Sénat : la droite reste aux manettes ,Le RN y fait son entrée!
Sénat : la droite reste aux manettes ,Le RN y fait son entrée
On s’en serait bien passé mais c’était prévisible après leur conquête de communes grandes et moyennes aux récentes municipales, Nice, Carcassonne, Agde, Carpentras, Orange (déjà à l’extrême-droite) Menton, Montargis…dans le Var, La Seyne, Six-Fours, La Valette (pas celle de Toulon donnée pourtant largement favorite…)
Le 1er parti de France à l’assemblée nationale, boosté par Ciotti l’ancien président des LR qui a conquis Nice, associé au RN trop heureux d’avoir enfin un partenaire qui débauche le maximum de ses anciens collègues qui l’avaient fait président LR, parti dominant qui ne dominait plus. Ils lâchaient leur principal allié, Macron, pour se positionner aux côtés du parti d’extrême-droite.
Le RN estimant qu’il ne va pas assez loin et assez vite pour…conserver les très riches au pouvoir et renvoyer chez eux les immigrés qui nous coûteraient cher et nous empêcheraient de retrouver notre puissance et notre sécurité ???
Depuis La Seyne, Bardella se félicitait « de la plus grande percée de l’histoire de l’extrême-droite…une révolution culturelle…» Rien que ça ! Il est vrai que, dans notre histoire, jamais un groupe d’extrême-droite n’avait été représenté au sénat.
Ce qui leur manquait en «République » et en « démocratie » quand on veut bien se pencher sur l’origine collaborationniste de ce parti et sur ses finalités réelles qu’il nie ou masque autant que leur communication, plus ou moins changeante, s’efforce de les victimiser même s’ils sont pris la main dans le pot de confiture. En l’occurrence le détournement de l’argent public du parlement européen à grande échelle, reconnu et condamné.
Elle veut tenter le tout pour le tout en niant sa culpabilité, maintes fois rejetée par la justice et se présenter pure comme Jeanne d’Arc. Dimanche ils étaient à Paris, avec J. Bardella et L. Lavalette vu à la télé, assis sur un banc attendant le pape en mission en France. Ils y étaient, ce n’était pas eux la vedette.
Et on demande au peuple de laisser cette cheffe de parti néo-fasciste prétendre devenir la présidente de la…République ?! Surréaliste ou alors je décroche ?
On les a pourtant vus à l’œuvre à Toulon, le temps d’une session de 1995 à 2001 ; en-dessous de tout ! Ce serait très long à développer.
Reconnaissons que leur stratégie de « dédiabolisation » n’a guère inquiété les élites « démocrates » et « républicaines » du centre et de la droite traditionnelle, voire une partie de la gauche libérale. Le Var est devenu le département de référence du RN
Sur les 11 listes au départ, dans le Var, seules les deux premières LR et extrême-droite (et non RN pour faire « union ») se sont partagées en deux les quatre candidats à renouveler : Françoise Dumont et Christian Simon pour LR 40% des exprimés, Franck Giletti et Carine Leroy pour l’extrême-droite, 30% des exprimés. Les 2 438 « grands » électeurs.ices du Var ont voté à 99%)
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Juste après la 3è liste (de droite) à 11%, les huit autres sont en dessous de 10%.
Les nouveaux maires RN et son allié président de l’union des droites pour la République (UDR) ont désigné, comme les autres maires, les grands électeurs issus de leurs élus. Dans le sud-est, particulièrement ça a forcément renforcé le RN.
Manque de pot, voilà que Bardella, le président du RN qui savourait « sa victoire historique » est entré dans une colère noire en prenant connaissance de la révélation de Médiapart qui a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 attribués à J. Bardella, alors jeune militant du Front national.
Des pièces remises à la justice aussitôt contestées par l’intéressé qui parle de « faux grossiers et sa formatrice de « barbouzerie » Ils sortent leur bonne foi habituelle et leurs « arguments » les plus rédhibitoires. Jusqu’à mainenant ça n’a pas mal marché.
Il serait temps que ça cesse mais les mots ne sont pas suffisants, plus encore ceux de vétérans qui ont pris de la distance, selon les lois de la nature, avec le mouvement social et l’évolution de nos sociétés. Dans un contexte qu’on n’aurait jamais pensé revivre même s’il n’y a aucune fatalité à cela.
Ce qui attend, à court terme, toutes les générations jusqu’aux plus jeunes c’est le creusement des inégalités, les crises sociales, environnementales, culturelles, politiques, économiques, les droits humains, la prolongation des guerres en cours pour des intérêts marchands aux dépens des plus démunis, de plus en plus nombreux.
Le constat c’est une chose, la résistance et les solutions une autre, elles existent mais les pouvoirs les combattent, les poursuivent, les provoquent. Ils persistent à imposer leurs choix libéraux. Le mot « capitalisme » est absent de leur vocabulaire. Tout comme chez les ultra-conservateurs et néo-fascistes qui voient du « communisme » dans tout ce qui est progressiste.
Le peuple de France pourrait-il, majoritairement, donner le pouvoir aux héritiers de Vichy et du IIIè Reich ?
Une grande partie de l’enjeu qui nous attend. En même temps que les progressistes se mobilisent sur un contenu novateur et réaliste prolongeant les luttes, qui commence par la maîtrise de la finance et des urgences sociales et climatiques.
René Fredon
