Le racisme, une véritable pandémie…

Le meurtre à Mineapolis de George Floyd, citoyen noir, par un policier américain suscite depuis une semaine à travers le monde une émotion considérable. Les images de son immobilisation, le genou d’un des policiers sur son cou pendant près de 10 mn, jusqu’à ce qu’il ne respire plus, étaient terribles et levaient toute ambiguïté sur l’indignité d’un tel acharnement meurtrier.

Dans des centaines de villes américaines des manifestations puissantes de colère se sont spontanément formées, renouvelées chaque jour avec la même exigence d’en finir avec ce racisme “ordinaire” qui n’a jamais été vraiment éradiqué aux Etats-Unis et qui reprend de la vigueur en Europe et ailleurs.

C’est bien pourquoi, en France et dans de très nombreux pays, la mobilisation des forces anti-racistes a pris le relais, pour condamner le geste qui a tué George Floyd et aussi pour dire que les violences policières où qu’elles se déploient, ne sont pas admissibles, à plus forte raison quand elles ont une connotation raciste évidente.

Les Etats-Unis ne sont pas un cas à part, ils ont certes leur propre histoire, leurs institutions, le racisme ne concerne pas tout un peuple et les violences policières tous les policiers. Sa recrudescence partout exprime la discrimination à l’égard des citoyens de même nationalité mais de couleur, d’ethnie ou de religion différentes. Il ne saurait être banalisé et toléré. Il n’est pas moins tolérable à l’égard des étrangers, des migrants…qui peuvent ne pas être en règle administrative.

En France, le racisme n’est pas considéré comme une opinion comme une autre, c’est un délit, qui que ce soit qui le commette ou le répande. Ce n’est pas discréditer la police ou la gendarmerie que de constater que certaines populations sont plus facilement ciblées que d’autres. C’est l’institution qui se discrédite en ne sanctionnant pas les auteurs d’actes de violence qui peuvent conduire à la mort, pour les conséquences d’un interrogatoire au faciès, d’une résistance verbale ou physique, voire d’une tentative de s’y soustraire.

Ainsi Adama Traoré est décédé en juillet 2016, à 24 ans, deux heures après son arrestation à Beaumont dans le Val d’Oise. Toute responsabilité des gendarmes avait été écartée. Un nouveau rapport d’expertise vient d’être révélé devant le tribunal, le 2 juin. Il fait état d’une asphyxie positionnelle induite par le plaquage ventral...” et non en raison de son état de santé ! Combien d’interrogatoires ont ainsi mal tourné ?

Mathieu Bastareaud, l’ancien capitaine du RCT et du XV de France a déclaré, dans “l’Equipe” du 7 juin dernier qu’il se sentait concerné par ce problème qu’il a vécu dans son enfance et dans son parcours sportif : “Je ne veux pas que mon fils serre les fesses quand il est avec ses copains à Châtelet-les-Halles et qu’une patrouille passe par-là.

Ce mouvement concerne tout le monde. Ce n’est pas Noirs contre Blancs, c’est l’humanité contre les racistes ».

 Pour le patron des LR, Christian Jacob : “les violences policières n’existent pas !” Tout est dit. La violence, pour lui, ce sont les manifestants. Il nie tout racisme dans la police. On comprend pourquoi Eric Ciotti et 25 députés LR dont Jean-Louis Masson et Geneviève Lévy ont déposé une proposition de loi le 26 mai dernier visant à “rendre non identifiables les forces de l’ordre lors de la diffusion d’images dans l’espace médiatique”!

 En cette période où, dans le Var, nombreux sont les candidats.es LR à vouloir retrouver leur siège de maire ou à chercher à le devenir, il serait intéressant d’obtenir leur opinion sur le positionnement de leur parti sur la question : sont-ils favorables à une telle position  liberticide ? Les électeurs ont le droit de savoir car ce déni, cette volonté de masquer une réalité patente qui vise les auteurs mais plus encore, la conception du pouvoir en matière de maintien de l’ordre républicain.

Cette réaction planétaire pacifique aux violences policières est le signe d’une prise de conscience de la  montée en puissance de cette véritable pandémie que constitue le racisme rongeant la société et jusqu’à une minorité des…forces de l’ordre. D’autres fléaux y sont intimement associés comme l’anti-sémitisme, la xénophobie, l’homophobie qui concourent à la négation de l’égalité des droits, socle de la démocratie qui n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Une véritable pandémie qui prospère sur fond de crise économique et sociale profonde nourrissant un nationalisme exacerbé à l’échelle internationale, revendiqué par des chefs d’Etats irresponsables mais parfaitement cohérents avec les”valeurs” qu’ils promeuvent.

Il est significatif que Jacques Toubon, le défenseur des libertés, pour quelques jours encore, ait pris position sur les violences policières et la stratégie du maintien de l’ordre. Il fut ministre de la culture puis garde des sceaux sous Chirac et l’un des fondateurs du RPR.

Il a fallu attendre huit jours pour que, ce dimanche,  Macron daigne s’intéresser aux réactions en France et dans le monde. Il a demandé au 1er ministre “des propositions claires pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre” pointant “des comportements qui ne sont pas acceptables…”, ce qui avait été déjà évoqué en janvier avec le ministre de l’intérieur.

Le silence de Macron devenait pesant. Celui du RN traduit son embarras, si proche de Trump, ses idées plutôt bien accueillies dans la police, la gendarmerie et l’armée, selon un sondage de l’IFOP juste avant la présidentielle : 51 % d’intentions de votes en sa faveur !

Ce qu’ils ont en commun avec Macron, outre la perpétuation du système capitaliste c’est la hantise du mouvement populaire autonome exprimant ses colères face à l’inadmissible et son refus de devoir encore payer les pots cassés d’une triple crise, économique, sanitaire et sociale dont il est victime et nullement responsable !

Le racisme et là aussi pour diviser les victimes de l’exploitation capitaliste et retarder la transition écologique et sociale qui ne pourra réussir qu’en prenant la main sur la gestion des  richesses provenant du travail humain tout en donnant aux salariés des pouvoirs décisionnels dans la gestion de leurs entreprises et des services publics.

Avec en vue les idéaux humanistes universels de la Révolution française : liberté, égalité, fraternité.

René Fredon

https://www.pcf.fr/actualite_contre_le_racisme_pour_la_r_publique_d_claration_du_pcf