Les colères sociales face au mépris !

Face aux manifestations des automobilistes que portent les gilets jaunes, Macron, Philippe et les ministres  répétent en boucle qu’ils entendent les mouvements sociaux depuis 18 mois mais qu’ils ne changeront pas de cap, que leur stratégie est la bonne et qu’elle portera ses fruits…plus tard.

Ils tenaient le même discours lors des grands mouvement sociaux autour notamment de la privatisation de la SNCF, de la loi travail, aujourd’hui du statut des fonctionnaires, des luttes des infirmières, demain de notre système de retraite.

Ils persistent avec la mobilisation d’une amplitude inattendue des gilets jaunes. Le mouvement se durcit, un grand rassemblement est prévu à Paris ce samedi. Le mépris ne peut qu’alimenter les colères.

Celles-ci expriment un ras-le-bol généralisé des taxes prélevées sur les carburants qui s’ajoutent à toutes les réductions du pouvoir d’achat intervenues ces derniers mois, très mal vécues par les catégories populaires.

Il ne faut pas leur dire que ces augmentations sont bonnes pour la planète quand elles sont prelevées sur les budgets des plus modestes qui n’y arrivent déjà pas. Et qui doivent, par manque de services publics, pour 70% se servir de leur véhicule pour aller au travail et même comme outil de travail, comme les infirmières, les agriculteurs, les transporteurs routiers…etc. C’est le travail qui se trouve directement pénalisé ! Inutile de s’épuiser à nous démontrer que la baisse des cotisations sociales va faire gagner aux actifs quelques dizaines d’euros !

Alors que les salaires sont bloqués ainsi que les retraites, le livret A à 0,75% pour 2% d’inflation, que la CSG a augmenté de +1,7% depuis janvier 2018 (salariés et retraités), comme les carburants et les péages, que les APL ont diminué…tandis qu’ils supprimaient l’ISF et continuaient à priviliégier les revenus du capital, les cadeaux aux grandes entreprises, l’explosion des revenus de leurs dirigeants et des profits des multinationales du CAC40…le ruissellement c’est pour les riches !

De temps en temps l’un de ces grands patrons fait scandale, comme celui de Renault-Nissan-Mitsubishi et voit sa carrière stoppée net…pour dissimulation de ses revenus, à près de 1000 fois le SMIC chaque mois ! Mais son avenir est assuré. C’est par dizaines de milliards d’euros que se compte le manque à gagner pour l’Etat des sommes planquées dans les paradis fiscaux.

Cela commence à se savoir et ce gouvernement vient nous faire les poches pour ne pas avoir à taper dans celles qui regorgent de pognon. Ce ne sont pas les milliardaires qui se plaignent. Leur système, ils y tiennent.  Quitte à payer avec un lance-pierres leurs salariés à qui ils imposent leurs conditions faute de quoi il y a des chômeurs qui attendent et qui sont de moins en moins protégés. Et de la main d’oeuvre à bas coût ailleurs.

Dans les hautes sphères du pouvoir, ils n’ont pas la hantise du lendemain, ils vivent dans un autre monde. Ils peuvent très bien parler pendant des heures de la pauvreté, des fins de mois difficiles, de la précarité, de la peur du lendemain, du sentiment d’injustice qui gagne la société. Ils n’ont jamais été concernés.

Perdre du pouvoir d’achat quand on croyait être à l’abri, ils ne le vivent pas. A plus forte raison vivre avec moins que le smic pour une ou deux personnes, voire avec des enfants, grâce aux aides sociales qui s’amenuisent, ils ne le perçoivent pas dans leur chair.  Ils font mine d’avoir de l’empathie devant les caméras.

Leur réponse c’est de réduire les dépenses publiques, les fonctionnaires, les enseignants, les infirmières et de tout livrer au marché, à la concurrence même ce qui ne devrait pas être considéré comme des marchandises (la santé, l’éducation, le droit à l’eau, à l’énergie, au logement, au transport…éléments de base pour pouvoir vivre décemment). Et c’est ça qui ne marche pas justement ! Nulle part.

Leur objectif : masquer le combat qui se livre entre les forces du travail et celles du capital  qui n’a d’yeux que pour le taux de rentabilité des actions pour les investisseurs et, pour cela, fait pression sur les salaires, les retraites, les prestations sociales. Des intérêts inconciliables.

Peut-être que le ras-le-bol des gilets jaunes ne va pas jusque là mais il exprime la colère de celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre quand ils en ont un ou une retraite qui  neleur permet pas de s’en sortir aussi bien que la génération précédente. Ce n’est plus le cas et encore moins pour la génération suivante. Et pourtant les richesses produites n’ont jamais été aussi abondantes mais voilà, elles sont réparties au gré des intérêts de ceux qui se les approprient. Touchez pas à leur grisbi…c’est sacré !

Tant que la règle ne changera pas, il faudra se battre pour garder ce qu’on a et ne pas régresser, ce qui arrive aujourd’hui y compris dans les pays les plus riches. Et, toujours par la lutte, inventer un autre avenir où “liberté, égalité, fraternité” descendront des frontons de nos mairies pour irriguer l’action publique confiée à des élus du peuple au service d’une 6è République authentique, laïque, sociale, démocratique qui élevera la préservation de la planète au rang où la nécessité devrait déjà la placer.

René Fredon

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