait avec l’appui de leur fédération.

Peut-on imaginer qu’une majorité vraiment à gauche, c’est-à-dire au service de toute la population et, en priorité, de celles et ceux qui ont le plus besoin de l’aide morale mais aussi concrète de la collectivité publique la plus proche, puisse laisser expuser une seule famille de son logement social, ce qui ne peut qu’accroître sa précarité, sa marginalisation sociale.

Le justifier par la négligence individuelle, la mauvaise foi, la pénalisation des autres locataires a toujours été “l’argument” culpabilisateur des gestionnaires qui prétendent agir au nom de critères qui ne tiennent aucun compte de la détresse sociale qu’entraînent les politiques libérales parmi les catégories les plus fragiles, y compris psychiquement trop souvent, qui ne disposent pas des ressources permettant une vie digne.

Les services sociaux sont bien placés pour mesurer les conséquences humaines de ces décrochages et leur relative impuissance à répondre à toutes les attentes dans tous les domaines. Si, en plus, on les prive de leur logement, ces personnes seront encore plus pénalisées, encore plus vulnérables !

Que ce gouvernement soit plus préoccupé de vendre des logements sociaux que d’en construire, de réduire les aides sociales et les moyens des offices publics d’HM, des collectivités locales…c’est une chose. Que des élus d’une majorité municipale progressiste se mettent au service de politiques ultralibérales qui aggravent la situation des locataires les plus fragiles, c’est incompatible !

Il ne suffit pas seulement de dire que “l’expulsion est un échec”, il faut surtout ne pas la pratiquer et ne pas sous-entendre, pour un cas précis, que “l’invalidité n’a pas été portée à la connaissance de nos services sociaux”, ce qui est une façon de dire qu’il y aurait intention de dissimuler, de frauder ! Ce n’est guère élégant. Et même si c’était, en mettant un locataire dehors, en quoi l’aide-t-on ?

Les tricheurs à grande échelle et leurs cagnottes planquées dans les paradis fiscaux (trois fois le PIB mondial) sont autrement préjudiciables à l’intérêt public. Macron n’y touche pas : ce sont les premiers de cordée. Faire  la chasse aux pauvres a quelque chose d’indécent, de révoltant. Ne dit-il pas qu'”ils coûtent un pognon de dingue “ ?

La majorité municipale a besoin de clarifier de tels agissements qui portent préjudice à sa crédibilité et à sa volonté de faire reculer les inégalités en désignant les responsables de choix nationaux qui voudraient soumettre tous les élus locaux à des choix politiques en faveur des plus riches qui ont toutes ses faveurs. C’est ce qui fracture nos sociétés de plus en plus inégalitaires..

Ou l’on est dans la résistance populaire à ces politiques de classe, avec toutes les victimes, pour plus de justice sociale, de solidarité, de fraternité. Ou on se met au garde-à-vous devant la politique de Macron qui vient de révéler avec l’affaire Benalla, jusqu’où il peut aller pour fouler aux pieds les règles d’une démocratie réelle, ses institutions et renforcer son propre pouvoir de président d’une république qui a fait son temps. Il tire toutes les ficelles pour mieux liquider notre modèle social et livrer le pays aux appétits de profits jamais satisfaits des multinationales.

Le responsable de TSH a choisi son camp. Dont acte.

René Fredon

 

 

 

 

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