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PCF :Municipales 2026, mobilisation pour le second tour

 

                                                                                                                   Municipales 2026, mobilisation pour le second tour

Premier tour : l’abstention s’aggrave, la droite gagne, le PCF est présent, le RN progresse en
dessous de ses objectifs, Reconquête rate en dehors de Paris, LFI perce dans quelques Métropoles
et ne réussit pas au-delà, et le PS et les Écologistes sont en difficulté, notamment dans les
Métropoles.

Ces lignes directrices de lecture des municipales sont celles du premier tour, et le second tour au vu des
incertitudes énormes sur les grandes villes, des écarts faibles et de l’absence de vagues d’aucune force,
donnera peut-être une autre lecture. Il n’y a qu’une partie des enseignements de ces élections. Restons
prudents et humbles, concentrés sur l’élection de nos candidats et de tous ceux que nous soutenons d’ici
dimanche pour confirmer notre résistance et infirmer la progression de la droite et de l’extrême droite.
L’analyse réelle, fine, se fera plus tard après le second tour qui réservera aussi des éléments
d’appréciations, et les résultats auront définitivement parlés ce dimanche soir. Nous prendrons le temps
ensuite, y compris sur chaque territoire, de faire une véritable analyse ; mais vu le battage médiatique il est
important de mesurer que les droites sont très présentes à ces municipales.

La droite progresse

Aux législatives de 2024 nous avions un rapport de force très favorable à la droite et à l’extrême droite ; on
reste lors de ces municipales dans un rapport de force comparable mais plus favorable aux droites, LR en
tête et Renaissance, même si le RN et l’UDR gagnent des villes.

Le vote de dimanche confirme un rapport de force politique défavorable à la gauche en dehors de quelques
très grandes Métropoles. Les résultats sont favorable à la droite qui progresse fortement, y compris dans
quelques Métropoles (Bordeaux, Besançon, Nantes, Brest…) mais surtout dans tous les départements sur
les villes moyennes, y compris autour de Toulouse, de Lyon, de Clermont. La droite gagne ou va gagner des
villes entre 10 000 habitants et 100 000. Sur les grandes Métropoles il faut attendre le second tour, mais
comme je le souhaite, si la droite échoue dans nos grandes villes ce sont des résultats qui masqueront
potentiellement une réalité sur l’implantation de la droite dans le pays.

Plus de 90 % des communes ont élu leur maires au premier tour et nous assistons en dehors des
Métropoles a une poussée de la droite LR ou des partis macronistes qui pourraient y compris se voir à
nouveau le 22 mars, même si nous allons tout faire pour l’empêcher. Dans les communes de moins de 1 000
habitants, si la constitution de liste a permis une avancée considérable avec plus de maires et d’élues
femmes, nous avons un phénomène important de liste divers centre qui se sont imposées, et la fin du
panachage a posé des difficultés aux personnalités de gauche qui sur leur nom gagnaient l’élection.

Le PCF n’a pas disparu mais la sphère médiatique ne le voit pas
Je souhaite avant toute chose saluer les militants et militantes communistes, les milliers de candidats et
candidates qui ont conduit nos listes ou qui étaient présents dans des listes de rassemblement. Ceux qui ont
été élus ou battus ou qui sont en campagne pour le second tour.
Dans un contexte de multiplication des listes de gauche ou de droite, bien au-delà des grands partis
implantés dans les territoires, le PCF restera la 3e force politique des communes derrière LR et le PS. Le silence des médias sur cette réalité s’est confirmé le 15 mars.
La réalité c’est l’élection de près de 200 maires communistes, soit beaucoup beaucoup plus que le RN qui
en annonce 25 ou même des Écolos, et très très au-dessus des maires LFI.

Avec des difficultés dans les villes de moins de 1 000 habitants où dans une centaine de petites communes,
des camarades n’ont pas souhaité se représenter. Avec des relèves difficiles ou des défaites, nous restons
un parti implanté sur tout le territoire, aussi bien au niveau départemental qu’à l’échelle des grandes villes et
petits villages. C’est plus de 6 millions d’habitants de notre pays qui ont pu voter pour un candidat
communistes. Près de 600 000 voix, malgré le fait de n’avoir que 4 têtes de listes dans les plus grandes
villes : Le Havre, Nîmes, Montreuil et Vitré. C’est un bon résultat, avec une moyenne de notre score autour
de 20 % sur des centaines de villes pas facile comme Versailles. Sur les villes de plus de 3 500 habitants
nous résistons, comme dans les communes autour de 10 000 habitants, avec la perte de 5 villes et 5
conquêtes, même si tout est à relativiser avec beaucoup de communes au second tour.

Nous perdons La Courneuve, le changement de maire comme les divisions à gauche nous font perdre la ville ; à Vierzon le
RN pourrait remporter le second tour avec le maintien de la liste Modem, et il y a à Nîmes une mobilisation
importante pour que le PCF, face au RN, gagne la plus grande ville LR de 2020.
Je veux souligner deux évènements invisibilisés par les médias : celui de l’élection dès le premier tour de
Fabien Roussel qui fait reculer le RN, et de Patrice Bessac, seul maire sortant de gauche réélu au premier
tour des villes de plus de 100 000 habitants et qui résiste aux fracturations à gauche décidée par LFI.

Le RN réalise des percées mais doit confirmer son implantation
L’extrême droite aura progressé à ces élections mais en dessous de ses objectifs affichés. Elle est audessus de 10 % dans beaucoup de villes de plus de 10 000 habitants ; elle regagne ses villes dont
Perpignan et arrive en tête à Nice, Toulon et plusieurs villes moyennes. L’enjeu sur Marseille, que nous
avions souligné en appelant à l’union dès le premier tour, est de faire battre le RN, car cette victoire serait un
gain politique majeur, plus que Toulon déjà gagné par le RN ou Nice au travers de Ciotti, Leurs victoires
possibles ou leur présence au second tour soulignent une progression dans de nombreux départements.

Ils vont échouer à gagner à Martigues, ils ont échoué à Avion, mais ils progressent et gagnent des villes
moyennes, même si ce n’est pas les résultats qu’ils escomptaient. Nous devrons analyser ces résultats et
regarder là où nous les empêchons de gagner, notamment face à des maires communistes et pas seulement
Fabien Roussel, mais beaucoup d’autres. Dans le Nord où nous maintenons la grande majorité de nos
communes, nous espérons aucune commune RN après ce second tour.

L’union des droites avance mais reste minoritaire. En Moselle des rassemblements républicains vont
affronter le RN au second tour, la candidate de droite à Marseille se maintient. Malgré les appels du pied de
Retailleau et de Bardella, les collusions restent minoritaires mais existent et ouvrent de plus en plus la porte
à cette union des droites.

PS et Écologistes en difficulté dans les grandes villes
C’est au niveau des Métropoles et du second tour que la réalité de ces élections municipales sera analysée
par le PS et les Écologistes. Pour les écolos, car c’est la vague verte de 2020 qui se joue dans les villes de
Lyon, Bordeaux, Besançon, Strasbourg, Grenoble, Tours, s’ils peuvent les conserver beaucoup sont
menacées et les résultats de dimanche dans ces villes vont déterminer le bilan de ces élections pour les
Écologistes. Ailleurs, comme le PS et nous avec beaucoup moins de villes, ils sont en difficulté comme à
Annecy face à la montée de la droite.

Le PS est en partie dans la même situation avec l’attente des résultats sur Paris, Marseille, Nantes,
Clermont et d’autres grandes villes où il est en difficulté face à la droite, comme dans de nombreuses villes,
ce qui explique sa fusion avec LFI dans quelques Métropoles. Au-delà de ces Métropoles dans les villes
moyennes ou plus petites, il fait face comme nous à la montée de la droite.
LFI des percées importantes pas uniformes

Les scores importants de LFI à Saint-Denis, Roubaix, Toulouse, Lille ou Rennes marquent ces élections
avec une implantation de LFI dans des grandes villes qui constitue un marqueur du premier tour. Et la fusion
faite par le PS et LFI à Toulouse en faveur de LFI a ouvert en dehors des déclarations d’Olivier Faure et de
Jean-Luc Mélenchon des fusions dans 5 autres villes. Ce débat fut celui de quelques Métropoles, mais la
moyenne des scores autour de 11 % dans d’autres grandes villes ou en dessous de 10 ou 5 % dans les
villes moyennes ou plus petites ne permettra pas, à la différence du RN, que cette implantation de LFI
déborde les grandes Métropoles. Là aussi les résultats de dimanche seront des marqueurs des analyses à
venir. LFI aura refusé les unions de premier tour et de fait créé des situations de difficulté pour de
nombreuses mairies de gauche sortantes, et ensuite se sera présentée pour sauver ces majorités.

Ce choix sera jugé au vu des résultats, car les fragilités du premier tour peuvent ne pas être rattrapées au second ; et
l’objectif de prendre des mairies à la gauche est réussi à Saint-Denis au PS, et à La Courneuve au PCF ;
mais 2 échouent ailleurs. Le maintien des candidats LFI malgré le fait qu’ils soient arrivés deuxième à Vitry
et à Vénissieux montre que ce choix de s’implanter dans les communes de gauche est toujours le leur,
comme dans leur détermination à faire perdre la gauche à Paris.
Une abstention qui s’accentue
57 % de participation, parfois 40 % de moyenne dans les départements avec de petites communes. 2026
confirme la crise politique et une prise de distance de nos concitoyens. Au-delà des rapports de force
politique et des résultats définitifs, c’est la vraie question posée au Parti communiste quand on voit qui sont
les abstentionnistes.

