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Trump a défiguré les Etats Unis

Trump a défiguré les E.-U

Tel est le point de vue de Sarah Halifa-Legrand, correspondante à Washington pour
le Nouvel Observateur.

« Six mois en dystopie : comment Trump a défiguré les Etats UnDepuis le début de son second mandat, le locataire de la Maison-Blanche mène une guerre totale aux idéaux et aux garde-fous de la démocratie américaine, et évidé imposant à la place une culture de l’arbitraire, du mensonge, de l’intimidation et de la cruauté.

L’inventaire de ce premier semestre est vertigineux.

Six petits mois se sont écoulés depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, qui ont semblé une éternité tant ils ont défiguré l’Amérique. « Six mois.

Ce n’est peut-être pas assez long pour faire grandir un bébé, construire une maison ou
obtenir une licence de vente d’alcool, mais c’est assez pour briser un pays »,constate le journaliste Anand Giridharadas dans sa newsletter « The Ink ».
Faire l’inventaire de ce premier semestre, que le 47e locataire de la Maison Blanche glorifie comme «le plus formidable de l’histoire de notre pays », est vertigineux.

Trump a mené une guerre totale aux idéaux qui faisaient de l’Amérique le pharedu monde libre, en imposant à leur place une culture de l’arbitraire, du mensonge, de l’outrance, de la vengeance et de la cruauté. Déterminé àdégommer les garde-fous démocratiques, il a gouverné par décrets (170),dépossédé le Congrès de ses prérogatives, brisé une à une les vertèbres desinstitutions à coups de purges spectaculaires. En quatre mois de service audépartement à l’Efficacité départementale(DOGE), Elon Musk a licencié des
dizaines de milliers d’employés fédéraux et évidé des agences comme l’USAIDchargée de l’aide étrangère, ce qui pourrait provoquer plus de 14 millions dedécès supplémentaires dans le monde d’ici à 2030, selon la revue médicale
« The Lancet ».

Climat de terreur:

Un climat de terreur règne dans les couloirs de l’administration Trump. Oncraint désormais de s’exprimer librement au pays du Premier amendement.
Le patron du FNI soumet ses agents au détecteur de mensonges pour testerleur loyauté. Diversité, équité, inclusion sont devenus des mots interdits.

Trump a imposé sa vision du monde binaire de bons et de méchants, son vocabulaire de deux cents mots centré autour «good» et « bad » et ses méthodes de gangster. Il attaque ses opposants, juges, journalistes, politiciens…-dernier en date Barack Obama,- qu’il accuse de rédition.

Il menace et extorque ceux qui renâclent à se soumettre. A l’intérieur oùuniversités et cabinets d’avocats s’agenouillent, en lui versant des centainesde millions de dollars. Et à l’étranger, où il assoit sa puissance par le chantage aux droits de douane ou par les armes comme en Iran.

Il a fait voler en éclats les droits humains. Il conteste le droit du sol héritéde l’esclavage, annihile celui des transgenres (privés d’existence légale parun décret ne reconnaissant que deux genres), et piétine celui des immigrés. Ces derniers vivent dans la peur des rafles exécutées par despoliciers masqués qui les envoient vers des camps de détention isolés -telson nouvel « Alligator -Alcatraz » en Floride-, les prisons pour malfrats duSalvador ou des pays dangereux, sans qu’ils aient eu droit à un avocat.

Trump a détruit des pans entiers du savoir scientifique en taillant dans lesfinancements de la recherche, endommageant durablement lesconnaissances  médicales et climatologiques. Des étages du National Institut of Health sont aujourd’hui déserts tandis que l’Agence deProtection de l’Environnement va fermer sa branche de recherche.

L’Amérique est sortie de l’accord de Paris sur le climat, sur l’Organisation mondiale de la santé et bientôt de l’UNESCO (décembre 2026). Leprésident asphyxie financièrement l’audiovisuel public et transforme laculture en farce : il a pris le contrôle du Kennedy Center qui pourrait voirrenommé son opéra « Mélania Trump Opéra.

Il ferme les robinets d’un côté, mais les ouvre de l’autre : sa « Big Beautiful Bill », sa loi phare devrait faire exploser le déficit à 3 400 milliards de dollars.

Elle prévoit des réductions d’impôts pour les riches mais va priver 10 millions d’Américains d’assurance-maladie. Pendant ce temps Trump enrichit son clan en investissant dans les cryptomonnaies.

Il a humilé des chefs d’Etat étrangers dans le bureau Ovale, joué au VRP de Tesla à la Maison Blanche, amnistié les 1 600 émeutiers de l’assaut du
Capitole.

Et puis, il y a ce qu’il n’a pas fait : l’inflation, qu’il avait juré de maîtrise peine à retomber ; la guerre en Ukraine à laquelle il devrait mettre fin en vingt-quatres heures, fait rage ; Gaza, qu’il prétendait transformer en « Riviera », est un mouroir à ciel ouvert.

Après ces six mois dystopiques, tout cela est-il encore réparable ?

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Économie et Politique du PCF: Ils ont capitulé pour leurs profit
                                                             Économie et Politique du PCF: Ils ont capitulé pour leurs profit

Ils ont capitulé pour leurs profits contre l’emploi et le climat, résistons pour changer !

Commission Économique du PCF

Des droits de douane multipliés par neuf, 750 milliards de dollars d’hydrocarbures ultra-polluants et d’armements US à importer de force, 600 milliards d’investissements outre-Atlantique qui n’auront donc pas lieu sur le Vieux continent, un espoir de réouverture du marché US de l’acier à condition que l’UE aide les États-Unis à y affronter les pays émergents, des clauses géostratégiques inconnues dont on ne doute pas qu’elles visent à enrôler encore davantage les États européens derrière les entreprises belliqueuses de l’impérialisme étatsunien…

L’image d’Ursula von der Leyen capitulant sur les terres écossaises de Donald Trump couvre l’Union européenne de honte devant les peuples du monde entier. Elle offre une victoire politique facile au despote grotesque de la Maison Blanche et un encouragement à tous les nationalistes, apprentis fascistes qui, de ce côté de l’Atlantique, rêvent de l’imiter. Elle renforce la dépendance technologique et militaire, voire la soumission, des États du continent pour un plat de lentilles, les profits de quelques multinationales apatrides.

Mais cette image est bien commode pour couvrir la lâcheté d’un François Βayrou ou d’un Bruno Retailleau qui versent aujourd’hui des larmes de crocodiles mais qui portent la responsabilité de cette déroute, autant et plus que celle qu’ils ont laissée à la tête de la Commission européenne et dont ils n’ont en rien modifié la façon d’agir. Ils ont accompagné une à une les fermetures en France d’entreprises décisives. Ils ont passé leur temps à saper les efforts de recherche, la montée en niveau de nos compétences jusqu’au présent budget de super-austérité, là où il faut un projet de développement. Ils continuent les aides publiques massives aux profits et au capital sous prétexte de développer « l’offre » qu’ils démolissent avec leur politique de « baisse du coût du travail » qui n’est que suppressions d’emplois et écrasement des salaires. Ils admirent la « danse du ventre » annuelle du président de la République à Versailles pour attirer le capital US. Ils n’ont même pas tenté de faire jouer les « instruments anti-coercition » mis tout récemment – décembre 2023 – par l’Union européenne à la disposition des États membres pour résister en pareil cas.

Cette capitulation est aussi une « collaboration » de « nos » capitalistes, dont la patrie a pour capitale Wall Street bien plus que Paris, Bruxelles, ou même Francfort. Dès la semaine dernière, Bernard Arnault n’avait-il pas donné le ton ? « Nous ne pouvons pas nous permettre de nous brouiller avec les États-Unis… il est donc indispensable que l’Europe trouve un accord à l’amiable » avec Trump, avait-t-il affirmé dans un entretien au Figaro. E. Macron et son gouvernement se sont exécutés.

