Logements sociaux : PACA région très hostile

La Fondation Abbé Pierre présente aux rencontres photographiques d’Arles _ Fondation Abbé Pierre

La fondation Abbé Pierre vient de livrer son étude (1)sur la période 2017-2019 concernant l’application de la loi SRU en matière de construction de logements sociaux dans les communes de +3 500 habitants (1500 en Ile de France).

Bilan accablant particulièrement en PACA où 83% des communes concernées n’ont pas atteint leur objectif ! Le Var n’est pas en reste.

 

L’écrasante majorité de ces communes et de leurs élus LR ne cachent pas leur hostilité politique à la construction de logements sociaux prenant prétexte de la cherté du foncier, de sa rareté et, encore plus hypocrite, “l’argument «de ne pas sur-densifier l’habitat…en particulier quand il s’agit d’habitat social. Comme si le littoral n’était pas saturé depuis longtemps par un bétonnage en règle très sélectif !

 

Ils n’hésitent pas à mobiliser les habitants proches d’un projet de construction sociale pour défendre leur “environnement” ! Comme le dit Manuel Domergue, directeur des études de la fondation :” Il y a des maires mais aussi leurs populations qui refusent des logements sociaux avec la crainte d’avoir des populations dites indésirables et tout ce que ça charrie dans l’imaginaire.”

 

L’exemple de La Seyne

 

A La Seyne et à La Garde, le parc HLM était très au-dessus du quota, du temps où des maires communistes étaient à la tête de majorités progressistes. Ils n’avaient pas eu besoin de loi pour bâtir des logements abordables. Reconquises par LR ces villes ont sérieusement réduit le nombre et le pourcentage de logements sociaux qui restent cependant au plus haut niveau du département.

 

Ce que confirme la nouvelle maire (LR) de La Seyne qui indique que la ville est à 19% de logements sociaux (moyenne du Var autour de 10%) pour contester, à juste titre, les 820 000 euros de pénalités pour trois années de relative stagnation de constructions (53 logements) sans qu’il soit tenu compte des dépenses consacrées à la réhabilitation. Ni des gestions libérales pratiquées à La Seyne avant 2012 depuis la fermeture des chantiers.

 

Non seulement elle ne rend pas hommage aux bâtisseurs de ce patrimoine social mais elle accuse son prédécesseur de porter des programmes de constructions trop importants avec 30% pour les logements sociaux qu’elle qualifie de “miroirs aux alouettes”.

 

Il serait intéressant de savoir combien elle compte programmer de logements vraiment sociaux ? Et combien va coûter à la ville le rachat des 3 ha de terrains de Coste Chaude acquis par l’etablissement  foncier régional en 2006  sous…A. Paecht pour un programme initial confié à Vinci de quelques 300 logements qui n’avait pas   démarré. La municipalité Vuillemot l’avait repris à son compte en 2014-2015, le ramenant à 145 logements dont 61 privés, 35 locatifs intermédiaires et 45 sociaux.   Dans l’opposition. Bicais s’y était opposée, elle l’abandonne pour, dit-elle “ rendre les terrains à leur vocation agricole“. S’ils avaient été destinés à l’immobilier spéculatif peut-être que..?

Même chose aux Mouissèques et à Bois sacré. Tout est prétexte pour renoncer à l’habitat social ! Voilà leur programme !

Quelle gestion pour une ville pénalisée pour manque de logements sociaux ! Elle va devoir emprunter pour racheter plus cher les terrains, dédommager le propriétaire (Vinci) des dépenses engagées jusqu’au permis de construire. Ce qui ne peut qu’alourdir les amendes de l’Etat pour renoncement à un programme très avancé qui contribuait à réduire le retard et à accroître le patrimoine social déficient.

Mme la maire met en œuvre la stratégie des LR : combattre la loi SRU et s’en prendre à l’Etat qui applique une loi toujours en vigueur. Eux ne l’appliquent pas !