La non-médiatisation, les guerres, le non-débat sur le projet, la méfiance, voire le rejet de la politique, la
colère, le sentiment que cela ne sert à rien doivent nous alerter ; mais plus encore peut être au travers des
débats qui ont marqué sur la violence et/ou l’antisémitisme, les positionnements à gauche, on a un électorat
moins mobilisé que la droite. Et nous avons peut-être le même phénomène sur le non-engagement comme
tête de liste de personnalités de gauche qui a nous comme au Parti socialiste va conduire à la perte de
mairies.

Les jeunes largement en retrait des urnes
Selon le sondage Ipsos-BVA, chez les 18-24 ans plus d’un électeur sur deux s’est abstenu (56 %). La
participation chute encore chez les 25-34 ans, où 60 % des inscrits ne sont pas allés voter, ce qui constitue
le niveau d’abstention le plus élevé. À l’inverse, la participation augmente nettement avec l’âge. Elle atteint
64 % chez les 60-69 ans, et culmine chez les 70 ans et plus, dont 74 % se sont rendus aux urnes.
Des écarts marqués selon la situation sociale et politique la droite plus mobilisée
Les ouvriers les plus abstentionnistes : 55 % d’entre eux ne se sont pas déplacés. Les employés sont
également très partagés, avec autant de votants que d’abstentionnistes. Les chômeurs ont aussi un taux
d’abstention élevé, atteignant 55 %.

Des différences selon les préférences politiques

L’étude met aussi en évidence des écarts selon les orientations politiques. Parmi les électeurs ayant voté
pour Jean-Luc Mélenchon lors du premier tour de la présidentielle de 2022, 44 % se sont abstenus lors de
ce premier tour des municipales. À l’inverse, les électeurs de Valérie Pécresse en 2022 apparaissent parmi
les plus mobilisés, avec 71 % de votants. Au sein de l’ensemble de la gauche (PS, LFI, écologistes),
l’abstention atteint 43 %, contre 30 % parmi les sympathisants du bloc central (Renaissance, MoDem,
Horizons).

Méthodologie : Ces données proviennent d’une étude sociologique sur l’abstention au premier tour des
municipales du 15 mars 2026, réalisée par Ipsos-BVA
La clef du second tour et au-delà de dimanche dans les mois ou années qui viennent, pour le PCF comme
pour toute la gauche, est à mon sens dans le travail en direction de ces abstentionnistes, notamment pour
les salariés ouvriers, employés, qui attendent un positionnement politique qui corresponde à leurs attentes.

 

Villes de plus de 1000 habitants :Mairie communiste ou apparentée :
28 maires élus au 1er tour représentant
Mairie communiste ou
apparentée Population Maire ou tête de liste de file
PCF
Montreuil 110 758 Patrice Bessac
Fontenay-sous-Bois 52 646 Jean-Philippe Gautrais
Gennevilliers 50 874 Patrice Leclerc
Bagneux 43 647 Hélène Cillières
Tremblay-en-France 38 210 Virginie De Carvahlo
Saint-Martin-d’Hères 38 022 David Queiros
Saint-Étienne-du-Rouvray 28 653 Joachim Moyse
Dieppe 28 599 Nicolas Langlois
Grigny 26 500 Philippe Rio
Mitry-Mory 20 393 Charlotte Blandiot-Faride
Chevilly-Larue 19 826 Stéphanie Daumin
Bonneuil-sur-Marne 18 270 Denis Öztorun
Limay 17 885 Djamel Nedjar
Avion 17 435 Jean Létoquart
Saran 17 316 Mathieu Gallois
Saint-Amand-les-Eaux 15 974 Fabien Roussel
Port-de-Bouc 15 802 Laurent Belsola
Montataire 14 257 Jean Pierre Bosino
Tergnier 13 045 Aurélien Gall
Tarnos 12 957 Marc Mabillet
Oissel 12 317 Stéphane Barré
Raismes 12 199 Aymeric Robin
Septèmes-les-Vallons 11 995 André Molino
Méricourt 11 619 Fabrice Planque
Ploufragan 11 507 Bruno Beuzit
Boulazac Isle Manoire 10 759 Fanny Castaignede
Allonnes 10 739 Gilles Leproust
Fosses 10 570 Jacqueline Haesinger

5 défaites au premier tour   Mairie communiste ou apparentée Population Maire ou tête de liste de file
PCF
Rive-de-Gier 15 242 ,Vincent Bony
Fleury-Mérogis 13 721 Olivier Corzani
Pierrelaye 10 130 Claude Cauet
Villerupt 10 102 Pierrick Spizak

21 ballotages :
Mairie communiste ou
apparentée Population
Nanterre 98 119
Vitry-sur-Seine 95 282
Vénissieux 66 701
Ivry-sur-Seine 64 526
Villejuif 58 142
Bobigny 55 270
Sevran 51 640
Martigues 48 818
La Courneuve 47 086
Noisy-le-Sec 45 915
Stains 40 600
Échirolles 36 708
Malakoff 30 183
Champs-sur-Marne 26 661
Vierzon 25 254
Gentilly 19 963
Châlette-sur-Loing 12 677
Somain 11 766
Cabestany 10 465
Lillers 10 193
Douchy-les-Mines 10 109

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FABIEN ROUSSEL :« Pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes » 

L’HUMANITÉ: Pour construire des villes apaisées il faut des majorités apaisantes…

Entretien

« Pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes » 

Le secrétaire national du PCF invite à l’amplification des dynamiques de gauche au premier tour pour l’emporter face à l’extrême droite et la droite. Il déplore la polarisation des débats au niveau national, au détriment des enjeux locaux qu’il place au cœur des élections municipales.

Fabien Roussel vote à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le 15 mars 2026. Il a été élu au premier tour avec 51% des votes. © Francois LO PRESTI / AFP

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a remporté les élections municipales de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) dès le premier tour, dimanche 15 mars, avec 51 % des voix, face à Éric Castelain, candidat Rassemblement national (RN). En aparté, il se dit content d’une « victoire importante » qui « donne du poids à Saint-Amand pour être entendue et respectée ». Il se réjouit des 250 maires communistes élus « dès le premier tour » et « invite au rassemblement » pour qu’il y en ait davantage au second.

Quel regard portez-vous sur le premier tour ?

Fabien Roussel

Secrétaire national du PCF

Nous assistons à un renforcement du vote en faveur des listes d’extrême droite et de droite extrême, ces têtes de liste de droite qui flirtent avec les candidats du RN au second tour et qui leur tendent la main. C’est dangereux pour la République et pour nos communes. Nous avons besoin de maires qui apaisent, rassemblent, protègent.

Au second tour, l’enjeu est de poursuivre les dynamiques de gauche et républicaines afin que l’extrême droite ou que la droite extrême ne remportent pas plus de villes. À Nîmes (Gard), face au candidat RN Julien Sanchez, j’appelle au second tour au rassemblement le plus large autour du communiste Vincent Bouget. Et je suis inquiet du taux d’abstention, qui est le signe d’un malaise démocratique dans notre pays.

Quelle forme doit prendre l’amplification des rassemblements pour battre l’extrême droite et la droite ?

Les listes de gauche affrontent des configurations différentes. C’est localement qu’il faut déterminer le meilleur moyen de l’emporter. Les dynamiques se construisent à partir des listes de premier tour. Tout doit être fait pour qu’elles soient poussées et qu’elles l’emportent au second tour.

Cela passe-t-il par des fusions de listes ?

Dans chaque ville, les têtes de listes et leurs équipes choisiront le meilleur moyen de poursuivre une dynamique. Cela ne dépend pas que des rapports de force. Cela dépend aussi du climat pendant la campagne, des programmes et des valeurs que nous défendons et que nous voulons partager.

Le gouvernement impose une économie de guerre aux Français. La crise de l’énergie est là. Nous avons besoin de maires, de majorités qui protègent le pouvoir d’achat et les services publics locaux, défendent les communes, mais défendent aussi les valeurs républicaines qui nous rassemblent.

L’heure est à mettre dehors les politiques libérales qui fracturent, divisent, et mettre dehors également tout ce qui brutalise la vie politique et divise nos concitoyens. Pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes.

Comment faire pour faire reculer le RN localement ?

À Saint-Amand-les-Eaux, le débat s’est fait sur les programmes. J’ai choisi de ne jamais attaquer les listes adverses, mais de parler exclusivement de ce que nous proposons à la population. Je n’ai pas fait campagne contre les autres, mais pour le programme. Diaboliser l’extrême droite n’est pas une politique.

Le meilleur moyen de l’emporter est de convaincre les gens de ce que nous pouvons changer dans leur vie, et de prouver que la gauche apporte les bonnes réponses. Je déplore qu’aujourd’hui, la gauche ne soit pas assez forte dans un grand nombre de villes. Nous devons travailler à inverser cette tendance.

« Le RN joue sur les colères, nous apportons des réponses » : à Montargis, le communiste Bruno Nottin réunit la gauche pour reconquérir la ville…

Quels thèmes la gauche doit-elle mettre en débat ?

La question des services publics, du pouvoir d’achat, de communes qui protègent, apaisent, rassemblent. La société est fracturée, la France est fracturée. Nous avons besoin de protection, d’apaisement, de fraternité.

Nous devons incarner cette politique-là. Et c’est pour cela que je parle autant de programmes économiques, sociaux, que des vertus de nos valeurs républicaines. Je défends le principe du mariage des luttes ouvrières, du drapeau rouge et du drapeau bleu-blanc-rouge. Il faut savoir tenir les deux bouts.

Le climat de la campagne répond-il aux enjeux ?

Le rôle des médias est de plus en plus pesant. Certains militent pour des candidats et des idéologies. Des responsables politiques ont tout fait pour nationaliser et polariser le débat. Cela ne contribue pas à se concentrer sur les enjeux locaux, qui sont au cœur d’une élection locale.