Les conditions imposées par Trump menacent l’Europe d’une récession, et d’une exacerbation du « chacun pour soi » entre États membres de l’UE, dont l’étalage a mis en évidence les faiblesses politiques mais surtout économiques et technologiques de nos économies. Ainsi, le BDI, organisation du patronat allemand de l’industrie, dénonce les « immenses effets négatifs » de l’accord… mais c’est pour réclamer encore plus de déréglementation au nom de la lutte contre la « bureaucratie », et plus d’exportations allemandes vers le reste de l’Union européenne !

Ils ne veulent pas changer de logiciel ! Les dirigeants politiques et patronaux français, de leur côté, ne savent réclamer qu’un libre-échangisme encore plus débridé et des baisses de dépenses publiques. Et précisément, alors que François Bayrou occupe la galerie médiatique en dénonçant la « soumission », son ministre de l’économie Éric Lombard négocie des baisses de droits de douane, lobby par lobby. C’est-à-dire la poursuite du libre-échangisme.

Une voie pour résister à Trump en ouvrant la perspective

d’une mondialisation de paix et de coopération…

Nous sommes arrivés au stade où le libre-échange comme règle unique du marché international met à ce point en cause l’emploi et le modèle social que même les Etats-Unis réagissent… pour imposer encore pire. Il est au contraire temps d’engager un tournant pour maîtriser les échanges internationaux afin qu’ils développent l’emploi et les biens communs (santé, climat, …) dans le monde entier, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

En réalité, c’est précisément l’austérité, le démantèlement des services publics, toute une logique mettant l’économie au service de la rentabilité d’un capital financier inondé d’aides publiques, qui détruisent et précarisent l’emploi dans l’industrie et les services, privent ainsi nos entreprises des talents dont elles auraient besoin, font exploser la pauvreté et l’exploitation au travail, et produisent l’affaiblissement stratégique dont le rapport Draghi avait pourtant fait un constat accablant.

C’est de cette spirale qu’il faut se dégager pour pouvoir résister à Trump et à la montée des périls qui accompagnent la réaction du capital monopoliste à sa crise.

Mais nos dominants nous rejouent Munich 1938 sur le mode « plutôt Trump que toute sorte de Front populaire » !

Une nouvelle alliance de l’Europe avec les pays émergents et le « Sud global » aurait la force d’imposer pacifiquement aux États-Unis une négociation pour un nouvel ordre économique international.

Il faut viser le développement en commun de tout le potentiel humain et technologique pour une nouvelle production écologique et sociale, répartie de façon équilibrée dans le monde entier, puissant facteur de paix et de progrès. Il faut pour cela des protections sociales et écologiques orientés sur les produits et les entreprises productrices, non pas sur les pays. Nous sommes en faveur de protections et promotions écologiques et sociales et récusons autant le libre-échangisme fou que le protectionnisme nationaliste et souverainiste.

Dans l’immédiat, nous serions bien plus forts pour répliquer à la guerre commerciale de Trump, comme l’a fait la Chine, si des mesures de rétorsion douanière servaient à protéger une priorité donnée au développement des capacités humaines pour muscler nos économies et rattraper le retard européen dans la révolution informationnelle.

Pour cela, il faut baisser de tout autres coûts que ceux du développement des capacités humaines, de l’emploi efficace. Il faut s’attaquer au coût du capital, dividendes, intérêts bancaires, survalorisation boursière, délocalisations, excès d’investissement contre l’emploi.

Un chemin pour y parvenir peut passer, dans l’immédiat, par cinq propositions à partir de la France :

v Un moratoire (en France) sur les plans de licenciements et la mobilisation du pôle public bancaire pour baisser le coût et les prélèvements du capital au service de contre-propositions de progrès.

v Un Fonds européen solidaire pour les services publics.

v Une pénalisation des exportations de capitaux vers les États-Unis et une transformation de notre fiscalité sur les entreprises.

v La mise en place d’un véhicule national de financement du budget de l’État par des avances à bas taux du pôle public bancaire national.

v La transformation des aides publiques aux entreprises pour qu’elles incitent à développer l’emploi et à préserver l’environnement…… et par trois négociations internationales : avec les pays européens partenaires pour une coopération de nos pôles publics bancaires et financiers nationaux.

v Avec les pays du Sud global, dont les BRICS, pour des traités de maîtrise des échanges et investissement internationaux visant le développement de l’emploi et des biens communs (santé, environnement…).

v Pour l’ouverture d’une conférence financière et monétaire mondiale de financement des biens communs (à partir des objectifs de développement durable de l’ONU) et de financement des dettes publiques par une monnaie mondiale véritablement commune, pour sortir du système dollar.

Et en Europe,

v il faut ouvrir le débat pour la mise en place d’un plan massif de développement technologique et humain, pour une nouvelle offre productive, d’un nouveau type, écologique, sociale et répartie de façon équilibrée entre les pays européens, faite d’industrie et de services ;

v il faut financer ce développement par des avances massives au service de la formation, de l’emploi, de la recherche, des capacités humaines, des services publics et d’un autre investissement des entreprises, efficace socialement et écologiquement. Donc des avances sorties des griffes des marchés financiers, en mobilisant la Banque centrale européenne, institution publique décisive qui doit cesser d’accompagner la finance, les délocalisations et les reculs.

Sans attendre la rentrée, le Parti communiste prend les initiatives nécessaires pour mettre ces propositions à la disposition de nos concitoyennes et concitoyens.

Nous voulons contribuer ainsi au succès des mobilisations qui doivent mettre en échec les mesures d’austérité annoncées par François Bayrou qui ne feront que fragiliser encore plus la situation. Nous agirons pour permettre à ces mobilisations d’ouvrir une perspective politique capable de relever notre pays et l’Europe de la capitulation face à Trump, autre face d’une même politique au service du capital.

Un grand débat doit s’ouvrir dans le pays.

Il est grand temps de changer de modèle de développement. Au-delà des Parlements français et européens, qui doivent bien sûr être saisis pour débattre de cette décision de la Commission de Bruxelles, le peuple français doit aussi en débattre et être consulté. Mais nous nous emploierons à ce qu’il puisse agir sans attendre pour empêcher ce terrible mauvais coup et y résister.

29 juillet 2025  Commission économique du PCF

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La lettre de Patrick LE HYARIC/28 07 20 : Rupture (s) démocratique!

 

                          Rupture (s) démocratique

Nous n’en avons pas fini avec les puissantes répliques sismiques provoquées par la loi « Duplomb », improprement baptisée « loi pour lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur ».

Ce texte soutenu par les macronistes en perdition, les droites et l’extrême droite shootées au trumpisme a été imposé grâce à l’utilisation, par les soutiens de cette loi, d’artifices législatifs empêchant tout débat à l’Assemblée nationale, dans le but de réunir une commission mixte paritaire où ces mêmes forces politiques vivent dans un entre-soi donnant raison à Robespierre sur « la perfide tranquillité du despotisme représentatif * ».

Le souci du détail nous conduit à préciser que sur les quatorze membres de cette commission, trois ont été d’éminents responsables de la FNSEA.

Soulignons également d’emblée que cette loi ne « lève aucune contrainte au métier d’agriculteur ». Les contraintes du métier sont faites de lever aux aurores et de coucher bien après le soleil, d’inexistence de week-end et de jours fériés, d’absence de loisirs, de travail et encore de travail pour gagner toujours moins et répondre aux sommations de  la banque qui ne perd jamais un sou des remboursements de crédits dopés d’intérêts, sans considération des incertitudes liées à la météo, à la fatigue, aux maladies humaines, animales ou végétales, alors que les prix des denrées agricoles à la ferme sont compressés.

La fameuse loi « Duplomb » ne dit mot de tout cela. Elle est en effet un projet programmatique de la concentration agraire, de l’accélération de l’industrialisation de la production agricole et alimentaire pour une insertion toujours plus grande de la production agricole dans le capitalisme mondialisé qui ne garantit plus la qualité sanitaire des aliments, les éliminations des plus petites fermes , l’assèchement des eaux des nappes phréatiques.

