Municipale de Toulon : le « grand »débat ?

 

La salle du Palais de la Mer était pleine jeudi à 18 h pour un débat entre cinq candidats -dont quatre femmes et sans celui de L.O, Jean-Michel Ghiotto –  les cinq susceptibles de se qualifier pour la fiinale : Josée Massi, la maire sortante, Michel Bonnus, sénateur, les deux de la liste Falco, ex-adjoints, Magali Brunel de la liste PS-PCF-Ecologistes, Isaline Cornil, LFI et Laure Lavalette députée RN mais sans étiquette pour la circonstance alors qu’elle est porte-parole de son groupe à l’assemblée nationale.

 

Une salle accueillant co-listiers, militants et sympathisants de chacune des listes, pour l’essentiel. Quelques manifestations de soutien et de contestation.

 

Un débat organisé par V-M et BFMTV sur les thématiques classiques  de cette élection : la sécurité, le logement, les transports, la santé, l’école, la culture, le sport…assez bien marqué entre la gauche, les deux de l’ex-liste de droite et la députée RN donnée favorite qui le fait savoir et se dit très « démocratique » et tellement toulonnaise qu’elle est tout sourire et se montre bien élevée.

 

Au point d’appeler Michel Bonnus par son prénom, comme si elle comptait sur lui au 2è tour, jouant sur la division des deux candidats de droite sortants

 

Magali Brunel s’est montrée offensive et très à l’aise sur le logement social, les transports et le recours au tramway, l’aménagement de l’espace maritime en face du stade Mayol, en panne depuis trois ans…n’épargnant pas le sur-place de l’ex-majorité de droite, Falco étant dans la salle.

 

Même combativité chez Isaline Cornil LFI, insistant sur l’absence de volonté politique des sortants ainsi que la députée RN, pour rattraper les retards délibérés en matière de logements sociaux. Leur  prétexte : il n’y aurait plus de foncier ? Pardi, il y en aurait juste pour le logement privé alors que 70% des Toulonnais sont éligibles au logement social. Les attentes étant d’une longueur dissuasive qui n’est pas le fait du hasard.

 

Il y avait beaucoup de convergences entre les deux candidates de gauche sur l’ensemble des thèmes. Et sur l’importance de répondre et d’entendre les urgences de la population à commencer dans les quartiers populaires où le seuil de pauvreté ne cesse de s’élargir.

On pouvait suivre en direct sur l’ordinateur que j’ai abandonné au bout d’une heure n’entendant pas un mot sur ce qui se passe en ce moment : une guerre d’une rare violence décidée par Trump et Nétanyahou, au mépris du droit international contre l’Iran, qui a déjà fait des milliers de morts et s’étend à tout le Moyen-Orient, pour des prétextes multiples et variants et des conséquences de tous ordres  que vont subir pour nos populations, notre Etat et nos collectivités territoriales.

 

Notre objectif : pas de retour du RN à Toulon

 

Etait-ce prévu par les organisateurs de s’en tenir aux municipales ? Je n’en sais rien.  Il m’est également apparu que la candidate d’extrême-droite avait été ménagée pour ce qui concerne non pas sa personne mais ses responsabilités politiques locales, départementales et nationales.

 

Un parti qui soutient Trump, Nétanhyaou, Poutine…quitte à mettre la sourdine le cas échéant, qui nie sa fidélité au créateur du FN maintes fois condamné  pour anti-sémitisme et négationnisme, un parti proche d’une vingtaine de groupuscules poursuivis par la justice, il banalise  les références au pétainisme, voire à Hitler, l’antisémitisme dénié, renvoyé sur les groupuscules officieux souvent dissous puis reconstitués, la face est sauvée,

 

Leur parti lui-même étant dans l’attente d’un jugement pour détournement de fonds publics pour avoir fait payer par le parlement européen les salaires d’une quarantaine « d’assistants » de députés FN puis RN qui n’en étaient pas.

 

Le maire RN de Fréjus, proche de Marine Le Pen et Bardella, a perdu ses responsabilités internes et ne pourra se représenter au nom du RN à sa réélection Dans l’attente d’un jugement en septembre qui pourrait le rendre inéligible.

 

Pour faire court, c’est un parti qui n’a jamais porté les valeurs de la République si ce n’est pour faire semblant et tromper des gens de bonne foi. Les milliardaires peuvent compter sur lui. Et réciproquement.

 

« Le RN  prospère sur le terreau de la haine de l’autre, des minorités, des femmes, des étrangers.  Laisser l’extrême-droite s’emparer des municipalités, c’est la pousser vers l’Elysée » comme le dit Marion d’Allard dans son éditorial de l’Huma.

 

 Les 5 candidats et le second tour

 

Deux jours avant ce débat, VM publiait un sondage auprès de 826 personnes qui a donné dans l’ordre : L. Lavalette 41%, J. Massi 27%, M. Bonnus 14%, M. Brunel 12% , I. Cornil  6%

La question du 2è tour a été  brièvement commentée et L. Lavalette a mis l’accent sur son attente de voix portées sur M. Bonnus, tiens, tiens. Elle n’attend rien de la gauche, encore heureux.

 

Magali Brunel a été claire : « nous engagerons des discussions républicaines avec les concurrents restants parce que nous devons battre le RN »

 

Isaline Cornil a envisagé, en cas de non-qualification, « de fusionner avec la liste de gauche  qualifiée et si elle ne l’était pas,  notre slogan sera pas une voix à l’extrême-droite »

 

Cela va de soi mais ne suffit pas. Au 1er tour on choisit et au 2è on élimine, ce qui est le cas de figure le plus probable, Eviter une triangulaire qui faciliterait la victoire du RN. Si l’on veut lui faire barrage on ne peut y parvenir qu’à condition de voter pour la ou le candidat en situation de rassembler le camp des républicains contre celui des néo-fascistes aux dents longues.

 

Le 1er tour sera décisif pour un vote massif de l’électorat populaire et de tous les républicains au sens propre.

 

 

René Fredon

 

 

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