Chaque candidat avait la responsabilité de mettre en avant les thèmes du pouvoir d’achat, des services publics. Mais ces sujets-là n’ont pas été abordés nationalement. À aucun moment, il n’a été question dans le débat national des budgets des communes, des moyens en moins, de ce que cela implique de développer des polices municipales alors que la police nationale recule. Cela coûte cher. Quand les débats ne sont pas menés nationalement, il est difficile de le faire localement….

Publié le 16 mars 2026    Gaël De Santis   par Humanité 

Actualités

Il y a urgence ,Par Denis Durand..

                                                                                                                                  Il y a urgence !   Par Denis Durand/PCF

 

Chaque semaine qui passe semble faire monter de nouveaux nuages à l’horizon.

Pendant que les agissements de l’impérialisme américains entraînent le monde dans une effroyable escalade guerrière, l’extrême-droite est au pouvoir aux États-Unis, au Japon, en Italie, peut-être au bord d’y parvenir en Allemagne, en Grande-Bretagne, et en France.

Si une analyse marxiste de la crise de civilisation ne nous avait pas appris que ces monstres sont de ceux qui surgissent lorsqu’un ordre ancien se meurt et que le nouveau tarde à apparaître, on pourrait parfois avoir l’impression que le monde commence à ressembler à ce qu’il aurait été si Hitler avait gagné la Deuxième guerre mondiale – avec cette différence que la suprématie dans les conflits militaires réside aujourd’hui davantage dans la maîtrise des réseaux de traitement et de circulation de l’information que dans les batailles de chars.

Et que le nœud des conflits économiques et politiques ne se situe plus seulement dans le pouvoir d’avancer de l’argent pour en faire du capital mais aussi, de plus en plus, dans un monopole de l’information, qu’elle prenne la forme des news ou celle de brevets et de technologies.

L’humanité est-elle encore en état de relever le défi climatique ? L’intelligence artificielle va-t-elle tuer l’intelligence tout court? Quand s’arrêtera l’asphyxie financière de nos services publics et de notre protection sociale ? Où nous entraînent le carnage sur le front ukrainien, le génocide perpétré en toute impunité contre le peuple palestinien, l’agression tous azimuts de Trump, la frénésie guerrière qui s’est emparée des dirigeants allemands, britanniques et français ?

Replacer la bataille politique sur le terrain de la lutte contre le capital :En France, ces derniers mois ont vu s’accélérer l’hémorragie d’emplois dans l’industrie et les services, le sabordage systématique des services publics par les gouvernements successifs, les assauts contre la Sécurité sociale et les retraites derrière le paravent commode de péripéties parlementaires. Ces atteintes répétées à ce qu’il y avait de plus porteur d’avenir dans la société française sont devenues vitales pour un capital monopoliste qui n’atteint les objectifs de rentabilité dictés par les marchés financiers qu’en épuisant toutes les sources de la richesse.

Mais elles provoquent une telle crise politique, une telle défiance des citoyens pour les institutions de toute nature, que jamais, depuis 1945, la tentation n’a été aussi forte, dans le camp du capital, d’associer l’extrême-droite au pouvoir pour briser les reins de toute résistance aux exigences des multinationales et des marchés financiers.

Or, jamais il n’a paru aussi difficile, pour les forces démocratiques, d’endiguer cette menace, malgré la vitalité dont elles continuent de faire preuve. Un mouvement venu des profondeurs de notre peuple a réussi, aux élections législatives de 2024, à barrer au Rassemblement National la route du pouvoir grâce à la constitution du Nouveau Front populaire. Mais aujourd’hui, le danger se fait encore plus pressant.

Là où, au XXe siècle, l’affrontement de classes entre forces du capital et du conservatisme, d’une part, et, d’autre part, élan émancipateur héritier des Lumières et du mouvement ouvrier donnait leur sens aux affrontements politiques, ce sont aujourd’hui des régressions nationalistes et racistes, ou des fondamentalismes religieux profondément obscurantistes, qui mobilisent d’énormes moyens pour imposer leur vision du monde et en bannir toute espérance d’émancipation.

S’aventurer sur le terrain des idées réactionnaires et souverainistes dans l’espoir d’y retrouver une écoute dans une partie de l’électorat populaire ne fait – l’expérience des dernières élections européennes l’a encore prouvé – que renforcer encore cette emprise de l’extrême-droite sur les esprits. Tout autant que la tentation gauchiste de répondre à sa violence par une violence qui ne lui donne que des prétextes à s’amplifier impunément.

La profondeur des mouvements à l’œuvre dans la crise de civilisation rend tout aussi dérisoire la tentation d’y répondre par des solutions qui rendraient miraculeusement superflue la construction de rapports de forces, dans les luttes populaires et dans les batailles d’idées, contre le capital. Si, pour résoudre les problèmes économiques et sociaux, il suffisait de « restaurer la souveraineté nationale » en déléguant la tâche à un « État stratège » et planificateur, les échecs de la gauche en 1983, en 2002 ou en 2012 n’auraient pas donné un tel aliment à la « résistible ascension » de l’extrême-droite !

Pour replacer la bataille politique sur le terrain de la lutte contre le capital, l’enjeu est bien de proposer à nos concitoyennes et concitoyens des motifs de s’engager, dès aujourd’hui, dans des mobilisations concrètes, capables de les rassembler largement autour d’objectifs sociaux et écologiques. Les ressources pour y parvenir existent dans notre peuple. On y parviendra d’autant mieux en rendant visibles les moyens économiques et financiers d’atteindre ces objectifs.

C’est dans l’action que les consciences progressent et créent les conditions politiques d’une alternative. Pour se convaincre du potentiel qui pourrait ainsi se libérer, il suffirait de prêter attention à la créativité dont font souvent preuve les luttes sociales pour l’emploi et la transformation écologique des productions, même dans une situation générale aussi défavorable que celle où nous nous trouvons actuellement.

Un projet révolutionnaire, arme pour mieux résister aujourd’hui

C’est là que la cohérence d’un projet communiste trouve une pertinence nouvelle, comme boussole dans un monde troublé. Elle aide à désigner l’adversaire – le capital et son alliance contradictoire avec l’État, que la politique de Trump cherche à reconfigurer.

Alliance contradictoire, car l’État n’est pas seulement l’instrument de la domination des monopoles capitalistes, quelle que soit l’intimité des rapports qu’il entretient aujourd’hui ouvertement avec eux. S’il peut agir en tant qu’État, c’est parce qu’il le fait au nom de l’intérêt général, de toute la société. D’où l’énorme portée politique de l’émotion qui s’empare du public devant les 211 milliards d’aides publiques dispensées aux entreprises.

Elles devraient être l’objet d’une bataille politique, non seulement pour les dénoncer ou les supprimer mais pour faire de l’argent public, non plus une « béquille du capital » mais un levier servant à réduire sélectivement le coût du capital pour les entreprises, à condition qu’elles développent l’emploi et la création écologique des richesses, au lieu de les encourager à réduire le « coût du travail ». C’est-à-dire une mesure à effet immédiat qui sera, du même mouvement, un premier pas vers une transformation radicale de l’économie et de la société.

La cohérence du projet communiste aide aussi à discerner les forces motrices d’un rassemblement capable de l’emporter sur le capital. C’est-à-dire d’abord le salariat dans toute la complexité des contradictions qui le travaillent, pour le pire – les divisions méthodiquement entretenues par les forces réactionnaires – et pour le meilleur – la possibilité de rassembler l’écrasante majorité de la population dans la lutte contre le capital, jusqu’à la perspective d’un dépassement des classes sociales elles-mêmes.

Mais ce projet communiste, sa cohérence, la réponse qu’il apporte à la colère et aux angoisses de notre peuple, sont aujourd’hui cruellement absents du débat public.

Pour en faire une arme de résistance et un motif d’espérer, il faut un Parti communiste qui réfléchit, qui agit et qui cherche à rassembler en prenant appui sur les luttes populaires et en visant un dépassement du  capitalisme pour construire une nouvelle civilisation.

C’est ainsi que le PCF sera fidèle à ce qui, dans son histoire, a fait de lui une référence dans la vie politique française et dans les forces progressistes du monde entier, et c’est ainsi qu’il tirera sa force de ce qui a rassemblé les communistes à leurs 38ème et 39ème congrès.

 

 

Actualités

La lutte des races supplante parfois la lutte des classes malheuresement !

 

                                                                      La lutte des races supplante parfois la lutte des classes malheuresement !

Dans le cas occidental, il y a depuis le Moyen Âge un développement des racismes avec l’expansion européenne.

Il y avait eu l’Empire romain, d’accord mais, après la réorganisation européenne de la chrétienté, l’expansion de la colonisation va prendre des formes de préjugés concernant l’ascendance ethnique d’autres populations combinés avec une action discriminatoire, qui sont les deux composantes du racisme. Ces deux points sont très importants du point de vue historique.

Cette expansion déchaîne donc les formes de racisme, d’abord de façon interne à l’Europe, contre les musulmans, les communautés juives et d’autres minorités, y compris au nord de l’Europe.

La fin du XIXe siècle est une période de transition très importante, avec une formation idéologique des idées influencées par Marx mais aussi par les anarchistes, qui mettaient l’accent sur la lutte des classes dans le contexte de l’industrialisation. De l’autre côté, il y avait une vision de compétition non entre classes mais entre races.

EN 1853  La racialisation des minorités par M. GOBINEAU  est un projet pour effacer la lutte des classes et ce, aujourd’hui encore. Il s’agit d’un projet de naturalisation de l’inégalité.