Une sérieuse et importante documentation montre désormais que ce type de développement agricole piloté par les firmes transnationales de l’agrochimie détruit la santé humaine en même temps que celle des sols, des eaux des rivières comme de la mer, et des végétaux.

Les médecins et les scientifiques ne cessent d’alerter sur l’augmentation des cancers, et le développement des maladies de Parkinson ou d’Alzheimer résultant de l’utilisation d’engrais phosphatés ou de pesticides.

Or, les articles de cette loi constituent un concentré de mépris pour les centaines de milliers de personnes et leurs familles atteintes d’affections de longue durée en lien avec l’environnement agricole où elles vivent et où elles ont grandi. Parmi elles, les paysans-travailleurs figurent en bonne place. Ceux-ci sont méprisés par les pouvoirs successifs, par les sociétés agro-chimiques qui amassent des brassées de milliards en vendant du poison et en combattant toute solution alternative. Méprisés aussi par les parlementaires qui ont voté cette loi contre le « principe » constitutionnel « de précaution ».

Mais l’une des nouveautés de ces dernières années est la conscience grandissante des possibilités de se nourrir correctement offertes par un autre système agro écologique à l’encontre de la fuite en avant ultra-capitaliste qui fait mal aux corps et à la nature. Leur insécurité et leurs angoisses franchissent encore une marche supplémentaire quand le projet de budget de super-austérité dans lequel est froidement prévu la réduction des remboursements de soins, notamment pour celles et ceux qui sont atteints de pathologies de longue durée.

Émerge la conviction, de plus en plus largement partagée, que le pouvoir en place gouverne contre le peuple, contre l’intérêt général et pour la seule minorité des possédants. Ils viennent d’en avoir des preuves manifeste: le rapport de la commission d’enquête du Sénat, à l’initiative de Fabien Gay, voté par les parlementaires de toutes opinions membres de ladite commission, établit que les aides publiques aux entreprises  – sans contrôle ni contrepartie – représentent 211 milliards d’euros au moment même où le gouvernement dit chercher 40 milliards pour combler les déficits.

Le magazine économique Challenges, de tendance libérale, a montré que l’avoir total des 500 plus grandes fortunes françaises est passé de 454 milliards d’euros en 2016 à 1 228 milliards d’euros en 2024. C’est 100 milliards d’euros de plus chaque année pour chacune de ces 500 familles, soit l’équivalent de deux fois le budget de l’Éducation nationale.

Enfin, la protestation populaire contre la majorité du bloc bourgeois  qui a voté la loi « Duplomb » s’exprime clairement avec une pétition signée – au moment où j’écris ces lignes – par plus de deux millions de citoyennes et de citoyens. Ses partisans ont beau sortir l’artillerie lourde avec ministres, sous-ministres, chaînes d’infos continues réactionnaires, Coordination rurale et Fnsea, rien n’y fait.

Et pour cause ! La double rupture démocratique que révèle une nouvelle fois cette loi travaille en profondeur la société.

Elle a d’abord été rédigée pour faciliter la construction de méga-bassines, soutenir les fermes industrialisées, autoriser l’utilisation de l’acétamipride. Mais elle a été votée contre l’avis de vingt-deux sociétés savantes médicales, contre la Ligue contre le cancer, contre les administrateurs de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, contre la Fondation pour la recherche médicale, contre la Fédération des mutuelles de France -représentant des millions d’assurés- , contre le Conseil scientifique du CNRS et des centaines de médecins et de chercheurs qui ont multiplié les tribunes d’alerte et de protestation, des dizaines de chefs cuisiniers et de spécialistes en gastronomie.

Il n’y a pas que dans le bureau ovale de Trump qu’on méprise les avis des scientifiques ! Ce déni de démocratie explose à la face de celles et ceux qui n’évoquent ce  mot que pour leur gargarisme matinal.

Ensuite, le choc est frontal entre une majorité parlementaire composite qui n’est pas représentative de la société et des forces citoyennes qui se lèvent est manifeste. Les partis qui ont voté la loi « Duplomb » sont ceux qui n’ont pas obtenu de majorité en 2024.

Le président de la République – qui n’a recueilli qu’un faible des  inscrits sur les listes électorales – ne doit son élection qu’à un vote barrage contre l’extrême droite et il est minoritaire au Parlement.

La droite de plus en plus extrémiste qui pavane au gouvernement n’a recueilli qu’à peine 6 % des votants. Le Premier ministre est à Matignon que grâce à des petits arrangements politiciens. Ajoutons que toutes ces bonnes âmes considèrent les abstentionnistes comme des citoyens n’ayant aucun avis. Or, c’est parce qu’ils en ont qu’ils considèrent cette prétendue « démocratie parlementaire ou présidentielle » comme une imposture contre le pouvoir démocratique des travailleuses, des travailleurs, des citoyennes et des citoyens.

Les expériences récentes les confortent dans ce comportement qui, en apparence, organise le silence des urnes pour mieux hurler l’aspiration à prendre son destin en main, à prendre le pouvoir sur les activités, le travail et la production.

Du référendum sur la Constitution européenne en 2005, aux mouvements contre la casse du droit du travail, à celui contre la contre-réforme des retraites – adoptée par un coup de force – ou encore le mépris des conclusions de la conférence citoyenne pour le climat en 2019… Les preuves de cette fausse démocratie ne manquent malheureusement pas.

Le mouvement contre la loi « Duplomb » et celui qui s’amorce contre le plan d’austérité Bayrou à l’initiative de l’intersyndicale montre que le mouvement social et citoyen existe bel et bien. Il est porteur d’espoir. Cela montre aussi que la thèse selon laquelle notre pays basculerait irrémédiablement à droite est contrebattue.

Le paysage médiatique  et la représentation politique bêlante ne rendent pas compte de la réalité d’un pays pétri de justice sociale et environnementale, prêt à combattre les discriminations, aspirant à mêler combat anthropologique et combat écologique, brûlant du désir d’égalité et de volonté de vivre ensemble dans un monde de paix. Le champ médiatique et gouvernemental cache les opinions progressistes dans leur diversité. Mais cela ne les empêche pas d’exister, de penser et se penser, de se mobiliser, de se faire entendre, de se rassembler.

Voici mise à nu la violente collision démocratique en cours. Une aspiration démocratique populaire qui se heurte à un système institutionnel au service d’une démocratie parlementaire, faussement représentative manœuvrée par des élus qui décident majoritairement pour les intérêts du grand capital, quitte à briser la santé, à étouffer l’environnement, à raccourcir les vies jusqu’à rendre le monde invivable.

C’est parce que ce moment de rupture démocratique va à son paroxysme que les forces ayant constitué le Nouveau Front populaire doivent se retrouver, se reparler et bâtir ensemble un projet commun d’alternative progressiste. La démarche unitaire de l’intersyndicale contre le programme Bayrou montre une voie féconde à soutenir et à amplifier.

Au-delà, recoudre les fils coupés de la souveraineté populaire appelle de combattre la double dépossession des citoyennes et citoyens que masque le suffrage prétendument universel : dépossession de l’exercice réel du pouvoir sous couvert de démocratie parlementaire biaisée dans le cadre actuel des institutions ; dépossession de tout pouvoir citoyen et populaire sur la sphère de la production et du travail – chasse gardée des « actionnaires-propriétaires ». C’est ce combat contre le mépris de la citoyenneté qui émerge sous différentes formes, dont celle de la pétition contre la loi « Duplomb ».

Dans le même mouvement grandit l’aspiration d’une transformation fondamentale de l’organisation de la société humaine inséparablement d’un changement radical des rapports entre la société des humains qui doivent vivre en paix avec l’ensemble du vivant non-humain.

