Le PCF : L’usine des torpilles du golfe de Saint-Tropez vendue à un promoteur immobilier : ne laissons pas faire !

Jeudi 17 Janvier 2019 par Pierre DASPRE secrétaire de la Fédération Var du Pcf  conference de presse à Cogolin sur la vente de l’usine de torpilles de Saint-Tropez-Gassin

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Cette vente, il en est question depuis plusieurs années : les sites militaires sont promis à d’autres destinations que l’industrie, surtout lorsqu’ils se situent en bord de Méditerranée comme l’usine des torpilles du golfe de Saint-Tropez, principalement sur Gassin, Saint-Tropez et Cogolin.

Soit une superficie de 12 ha et près d’un km de front de mer sur Saint-Tropez. Du gâchis que d’y fabriquer des torpilles…” entend-on de ci de là ? Surtout depuis que l’Etat a privatisé les arsenaux et réduit leur voilure, que la plupart de ses personnels font désormais partie d’une entreprise de droit privé, Naval Group, qui a succédé en 2017 à la transformation de la DCN en société anonyme en 2003 sous le sigle DCNS. L’Etat détient 62,49% du capital.

Les effectifs salariés sont passés de 1 200 (site de Saint-Tropez 900 + site de La Londe 300) il y a une trentaine d’années à 300 aujourd’hui dont une poignée à statut d’Etat en cours d’extinction. Pas seulement du fait des évolutions technologiques mais dans la recherche de “compétitivité”, le mot qui permet de justifier toutes les délocalisations et les abandons de nos filières industrielles.

Ici comme ailleurs, ce sont des emplois très qualifiés qui disparaissent pour laisser place à un tourisme qu’il faut certes développer mais sans se départir de nos savoirs-faire, bien au contraire, tout en prenant en compte les nouvelles technologies et les défis qu’appelle la transition écologique.

Nous ne défendons pas la fabrication des torpilles, en soi. Le PCF milite pour la paix, pour le désarmement général et simultané en même temps que pour que l’Etat soit maître de nos productions d’armements nécessaires à notre défense nationale, tout en travaillant à leur réduction tant que la sécurité collective n’est pas assurée. On en est malheureusement encore loin.

Mais nous ne sommes pas pour que se développe un marché privé de l’armement qui pousse à la fabrication des armes et donc à leur vente et utilisation “librement” accessible à des fins mercantiles.

Mais la France pour sa défense a besoin d’une torpillerie (indépendante et autonome) dans ses moyens militaires sauf à dépendre d’une puissance étrangère et concurrente, surtout quand la France et Naval-Group prétendent s’afficher fournisseurs d’armements et de tous les systèmes sous-marins (navires-équipements-armements).

Il est nécessaire de rappeler l’accord passé avec l’entreprise italienne Ficantieri qui aboutit à la co-entreprise Fincantieri-Naval-Group avec la cession à Fincantieri de STX-Saint-Nazaire ( 3000 emplois)  Bien sûr le nouveau gouvernement italien fait trainer le projet Macron-LeMaire-Parly à l’initiative de H. Guillou ( convention ratifiée à Rome en juin 2018). Et nombre de spécialistes s’inquiètent car Fincantieri et Naval-Group ont des productions et activités concurrentes, rendant illusoires leur co-entreprise pour gagner des ventes à l’export de la navale militaire. Par contre cela peut justifier des réductions de doublon dans les études-recherches et productions, réduisant encore l’activité industrielle en France.

Voilà pourquoi nous défendons nos industries d’armements et l’emploi qu’elles génèrent. La désindustrialisation a fait perdre à la France sa capacité exportatrice et le savoir-faire de millions de salariés sacrifiés sur l’autel du profit privé maximum et le plus rapide possible, comme l’exigent les actionnaires. C’est ce qui a conduit à la crise que l’on traverse, qui s’amplifie et qui précarise des pans entiers de la société.

D’où la contestation sociale qui s’est exprimée tout au long de l’année 2018 entre autres depuis le 17 novembre à travers le mouvement des gilets jaunes remettant en question les choix politiques du gouvernement Macron exigeant plus de pouvoir d’achat pour les plus défavorisés, les chômeurs, les salariés, les retraités, les jeunes, tous les revenus modestes devenus très insuffisants pour vivre dignement. S’y ajoute l’injustice fiscale qui favorise délibérément les revenus du capital. Cette dictature de la finance mondialisée, c’est-à-dire du système capitaliste qui l’engendre, est la source même de la violence sociale qui s’abat sur nos sociétés. Et pas qu’en France.