« Le racisme informel existe toujours, et on peut le voir par exemple dans l’emploi, où les minorités sont franchement défavorisées dans certains pays – la France est un cas emblématique en Europe. »

Le fait est que la papauté et la chrétienté en bénéficiaient, et dans tous les domaines : le continent américain a été complètement converti, on l’appelait l’arrière-cour de l’Europe. La papauté n’a jamais eu le courage de contredire le colonialisme de façon nette, et il a fallu attendre le XIXe siècle pour avoir une condamnation claire de l’esclavage.

Il faut rappeler que l’abolitionnisme a été d’abord le fruit de multiples révoltes d’esclaves.

 Après la Seconde Guerre mondiale et la Déclaration des droits de l’homme de 1948, le racisme a été écarté du point de vue institutionnel, sauf aux États-Unis. La déclaration a été reproduite et développée dans différentes régions du monde au cours des dernières décennies.

Mais le racisme informel existe toujours, et on peut le voir par exemple dans l’emploi (le logement, les droits sociaux), où les minorités sont franchement défavorisées dans certains pays – la France est un cas emblématique en Europe. Et la capacité de l’État à faire respecter la loi et lutter contre les discriminations ne se voit pas non plus. Le racisme n’existe donc pas sur le plan formel mais, dans la pratique, il existe encore des formes de discrimination.

Il s’agit d’une question très actuelle, car l’extrême droite a décidé de mobiliser la nostalgie du passé, y compris colonial. 

C’est une vision de pouvoir – le racisme est toujours lié à une question de domination – mais, dans ce cas-là, il s’agit d’une reproduction de ce qui a été fait dans les années 1920 et 1930 dans des configurations d’extrême droite européenne.

La déclaration des droits humains de 1948 n’aurait probablement pas été approuvée aujourd’hui, notamment car elle a intégré non seulement des droits individuels, qu’on pourrait dire plus bourgeois, mais aussi des droits de protection contre l’État, des droits économiques et sociaux, et le droit à l’autodétermination.

Les déclarations des droits humains, de 1789 comme de 1948, ont été prises en main par les mouvements anticoloniaux et sociaux partout dans le monde. C’est quelque chose d’essentiel. Il faut encore aujourd’hui réaffirmer ces droits, car c’est la seule façon de bloquer l’extrême droite et d’encourager les mouvements sociaux pour l’avenir.

 

Christian Barlo

 Source « La racialisation efface la lutte des classes » : Entretien avec l’historien Francisco Bethencourt Humanite du 14 03 2026 

 

 

 

 

 

 

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GUERREet CAPITALISME :Chaque semaine qui passe semble faire monter de nouveaux nuages à l’horizon.

                                                        Urgence  par  Denis DURAND ,membre du conseil national du PCF, codirecteur d’Économie&Politique

Chaque semaine qui passe semble faire monter de nouveaux nuages à l’horizon.

Pendant que les agissements de l’impérialisme américains entraînent le monde dans une effroyable escalade guerrière, l’extrême-droite est au pouvoir aux États-Unis, au Japon, en Italie, peut-être au bord d’y parvenir en Allemagne, en Grande-Bretagne, et en France.

Si une analyse marxiste de la crise de civilisation ne nous avait pas appris que ces monstres sont de ceux qui surgissent lorsqu’un ordre ancien se meurt et que le nouveau tarde à apparaître, on pourrait parfois avoir l’impression que le monde commence à ressembler à ce qu’il aurait été si Hitler avait gagné la Deuxième guerre mondiale – avec cette différence que le suprématie dans les conflits militaires réside aujourd’hui davantage dans la maîtrise des réseaux de traitement et de circulation de l’information que dans les batailles de chars. Et que le nœud des conflits économiques et politiques ne se situe plus seulement dans le pouvoir d’avancer de l’argent pour en faire du capital mais aussi, de plus en plus, dans un monopole de l’information, qu’elle prenne la forme des news ou celle de brevets et de technologies.

L’humanité est-elle encore en état de relever le défi climatique ? L’intelligence artificielle va-t-elle tuer l’intelligence tout court ? Quand s’arrêtera l’asphyxie financière de nos services publics et de notre protection sociale ? Où nous entraînent le carnage sur le front ukrainien, le génocide perpétré en toute impunité contre le peuple palestinien, l’agression tous azimuts de Trump, la frénésie guerrière qui s’est emparée des dirigeants allemands, britanniques et français ?

Replacer la bataille politique sur le terrain de la lutte contre le capital.

En France, ces derniers mois ont vu s’accélérer l’hémorragie d’emplois dans l’industrie et les services, le sabordage systématique des services publics par les gouvernements successifs, les assauts contre la Sécurité sociale et les retraites derrière le paravent commode de péripéties parlementaires. Ces atteintes répétées à ce qu’il y avait de plus porteur d’avenir dans la société française sont devenues vitales pour un capital monopoliste qui n’atteint les objectifs de rentabilité dictés par les marchés financiers qu’en épuisant toutes les sources de la richesse.

Mais elles provoquent une telle crise politique, une telle défiance des citoyens pour les institutions de toute nature, que jamais, depuis 1945, la tentation n’a été aussi forte, dans le camp du capital, d’associer l’extrême-droite au pouvoir pour briser les reins de toute résistance aux exigences des multinationales et des marchés financiers.

Or, jamais il n’a paru aussi difficile, pour les forces démocratiques, d’endiguer cette menace, malgré la vitalité dont elles continuent de faire preuve. Un mouvement venu des profondeurs de notre peuple a réussi, aux élections législatives de 2024, à barrer au Rassemblement National la route du pouvoir grâce à la constitution du Nouveau Front populaire. Mais aujourd’hui, le danger se fait encore plus pressant.

Là où, au XXe siècle, l’affrontement de classes entre forces du capital et du conservatisme, d’une part, et, d’autre part, élan émancipateur héritier des Lumières et du mouvement ouvrier donnait leur sens aux affrontements politiques, ce sont aujourd’hui des régressions nationalistes et racistes, ou des fondamentalismes religieux profondément obscurantistes, qui mobilisent d’énormes moyens pour imposer leur vision du monde et en bannir toute espérance d’émancipation.

S’aventurer sur le terrain des idées réactionnaires et souverainistes dans l’espoir d’y retrouver une écoute dans une partie de l’électorat populaire ne fait – l’expérience des dernières élections européennes l’a encore prouvé – que renforcer encore cette emprise de l’extrême-droite sur les esprits. Tout autant que la tentation gauchiste de répondre à sa violence par une violence qui ne lui donne que des prétextes à s’amplifier impunément.

La profondeur des mouvements à l’œuvre dans la crise de civilisation rend tout aussi dérisoire la tentation d’y répondre par des solutions qui rendraient miraculeusement superflue la construction de rapports de forces, dans les luttes populaires et dans les batailles d’idées, contre le capital. Si, pour résoudre les problèmes économiques et sociaux, il suffisait de « restaurer la souveraineté nationale » en déléguant la tâche à un « État stratège » et planificateur, les échecs de la gauche en 1983, en 2002 ou en 2012 n’auraient pas donné un tel aliment à la « résistible ascension » de l’extrême-droite !

Pour replacer la bataille politique sur le terrain de la lutte contre le capital, l’enjeu est bien de proposer à nos concitoyennes et concitoyens des motifs de s’engager, dès aujourd’hui, dans des mobilisations concrètes, capables de les rassembler largement autour d’objectifs sociaux et écologiques. Les ressources pour y parvenir existent dans notre peuple.

On y parviendra d’autant mieux en rendant visibles les moyens économiques et financiers d’atteindre ces objectifs. C’est dans l’action que les consciences progressent et créent les conditions politiques d’une alternative. Pour se convaincre du potentiel qui pourrait ainsi se libérer, il suffirait de prêter attention à la créativité dont font souvent preuve les luttes sociales pour l’emploi et la transformation écologique des productions, même dans une situation générale aussi défavorable que celle où nous nous trouvons actuellement.

Un projet révolutionnaire, arme pour mieux résister aujourd’hui

C’est là que la cohérence d’un projet communiste trouve une pertinence nouvelle, comme boussole dans un monde troublé. Elle aide à désigner l’adversaire – le capital et son alliance contradictoire avec l’État, que la politique de Trump cherche à reconfigurer.

Alliance contradictoire, car l’État n’est pas seulement l’instrument de la domination des monopoles capitalistes, quelle que soit l’intimité des rapports qu’il entretient aujourd’hui ouvertement avec eux. S’il peut agir en tant qu’État, c’est parce qu’il le fait au nom de l’intérêt général, de toute la société.

D’où l’énorme portée politique de l’émotion qui s’empare du public devant les 211 milliardsd’aides publiques dispensées aux entreprises. Elles devraient être l’objet d’une bataille politique, non seulement pour les dénoncer ou les supprimer mais pour faire de l’argent public, non plus une « béquille du capital » mais un levier servant à réduire sélectivement le coût du capital pour les entreprises, à condition qu’elles développent l’emploi et la création écologique des richesses, au lieu de les encourager à réduire le « coût du travail ». C’est-à-dire une mesure à effet immédiat qui sera, du même mouvement, un premier pas vers une transformation radicale de l’économie et de la société.

La cohérence du projet communiste aide aussi à discerner les forces motrices d’un rassemblement capable de l’emporter sur le capital. C’est-à-dire d’abord le salariat dans toute la complexité des contradictions qui le travaillent, pour le pire – les divisions méthodiquement entretenues par les forces réactionnaires – et pour le meilleur – la possibilité de rassembler l’écrasante majorité de la population dans la lutte contre le capital, jusqu’à la perspective d’un dépassement des classes sociales elles-mêmes.