Émerge ainsi, particulièrement dans une part importante de la jeunesse, loin des discours dominants, non seulement l’aspiration à un changement de société, mais aussi d’un plus haut degré de civilisation. La conquête du  pouvoir citoyen sur l’État et sur les productions, la démocratie réelle, deviennent le but et le moyen des transformations structurelles vers le post-capitalisme. Un terreau fertile à l’initiative communiste !

Le 28 juillet 2025.

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ECOLE MABILY/VERNE /Communiqué du groupe de la gauche unie de LA SEYNE SUR MER
Communiqué du groupe de la gauche unie de LA SEYNE SUR MER :LFI, Les Ecologistes, PCF, PS, GRS 😘
En 2020, la municipalité a hérité d’un projet de reconstruction des écoles Mabily-Verne sur le site de l’ancien commissariat. Projet sérieux, préparé et budgétisé à 4 millions d’euros.
La nouvelle équipe municipale a rejeté ce projet et a opté pour une autre implantation à 10 millions d’euros, (soit 6 millions supplémentaires !) sur le site de l’ancienne mairie sociale.
Cela a nécessité le déménagement des services municipaux et la démolition de locaux amiantés.
Aujourd’hui, on nous annonce que 2 parkings seront construits à la place des écoles, car la reconstruction est jugée trop coûteuse !
Cette équipe municipale hypothèque l’avenir de nos enfants.
Parents, enseignants, citoyens, mobilisons nous !
Non à ce gaspillage indécent de l’argent public !
Oui à une école digne pour les enfants de Mabily-Verne !

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L’UE fait allégeance à Trump

 

 

                                                                                   L’UE fait allégeance à Trump

L’» accord » signé en Ecosse (+15%) fait l’unanimité contre lui !

La présidente de l’UE, Ursula von der Leyen, est allée en Ecosse rencontrer Trump chez lui, dans son golf où il a passé quatre jours, mêlant affaires privées et publiques, tout un symbole ! Sans négliger son sport favori

Un bon coup de poignard dans le dos de l’Europe et une bonne victoire pour celui qui se prend pour le maître du monde et qui ne cache pas son mépris pour l’Europe même dirigée par ses amis libéraux et ultra-conservateurs. néo-fascistes compris. La présidente devra assumer.

Ce qu’il veut c’est redonner aux E-U sa puissance perdue selon sa conception impérialiste du monde. Il représente et défend les intérêts des puissants dont les E-U sont le centre. Il décide, il change d’avis, il ment, il impose sa méthode quasi-mafieuse comme le disent aujourd’hui nombre de libéraux.

Accepter d’entrer dans le jeu de cet énergumène, encore adulé par des millions d’inconditionnels croyant en lui les yeux fermés, c’est se plier à ses caprices et le croire sur parole. « Mieux vaut un accord qu’un échec », c’est l’argument de cette dame noble « von der Leyen » qui n’a pas dû tellement souffrir.

Que nos produits, dans quelques jours, coûtent plus chers de 15% aux E.-U c’est une très mauvaise nouvelle pour nos entreprises qui exportent, sans réciprocité. Et ça ne lui suffit pas,

L’UE s’est aussi engagée à consacrer 750 milliards $ d’achats d’énergie – visant notamment à remplacer le gaz russe – et à investir 600 milliards $ supplémentaires aux Etats-Unis, tandis que les GAFAM se gavent chez nous…

C’est pourquoi l’accord a secoué les 27 dont les 2/3 (15) doivent accepter le marché de dupes, ce qui est loin d’être assuré, tellement se manifestent la déconvenue et la division au sein des minorités libérales très embarrassées ou plus nationalistes pro-Trump, longtemps hostiles à l’U-E.

Bayrou y est allé d’une déclaration à plusieurs lectures, plutôt sombre : « une alliance de peuples libres, rassemblés pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission »…L’agrégé de lettres commet un non-sens : les peuples libres ne se soumettent pas, ils résistent !

Macron n’a encore rien dit au lendemain de la capitulation de l’Europe où il essaie d’y jouer un rôle de rassembleur, notamment avec l’Allemagne, première économie de l’Europe et chouchou de Trump. Juste avant la rencontre en Ecosse, il s’était affiché avec Merz, le chancelier allemand. face aux droits de douanes de Trump.

Il avait insisté sur leur volonté commune «de donner de la stabilité et d’avoir les tarifs les plus bas possibles, mais également, évidemment, d’être respectés comme des partenaires que nous sommes ». Trump s’il lit ça, va se tordre de rire. Il parle lui « d’un deal jamais atteint », en toute « modestie » bien sûr !

Dès lundi, les oppositions étaient toutes plus critiques les unes que les autres visant la commission européenne qui n’a pas su, pu ou voulu exprimer plus d’exigence. Des critiques partout, même dans le camp présidentiel, déplorant un aveu de faiblesse face à Trump, qui a passé plus de temps sur les greens qu’en tête à tête avec dame Ursula von der Leyen : « emballez c’est pesé »

Mais ce n’est pas confirmé. Comme la loi Duplomb -plus de 2 millions de signatures en quelques jours, rien n’est fatal, il se prépare une rentrée de résistance offensive et rassembleuse…dans un contexte inédit.

Ces critiques spontanées ne font pas les mêmes analyses ni les mêmes réponses, ne serait-ce que les rapports à Trump chez les libéraux, macronistes, centristes, LR et RN, ils ne sont pas superposables. Ce sont les rapports de force entre les pouvoirs politiques, leurs choix en faveur des très riches et leurs victimes de plus en plus nombreuses jusque dans les classes moyennes qui en supportent les conséquences.

A gauche Verts, LFI et PCF, notamment, parlent fort de luttes et de perspectives  pour changer de modèle économique, vers une véritable transformation sociale et écologique dans le pluralisme. Sous peine de voir s’aggraver encore et toujours les conditions de vie des classes populaires au profit des milliardaires et des hauts salaires de moins en moins mis à contribution. Ce sont ces inégalités qui alimentent le chaos que nous vivons.

Le droit du plus fort c’est la guerre, l’insécurité permanente, le sabotage de l’urgence climatique, la surexploitation des humains et de la planète.

Optons pour la Paix, la liberté et le co-développement des peuples respectés.

 

René Fredon

 

 

 

 

 

 

 

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la Lettre de Patrick LE HYARIC de fin juillet 2025!

 

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Polémique autour de «la menace dePoutine»-22-7-25

 

                                                                             Polémique autour de «la menace dePoutine»-22-7-25

« Qui peut donc croire, dans ce contexte, que la Russie d’aujourd’hui s’arrêtera à l’Ukraine ? », répètent le chef de l’État et son général chef des armées, relayés par les médias bien-pensants et leurs experts du sérail, désignant la Russie comme principale menace, «existentielle » même, pesant sur la France. Mieux, le général prête à Poutine d’avoir cité clairement notre pays comme son ennemi ?

Des experts à droite contestent cette affirmation : « il n’a jamais tenu de tels propos ciblant la France » précisent-ils, selon HuffPost.

Macron n’hésite pas une seconde, il va en faire son épouvantail, pour convaincre si possible et appauvrir à coup sûr, les classes populaires socialement les plus fragiles.

Rappelons-nous la promesse de Trump dès son retour à la Maison blanche : il avait ridiculisé publiquement le président pourtant très à droite de l’Ukraine «qui n’avait pas les cartes en mains pour décider du sort de son pays… »

C’était lui et lui seul qui promettait d’arrêter la guerre en 24 h, roulant pour Poutine, son ami, qui n’aurait plus qu’à annexer les territoires qu’il voulait. Trump retirait les dépenses militaires des E-U en Europe pour que l’UE s’en charge.

