Le débat organisé le 17 février à la salle de la Méditerranée par la fédération du PCF pour “sauver et développer les hôpitaux publics” a donné de l’écho à une situation qui, hélas, ne touche pas que le Var et qui atteint des proportions des plus alarmantes.

Cette initiative à laquelle participait la responsable CGT-santé du CHITS, Manon Magagnosc, avait été précédée, le 11 février, d’une lettre ouverte aux parlementaires du Var, du chef urgentiste, au nom de l’association des médecins urgentistes du Var qu’il préside, le Dr. Vincent Carret : “Arrêtez de nous mettre tous en danger !” (VM 11/2/18)

Une fois de plus, le praticien urgentiste s’insurgeait contre la fermeture de lits d’hospitalisation et ses conséquences au quotidien -et pas seulement aux urgences- mettant en cause la sécurité des patients et des personnels, la réputation des équipes soignantes surchargées de travail, la qualité du service public hospitalier.

Quels nouveaux nouveaux stades d’alerte faut-il atteindre pour que vous vous décidiez enfin d’interrompre ce cercle infernal qui chaque jour est une hantise supplémentaire dans nos pratiques et vies quotidiennes au chevet des patients…?”

Le débat proposé par le PCF prolongeait ces interrogations et ouvrait des pistes pour l’action des usagers -que nous sommes tous- avec les personnels confrontés à des conditions de travail de plus en plus insupportables, conséquence directe d’une volonté politique de ce gouvernement d’accélérer la réduction des dépenses publiques, hôpitaux compris !

Le quotidien VM en fit un compte-rendu substantiel dès le lendemain. Le jour d’après le directeur du CHITS, M. Perrot et le maire d’Hyères montèrent au créneau pour s’indigner qu’on ait parlé dans cette réunion de la possible suppression de la maternité d’Hyères, à court ou moyen terme.

Ce n’est pas à l’ordre du jour et même si l’on a enregistré des baisses ces dernières années, c’est l’ARS (agence régionale de santé) qui va fixer les missions des établissements de santé, en juin…” précise le directeur qui, du coup, ne dément pas mais trouve prématurée toute annonce. Les syndicalistes ont des informations qui sont dans les tuyaux et qu’ils tiennent pour des hypothèses solides. Mais il ne faut pas que ça se sache avant que la direction en ait reçu le feu vert de l’ARS.

De son côté le maire, JP Giran, président du conseil de surveillance de l’hôpital d’Hyères, enfourche la même langue de bois et se veut même plus optimiste : “tout est fait pour que ses conditions de fonctionnement (de la maternité) soient améliorées...”Ce qui revient à dire : “on ne sait rien donc on ne parle pas.” Un peu court et trop tard lorsque les décisions sont prises. C’est en s’y prenant en amont qu’on peut éviter les mauvais coups. Et on ne gagne pas à tous les coups.

Les personnels de la maternité de La Seyne, fermée en 2012, le maire, les élus et la population mobilisés pour garder une maternité au sein d’un hôpital public rayonnant sur tout l’Ouest-Var, en savent quelque chose. Résultat c’est à La Ciotat que se retrouvent les mamans qui, venant du Var, représentent 45% des accouchements de cet hôpital !

JP Giran était très silencieux, lorsque, à l’assemblée communautaire du 12 février dernier, il ne pipait mot, lorsque l’adjoint communiste de La Seyne, Christian Barlo, évoquait en début de séance la déclaration du Dr Vincent Carret, publiée la veille, dénonçant “la dérive de la stratégie nationle de santé qui n’épargne aucun établissement public…”

Aucune voix ne s’est élevée pour s’associer à la proposition de l’adjoint PCF qui proposait d’adopter une motion de soutien aux révélations du praticien ! Hubert Falco qui préside aussi le conseil de surveillance du CHITS, n’avait rien à dire. Circulez y a rien à voir, passons à l’ordre du jour. On ne s’attend quand même pas à ce que la droite souffle sur les braises de la contestation qui ne vient généralement pas de ce côté-là ?

Il s’agit d’étouffer le débat démocratique, de masquer les objectifs poursuivis par les gouvernements successifs et que celui de Macron met en oeuvre avec détermination : réduire les dépenses publiques et la place des services publics dans notre société. La ministre de la santé, Agnès Buzyn vient de le rappeler :”l’hôpital souffre d’une crise de sens…”, il faudrait “ralentir la course à l’activité “ ?!

Voilà ce qu’ils essaient de faire passer : selon  nos gouvernants, on ne manque pas de crédits et de personnels…Non, il y en aurait trop ! Donc, il faut réduire nos activités de santé publique c’est tout !!! Alors que nos hôpitaux publics croûlent sous les besoins non satisfaits des populations, ils sont accusés de trop dépenser ! Pour du cynisme, c’est du cynisme. Mme Buzyn n’est pas une incompétente, loin s’en faut. Elle applique un programme libéral, c’est-à-dire liquidateur des services publics. La SNCF, les 120 000 fonctionnaires incités à quitter la fonction publique etc..ce n’est qu’un début .

Au CHITS justement, la décision avait été prise et annoncée aux syndicats, en novembre dernier  : après les espaces verts le ménage d’une partie de l’administration et des communs devait passer au privé, pour remplacer notamment les emplois aidés qui les occupaient et qui n’étaient pas renouvelés. Du personnel privé dans les chambres, payés avec l’argent public…on n’arrête pas la dérive. Impensable pour la CGT notamment mais le malaise est bien plus large, il est national et ressenti dans tous les établissements publics hospitaliers.

Comme le disait Alain Bolla secrétaire départemental du PCF, le 17 février : “l’hôpital public est en très grand danger…nous exigeons qu’il ait les moyens de remplir ses missions. Faute de quoi cela remet en cause l’accès et la qualité des soins pour tous. L’Humain perd du terrain au nom de critères comptables qui servent de paravent à la destruction  de notre système de santé publique qu’ils dépècent pour le livrer aux actionnaires de la santé privée”.

La situation aux urgences à Sainte-Musse est particulièrement tendue. La CGT du CHITS, relayant le ras-le-bol des personnels et des patients qui attendent de longues heures une prise en charge, a déposé un préavis de grève illimitée pour le 1er mars avec pétition et rassemblement à 14 h 00. (1)

Le syndicat appelle l’ensemble des personnels et la population à s’associer à cette démarche.

Qu’on se le dise.

René Fredon

(1) file:///C:/Users/Ren%C3%A9/Downloads/Tract%20Appel%20au%201ER%20MARS%20URGENCES%20SAINTE%20MUSSE.pdf

 

 

 Hôpital Sainte-Musse : au bord de la rupture :La CGT appelle à la grève et à un rassemblement le 1er mars à 14 h devant l’hôpital !

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