Mais ce projet communiste, sa cohérence, la réponse qu’il apporte à la colère et aux angoisses de notre peuple, sont aujourd’hui cruellement absents du débat public.

Pour en faire une arme de résistance et un motif d’espérer, il faut un Parti communiste qui réfléchit, qui agit et qui cherche à rassembler en prenant appui sur les luttes populaires et en visant un dépassement du  capitalisme pour construire une nouvelle civilisation. C’est ainsi que le PCF sera fidèle à ce qui, dans son histoire, a fait de lui une référence dans la vie politique française et dans les forces progressistes du monde entier, et c’est ainsi qu’il tirera sa force de ce qui a rassemblé les communistes à leurs 38ème et 39ème congrès.

Il y a urgence !                                                                                8 mars 2026

 

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Hausse du prix des hydrocarbures : à qui profite vraiment la guerre en Iran ?

Analyse

Hausse du prix des hydrocarbures : à qui profite vraiment la guerre en Iran ?

Les États-Unis ont tout à gagner de la guerre en Iran et d’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz. Malgré les sanctions, l’Europe et l’Asie pourraient aussi se tourner vers la Russie.

Comme au Venezuela, la Maison-Blanche ne refuserait pas de mettre la main sur les stocks de Téhéran, d’autant que 80 % de l’or noir iranien est exporté à prix réduit vers le rival chinois. © Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

Comme d’autres avant et après lui, Lénine pourfendait dès 1917 « la guerre provoquée par le conflit entre les rapaces à la chasse de profits ». Le peuple iranien n’y échappe pas, bombardé depuis dix jours par le zélote du capital occidental qu’est Donald Trump.

Économiquement, le président états-unien n’a pas beaucoup à perdre dans ce conflit : Washington est excédentaire en gaz naturel et en pétrole, dont il n’achète qu’une petite portion aux pays du golfe Persique. La hausse du cours du baril est « un très petit prix à payer pour la sécurité et la paix des États-Unis et du monde », reconnaît-il sur ses réseaux sociaux. Il a par contre beaucoup à y gagner.

Comme au Venezuela, la Maison-Blanche ne refuserait pas de mettre la main sur les stocks de Téhéran, d’autant que 80 % de l’or noir iranien est exporté à prix réduit vers le rival chinois, qui aimerait ouvrir le détroit d’Ormuz à ses pétroliers.

Une domination énergétique

Mais le milliardaire partisan de la « paix par la force » orchestre aussi le marché à coups de missiles. La suspension de production de gaz naturel liquéfié (GNL) par le Qatar et les pétroliers bloqués dans le Golfe sont autant d’aubaines pour les producteurs américains, qui pourraient gagner des centaines de millions de dollars de marges supplémentaires, et fournissent déjà 60 % des besoins européens en GNL.

La dépendance du Vieux Continent en serait aggravée si ce dernier ne se tourne pas vers la Norvège, l’Afrique du Nord ou l’Azerbaïdjan. « Les effets secondaires de la campagne militaire correspondent tout à fait au programme de domination énergétique de Trump », affirme Seb Kennedy, rédacteur du site Energy Flux, qui la définit comme « un appareil de politique étrangère qui orchestre la pénurie, instrumentalise les chaînes d’approvisionnement et exploite les rentes d’un monde qu’il a contribué à déstabiliser ».

Le Japon, qui se fournit en pétrole à 90 % au Moyen-Orient, se tournerait également vers l’allié états-unien. Mais l’archipel possède plusieurs mois de réserve qu’il peut débloquer pour éviter une flambée des prix. L’Inde, quant à elle, continue de se fournir en pétrole russe mais est menacée par les sanctions de l’administration Trump. Cette dernière a d’ailleurs accordé une « dérogation » de trente jours au gouvernement de Narendra Modi, ce que le peuple indien considère comme une nouvelle preuve de sa vassalisation. Ce geste est cependant intéressé : « New Delhi intensifiera ses achats de pétrole américain », assure le secrétaire au Trésor Scott Bessent.

La Russie opportuniste

La Russie, elle, pourrait paradoxalement profiter de cette « violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international » par les États-Unis, que vilipende Vladimir Poutine. Lors d’une réunion gouvernementale consacrée à la situation sur le marché des hydrocarbures, le président russe a ainsi assuré être prêt à fournir les pays européens en pétrole et gaz s’ils se déclarent en faveur d’une « collaboration durable et stable ».

Malgré les sanctions internationales, les pays d’Asie et d’Europe pourraient ainsi se tourner vers les raffineries et les unités de liquéfaction russes, au moins dans un premier temps. « Notre pétrole est très demandé, s’est sobrement félicité le ministre de l’Énergie Alexander Novak. S’il y a des acheteurs, nous vendrons. » À la Chine, notamment.

En plein vote du prochain plan quinquennal, l’Assemblée nationale populaire y a d’ores et déjà intégré deux projets de gazoducs en provenance de Russie, dont l’un pourrait être le « Power of Siberia 2 », projet relancé en septembre par Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Publié le 9 mars 2026   Axel Nodinot  par L’HUmanité

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Municipale de Toulon : le « grand »débat ?

           

 

                                                                                          Municipale de Toulon : le « grand »débat ?

 

La salle du Palais de la Mer était pleine jeudi à 18 h pour un débat entre cinq candidats -dont quatre femmes et sans celui de L.O, Jean-Michel Ghiotto –  les cinq susceptibles de se qualifier pour la fiinale : Josée Massi, la maire sortante, Michel Bonnus, sénateur, les deux de la liste Falco, ex-adjoints, Magali Brunel de la liste PS-PCF-Ecologistes, Isaline Cornil, LFI et Laure Lavalette députée RN mais sans étiquette pour la circonstance alors qu’elle est porte-parole de son groupe à l’assemblée nationale.

 

Une salle accueillant co-listiers, militants et sympathisants de chacune des listes, pour l’essentiel. Quelques manifestations de soutien et de contestation.

 

Un débat organisé par V-M et BFMTV sur les thématiques classiques  de cette élection : la sécurité, le logement, les transports, la santé, l’école, la culture, le sport…assez bien marqué entre la gauche, les deux de l’ex-liste de droite et la députée RN donnée favorite qui le fait savoir et se dit très « démocratique » et tellement toulonnaise qu’elle est tout sourire et se montre bien élevée.

 

Au point d’appeler Michel Bonnus par son prénom, comme si elle comptait sur lui au 2è tour, jouant sur la division des deux candidats de droite sortants

 

Magali Brunel s’est montrée offensive et très à l’aise sur le logement social, les transports et le recours au tramway, l’aménagement de l’espace maritime en face du stade Mayol, en panne depuis trois ans…n’épargnant pas le sur-place de l’ex-majorité de droite, Falco étant dans la salle.

 

Même combativité chez Isaline Cornil LFI, insistant sur l’absence de volonté politique des sortants ainsi que la députée RN, pour rattraper les retards délibérés en matière de logements sociaux. Leur  prétexte : il n’y aurait plus de foncier ? Pardi, il y en aurait juste pour le logement privé alors que 70% des Toulonnais sont éligibles au logement social. Les attentes étant d’une longueur dissuasive qui n’est pas le fait du hasard.

 

Il y avait beaucoup de convergences entre les deux candidates de gauche sur l’ensemble des thèmes. Et sur l’importance de répondre et d’entendre les urgences de la population à commencer dans les quartiers populaires où le seuil de pauvreté ne cesse de s’élargir.

On pouvait suivre en direct sur l’ordinateur que j’ai abandonné au bout d’une heure n’entendant pas un mot sur ce qui se passe en ce moment : une guerre d’une rare violence décidée par Trump et Nétanyahou, au mépris du droit international contre l’Iran, qui a déjà fait des milliers de morts et s’étend à tout le Moyen-Orient, pour des prétextes multiples et variants et des conséquences de tous ordres  que vont subir pour nos populations, notre Etat et nos collectivités territoriales.

 

Notre objectif : pas de retour du RN à Toulon

 

Etait-ce prévu par les organisateurs de s’en tenir aux municipales ? Je n’en sais rien.  Il m’est également apparu que la candidate d’extrême-droite avait été ménagée pour ce qui concerne non pas sa personne mais ses responsabilités politiques locales, départementales et nationales.

 

Un parti qui soutient Trump, Nétanhyaou, Poutine…quitte à mettre la sourdine le cas échéant, qui nie sa fidélité au créateur du FN maintes fois condamné  pour anti-sémitisme et négationnisme, un parti proche d’une vingtaine de groupuscules poursuivis par la justice, il banalise  les références au pétainisme, voire à Hitler, l’antisémitisme dénié, renvoyé sur les groupuscules officieux souvent dissous puis reconstitués, la face est sauvée,

 

Leur parti lui-même étant dans l’attente d’un jugement pour détournement de fonds publics pour avoir fait payer par le parlement européen les salaires d’une quarantaine « d’assistants » de députés FN puis RN qui n’en étaient pas.

 

Le maire RN de Fréjus, proche de Marine Le Pen et Bardella, a perdu ses responsabilités internes et ne pourra se représenter au nom du RN à sa réélection Dans l’attente d’un jugement en septembre qui pourrait le rendre inéligible.

 

Pour faire court, c’est un parti qui n’a jamais porté les valeurs de la République si ce n’est pour faire semblant et tromper des gens de bonne foi. Les milliardaires peuvent compter sur lui. Et réciproquement.

 

« Le RN  prospère sur le terreau de la haine de l’autre, des minorités, des femmes, des étrangers.  Laisser l’extrême-droite s’emparer des municipalités, c’est la pousser vers l’Elysée » comme le dit Marion d’Allard dans son éditorial de l’Huma.