Six mois après…il a bombardé l’Iran avec Israël qui poursuit son génocide
à Gaza avec le concours direct des E-U. Et en plus discret, l’UE qui laisse capoter le droit à un état palestinien plébiscité par plus de 130 pays…

Macron et Bayrou veulent nous faire avaler, par le bourrage de crânes, leur pillule de super austérité sachant que la macronie n’a pas de majorité ! Macron et le gouvernement défendent un budget par des économies de dépenses publiques à tous les étages, par des privatisations de services publics, ne voulant pas reconnaître que ce sont les recettes qu’il faut trouver là où elles sont.

Seule la Défense voit s’attribuer +3,8 mds d’euros qui s’ajoutent aux 40 mds supplémentaires initialement imprévus qu’ils veulent « économiser » !

Leur prétexte, la dette à 3 300 mds, que les mêmes gouvernants ont laissé s’accumuler en même temps que les profits et le nombre de milliardaires partout, ainsi que les aides publiques en France accordées aux très grandes entreprises, sans conditions. 211 mds en 2024, révélés par le Sénat et sa commission présidée par le communiste Fabien Gay, directeur de l’Humanité.

Chaque année, les intérêts de la dette s’y ajoutent et évoluent, de 35,2 mds en 2018 à 54,4 mds en 2025. L’Elysée prévoit atteindre les 75,3 mds en 2027 !!!

Personne à droite et à l’extrême-droite pour mettre les très riches à contribution à hauteur de leurs gains et fortunes ? Ils ne veulent pas effaroucher les investisseurs, « il faut savoir les attirer sinon ils vont ailleurs », nous disent-ils ? Quel argument, c’est tout le raisonnement des capitalistes : gagner le plus possible et payer le moins possible salaires et charges en ayant la main sur la finance.

Et il faudrait s’en remettre aux mêmes gouvernants pour changer de cap et c’est possible et nécessaire, il ne suffit pas de faire claquer les doigts ? D’autant que les oppositions à gauche et à l’extrême-droite n’ont pas de majorité non plus et sont incompatibles pour en faire une.

Le RN qui a aspiré une forte partie de l’électorat des Républicains persiste, il a même attiré l’ancien président LR, Ciotti, à ses côtés.. Le nouveau président, Retailleau vient de provoquer la macronie. Le ministre de l’Intérieur pense comme la cheffe du RN que la sécurité de la France ce n’est pas la Russie mais le terrorisme islamiste porté à leurs yeux par les immigrés qu’ils entendent refouler.

Le RN a aussi quelque préférence pour la Russie même si ce n’est plus le grand amour entre Poutine et Trump et leurs visées impérialistes.

Ce qui ne fait pas de Macron et Zélenski, ni de l’U-E, des progressites qui n’apprécient pas le personnage Trump mais s’empressent de vouloir le suivre vu son influence financière et militaire. Sa dette abyssale n’a pas l’air de le perturber.

Car Trump est à la tête du pays le plus endetté du monde : 36 000 mds de $ à ce jour et sa puissance militaire qui cachent une perte d’influence économique et financière dans le monde qu’il voudrait bien renforcer.

Evidemment cela ne réjouit pas les conservateurs qui n’entendent pas partager quoi que ce soit, surtout pas leurs droits à la propriété de tout ce qu’ils ont accumulé. Ils se veulent les protecteurs d’une civilisation qui avait crée les privilèges sans ouvrir les yeux sur l’origine de l’exploitation des terres et de leur sous-sol et sur l’exploitation de la main d’oeuvre, au gré des seigneurs et maîtres
qui avaient droit de vie et de mort pendant des siècles. Jusqu’à la révolution de 89 qui a mis fin à la royauté absolue mais pas aux guerres inter-impérialistes.

On n’en est plus là, direz-vous ? Certes mais on marche à reculons. On avait la retraite à 60 ans depuis 1981, la semaine de 40 heures, les congés payés depuis le front populaire, la sécu depuis la libération, la Résistance en avait eu l’idée et le but.

L’humanisme était de retour après la libération des camps de la mort voulus par Hitler et les collabos d’extrême-droite qui ont repris du service et trumpent toujours leur monde. Qui l’aurait dit, parmi ceux qui ont vécu cette époque ?

Il serait temps que la gauche et toutes ses sensibilités, aient la volonté de s’entendre à toutes les élections pour créer les conditions de victoires pour toutes et non le contraire aux conséquences possiblement tragiques. Cela dès les municipales.

Toutes ne le veulent pas, ce n’est pas le cas du PCF, des écologistes et d’une partie du PS. LFI semble exigente aux municipales et demandeuse de listes pluralistes. Il n’est pas trop tard de privilégier l’union la plus large avec un contenu politique de transformation sociale, audacieux et collectif.

Les communes sont directement concernées par le chaos international qui règne. Elles ont aussi leurs spécifités, urbaines ou rurales, leurs moyens vont diminuer. Elles ont besoin d’élus.es résistants et progressites, pas d’enfumeurs ultra-conservateurs. Le Var en est l’illustration.

Refusons de cautionner tous les reculs de civilisation, les choix de haine et de guerres et ceux qui s’en vantent, au bénéfice des marchands d’armes. Soyons les promoteurs des urgences sociales et environnementales. les précurseurs d’un avenir de progrès, de justice, de solidarité, de sécurité, de culture pour tous.

Passons du « chacun pour soi » au « tous ensemble »

René Fredon

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/ce-qui-se-cache-derriere-cette-declaration-du-plus-haut-grade-francais-qui-interroge-marine-le-pen_252604.html?dicbo=v2-MyKTHRE

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Au-delà d’un budget, c’est un projet politique pour le capital !

http://patrick-le-hyaric.fr/

Au-delà d’un budget, c’est un projet politique pour le capital !

Le Premier ministre n’a pas seulement présenté un projet de budget. Il a esquissé de profondes contre-réformes structurelles, sociales et économiques. C’est un projet politique et économique pour le grand capital dans la droite ligne de celui de Milei en Argentine et de Trump-Musk aux États-Unis, poussé par les dirigeants Allemands qui contrôle une part de la dette publique Française.

La dette publique est certes élevée, mais il convient de faire réfléchir sur ses origines. Elle n’est ici que le prétexte à une déstructuration fondamentale des conquis de 1945 et de ceux des premiers mois du gouvernement issu des élections présidentielles et législatives de 1981.

Des éléments sont clairement annoncés, d’autres sont laissés dans le clair-obscur comme la fin de la cinquième semaine de congés payés, la transformation de la Sécurité sociale dont le financement ne serait plus assis sur le travail, mais vraisemblablement sur des recettes de TVA supplémentaires, du statut de la fonction publique déjà entamé.

On n’a par exemple pas à se  vautrer dans les bras de Retailleau et consorts sur l’armement ou pas des polices municipales alors que l’enjeu est le statut des corps nationaux des polices et de la gendarmerie et leur nombre réduit sans cesse au regard des besoins. Il s’agit d’un transfert de charges vers les collectivités territoriales déjà en difficulté et du démantèlement des statuts, auquel il faut ajouter une privatisation plus grande des services de sécurité. En toute chose, nous avons au nom de la République et de l’égalité républicaine à mener un combat politique de haute qualité et de haute intensité.

Cela vaut pour la préparation du budget. Une majorité de nos concitoyens refusent la totalité ou des parties des dispositions annoncées. Mais, tout en protestant, ils peuvent se trouver dans la situation d’accepter même en colère. Nous avons la responsabilité de tout l’été de porter des explications, des alternatives dans des cadres populaires et unitaires. En ce sens, on mesure l’utilité de réactiver les comités du nouveau Front populaire et de faire cesser l’acide venin des polémiques. Car, si la bourgeoisie peut se permettre d’avancer un tel plan, c’est aussi parce qu’elle considère que la gauche peut être tétanisée dans sa désunion, encastrée dans les habits du présidentialisme et d’un parlementarisme qui sert à déposséder les travailleurs des choses qui les regardent. Les citoyens, les travailleurs, les créateurs doivent dépasser cela et porter dans l’unité le combat contre un pouvoir dont la légitimité est inversement proportionnelle à la violence de ses coups de force.

