Le pouvoir d’achat, les salaires et l’emploi

       …………au centre de la campagne de Fabien Roussel

Sans opposer les différents thèmes sociaux et sociétaux d’une campagne présidentielle, celle qui s’engage fait la part belle aux questions sécuritaires et identitaires portées par l’extrême-droite et les LR, force est de constater que Macron laisse faire et dire l’émule de Pétain de Trump et de Bolsonaro dont la candidature annoncée semble plutôt lui convenir car elle prend des voix à la challengère attendue.

Au prix d’une sur-enchère immonde qui rappelle les années précédant la seconde guerre mondiale, à travers un individu douteux fabriqué par quelques milliardaires et leurs médias complaisants qui se servent de leur proximité avec le pouvoir pour le promouvoir alors qu’il incarne l’anti-France et n’a que faire de la République et de ses idéaux reformulés à Paris en 1948 dans la Déclaration des Droits de l’Homme.

Ce qui aide Macron à “oublier” les questions sociales, au centre des préoccupations de l’immense majorité du peuple. Elles se trouvent minorées et tenues à distance d’un débat qu’il craint par-dessus tout, car on ne doute pas de sa candidature et de ses choix politiques d’austérité désastreux en matière de pouvoir d’achat, d’emploi et de salaires (pensions et retraites incluses).

Il est vrai que la pandémie reprend le dessus alors que l’information du sommet c’est de nous rassurer “ça va mieux, on maîtrise...” ou de passer à la manière forte avec un passe sanitaire imposé à tous qui n’empêche pas le virus de reprendre de la vigueur comme on le voit de nouveau en France aussi. A la Guadeloupe l’absence de dialogue à tourné à la révolte populaire et à la répression. En Martinique, la grève s’étend, la situation sanitaire mais aussi sociale ne cessent de se détériorer.

On devrait se contenter des plans de relance (pour qui ?) concoctés par le futur candidat qui se réjouit des bons résultats à la bourse de Paris et d’ailleurs, pour les multinationales et notamment les grands laboratoires et le luxe. Ils affichent leurs profits et leurs patrimoines avec gourmandise, tandis que très majoritairement la population se trouve dans des situations de régression de leur pouvoir d’achat et de plus en plus de familles dans une pauvreté aggravée !

Avec une angoisse du lendemain qui se répercute sur le moral et la santé à force de voir s’élargir le fossé entre une élite utra-riche et minoritaire et le reste de la société qui mesure aussi les déclarations de Macron contredites par les actes d’injustice sociale comme en matière de réduction de nos émissions de CO2. Ce qui peut évoluer avec la conscience que les objectifs sociaux et écologiques sont indissociables et que les obstacles politiques résident dans le système capitaliste lui-même.

 Garantir le droit universel au travail

C’est l’une des grandes questions sociales au coeur du meeting de Paris ce dimanche et au coeur du programme du candidat communiste Fabien Roussel qui a lancé sa campagne, à 140 jours de l’élection présidentielle.

Il résume son pacte avec la France par sa volonté de “garantir à chacune, à chacun le même droit à une vie sereine, sécurisée, le même droit au bonheur, au respect, au travail, à la dignité, quels que soient sa classe sociale, son lieu d’habitation, son sexe ou sa couleur de peau !

 

Sa première mesure : augmenter le SMIC de 20 %, pour le porter à 1 500 euros nets, 1800 euros bruts, dès le printemps 2022. “Augmenter les salaires bruts, voilà la priorité. Et il faut aller plus loin, car quand les prix augmentent, c’est tous les salaires qui doivent augmenter, pas seulement le SMIC”.

L’Etat doit donner l’exemple en revalorisant le point d’indice et les salaires des fonctionnaires de 30%. Avec l’égalité réelle des salaires hommes-femmes dans le public comme dans le privé. Aucune retraite ne devra être inférieure à 1 200 euros “et nous rétablirons la demie part des veuves, supprimée par Sarkozy puis Hollande…”

 Il a fustigé les 123 millards d’euros par an de cadeaux aux entreprises : “Oui, nous disons : rendez l’argent ! Laissez les salariés et les citoyens décider de l’utilisation de cet argent public…la République des privilégiés, c’est fini ! Nous voulons l’abolition de la dynastie des héritiers qui, parce qu’ils n’ont jamais manqué de rien, pensent que tout leur est dû “ 

Il a évoqué tous les gâchis humains provoqués par la course aux dividendes d’une société gérant un chômage de masse et la précarité du travail qui perd tout son sens dans la mondialisation libérale  où il s’agit de “s’adapter au marché”et non plus s’émanciper par un travail choisi et garanti

Fabien Roussel a beaucoup insisté sur cet obectif révolutionnaire que constitue ce défi d’éradiquer le chômage et de garantir à vie un emploi pouvant alterner avec une formation, avec un revenu garanti tout au long de la vie : “Ma gauche elle croit au travail, au salaire, à la formation elle veut sécuriser l’emploi et la formation.”

C’est un nouveau projet de société, un projet d’avenir que nous vous proposons de construire. Il mobilisera toutes les forces de la nation, toutes les ressources du pays autour d’une priorité : le bonheur commun et avec des objectifs affichés : pour la reconquête de nos services publics, de notre industrie, pour la transition écologique, féministe, et pour le progrès social…Une révolution qui prolonge celle de la sécurité sociale de’Ambroise  Croizat en 1945

 Un immense chantier qui doit permettre à chacun de trouver sa place dans la société et qui suppose de maîtriser la finance : “nous ne laisserons plus le capital, les actionnaires décider tout seuls. Nous ne laisserons plus la finance dicter ses logiques de rentabilité.

Nous fixerons de nouvelles règles au capital et de nouveaux critères d’attribution de l’argent public qui inonde aujourd’hui le monde de l’entreprise.

 

Nous voulons maîtriser le nerf de la guerre, l’argent également nerf de l’emploi.

C’est pourquoi, nous nationaliserons la BNP, la Société Générale et AXA… compagnie d’assurance bien connue, afin d’avoir les leviers publics pour accompagner les entreprises et peser sur les choix des multinationales.

C’est donc une vraie révolution que nous voulons engager pour transformer notre perception du travail. Notre droit universel au travail, c’est d’abord une question de dignité. De dignité humaine.

Et qui rend possible le “zéro jeune au chômage dès 2023” comme le candidat l’avait déjà avancé car attentif aux inégalités spécifiques aux jeunes “premiers touchés par la précarité” à la recherche d’un emploi pour ne plus être à charge ou pour financer leurs études. (1)

D’aucuns diront qu’aligner un programme n’est pas le plus difficile. Et qu’à gauche personne n’a de chance d’être au second tour. Peut-être cela vient-il du manque d’audace pour proposer, non une adaptation à un système libéral corrompu mais des solutions crédibles qui  supposent un véritable changement de société pas une recherche de compromis qui nous a menés où nous en sommes.

Rien n’est joué et la gauche -dont une partie est passée chez Macron- peut progresser si elle cesse de commenter les sondages pour donner de réels espoirs à tous les déçus de ces gouvernements “recomposés”qui l’ont décomposée.

La vision du candidat communiste est de nature à redonner confiance à un électorat échaudé  invité à intensifier et à prolonger les luttes sociales et à contribuer à élaborer une perspective politique non pas à prendre ou à laisser mais à construire dans les cinq mois qui viennent.

René Fredon

(1)

https://enavantlemanifeste.fr/2021/11/22/roussel-emploi-pouvoir-dachat/

Le pouvoir d’achat, les salaires et l’emploi… au centre de la campagne de Fabien Roussel .