 

 Les 5 candidats et le second tour

 

Deux jours avant ce débat, VM publiait un sondage auprès de 826 personnes qui a donné dans l’ordre : L. Lavalette 41%, J. Massi 27%, M. Bonnus 14%, M. Brunel 12% , I. Cornil  6%

La question du 2è tour a été  brièvement commentée et L. Lavalette a mis l’accent sur son attente de voix portées sur M. Bonnus, tiens, tiens. Elle n’attend rien de la gauche, encore heureux.

 

Magali Brunel a été claire : « nous engagerons des discussions républicaines avec les concurrents restants parce que nous devons battre le RN »

 

Isaline Cornil a envisagé, en cas de non-qualification, « de fusionner avec la liste de gauche  qualifiée et si elle ne l’était pas,  notre slogan sera pas une voix à l’extrême-droite »

 

Cela va de soi mais ne suffit pas. Au 1er tour on choisit et au 2è on élimine, ce qui est le cas de figure le plus probable, Eviter une triangulaire qui faciliterait la victoire du RN. Si l’on veut lui faire barrage on ne peut y parvenir qu’à condition de voter pour la ou le candidat en situation de rassembler le camp des républicains contre celui des néo-fascistes aux dents longues.

 

Le 1er tour sera décisif pour un vote massif de l’électorat populaire et de tous les républicains au sens propre.

 

 

René Fredon

 

 

Actualités

Trump en quête du prix Nobel de la guerre en Iran  

 

                                                                                            Trump en quête du prix Nobel de la guerre en Iran  ,Titrait l’Humanité ce lundi

 

Quand on entend Trump nous dire, la bouche en cul-de-poule et les yeux plissés dans le vide, que « la guerre ne sera pas longue » et qu’il aura réussi à nous délivrer du mal, avec son copain d’Israël, ajoutant qu’il a « les bonnes personnes» pour remplacer « démocratiquement » au pouvoir celles qui ont perdu la vie…bien ciblées dès le premier jour,

Quand Macron s’empresse de nous préparer à augmenter le stock des têtes nucléaires ainsi qu’à faire face aux dépenses supplémentaires qui nous attendent vu l’embrasement du Moyen-Orient, riche en énergies indispensables dont les prix vont flamber, très convoitées, en premier lieu par le gangster de la maison- »blanche »

 

Quand on entend la cohorte des porte-paroles de la macronie, de la droite, de l’extrême-droite et même d’une faible partie de la fausse gauche…qui enfourchent le cheval qui nous dirige vers l’abime,

 

Pas besoin de se demander si l’on ne nous prend pas pour des imbéciles bons à regarder le doigt qui montre la lune. Il y a longtemps que ça dure, trop longtemps.

 

L’UE contribue à enterrer le droit international

 

 

Lisait-on lundi dans le seul quotidien (papier) de la gauche sociale, laïque, pacifiste et progressiste : « Malgré les coups que lui assène Donald Trump en permanence, l’Union européenne peut-elle encore incarner un acteur global et indépendant ? Dans son intervention devant le Conseil de sécurité, réuni en urgence le 28 février, le représentant permanent de la France auprès des Nations unies, Jérôme Bonnafont, a, dans une belle rhétorique d’inversion, fait porter la responsabilité de la guerre à l’Iran : « Cette région a besoin de paix. Et pour y parvenir, elle a besoin que l’Iran respecte ses obligations internationales.  Nous condamnons avec la plus grande fermeté les frappes indiscriminées conduites par l’Iran contre plusieurs pays de la région… »

Autrement dit, le diplomate attribue directement à l’Iran la responsabilité du déclenchement de la guerre décidée par les États-Unis et Israël, sans mandat international ni même l’avis du congrès étatsuniens !

 

Ce qui se traduit par 49 % d’américains qui s’opposent à l’usage de la force militaire contre 27% qui y sont favorables.

 

A l’évidence, les pays arabes du golf qui sont liés aux USA par les accords d’Abraham moyennant les bases américaines sur leurs territoires, ont leur part de responsabilité, même s’ils n’ont guère été consultés par leurs protecteurs, fauteurs d’une guerre dont on ne connait pas la tournure  mais un peu mieux les ambitions des incendiaires.

 

Depuis quand les bombes vont-elles convaincre ceux qui les reçoivent, tant que le pouvoir,  en Iran, même rejeté par une forte partie de la population, n’a change que de têtes mais pas de politique religieuse ultra-conservatrice et violente. Plus il y aura de morts et de dégâts matériels et plus il y aura de rejet des massacreurs.

 D’autant que, comme le dit un chercheur historien militaire et professeur associé à Sorbonne-université, Gorges Lasconjarias « l’Iran peut imposer le prix du temps plus que le prix du sang »

 

 On ne sera pas surpris que Bardella, président du RN, estime, sur X « qu’afin un changement de régime advienne, même rendu possible par ces frappes extérieures, il ne pourra être légitime et durable que s’il émane du soulèvement du peuple iranien”.

 

Il se contorsionne pour ne pas nommer et condamner les E-U violant le droit international pour ne retenir que le changement de régime qui ne s’est pas produit après l’assassinat de Khomenyi le premier jour de guerre.

 S’il est légitimement espéré par une bonne partie de la population il faudra d’abord cessez-le-feu  et que se créent les conditions  véritablement dé-mo-cra-ti-ques, c’est-à-dire un choix libre des Iraniens, pas dicté par Trump qui a déjà dans ses projets plusieurs noms, dit-il ? On n’est jamais si bien servi  que par soi-même…

 

Bardella et le RN cautionnent de fait  le massacre et ce n’était pas le premier. Cela ne peut que réjouir Nétanhyaou co-auteur de cette situation à hauts risques mondiaux qui prolonge son génocide à Gaza et son rôle politique contesté à la tête d’Israël.

 

Quant à l’expression du RN, de ses députés, cadres et candidats, elle se montre entièrement portée sur les municipales, jusqu’à mettre l’étiquette RN de côté, comme à Toulon…

Les conséquences de l’initiative guerrière du duo d’extrême droite sont déjà en cours, on le sait pour l’augmentation du gaz et du pétrole en premier lieu, qui nous concerne directement.

 

Comment faire cesser cette guerre ? L’ONU s’est réunie, Trump s’en fout comme de sa première chemise. Il ment comme il respire, il change de prétextes chaque jour en se mouillant le doigt. On connait sa versatilité et sa suffisance de dictateur de plus en plus ridicule et dangereux.

 Ainsi mardi soir, juste avant l’intervention de Macron, sur la 13 j’ai noté le contenu de la déclaration du directeur de l’AIEA qui disait qu’ » il n’y avait aucune preuve que l’Iran cherche à fabriquer des armes nucléaires… »

 

https://www.youtube.com/watch?v=xq566pF1rN8

 

Exactement le contraire de ce que disait Trump pour justifier sa décision criminelle parmi d’autres objectifs mais celui-là se voulait salvateur. Le dictateur fasciste et milliardaire -c’est très compatible- qui tue le tyran.

 

Comment les chefs d’Etats pro-capitalistes, de partis (pas tous) leurs banques et leurs médias peuvent-ils soutenir de tels énergumènes qui menacent la sécurité des peuples, notre avenir ?

 

Il y a du grain à moudre.

 

 

René Fredon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Combattre les inversions

 

                                                                                                                                                         Combattre les inversions

 

Bien sûr, les temps troublés nous obligent à refuser les simplismes, les postures, les outrances. Avec lucidité et hauteur de vue, il s’agit d’affronter ensemble les complexités.

 

De les défricher, de les déplisser jusqu’au fond de leurs replis cachés. Cela exige de penser, de parler, de réfléchir ensemble et de condamner sans ambiguïté toutes les violences, toutes les mises à mort et leurs responsables.

Il est temps de s’interroger. On peut se demander dans quelle mesure le moment ne porte pas la marque brune de l’accélération d’une dangereuse culbute portée par de puissantes forces drapées des habits de la raison et de la bienséance.

Avant que ne s’élance à Lyon samedi dernier une manifestation en mémoire de Q. Deranque, rassemblant nationalistes, identitaires, racistes de toute sorte et néonazis, la tête de liste du parti les « Républicains » à la mairie de Marseille revendiquait le slogan pétainiste « Travail, Famille, Patrie » en lieu et place de la devise républicaine : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Quelques heures plus tard, la ministre de l’Agriculture la soutenait ouvertement à la radio.

 

Au dîner annuel du CRIF, le Premier ministre a annoncé qu’il proposerait de légiférer pour faire confondre antisémitisme avec l’antisionisme incluant la contestation des actions criminelles du pouvoir d’extrême droite israélien.

 

Depuis le perchoir, la présidente de l’Assemblée nationale a ouvert les vannes en demandant publiquement la destitution d’un député, permettant plus tard à une ministre de traquer tout électeur de La France Insoumise, puis à une autre de demander l’interdiction de ce parti, puis à d’autres de dresser un trait d’égalité entre l’extrême droite et La France Insoumise après que le ministre de l’Intérieur eut demandé, en dehors de toute jurisprudence, de ranger ce mouvement à l’extrême gauche dans les classifications des listes aux élections municipales. Une autre ministre a pu proclamer que « La France insoumise, c’est l’anti-France » comme jadis, du temps de Pétain, certains criaient « Communistes, pas français. » Injonction est faite à toute force de gauche et écologiste de ne plus s’approcher de La France Insoumise. Curieux non ! Quand on sait que 40% du groupe LR à l’assemblée nationale ont été élus grâce au retrait des candidats du Nouveau Front Populaire. Dans une bonne demi-douzaine de circonscription cela a été le fait de candidat de La France Insoumise participant à ce qui est communément appelé « le barrage Républicain ».