Les gauches politiques, sociales, intellectuelles, des associations, des organisations syndicales ne peuvent rester dans cette situation. Continuer dans les désunions, les piques et les flèches peut faire plaisir parfois. Seulement une flèche décochée contre son voisin n’attend jamais la cible principale : le grand capital et ses petits commis qui occupent les palais gouvernementaux.

En ce sens, je milite pour déployer l’initiative communiste. Celle-ci n’est pas un renfermement sur soi et l’entre-soi, mais le ferment de rassemblements locaux, départementaux, régionaux, nationaux, européens à partir des préoccupations populaires. L’Initiative communiste réunit, rassemble, assemble des travailleurs, des citoyens de toute opinion pour décider ensemble d’actions après un décorticage des dispositifs présenté par le Premier ministre. Elle ne remplace pas l’indispensable travail syndical. Elle ne s’y superpose pas. Elle le prolonge, le nourrit parce qu’elle porte la perspective du commun, de la mise en commun d’un élan créateur pour battre les idées du capital, empêcher de nourrir l’extrême droite et inventer de nouveaux chemins de conquête de pouvoirs nouveaux des citoyens sur leur vie, le travail, l’organisation de la société, la coopération avec les autres peuples contre la guerre et le surarmement.

Ce travail militant est indispensable dans des milliers de tracts, d’idées circulantes sur les réseaux et dans des réunions petites et grandes.

Ayons conscience que la même citoyenne ou citoyen en colère peut accepter par lassitude ou parce qu’il se sent seul, isolé. Le rejet passif et le sentiment de ne rien y pouvoir peuvent conduire aussi à alimenter l’extrême droite qui, comme on le voit à nouveau, pourrait accepter ce budget moyennant une chasse plus grande aux droits des immigrés, et familles d’immigrés.

L’argument de « la dette » est écrasant pour beaucoup de gens. Et le pouvoir fait croire qu’on doit rembourser trois mille milliards en un, deux ou trois ans. Entre parenthèses, lors de la dernière élection présidentielle, les laquais de la bourgeoisie accusaient des candidats de gauche d’aggraver la dette de 100 milliards. Eux l’ont augmentée, non pas de 100 milliards, mais de 1000 milliards.

L’argument du « travailler  plus » et tout ce qui l’accompagne cache une mise en concurrence encore plus grande des travailleuses et travailleurs avec celles et ceux du reste du monde dans le cadre de la « libre concurrence » qui conduit aux délocalisations, à la destruction du travail vivant et à l’importation de « travail mort ». Et le pouvoir ne dit mot de la hauteur des taxes douanières imposées par Trump et de l’appréciation du dollar qui fait que le fameux « travailler plus » ne profitera qu’au grand capital des États-Unis.

C’est une nouvelle phase de l’exploitation capitaliste que propose le pouvoir. C’est un projet s’inscrivant dans la bascule mondiale visant à marchandiser encore plus les vies, le travail, les biens publics avec de nouvelles privatisations, la protection sociale et la santé. Dans un contexte si grave qui dégage le terrain à « l’hyper-capitalisme » et sa béquille, l’extrême droite, nous serions fous de ne pas rechercher les chemins de l’unité dans l’action.

S’expliquer

Quelle est la cause de la dette ?

1. Depuis 2017, les baisses d’impôts et de prélèvements représentent au moins 308 milliards d’euros de manque à gagner pour les finances publiques. Sur cette somme, 207 milliards sont constitués de rabais fiscaux aux grandes entreprises et aux plus fortunés.

2. C’est faux. « Nous sommes devenus accros à la dépense publique » l’augmentation de la dette  n’est pas le résultat d’une augmentation inconsidérée des « dépenses publiques « qui devraient plutôt être appelé « investissements sociaux et humains. »

Entre 2017 et 2024, ceux-ci sont passés de 57,7 % du PIB à 57,2 % du PIB. La hausse de la dette publique vient donc essentiellement d’une insuffisance de recettes : entre 2017 et 2024, les recettes publiques sont passées de 54,3 % du PIB à 51,4 % selon l’INSEE.

3.Quand F Bayrou dit « moins faire peser sur le travail le financement de la protection sociale » : on doit entendre que la TVA augmentera sous forme de TVA sociale. Cela permettra au grand patronat de ne pas à avoir à augmenter les salaires puisque le salaire brut deviendra le salaire net et la protection sociale diminuera. Elle sera maintenue pour celles et ceux qui pourront payer des assurances sociales privées et s’assureront une ne retraite par capitalisation.

4. Un autre budget est possible

Si on raisonnait comme le pouvoir actuel, qui dans ses projections tient bien compte de la nourriture aux marchés financiers qui vont atteindre soit pas loin de 70 milliards désormais d’intérêts de la dette, des cadeaux qu’ils vont continuer à offrir aux plus fortunés et au grand capital, du surarmement en cours, on peut trouver 40 milliards dès l’année 2026 tout en protégeant les petites et moyennes entreprises.

– La taxe dite Zucman, qui consiste en un prélèvement de 0,1 % sur les 1800 foyers les plus fortunés, rapporterait entre 15 et 25 milliards.

– Un impôt sur la fortune (ISF) modernisé rapporterait 10 à 15 milliards d’euros ;

– La suppression de la flat tax, pour rétablir la progressivité de l’imposition des revenus financiers, rapporterait 9 milliards selon l’Institut des politiques publiques ;

– La taxation unitaire, pour mettre fin à l’évasion fiscale des multinationales, rapporterait 18 milliards ;

Comme vient de le montrer une commission sénatoriale dont le rapporteur est Fabien Gay il existe 211 milliards d’aides publiques aux entreprises constituées très majoritairement de « niches fiscales et sociales » sans contrôle.

La participation des revenus financiers du capital au financement de la sécurité sociale comblerait largement les déficits des caisses dont on nous parle tant.

Bref, c’est une autre orientation qu’il faut mettre en débat partout pour créer un nouveau rapport de force.

Il ne s’agit ici que d’orientations comptables. Elles sont évidemment insuffisantes. C’est une autre cohérence économique, politique, démocratique, écologique  qu’il convient de mettre entre les mains des travailleuses et des travailleurs, des retraités et de la jeunesse. En effet, il faut dépenser plus dans l’investissement humain et écologique. Au projet de l’hyper capitalisme opposons, l’urgence de l’émancipation, l’urgence de la justice et de la paix. La question fondamentale à mettre en débat est celle des moyens et des chemins pour un dépassement du capitalisme jusqu’à son abolition. Mettre la question du choix d’un autre système en débat et en actions ouvrira des perspectives autres que celle d’un enfermement dans une gestion plus ou moins grande d’un système mité par ses contradictions fondamentale. J’y reviendrai.

L’heure est à organiser une grande campagne d’explications et de préparer des actions unitaires bien au-delà de ce qui é été fait ces dernières années. C’est l’initiative communiste dont tout le monde peut devenir propriétaire.

 

la lettre de Patrick LE HYARIC 

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Budget 2026…. La gauche et les syndicats sonnent la révolte contre l’austérité….
​  Budget 2026….La gauche et les syndicats sonnent la révolte ,Contre l’austérité brutale de François Bayrou !

Les syndicats prévoient une grande mobilisation à l’automne contre le budget du premier ministre.

Cet été, les progressistes entendent faire la lumière sur les graves dangers de ce projet et pourraient le censurer.

 

La bataille d’idées cet été. La censure et la mobilisation à l’automne. La gauche est prête à combattre le budget ultra-austéritaire de François Bayrou, qui entend procéder à une économie sans précédent de 44 milliards d’euros. Les communistes appellent donc à la mobilisation.

Une pétition a déjà été lancée contre la suppression de deux jours fériés. Au-delà, « nous voulons marcher sur nos deux jambes : révéler l’ampleur du scandale en faisant une opération vérité sur ce que représentera un tel budget pour les Français et contribuer à mettre en évidence les alternatives à ce coup de massue », expose Ian Brossat, porte-parole du PCF.

