La Seyne :Règlements de comptes chez LR..

Après que la liste d’union de la gauche conduite par Marc Vuillemot et celle des Verts conduite par Luc Pattentreger aient fusionné dans le meilleur des climats, d’autant plus facilement que leurs objectifs sont proches, à droite le torchon brûle. Et même ardemment.

Sur 5 listes de droite, deux s’étaient qualifiées pour le second tour, conduites par deux militantes LR, conseillères municipales : Nathalie Bicais (21,82) et Sandra Torres (11,19).

Mais il n’y aura ni fusion, ni désistement, elles se maintiennent au second tour. La première aurait bien accepté le désistement mais la seconde qui avait rallié à elle la liste de Serge Daninos (8,83) et des candidats d’autres listes de droite, considérait qu’elle “pesait” autant que sa concurrente.

Sauf que Nathalie Bicais ne l’entend pas de cette oreille depuis qu’elle a reçu le soutien officiel des LR par JL Masson, le référent départemental, pour le  second tour.

En avant-campagne, la belle photo panoramique sur le port, des militants de toutes les composantes de la droite laissait croire à un rassemblement déjà bien avancé susceptible d’inquiéter la majorité sortante de gauche et de l’écologie. C’était sans tenir compte des rivalités de chapelles, des contentieux et des ambitions des candidates têtes de liste.

Les deux concurrentes membres des LR depuis un certain temps, n’avaient reçu ni l’une ni l’autre le label de leur parti pour le premier tour. La LREM avait choisi de ne pas tenter l’aventure, la députée de la VIè circonscription, Emilie Guerel, avait préféré s’abstenir contrairement à Cécile Muschotti dont la “percée” à Toulon (7,32) n’a pas été probante.

L’énorme abstention, 64% à La Seyne, 20% de plus que la moyenne nationale (!) pour cause de coronavirus a fortement nui à la mobilisation mais n’a fait l’affaire de personne. Tous les candidats.es espèrent, avec l’amélioration de la situation sanitaire, que le second tour motivera davantage d’électeurs.ices.

Le 4è candidat, Dorian Munoz, a vu fondre les 2/3 du score RN de 2014 ! Il se maintient.

Il aurait eu des propositions de Sandra Torres, lors d’une rencontre chez Serge Daninos pour qu’il se retire de la compétition moyennant quoi elle “l’aiderait” à conquérir le canton-nord de La Seyne ??

Les deux candidats ont confirmé la rencontre mais ont récusé le contenu…un coup tordu de la concurrente ? Mais alors pourquoi se sont-ils rencontrés ? Pour le plaisir de bavarder ? Plus vraisemblablement, pour éviter la quadrangulaire qui renforcerait la liste du maire sortant ?

C’est donc que les LR ont des affinités avec le RN. On n’en doutait guère et on a eu un exemple récent de son “extrême-droitisation” avec la proposition de loi portée par Ciotti et par les deux députés LR varois : JL Masson et G. Lévy pour demander l’interdiction de diffuser des images de policiers un peu trop zélés dans l’espace public ???  Christian Jacob, le président national des LR, affirmant “qu’il n’y a pas de violences policières” ! Ce qui revient à dire : “Laissons-leur faire leur boulot comme ils l’entendent !”

Qu’en pensent les deux candidates très occupées à se dire leurs quatre vérités ? Et à faire passer l’autre pour une mauvaise…rassembleuse ?

De son côté, Nathalie Bicais, refait une photo sur le port…mais à quatre, dont le représentant local P.Tassisto de “Debout la France” présidé par Dupont-Aignan qui avait été choisi comme Premier ministre par…Marine Le Pen au cas où !

Comme quoi, les LR se tournent vers cet allié sans le moindre scrupule, sachant que le RN, dans notre région en particulier, a “syphonné” les voix et les électeurs de droite, une autre partie restant dans la “famille” libérale derrière Macron.

Elles savent l’une et l’autre que leur querelle a de grandes chances de leur être fatale mais aucune n’a l’intention de céder. C’est leur carrière qui est en jeu. D’ailleurs elles ne parlent plus programme ou si peu, si ce n’est pour privilégier le caractère balnéaire de la seconde ville du Var au détriment de son industrialisation. Pas de logements sociaux dans le centre-ville et le moins possible ailleurs !

  1. Bicais fait la promotion d’une “cité de la mer” sortie du chapeau, sur les terrains de l’atelier mécanique, avec musée de la construction navale et grand aquarium…tandis que le groupe CNIM et son millier d’emplois est victime de la défection d’un gros actionnaire et la proie des repreneurs avisés si l’Etat n’intervient pas pour assurer le maintien de l’emploi et de l’entreprise dont la qualité et le savoir-faire ne sont pas en cause.

Tout récemment, la candidate qui se veut “légitime” s’est fendue d'”une lettre ouverte aux militants et sympathisants des Républicains de La Seyne-sur-Mer” en forme de plaidoyer désespéré pour une union à laquelle elle semble fort ne plus croire tout en se voulant optimiste.

Ce qu’elle “envoie” à sa collègue de parti invitée à le quitter, ne paraît pas propice aux embrassades. Distanciation oblige ! “Quand on n’est plus d’accord avec son parti on le quitte…”lance-t-elle avant  un dernier “appel à voter pour la mieux placée” qui manque visiblement de conviction et ne paraît pas en mesure d’être entendue.

Les Seynois.es se passeront d’arbitrer entre les ambitions de l’une ou l’autre des candidates qui ne s’occupent guère du quotidien des habitants les plus vulnérables, de l’emploi industriel, en particulier, très menacé par la crise économique et sociale, amplifiée par la crise sanitaire, qui n’en est qu’à son début.

Ces dames ne sont pas dans le camp des défenseurs des droits sociaux sans cesse rognés, ni dans le combat pour que soient tenues les promesses concernant nos hôpitaux, les salaires et conditions de travail de leurs personnels, de l’ensemble des services publics, pour l’augmentation des salaires du privé, des pensions et retraites…et des moyens financiers alloués aux communes et aux métropoles re-centralisatrices sur fond de budgets contraints.

Pas plus qu’elles ne se préoccupent du niveau des loyers et des charges et de la nécessité  d’accroître le parc social que les gestions de droite ont réduit au profit de l’habitat spéculatif.

Ce débat n’aura pas lieu. Un projet-miracle fera-t-il l’affaire ?

René Fredon