 

Devant l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères s’est permis, sur la base d’une déclaration tronquée de demander la démission de la rapporteure de l’ONU chargée d’enquêter sur la nature des crimes à Gaza. Le ministre de l’Enseignement supérieur demande aux préfets un contrôle sur la nature des conférences organisées dans les universités.

Loin d’être un dérèglement de la pensée républicaine, cet ensemble de paroles et de décisions indique la nature d’une nouvelle déviation politique sapant les fondements de notre République. Les forces dominantes et les possédants ont eu si peur de la victoire du Nouveau Front populaire au début de l’été 2024, qu’ils cherchent tous les moyens d’empêcher son unité et sa progression. Dès lors, chaque événement est exploité en ce sens.

Il convient de redire sans détour, avec fermeté et clarté qu’aucune violence physique, aucun meurtre n’est tolérable, acceptable, banalisable dans une démocratie républicaine. Il ne peut y avoir d’exception.

 

L’antifascisme est une attitude, un combat d’idées, un mouvement large des démocrates et des républicains qui refuse la prise de pouvoir de partis ou de groupuscules autoritaires et fascisants menaçant la République. C’est un mouvement de défense et de protection. Ce n’est ni une milice, ni un groupuscule. Il n’emploie pas les méthodes de ceux qu’il doit combattre. Il vise le mouvement majoritaire mariant l’esprit républicain et la mobilisation pour une radicale perspective de transformation comme au temps du Front Populaire avec ce tryptique « Le Pain, La liberté, La Paix ».

Mais on ne peut prétendre vouloir  panthéoniser Marc-Bloch et stigmatiser au plus haut niveau de l’état l’antifascisme !

 

Le contexte oblige à refuser toute excuse, toute complaisance au meurtre de Q. Deranque militant nationaliste d’extrême droite. L’enquête et la justice doivent établir les faits et les responsabilités et prendre en conséquence les décisions conformes au droit.

 

La force de la politique sera toujours supérieure à la politique de la force, des coups-de-poing et de pieds. 

Faire reculer la force renforce la vitalité démocratique. Il n’y a jamais de circonstances atténuantes au crime. Il convient donc d’être clair, ferme et de se détacher de certaines organisations et de leurs méthodes violentes qui poussent à la mort d’un jeune quelles que soient ses opinions aussi radicalement opposées aux nôtres.

 

Ne pas le faire revient, qu’on le veuille ou non, à délégitimer l’antifascisme.

C’est ce mouvement de renverse qui est en train de se produire. Nous devons en tenir compte dans l’indispensable combat idéologique pour remettre les choses à l’endroit. La France insoumise, n’a évidemment rien à voir avec ce meurtre. Sa mécanique de défense face au rouleau compresseur de la réaction et de quelques autres cercles ne doit pas  ouvrir la voie au poison de suspicions infondées, à de redoutables défiances portant au bout du compte les germes d’une dislocation de la gauche, et de la destruction du bouclier protecteur des classes populaires et de la jeunesse. C’est l’objectif du grand cercle de la raison capitaliste, qui par tous les moyens veut préserver son système.

 

On ne peut plus aborder le débat politique de la même manière qu’il y une dizaine d’années. L’internationale réactionnaire est active. Elle est à la tête de grands États, dont les États-Unis. Elle tisse sa toile aux quatre coins de la planète, particulièrement en France. Des forces importantes des droites républicaines mutent pour mieux défendre, par tous les moyens – non pas les principes républicains – mais le capitalisme miné par ses contradictions. Pour cela, il leur faut absolument, non pas seulement diviser la gauche, mais la détruire.

Dès lors que le rideau de fumée macroniste et sa fumeuse thèse du « ni gauche-ni droite », commune d’ailleurs avec celle du  parti lepéniste, s’est évanouie dans le service zélé aux puissances d’argent et qu’en même temps la droite recomposée après la Seconde Guerre mondiale dérive au fil des eaux brunes de l’extrême droite, le moment est complètement nouveau et ouvre les voies du pouvoir à cette dernière.

 

Il convient de mesurer la puissance de la machine à laver mise au service de la blanchisserie du RN/FN.

 

Quand les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat appellent à une manifestation contre l’antisémitisme en permettant au parti le plus antisémite de défiler à leurs côtés, ils offrent aux héritiers du fascisme, du nazisme et de la collaboration, un blanchiment historique.

 

Quand ces mêmes présidents font se lever députés et sénateurs aux côtés de l’extrême droite pour une minute de silence en hommage à Q. Déranque, alors qu’ils ne l’ont pas fait en hommage, par exemple, au rugbyman Frederico Martin Aramburu criblé de balles le 19 mars 2022 par deux nervis fascistes connus des services de police, on mesure la digue qu’ils sont en train de détruire.

 

Les stratégies de confusionnisme, les opérations d’obscurcissement sont orchestrées sur une musique de fond laissant croire que la vie démocratique serait dans son état normal.

 

Comment la vie politique peut-elle être « normale » quand les forces d’extrême droite devancent toutes les autres aux élections européennes avec le tiers des suffrages, que son groupe est numériquement le plus important à l’Assemblée nationale et qu’elles frôlent les 40 % des suffrages dans certaines enquêtes d’opinion ?

 

Quand tout se bouscule ainsi, sous les apparences de la normalité, la situation est dangereuse. La vaste tentative en cours de prise de pouvoir sur les esprits peut accélérer un mouvement de bascule que nos concitoyens regretteraient rapidement et amèrement.

Ce qui se passe aux États-Unis doit faire réfléchir : une coalition de réactionnaires, d’identitaires, de nationalistes et de libertariens, alliés au grand capital du numérique, du militaire, de l’immobilier, de la pharmacie et de l’extractivisme capitaliste théorise la fin du droit, la fin de la démocratie et le recours à la violence. Au pouvoir, ils aggravent les souffrances sociales des travailleuses et des travailleurs, tout en délégitimant la science et rêvant de mettre la culture au pas. Nous entrons en France aussi dans ce mouvement d’une terrible inversion des responsabilités et des valeurs.

 

Ici, il ne s’agit plus pour le pouvoir et la droite de condamner la violence en politique, mais de l’instrumentaliser, de l’utiliser comme prétexte à l’intimidation médiatique et institutionnelle, à faire taire les contestations sur une multitude d’enjeux sociaux, démocratiques, environnementaux, antiracistes, féministes.

 

Ne mésestimons pas la portée du combat en cours. Lorsqu’une partie de la droite s’empare de l’abominable crime de Lyon pour réclamer la censure de Rima Hassan, elle s’attaque, au fond, à la cause palestinienne et au droit international.

 

Ce même pouvoir qui hier interdisait des manifestations syndicales de défense du code du travail ou pour l’application du droit international en Palestine, a poussé encore plus l’aiguille du cadran de la bascule idéologique en autorisant,  samedi dernier au cœur de Lyon, le défilé de groupuscules d’extrême droite avec ses saluts nazis, ses propos homophobes, masculinistes, racistes et anti-communiste.

 

Dans plusieurs villes, les manifestations des extrêmes droites laissent derrière elles des murs maculés de croix gammées. Des permanences de partis de gauche, notamment celles de La France Insoumise et du Parti communiste, ont été souillées ou vandalisées.

 

On aurait grand tort de ne voir que les apparences de la peinture fraîche sur les masques des extrêmes droites.

 

Nous en sommes, pourtant, au point où dans une unité de vues, des cercles gouvernementaux, des forces de droite et de l’extrême droite se permettent d’appeler à une alliance d’un nouveau type contre La France Insoumise. Le leader du RN/FN a pu, sur cette base – soutenue en toute tranquillité par des ministres et des responsables de droite – appeler à un front commun contre La France Insoumise. Ne nous trompons pas ! De cliquet en cliquet, c’est toute la gauche et l’écologie politique, des syndicats, des associations, des personnalités progressistes qui sont visés dans un engrenage qui vise la destruction des droits humains et sociaux, le pluralisme de la presse, la mise au pas de la justice, la répression des mouvements écologistes. Que nos amis socialistes ne s’y trompent pas. Eux aussi seront dans le collimateur comme le sont les responsables démocrates aux États-Unis. Que certains d’entre eux y réfléchissent et ne hurlent pas avec les loups aux crocs acérés.

 

En 1933, aussi, le parti national-socialiste allemand prenait prétexte de l’incendie du Reichstag pour interdire le Parti communiste et de multiples organisations de gauche pour, au bout du compte, mettre au pas le peuple Allemand et déployer sa stratégie nazie. Les forces qui, aujourd’hui concentrent leurs coups sur La France Insoumise ouvrent, à coup de bulldozer, un boueux boulevard où paraderait un RN/FN avec un visage de la respectabilité et l’apparence – seulement – d’une force capable d’apporter des réponses à la mal-vie, aux crises et aux désordres.

 

Or, ce parti d’extrême droite reste antirépublicain et constitue la dernière béquille du grand capital mondialisé. Il est utile de lire les propositions de loi que le RN/FN a déposées sur le bureau de l’Assemblée nationale, dans lesquelles surgit, entre les lignes, son projet de coup d’État constitutionnel pour imposer la « préférence nationale ».

 

Dans un contexte si inflammable, si désordonné et confus , nos amis de La France insoumise ont la responsabilité de ne pas tendre en permanence les formes du débat, de sortir d’une posture vécue comme trop agressive par une partie conséquente de l’électorat de gauche et au-delà par de larges fractions de celles et de ceux qui ont intérêt au changement progressiste et cherchent une issue à leurs souffrances sociales. De même, le combat contre les fausses informations, les insultes, l’agressivité de discoureurs de plateaux  ne doit pas être confondue avec l’indispensable pluralisme des médias à gagner, le droit d’être informé convenablement et le débat d’idées si indispensable à l’exercice de la citoyenneté.