Pour la gauche, la censure du gouvernement Bayrou comme seul horizon….

Parmi les alternatives, la réorientation des aides publiques aux entreprises, dont le montant a été évalué à 211 milliards d’euros par la commission d’enquête sénatoriale conduite par Fabien Gay. « Une autre politique économique est possible », affirme également Mathilde Panot. La cheffe de file des députés LFI rappelle que, « l’automne dernier, 75 milliards d’euros de recettes avaient été adoptés grâce aux amendements » défendus par la gauche.

Un mot est lancé, censure. La question ne fait « pas un pli, estime Ian Brossat. Le premier ministre n’a aucune légitimité pour mener cette politique de classe et de casse. Il organise sa propre censure ». Inquiet des conséquences pour les services publics, le PS présentera pour sa part des grands principes à la rentrée.

 « On est dans une posture de discussion, mais sur des bases sérieuses », explique Arthur Delaporte. Le porte-parole des députés socialistes déplore que « le premier ministre évacue la responsabilité des gouvernements Macron depuis 2017 dans la mise en œuvre d’une politique injuste qui favorise les plus riches et les entreprises », avec une perte de recettes mesurée à 65 milliards d’euros par an.

Si l’exécutif ne change pas de philosophie et s’entête à ne pas taxer les ultrariches ou à vouloir des coupes claires, la censure sera « la seule perspective », assure l’élu PS. La France insoumise souhaite pour sa part faire tomber le gouvernement au plus vite.

« On comprend mieux pourquoi le gouvernement a tenu à arrêter la session parlementaire plus tôt (le 11 juillet – N.D.L.R.). Cela nous prive de la possibilité de présenter immédiatement une motion de censure pour arrêter la saignée », dénonce Mathilde Panot.

« 2026 risque d’être une année noire »

Si la copie n’est pas revue, l’opposition sera aussi « résolue » du côté du groupe Écologiste et social. La censure est sur la table, mais « ce qui préoccupe les gens est de savoir comment il peut y avoir d’autres solutions. Nous devrons expliquer ce qu’est le plan Bayrou et ce qu’il pourrait y avoir à la place », souligne le député Génération.s Tristan Lahais.

Dans les centrales syndicales, un front du refus aux projets austéritaires de François Bayrou semble également se dessiner. « Pour les salariés, les retraités et les privés d’emplois, 2026 risque d’être une année noire, déplore Sandrine Mourey, secrétaire confédérale de la CGT. L’OFCE assure que les déficits viennent d’un manque de recettes, depuis 2017, provoqués par les cadeaux faits aux plus riches par les gouvernements d’Emmanuel Macron, et non de prétendues dépenses excessives des fonctions publiques ou de la protection sociale. »

La suppression de jours fériés : le feu aux poudres de la colère sociale….

Dans la foulée des annonces du premier ministre, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, avait prévenu : « Ce qui est à l’ordre du jour, c’est la mobilisation. » Les syndicats pourront ainsi mettre à profit les trois mois avant l’examen des projets de loi budgétaires pour sensibiliser les salariés sur les dangers des coupes drastiques à venir.

La suppression annoncée de deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai, pourrait ainsi cristalliser les colères. Comme lors de la forte mobilisation du 5 décembre 2024, dans la fonction publique, où la piste des trois jours de carence pour les fonctionnaires en cas d’arrêt maladie, avait permis de remplir les cortèges.

Budget 2026 : Bayrou veut sacrifier les travailleurs et les plus précaires….

Reste à connaître les contours de la rentrée sociale. « Nous recherchons un cadre unitaire, le plus large possible », prévient Sandrine Mourey, qui assure que « la CGT va se déployer cet été pour tracter, informer, distribuer, rencontrer les salariés ».

Dans la même visée, Solidaires se lancera dans une grande campagne « pas d’économie sur la vie », dès la rentrée.

« Avec ces annonces, la situation des plus précaires sera aggravée. Le premier ministre assure que la fiscalité en France est la plus lourde d’Europe. C’est une chance, car la qualité des prestations sociales est moins coûteuse et plus efficiente comparée aux États qui ont fait le choix d’une privatisation des retraites ou des systèmes de santé », souligne Murielle Guilbert.

La codéléguée générale à Solidaires, ouverte à une démarche unitaire, espère parvenir à une stratégie de mobilisation allant au-delà d’une seule journée d’action.

Vers une convergence syndicale contre les coupes dans les services publics….

De son côté, la FSU rappelle que « la fonction publique est la première visée, avec l’annonce de la suppression de 3 000 emplois, plus 1 000 à 1 500 dans les opérateurs de l’État et le retour de coupes claires systématiques et aveugles avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois à partir de 2027 ».

Dans un communiqué, la fédération syndicale annonce s’engager « pleinement pour construire, avec les autres organisations, les mobilisations indispensables pour gagner d’autres choix budgétaires, sociaux et écologiques. »

Chez Force ouvrière, le ton est également ferme. « La rigueur et l’austérité c’est non. La facture du quoi qu’il en coûte ne doit pas peser sur les travailleurs », écrit son secrétaire général, Frédéric Souillot, qui entend « riposter à la hauteur des attaques. »

Reste à savoir ce que fera la CFDT, qui avait espéré obtenir un accord avec le patronat, lors du « conclave » sur les retraites. Dans un communiqué, la centrale réformiste affiche une quadruple opposition : à l’année blanche, aux mesures d’économie dans la fonction publique, à une nouvelle réforme du Code du travail et une révision de l’assurance-chômage. Soit les fondements du pacte austéritaire voulu par l’exécutif.

Publié le 16 juillet 2025

Gaël De Santis Naïm Sakhi

Sans virus.www.avast.com

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L’étrange «vérité» de François Bayrou

 

L’étrange «vérité» de François Bayrou:

Le premier ministre s’est présenté dans sa conférence de presse comme un porteur de « vérité ». Mais il a repris de vieilles rengaines pour justifier la poursuite d’une politique qui est pourtant la cause de la dégradation des finances publiques.

Lavérité, rien que la vérité. Ou presque. François Bayrou avait décidé de sortir les grands mots pour ses annonces budgétaires attendues depuis plusieurs semaines. Les Français auraient « rendez-vous avec eux-mêmes ». Son intervention, soigneusement préparée par une salve de fuites dans les médias, était ainsi présentée comme un « moment de vérité ».

Voici donc un homme politique qui, disposant d’un accès sans doute privilégié à la vérité, se décidait à éclairer des Français inconscients, abrutis par leur dépendance à l’argent public et à la redistribution sociale. La France serait « accro » à la dépense publique et si indolente que ses habitants refuseraient de travailler suffisamment. Alors, la dette augmenterait, tenez-vous bien, de « 5 000 euros par seconde ». Un chiffre illustré par un inquiétant sablier menant inexorablement à un scénario à la Grèce, longuement – mais confusément – rappelé par le premier ministre.

François Bayrou s’est comporté comme un père de la nation sage faisant la leçon à des enfants se vautrant dans les délices de Capoue. Dans un long et pénible exposé, il a expliqué comment les Français devaient se montrer plus disciplinés dans leur consommation de médicaments, de scanners ou d’avis médicaux ou comment il leur fallait travailler davantage.
François Bayrou faisait comme s’il n’était responsable de rien. C’était le retour de la fameuse « pédagogie » qui était jadis l’obsession du macronisme lorsqu’il fustigeait les anciens gouvernements. Mais le problème, c’est que François Bayrou ne peut pas faire comme si lui et son parti n’avaient pas été membres de la majorité présidentielle qui exerce le pouvoir depuis 2017.
Et c’est bien pour cela que ce « moment de vérité » n’était qu’une gigantesque supercherie. Un tour de passe-passe qui vise à culpabiliser les Français pour effacer la responsabilité des politiques menées jusqu’ici. Aussi la vérité prononcée par François Bayrou avait-elle un goût de mensonge.

