Macron remis à sa place par la Cour de cassation

Décidément Jupiter s’attire les foudres de la justice en ce moment.

Après l’avis on ne peut plus critique du Conseil d’Etat sur le projet de retraite en cours de débat tronqué à  l’assemblée nationale, c’est au tour de la Cour de cassation d’émettre publiquement un rappel à l’ordre destiné au président de la République -le fait n’est pas courant- concernant son commentaire public d’une décision de la justice française, lors de son séjour mouvementé à Jérusalem qui plus est !

Il y avait evoqué, lors des cérémonies du 75è anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, la décision de la cour d’appel de Paris, estimant pénalement irresponsable le meurtrier d’une femme juive en 2017 à Paris. Il exprimait “le besoin d’un autre procès” compte tenu du caractère anti-sémite de ce meurtre. Opposant en cela Justice et République et sortant manifestement de son rôle de garant de l’indépendance de la Justice ?

La Première présidente de la Cour de cassation et le procureur général ont vivement et sobrement réagi, rappelant quel’indépendance de la justice, dont le Président de la République est le garant, est une condition essentielle du fonctionnement de la démocratie. Les magistrats de la Cour de cassation doivent pouvoir examiner en toute sérénité et en toute indépendance les pourvois dont ils sont saisis.”

 Comme l’a relevé la présidente du syndicat de la magistrature…”Nous sommes scandalisés par ces propos. Certes, il rappelle qu’il est garant de l’indépendance de la justice, qu’il ne peut pas interférer dans les décisions judiciaires, mais c’est exactement ce qu’il fait” 

 En revanche, le président de la République est d’un silence assourdissant sur le numéro de duettistes de Trump-Netanyaou s’autofélicitant depuis New-York, de leur “plan de paix”, confirmant l’annexion des territoires occupés et s’arrogeant d’autres privilèges territoriaux !

Drôle de plan et drôle de paix qui excluent les Palestiniens. Quel mépris ! Et quel mépris de l’ONU, tenue pour quantité négligeable.

C’est le danger public, Trump président de l’Etat le plus militarisé au monde, en plein procès en destitution, qui dicte sa loi au monde ! On aura tout vu. Et Macron n’a rien à dire, rien à proposer pour ne pas contrarier l’irresponsble chef d’Etat qui tient à bout de bras les dictateurs et les va-t-en guerre et fustige les “prophètes de malheur” qui prennent au sérieux l’état de la planète et de ses habitants. Et l’urgence de changer nos modes de production et de vie;

Lui, il veut poursuivre l’exploitation des énergies fossiles, quelles qu’en soient les conséquences à brève échéance. Ce qui l’intéresse, ce sont les profits à court terme qui s’accumulent et donnent satisfaction aux pollueurs en tous genres. Changer de mode production : Trump n’y pense pas une seconde…tant qu’il y aura des milliardaires c’est que ça va bien…pour eux et c’est l’essentiel.

Finalement, Trump et Macron sont assez proches, non pas par leur type de personnalité, leur culture mais sur le but qu’ils s’assignent : laisser les riches accaparer l’essentiel des fruits du travail humain et décider de la vie de celles et ceux qui les produisent..s’ils ont le “privilège” de travailler.

Les deux n’admettent aucune autorité au-dessus d’eux tellement leur égo est hors norme.

Ce qui n’en est que plus dangereux pour la démocratie.

René Fredon