Logement social : le Pcf à l’offensive ..

Lors d’une conférence de presse, Philippe Himber de la section de Toulon du PCF a fait le point sur la situation du logement social particulièrement attaqué après le renoncement de Macron à s’appuyer sur le rapport Borloo élaboré avec des maires de banlieue et des représentants d’associations impliquées dans les quartiers dits “prioritaires”.

Il était entouré de membres de la CNL (confédération nationale du logement) et du DAL (Droit au logement), qui se sont associés à la campagne de pétition concernant la baisse des APL et ses incidences sur les offices d’HLM contraints de se regrouper et d’absorber la baisse décidée par l’Etat pour asphyxier un peu plus les bailleurs sociaux !

Le PCF, à l’assemblée comme au sénat, à Toulon comme ailleurs s’est toujours opposé aux économies sur le dos des locataires, ni directement ni en dépeçant les organismes HLM car ils auront encore plus de difficultés à faire face à l’entretien des immeubles et de leur environnement, aux rénovations, tout cela au détriment de tous les locataires, sans parler de la remise en cause de la construction de nouveaux programmes qui manquent cruellement pour faire reculer le mal-logement et donc les inégalités…

Ce désengagement de l’Etat se traduira dans les budgets par une réduction des crédits consacrés au logement social de 800 millions en 2018, autant en 2019 et 1,5 milliard en 2020.Telle est la conception d’un pouvoir qui ne cesse de favoriser les investisseurs dans l’immobilier spéculatif et qui réduit drastiquement les crédits destinés au logement social.

D’ailleurs le programme du gouvernement dans ce domaine, soutenu par les députés(es) LREM mais aussi LR, prévoit…la vente annuelle de 40 000 logements HLM ! Rien que ça. Mais il n’a aucun objectif de constructions sociales. Les mal-logés et les locataires des quartiers prioritaires ne sont vraiment pas la priorité de ce pouvoir des riches.

Philippe Himber a rappelé la pétition qui circule depuis des mois et l’effort militant dans les cités, sur les marchés, saluant l’engagement et les propositions convergentes de la CNL et du Dal pour sensibiliser à une situation qui ne fait qu’empirer depuis que Macron a dédaigneusement balayé le rapport qu’il avait demandé à un ancien ministre de la ville. Jupiter ne voulait pas d’un nième plan, chiffré par dessus le marché ! Pourquoi l’avait-il commandé ?

Il préfère les longs discours destinés à berner ceux qui croient encore au Père Noël et voient en lui l’homme providentiel qui va faire gagner tous les Français ? Surtout les riches mais il faut bien rassurer les plus pauvres qui sont plus de 10 millions à vivre au-dessous du seuil de pauvreté. Il ose leur dire qu’ils peuvent aussi s’en sortir s’ils en ont la volonté tout en réduisant les aides sociales !!!

Autrement dit : il considère qu’ils sont trop assistés, ils nous coûtent trop cher, qu’ils achètent leur logement comme ça on aura de l’argent pour en construire d’autres : pour du cynisme c’est du cynisme. L’ancien directeur de la banque Rothschild passé par l’ENA n’est pas loin. Le peuple : il croit lui faire avaler n’importe quoi.

Cette politique -qui accélère les précédentes- se traduit dans le Var par le refus d’un grand nombre de maires d’appliquer la loi SRU qui prévoit 25% de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants d’ici 2025, sous prétexte de la pression du foncier aussi cher ici que dans la région parisienne ! Le problème c’est que 70% de la population varoise est éligible à un logement social et que le parc diminue tandis que fleurissent les programmes spéculatifs qui n’ont rien de social.

Donc on construit dans le parc privé lucratif...mais il est inaccesible à ceux qui ont un urgent besoin d’un logement abordable. Question de volonté politique surtout. On préfère attirer des populations plus aisées, c’est bien connu. C’est ainsi que la ségrégation sociale se développe avec la carence de logements sociaux.

Une enqûete de l’Insee montre que le patrimoine des plus pauvres a baissé de 30% en 20 ans (1)

D’où le délai de plus en plus long pour loger les demandeurs, même reconnus les plus urgentissimes (loi DALO), faute de constructions suffisantes dans le parc public. On les pousse ainsi à s’endetter ou à accepter de payer un loyer au-dessus de leurs moyens. La plupart ne peuvent pas et le mal-logement dénoncé chaque année par la fondation Abbé Pierre, s’accroît inexorablement.

Philippe Himber a montré que si l’on a la volonté politique on peut. “A Paris où le foncier est très cher, sous la houlette de l’adjoint communiste Yann Brossat, en charge du logement social, le parc social est passé de 13% en 2001 à 21% aujourd’hui. Qu’on ne nous dise pas que, dans le Var, on ne pourrait pas progresser, notamment dans les communes qui sont en-dessous des 10% et qui préfèrent payer des amendes !”

 Il a évoqué la loi ELAN (Evolution du logement, de l’amènagement et du numérique) en cours d’examen et qui inquiète sérieusement le monde associatif qui craint notamment les assouplissements de la loi Littoral qu’elle contient et l’ouverture de nouvelles zones d’activité et d’urbanisation. Jusqu’à des députés LREM (Sereine Mauborgne et Emilie Guérel) qui, sous la pression des défenseurs du littoral, se disent vigilantes. “Nous serons attentifs à leur vote“.

Vaste projet de loi noyé dans une multitude d’autres projets de loi d’une session volontairement surchargée pour limiter les débats mais pas les dégâts. Macron et son gouvernement étant pressés de faire adopter au pas de charge leur train de contre-réformes tous azimuts. Ils veulent même soumettre le secteur du logement social aux mécanismes du marché et faire des bailleurs sociaux des investisseurs comme les autres !

On est loin des propositions du PCF que Philippe Himber a rappelées :

construire 200 000 logements par an et pousser à 30% du parc des résidences principales, les logements sociaux dans les zones urbaines

créer un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville,

créer un pôle public financier appuyé sur la Caisse des Dépôts pour financer le logement social

créer un pôle public de construction pour “casser” le monopole des majors du BTP et permettre l’abaissement des loyers et des charges

créer une agence nationale foncière et décentralisée au niveau des régions dotée de fonds d’intervention conséquents pour lutter contre la spéculation du sol par une maîtrise publique et des baux emphytéotiques

créer des outils publics dont la mission serait de mettre en oeuvre le droit au logement avec une gestion démocratisée, une représentation renforcée des élus locaux, des salariés, des associations et des usagers

Autant de points d’appuis pour développer l’action par le rassemblement des victimes du “macronisme” dans ce secteur aussi sensible par les temps qui courent.

R.F

(1)

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/06/05/depuis-1998-le-patrimoine-des-francais-a-double-mais-celui-des-plus-pauvres-a-baisse-de-30_5310127_4355770.html

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Le 14 juin à La Seyne de 13 h à 18 h au Casino Joa se tiendront les Etats généraux de la politique de la ville organisés par l’association Ville et Banlieue que préside Marc Vuillemot

Sur le thème de : citoyenneté, prévention et cohésion sociale, construire ensemble la sécurité dans les quartiers

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