L’échec du macronisme

Amélie de Montchalin, ministre déléguée au budget, avait, dans Les Échos du 14 juillet, vendu la mèche en donnant aux ministères contraints de faire face aux coupes budgétaires ce conseil pour faire passer la pilule : « Il y a une histoire à raconter. » Loin de l’exigence de vérité, le premier ministre s’est bien employé avant tout à raconter une histoire. Celle d’un pays vivant sur le budget public dans l’insouciance sous le regard effrayé des politiques « responsables » désireux de redresser les comptes publics.

Mais cette histoire ne résiste pas à l’analyse, même la plus hâtive. Le macronisme, dont François Bayrou n’est plus que la queue de comète, est au pouvoir depuis 2017. Lui-même recyclage des politiques précédentes, il ne peut plus aujourd’hui échapper à son bilan. D’ailleurs, l’ironie était qu’en faisant la leçon au pays, le maire de Pau décrivait l’échec de la politique qu’il avait jusqu’ici soutenue.
Lors de son entrée à l’Élysée, Emmanuel Macron avait promis d’en finir avec les déficits par une recette miracle : les réformes. Celles que, prétendument, la France avait si longtemps refusé de mettre en œuvre allaient donner un coup de fouet à la croissance en relançant la productivité. Grâce à la baisse des impôts et à l’affaiblissement des travailleurs, les entreprises françaises allaient enfin être compétitives, faire des bénéfices, les investir dans les nouvelles technologies, réaliser des gains de productivité, créer des emplois bien payés. Alors, les caisses de l’État allaient se remplir et le déficit se réduire.
Huit ans plus tard, le bilan est que la croissance française stagne. Le PIB devrait, si tout se passe comme prévu par la Banque de France, augmenter de 0,6 % cette année. Les prévisionnistes de l’hôtel de Toulouse prévoient un « rebond » vers le potentiel de croissance, c’est-à-dire vers 1,2 %, en 2027. Ce niveau potentiel n’a pas bougé depuis huit ans, malgré les réformes au pas de charge et les baisses d’impôts sur le capital. Et pour cause : la productivité du pays s’est affaissée depuis cinq ans.
La vérité, c’est donc que tous les objectifs fixés par Emmanuel Macron ont été manqués. La baisse du chômage a été acquise non par de nouveaux gains de productivité, mais par des emplois subventionnés et peu productifs. Le produit de l’érosion des salaires et des baisses d’impôts n’est pas venu alimenter la croissance. Bref, le rêve de ruissellement a échoué.

Résultat : la réalité est inverse de celle rêvée par le macronisme. Ce n’est pas l’activité qui est venue remplir les caisses de l’État, ce sont les caisses de l’État qui soutiennent à bout de bras un capitalisme français défaillant. Le récent rapport du Sénat a évalué ce soutien à 211 milliards d’euros par an, soit davantage que les 170 milliards d’euros de déficit public en 2024. Et ce sont les plus fragiles qui ont payé ce soutien : c’est ce que traduisent les chiffres alarmants de l’Insee sur la croissance des inégalités et de la pauvreté.
Et c’est là l’éléphant dans la pièce, que les discours moralisateurs du premier ministre visent à cacher : la politique d’aide aux entreprises n’est pas rentable, elle ne permet pas de générer une croissance suffisante pour combler le déficit public. Dès lors, ces aides creusent les déficits.
À côté de ce manque à gagner, le « trou » de la Sécurité sociale (15 milliards d’euros) est un détail insignifiant. Ce dont François Bayrou ne parle pas, c’est que le même pays qui est censé être devenu le plus attractif du monde sous les applaudissements de la majorité est aussi celui qui est dans une situation financière critique. Ces deux faits ne sont pas indépendants : ils sont liés. Pour obtenir cette attractivité qui ne sert à rien, on a réduit la croissance potentielle du pays.
La bonne politique, celle qui s’appuierait sur la « vérité », consisterait donc à modifier cette politique défaillante. Mais il n’en est pas question. Les réactions au rapport du Sénat ont montré que cette dépense publique était considérée comme intouchable. Le capital français a réussi à faire du budget sa propriété et toute remise en cause est jugée dangereuse et impensable, alors même que les résultats de cette politique sont un désastre.

En réalité, l’État a été capté par les intérêts privés qui, pour préserver cette manne, dirigent la responsabilité des déficits sur la redistribution sociale. C’est bien pour cette raison que cette politique n’est jamais remise en cause : c’est une politique de classe qui dirige l’argent vers le capital. Aussi François Bayrou a-t-il un peu lourdement évincé l’obstacle en proposant « moins de subventions » contre « plus de liberté ».

Mais comme il n’y a rien de concret sur la baisse des subventions (il n’y a pas de chiffrage annoncé), et comme la « liberté » ne créera pas de profits, alors il n’y aura surtout que davantage de pouvoir pour le capital. Et cela sera fait par ordonnances.

Vieilles rengaines pour faire passer la pilule

La vérité, c’est que le premier ministre a repris les vieilles rengaines de sa génération politique, celle qui a si évidemment échoué sur tout et créé la situation dans laquelle le pays se trouve.

Les mesures annoncées sont navrantes. « L’année blanche » est le niveau zéro de l’action publique, c’est transformer en loi l’inexistence de la politique économique ; le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois est un retour à l’ère Sarkozy, les économies sur les collectivités locales un retour au quinquennat Hollande.

Et, pour faire bonne mesure, on a retrouvé les vieilles chansons macronistes, façon café du commerce : l’innovation, l’intelligence artificielle et la « simplification ».

Et toujours, le travail, par ailleurs célébré comme une « valeur centrale », est ciblé. L’annonce d’une énième réforme de l’assurance-chômage, de la suppression de deux jours fériés est un nouveau mauvais coup pour les travailleurs. Ce n’est pas un détail.

Un des points de l’échec des politiques menées jusqu’ici est qu’on a subventionné les emplois les moins qualifiés : on a donc favorisé une production moins productive et moins rémunératrice. Plus le chômage baisse, plus la pauvreté augmente, puisque la croissance des profits doit dépasser celle du PIB. Voilà la source du « désenchantement » des travailleurs dont le premier ministre s’est lamenté. Et sa réponse a été d’aggraver encore la situation.

Derrière son ronflant « En avant la production ! », il n’y a aucun modèle économique cohérent, aucune remise en cause du chemin qui nous mène au désastre, aucune autre solution que la politique de classe menée depuis plus d’une décennie.

Dernière poussière d’un néolibéralisme à l’agonie, le gouvernement refuse de voir la réalité en face : l’affaiblissement structurel de la croissance rend de plus en plus coûteuse la production de profit, socialement et écologiquement.
Et c’est bien pourquoi le discours de vérité de François Bayrou n’était qu’une mauvaise leçon faite à une réalité qui ne veut pas se soumettre aux obsessions des élites du pays. Son but n’était pas de « dire la vérité », mais de raconter une histoire pour faire passer aux Français ce tour de passe-passe : leur faire payer le coût de l’échec du macronisme.

Le premier ministre a repris la fausse comparaison entre le ménage surendetté et l’État pour convaincre son auditoire de la prétendue situation intenable dans laquelle le pays se trouverait au regard de sa dette. Mais voici une comparaison bien plus pertinente : si un maçon venait vous faire la leçon après l’effondrement de la maison qu’il a lui-même construite, le prendriez-vous au sérieux ? Jugeriez-vous qu’il tient là un « discours de vérité » ?

Il existe à Rome, près du temple de Janus, un monument bien connu des touristes, la Bocca della Verità. On raconte que lorsqu’un menteur glisse sa main dans cette bouche circulaire en pierre, il se la fait happer. Après ce discours, on ne conseillera décidément pas au premier ministre de tenter l’exercice.

Romaric Godin (Médiapart)

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