Social, climat, énergies, libertés…

 

        Pour une transformation réelle et ambitieuse

 

Tout le monde en convient ou presque : le monde, l’Europe, la France vont très mal. Crises multiples et guerres dominent sur tous les continents, nous sommes entrés dans des économies de guerre qui coûtent très cher et qui font planer la menace d’une nouvelle et troisème guerre mondiale si une paix négociée n’intervient pas à brève échéance entre l’Ukraine et la Russie. C’est toute l’humanité qui est concernée. Le risque d’utilisation de l’arme nucléaire redevient une hantise.

 

(Deux rassemblements populaires sur ce thème auront lieu à Toulon les 21 et 27 septembre à l’initiative du collectif national du 21 septembre représentatif de 35 organisations, mouvements, syndicats, partis…voir PJ 1)

 

Des sommes faramineuses y sont déjà consacrées accélérant l’inflation, les inégalités…et les profits d’une minorité qui impose ses choix politiques. Tandis que la crise climatique se trouve largement sous-estimée malgré les autoproclamassions officielles, elle appelle des   transformations urgentes de nos modes de production et de consommation qui manquent singulièrement de financements. Ce n’est pas une erreur.

 

Mais cette unanimité explose dès qu’on se pose les questions de savoir où nous allons, qui sont les responsables et quelles alternatives crédibles nous garantissent une transformation véritable qui place l’humain et les biens communs au centre de ses objectifs.

 

Comme le disait en juillet dans Le  Monde, Edgar Morin : “Toute politique suppose une vision du monde et de l’humanité, une connaissance de l’économie et de l’histoire…”.  Questionnement prolongé par la jeune philosophe et psychanalyste native de Toulon, Elsa Godart dans son dernier livre “Les vies vides”: “qu’est-ce qu’être humain dans un monde qui se déshumanise de plus en plus ?” interrogée dimanche dans le journal régional et qui donne envie d’être lue.

 

Journal qui, par ailleurs, ne consacrait pas une ligne à la Fête de l’Humanité, comme la plupart des quotidiens et grands médias. On y débattait de l’avenir et on y appelait à des mobilisations populaires puissantes pour réveiller les services de l’Etat… et leur rappeler la dégradation au quotidien des conditions de vie d’une très grande majorité des Français à commencer par les bas revenus avec les hausses de l’inflation sur l’alimentaire, les énergies, les charges locatives provoquant le ras-le-bol qui monte dans toutes les catégories sociales.

 

N’est-ce toujours pas le libéralisme qui domine le monde depuis l’après-guerre ? Un libéralisme toujours à la barre avec pour mission de restaurer les taux de profits et, pour y parvenir, ils nous imposent des choix budgétaires favorables aux riches et aux grandes entreprises…tout en infligeant l’austérité renforcée au monde du travail, aux retraités, aux jeunes…

 

On ne peut pas, sans réagir, les laisser briser nos vies, réduire les dépenses publiques utiles aux besoins sociaux les plus nécessaires et détruire les services publics. Ils ont aussi décidé  doubler les déremboursements sur les médicaments, entr’autre. Se loger devient plus difficile et coûte de plus en plus cher. Absorbant 50% des revenus les plus modestes !

 

Un aperçu de ce qui nous attend

 

Le Maire, ministre de l’économie, nous explique qu’il s’agit de “réduire le lourd endettement de la France”  qui accuse 126,8 milliards d’euros (4,8% du PIB) après s’être envolé à 9% en 2020 et 6,5 en 2 021. Cocorico, “on a commencé à réduire la dette, on va continuer.” Depuis 2017 ils sont au pouvoir tout de même. Il répond : “la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, on n’y est pour rien…?” Trop facile, trop de morts, trop d’attentes dans nos hôpitaux publics sacrifiés et surchargés et trop de profits engrangés par les grands labos, les vendeurs d’armes et le BTP.

 

Et ça continue. Le gros morceau des dépenses publiques ce sont la protection sociale et la santé : 41,6 % et 15,7% =  57,3% plus de la moitié ! Macron compte ainsi faire approuver sa politique anti-sociale au bénéfice des grandes entreprises et des grandes fortunes ! L’exact contraire de ce qu’il faut rétablir.

 

Il annonce 16 mds d’économies de dépenses publiques alors que la croissance faiblit et que le chômage et les temps partiels sont à la hausse, les dépôts de bilan également…cela va priver la sécurité sociale de recettes conséquentes. Le pire est à venir d’autant que la BCE continue de relever ses taux d’intérêts et que cela augmente mathématiquement le coût de la dette.