 

Il n’y a ici aucun propos belliqueux, mais une volonté de construire un large front commun aux progressistes et démocrates pour empêcher le pire d’advenir et pour ouvrir, dans le dialogue, dans le débat avec toutes les forces progressistes, bien au-delà des partis les voies d’un rassemblement majoritaire pour un processus d’émancipation.

 

On ne peut laisser plus longtemps délégitimer les belles et fortes valeurs de la gauche : l’humanisme, le souci de l’autre, l’altérité, la sororité, l’antiracisme, le processus démocratique comme but et moyen à la disposition des citoyens et des salariés pour conquérir des pouvoirs nouveaux dans la cité et sur le travail et la production.

 

Combattons cette musique qui tend à faire passer les valeurs émancipatrices et inclusives pour des projets dangereux, quand la droite extrémisée promeut l’ordre et le compromis contre le travail et la création pour sauver un capitalisme qui a encore plus besoin de les exploiter.

 

Le moment est exigeant pour tout républicain, tout démocrate : ne céder ni à la violence, ni au piège des parallèles tracées entre l’extrême droite et les forces de gauche réunies au sein du nouveau Front populaire.

 

Le moment est exigeant pour toutes les forces de gauche, écologistes et progressistes : ouvrir les mains et les cœurs pour apaiser les débats en les rendant constructifs ; éclairer sur la douloureuse expérience en cours avec le trumpisme; ne rien faire à l’occasion des élections municipales qui fasse perdre des gestions de villes par les forces de gauche qui, depuis 1977, agissent ensemble pour le bien des populations ; ne pas se contenter des débats électoralistes – avec en arrière-pensée l’élection présidentielle – mais se porter au service des combats des travailleurs, si maltraités par l’impérieuse loi de l’argent et ses violences sociales dont on parle si peu ; protéger les plus démunis, celles et ceux que l’on nomme les minorités ; bâtir des initiatives unitaires au service de l’émancipation ; faire prévaloir en toute chose le respect des uns et des autres, le dialogue cordial et fraternel sans gommer les différences et les désaccords.

 

Au contraire, nous devrions nous attacher à les mettre en débat parmi les citoyens et les travailleurs et à entendre leurs aspirations unitaires. Tout doit être mis entre les mains des citoyennes et des citoyens, du monde du travail et de la création qui doivent se mêler des débats pour pouvoir devenir actrices et acteurs d’un nouveau projet d’à-venir.

L’heure est à ne pas laisser vaciller la République.

Le 23 février 2026, La lettre de Patrick LE HYARIC

 

Actualités

Unir le peuple de France contre le fascisme

                 En Photo ( HUMANITE ) le groupe Fasciste NEMESIS avec  ces  femmes  anti-avortement et anti progres sociaux  et/ou societaux 

collectif fémonationaliste Némési  …© Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP

 

                                                                                                                      Unir le peuple de France contre le fascisme

 

C’était déjà la préoccupation des communistes en avril 1936. C’est plus que jamais d’actualité. Détour à travers l’Histoire et les similitudes presqu’un siècle plus tard où l’on craint que les mêmes sources idéologiques, à l’œuvre derrière leur leader américain, parviennent à dominer les pays et les peuples qui voient un avenir très sombre se dessiner.

 

Nous nous trouvons devant une crise profonde du capitalisme confronté à un monde multipolaire. Crise dont on ne voit pas la fin, avec le risque d’une troisième guerre mondiale entretenu par la conception impérialiste des E-U, notamment, du droit international quitte à prolonger les guerres en cours, toujours alimentées par les mêmes et leurs soutiens…très à droite et à l’extrême-droite au service des ultras-riches qui ne le sont jamais assez !

L’imminence, en France et ailleurs, de la possibilité d’accession du RN -et autres groupes d’ultra-droite- aux pouvoirs, nationaux et locaux, ne saurait être sous-estimée, ni surestimée car minoritaire à condition que les 2/3 de la population se manifestent lors des élections prochaines sans attendre l’échéance de la présidentielle.

Encore faut-il que l’antifascisme soit clairement inclusif à la démocratie et à la République, ainsi que la laïcité dans toute sa diversité. Que la gestion des problèmes économiques, sociaux, sociétaux et environnementaux soit en dehors de tout privilège avec la volonté de réduire les inégalités sociales qui ne cessent de s’accroître, à la ville comme à la campagne.

Ce qui n’est pas du tout au programme des droites et extrêmes-droites d’hier et d’aujourd’hui. Contradictions existentielles qui ne se résoudront que par les luttes populaires dans les entreprises et dans les lieux de vie.

 

Une situation comparable, à bien des égards, qui m’est revenue en mémoire, condensée dans le discours du 17 avril 1936 de Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, qui n’avait jamais été invité à Radio-Paris, discours qui reste prémonitoire, à mes yeux, non par fétichisme mais par ce qu’il contient de vision communiste dans une période et un contexte des plus difficiles au sein de l’internationale communiste d’alors, dirigée par Staline qui n’avait pas apprécié l’initiative française, à la veille de la seconde guerre mondiale.

Ce discours dont on retient  surtout « la main tendue aux catholiques et aux croix-de-feu…» avait déclenché la stupeur et l’ironie haineuse parmi les classes dominantes et leurs porte-paroles gouvernementaux n’était que la partie finale d’un discours conséquent sur l’état de la France et l’analyse qu’en faisait l’orateur, ancien mineur, d’une clarté et d’une conviction rares. (1)

 

Il y développait « Les 200 familles responsables de la crise. La dictature des banques. Les ouvriers et employés dans la crise. La ruine des paysans. Les fascistes diviseurs de Français. Le fascisme, c’est la guerre. Complices d’Hitler en France. Nous combattons pour l’avenir de notre peuple ».

Ce qui me paraît flagrant, tragique même, ce sont les parallèles avec ce que nous vivons aujourd’hui, 90 avant après, à la veille de la seconde guerre mondiale, l’on voit les mêmes idéologies d’extrême-droite resurgir, banalisées et prêtes à imposer les « valeurs » que l’on sait, tout en se camouflant, déniant ce qu’elles ne veulent pas reconnaître : leur filiation et leurs objectifs qui passent toujours par les guerres et les dictatures.

 

Illustration à Toulon où la députée RN, devient candidate au poste de maire, sur une liste sans étiquette: la gestion d’une commune serait apolitique !

 

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde » écrivait le poète et dramaturge allemand Bertold Brecht dès 1941. Il avait une autre citation très popularisée : « Celui qui combat peut perdre mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

 

Bien entendu, ce sont les générations d’aujourd’hui qui trouveront les réponses à ce qui les révolte, d’autres  approuvant où, par l’abstention, laissant faire ceux qui nous gouvernent, à droite et ceux qui, à l’extrême-droite, sont aux portes du pouvoir, aux côtés de Trump et de Poutine deux nationalistes qui veulent agrandir leur territoire par la guerre.

Le premier visant d’annexer et de dominer de grands espaces et des pays entiers, malgré eux, allant jusqu’à kidnapper le chef d’Etat du Venezuela, à priver d’électricité et d’essence Cuba où les E.U disposent toujours d’une base militaire ??

 

On est samedi 28 février, il est bientôt 13 h, j’ouvre la 2 et j’entends que les E-U ont largué des bombes sur l’Iran comme ils nous y préparaient, Trump disant qu’il s’agit « d‘une opération de combat majeure » et que libérer le pays des mollahs c’est bon pour l’avenir !!! De quel droit et pour quels intérêts ? Il a eu l’accord de Nétanhyaou, on s’en doutait, c’est tout le problème. Voilà le Moyen-Orient embrasé et la réplique militaire aussitôt activée de l’Iran. Une guerre de plus !

 

C’est ça l’avenir du monde ?

 

Il est vrai qu’en France, de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui ne font pas confiance aux « politiques » de droite et de gauche pour ne pas avoir respecté leurs promesses, non sans raison, ça a commencé il y a longtemps. Une partie essayant le RN qui se dit à l’écoute des couches populaires et des paysans tout en refusant de taxer les ultra-riches, ils défendent leurs fortunes indécentes qui ne manquent pas de leur être reconnaissantes ?! En plus des détournements d’argent public..

 

Ils prennent les immigrés pour des boucs émissaires, responsables des politiques libérales touchant d’abord les plus défavorisés quelles que soient leurs origines et leurs religions. Choix libéraux qui creusent les inégalités financières et sociales. Sans parler des dispositions environnementales nettement insuffisantes, face au réchauffement climatique.

Leur camapgne anti-immigration relève fondamentalement de leur xénophobie :  tout ce qui vient de l’étranger, en particulier noirs et arabes musulmans, empiète sur leur nationalisme très étroit qu’ils confondent avec le patriotisme qu’ils voudraient confisquer.

Que celles et ceux, notamment chez les jeunes, ce qui ne saurait être un reproche, bien au contraire, ne manquez pas de voir et de revoir « le dictateur », véritable chef d’œuvre parmi d’autres, de Charlie Chaplin, son discours de fin est à couper le souffle.

Ce ne sont pas les sujets de préoccupation qui manquent. A commencer par comment créer les conditions d’un barrage de tous les antifascistes, soit un front républicain au second tour après une perspective progressiste, l’affaire des listes de gauche et écologistes au 1er tour à l’élection municipale ? D’où le titre de ce texte.

 

A suivre

 

René Fredon

 

 

 

(1) https://www.gauchemip.org/spip.php?article19319

 

(2) https://www.lhistoire.fr/feuilleton-1936/la-main-tendue-de-thorez