 C’est ce que dissimulent le pouvoir, les médias, les leaders de tous bords…à l’exception de trop rares analystes et militants -dont les communistes- comme si le capitalisme et son évolution vers la financiarisation de l’économie constituaient une réalité et un horizon indépassables et qu’il fallait se contenter d’en atténuer les effets sans toucher à leur cause.

La vente de l’usine des torpilles illustre par ailleurs la nature des choix de ce gouvernement à travers l’opération immobilière privée qui se prépare sur un terrain de l’Etat à des fins forcément mercantiles et passant outre toute concertation avec les élus et les populations locales. Seul le maire de Cogolin a fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à la vente.

Comme l’a rappelé madame Waniart, maire de Gassin, le 12/1/19 lors de la cérémonie des voeux, en présence du directeur de l’usine : “nous nous battrons pour faire reculer les projets immobiliers ou d’investissements obscurs…j’avais encore la naïveté de croire que l’intérêt général primerait sur le pouvoir de l’argent…et que nous pourrions préserver ce site et protéger son environnement…”

Trois jours après la vente du 19 décembre 2018, le directeur de l’usine de torpilles, Damien Raby ne révélait ni le nom des acheteurs, ni le montant de la vente (VM du 22/12/18). Il ne donnait que l’évaluation des Domaines : 38 millions d’euros ! Ce n’est qu’après les fêtes que l’on connaissait l’identité des acquéreurs, les frères Wajsbrot de Metz, des promoteurs immobiliers qui auraient fait la meilleure offre : 50 millions d’euros. Seulement il y a quelques conditions suspensives.

Concernant les 12 hectares sur Gassin, il faut rappeler qu’ils sont terrains militaires ce n’est pas M. Raby le directeur local, qui les vend (il est un pion, volontaire mais obéissant de H. Guillou directeur de Naval Group), c’est Hervé Guillou, mandaté par la ministre Parly (ministre des armées), car seule la ministre peut autoriser cette vente, après déclassement des domaines et de la DTTM.

Enfin, nous observons et dénonçons les opérations incessantes sur le Var, d’immobilier privé très lucratif sur le dos des collectivités au profit des opérations de Vinci.

A partir des terrains publics, Défense-armée, mais aussi Edf, Sncf, etc… C’est du détournement de bien public qui nourrit les spéculations. En plus ils s’adressent à des affairistes financiers qui n’ont rien à voir sur le Var et qui ne sont aucunement des agenceurs.

La preuve c’est déjà les ventes des quinze villas sur Saint-Tropez et surtout l’écart entre les prix de vente de l’Etat (ou Naval Group) et les prix pratiqués dans les reventes aux particuliers ! Les marges sont phénoménales comme on a pu le constater déjà sur Toulon avec les opérations sur les hôpitaux de Toulon (Font-Pré, Saint-Anne et Chalucet) et sur les terrains d’Edf, en cours la récupération par Hubert Falco de 30 ha sur le bord de la rade au Mourillon sur Toulon (projet méga de RAMBLA de la mer, port et hôtel de luxe).

Les communistes ne sont pas les seuls à s’inquiéter la population locale aussi (pollution des méga bateaux de croisière avec un quai de 400 m de long). En lieu et place de l’arsenal du Mourillon mais aussi des services de la DTTM Direction départementale des territoires et de la mer (300 emplois) chassés de leur locaux (opération en cours)

Pour en revenir au site de Saint-Tropez, le chemin risque d’être long, compte tenu de la résistance que suscite ce double abandon : 1/ d’une activité industrielle (Naval Group prévoit de louer une partie du site pour poursuivre son activité pendant 8 ans !) 2/ abandon d’un site naturel exceptionnel à un promoteur pour bétonnage alors que les collectivités locales veulent le préserver !

En effet les élus de la communauté de communes du Golfe s’étaient positionnés fortement pour un maintien d’activités économiques technologiques sur le site, cette volonté étant actée dans le SCOT qui vient d’être arrêté.

Nous appelons tous les citoyens du golfe à se mobiliser pour faire échouer cette opération immobilière en vue et à exiger la poursuite de l’activité industrielle sur ce site, synonyme d’emplois préservés et à créer par la reconquête des missions utiles à notre défense nationale.

 NE LAISSONS PAS VENDRE A LA DECOUPE LE PATRIMOINE PUBLIC

 

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