 

Ainsi, en 2023 rien que les intérêts de la dette pèseront 38,6 mds ! 48,1 en 2024, autant que le budget de la Défense. En 2027  ils atteindront 74,4 mds : absolument énorme. Et le parlement vient de voter 413 mds de dépenses militaires pour les cinq prochaines années !!!

 

Quand on y ajoute les faveurs fiscales faites aux 378 ménages les plus riches qui ne paient plus au fisc que 2% de leurs revenus économiques, les exonérations de cotisations patronales, déséquilibrant la sécu, la fraude fiscale toujours aussi bien implantée, les grosses entreprises étrangères qui échappent à l’impôt en France et autres pratiques illégitimes.

 

Cela appelle plus que des compromis dans le même cadre d’un libéralisme arc-bouté sur une idéologie du tout marché, de la supposée “libre” concurrence, du profit maximum, de l’exploitation, de la propriété privée des grands moyens de production et d’échange…la puissance économique appelant la puissance militaire pour la conquête des richesses.

 

On en est là. Rien ne changerait sur le fond et ce serait laisser l’alternance aux néo-fascistes et à leur visée identitaire, nationaliste, raciste, ultraconservatrice…nous ramenant aux années  1930 et ce qui a suivi.

 

Le moment est à l’action multiforme

 

C’est le sens de l’appel lancé par F. Roussel avant et pendant la Fête de l’Huma :  ripostes populaires d’envergure face aux dispositions qui s’enprennent au pouvoir d’achat de dizaines de millions de Français.es. Il existe toujours un risque de fatalité, voire de désespérance. “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent ” disait Victor Hugo.

 

Les raisons de lutter ne manquent pas et le rapport des forces politiques n’est pas à l’avantage de la gauche dont une partie des cadres qui ont gouverné restent attirés par le libéralisme. Or ce que pensent et expriment les communistes, c’est qu’il importe de savoir quelle société républicaine et démocratique construire en France et sur quelles valeurs ?

 

Ce qui passe par des luttes climatiques et sociales, entre ‘autre, tout en jetant les bases d’une transition pluraliste et progressiste qui garantisse au peuple sa souveraineté par l’expression de sa volonté à tous les niveaux.

 

Le débat est d’autant plus nécessaire que tout le monde à gauche n’a pas les mêmes idées sur le devenir politique de la France et c’est naturel. Certes il y a des convergences sur la nécessité des luttes au quotidien -il s’en prépare beaucoup en cette rentrée- mais ce sont des divergences dont il faut débattre pour retrouver une crédibilité au-delà de ce qu’a pu rassembler la gauche à ses meilleures époques.

 

Ma conviction de communiste, pour avoir traversé quelques décennies de vie politique, me conduit à penser que rien n’est acquis, ni écrit d’avance mais tout est possible. En bref, le capitalisme est à bout de souffle, il n’est pas à l’agonie et il résiste. Son leader historique a déjà perdu son influence sur la planète qui devient multipolaire avec prédominance du Sud.

 

Quant au communisme qui a marqué ma jeunesse d’après-guerre, l’effondrement de l’ex-URSS n’a pas sonné la fin de l’histoire ni de la lutte des classes. Au contraire, elle s’aiguise mais beaucoup de p.c. ont disparu à l’Est mais pas seulement. Le militantisme à la base m’a enrichi par les nombreux contacts humains et le goût d’approfondir les questions théoriques avec humilité. Etant entendu que nul ne détient la vérité en toutes choses.

 

Je retiens du mot et de ce qui a pu déformer et dé-crébiliser le sens du concept théorique de Marx et d’Engels, que le communisme demeure une étape dans la recherche d’une nouvelle civilisation émancipatrice de toutes les exploitations par le partage des richesses communes, des savoirs et des pouvoirs dans un monde solidaire de paix, de coopération, de libertés, d’égalité de classe, d’origine et de sexe, de fraternité…et de biens d’autres choses qui balisent le chemin qui mène vers des jours heureux plutôt que vers des paradis virtuels.

 

Dans “l’Idéologie allemande” signée par les deux inséparables, on peut lire qu’ils caractérisent le communisme avant tout comme “le mouvement qui abolit l’état actuel des choses” sans en faire une définition formelle.

 

Exactement le contraire de cette caricature tenace qui, par pure idéologie, veut en faire un prêt-à-porter utopique et rigide, valable en tous lieux et en tous temps, voué à l’échec.

 

Mieux vaut se désaltérer à la source.

 

 

René Fredon

 

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