Les 3 000 familles seynoises -et les 12 000 de TPM- apprécieront. Elles continueront d’attendre un logement social accessible alors que 70% d’entre elles y sont éligibles !

 Pour quels résultats ?

Le Var affiche un parc global de 640 972 logements dont

447 900 résidences principales

152 945 résidences secondaires

40 107 logements vacants

Les résidences principales se répartissant en :

 59% de propriétaires, 33% de locataires du parc privé et 8% seulement du parc locatif social qui ne compte que 41 160 logements, même nombre que les logements vacants ! (2)

C’est encore trop pour les LR qui ont toujours combattu la loi SRU créée en 2000. Dès le début ils espéraient qu’elle ne s’appliquerait pas. Ils sont en symbiose avec LREM qui veut elle aussi réduire le parc social pour favoriser l’immobilier spéculatif. Macron a osé réduire les APL en même temps qu’il effaçait l’impôt sur la fortune ! Il s’attaque aux HLM dont il veut regrouper les offices et pousser à la vente des logements !

La loi SRU fixe un quota de 20% de logements sociaux par rapport à l’ensemble du parc, quota qui a été porté à 25% en 2014 alors que se creusait le déficit de logements  sociaux pour “pousser” vers le locatif privé ou l’accession à la propriété encore plus inaccessibles dans une région comme la nôtre. Situation que la pandémie, qui frappe encore plus les foyers modestes et les mal-logés, va encore empirer.

Déjà il est question de 100 millions supplémentaires  d’impayés de loyers du fait de la covid-19 ! Et l’on n’est pas au bout de nos peines.

La fondation Abbé Pierre a noté qu’au plan national, “53% des communes, soit 550 villes, n’ont pas respecté leurs objectifs sur la période 2017-2019. Comparé à la précédente période, ce taux est en baisse (56% pour 2014-2016)“. Elles se trouvent néanmoins dans l’illégalité. Les préfets sont si bienveillants.

Si les objectifs triennaux ne sont pas atteints, les communes sont pénalisées selon l’effort fourni. L’argent reste destiné à la construction HLM.  Des maires choisissent délibérément les pénalités : ça ne sort pas de leur poche mais de la nôtre !

L’étude a également abordé l’aspect qualitatif de la construction de logements sociaux,  pointant les communes qui investissent en priorité sur des catégories de logements intermédiaires (PLS) inaccessibles aux plus pauvres au détriment des logements très sociaux (PLAI) qui manquent cruellement.

Notre région est la dernière pour le pourcentage de communes n’ayant pas atteint leurs objectifs : 83% suivie par la Corse 69%. La Bourgogne étant la 1ère 29%, l’Ile de France 4ème 41%.

Colin : guerre aux quartiers

L’actualité seynoise nous ramène aux propos ahurissants du 1er adjoint, J-P Colin, vice-président de TPM, conseiller régional LR, dans sa «lettre politique” en forme de déclaration de guerre aux associations des quartiers suspectées d’être liées à l’extrémisme islamiste, “en particulier l’ex foyer Wallon Berthe absorbé par le centre Mandela…un des centres très actif de cet islamo gauchisme délétère qui pollue la vie politique seynoise depuis 2012.”

Une véritable provocation digne de Zemmour qui fait l’effet d’une “bombe” dans la deuxième ville du Var, stigmatisant tous les musulmans avec l’ensemble des progressistes laïques qui ne peuvent laisse dire et faire de pareils amalgames. L’ancienne municipalité est accusée de laxisme “qui préférait acheter la paix avec les extrémistes religieux..!” Le commissaire politique a lâché les chevaux !

Cela relève de la diffamation et de l’irresponsabilité.

René Fredon

(1

https://www.fondation-abbe-pierre.fr/documents/pdf/loi_sru.pdf

(2)

https://www.var.fr/social/habitat/l-habitat-en-chiffres#:~:text=640%20972%20logements%20dans%20le,(235%20396%20en%20PACA).