Gilets jaunes : pas question de rentrer bredouille !

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Encore un week-end de forte mobilisation des gilets jaunes même si le décompte total est en légère régression. Que ceux qui ont crû que le mouvement était à la veille de capituler, comme Macron, par exemple et les LR venus à la rescousse pour que “tout ça rentre dans l’ordre”, ne prennent pas trop vite leurs désirs pour la réalité.

La loi anti-casseurs qui a uni LREM (moins 50) et les LR, prenant comme prétexte les débordements mais pas les méthodes répressives de la police et les moyens utilisés de nature à exciter la riposte de celles et ceux qui étaient aggressés par les gaz lacrymogènes, les grenades d’encerclement, les flash-ball redoutables, a peut-être réduit les participants mais pas la détermination des citoyens(nes) qui voient bien que l’opération “grand débat” de Macron a pour unique but de casser le mouvement et de ne rien lâcher de ses projets très libéraux qui sont à l’origine de la colère d’une majorité de Français.

La preuve, il n’y a pas de question tabou disent-ils, “causez toujours braves gens mais dîtes-nous quelles dépenses publiques nous devons supprimer pour tenir notre cap  ?”

Ce n’est pas pour rien que les ministres multiplient eux-aussi les interventions médiatiques pour nous persuader que le pouvoir n’est pas vacant, qu’il a la situation en mains et ils pillonnent pour accréditer l’idée que le mouvement touche à sa fin !

Ce week-end, à Ollioules, les gilets jaunes dès 9 heures, ont bloqué l’entrée du supermarché Carrefour, invitant plutôt les clients à se servir chez les petits commerçants et surtout ciblant les grands de la distribution qui asphyxient les producteurs de leurs exigences sous prétexte de faire baisser les prix ! Mais surtout pas leurs marges.

Cela a été plutôt bien compris, d’autant que le blocage était temporaire et d’ordre symbolique. Mais le chiffre d’affaires aura accusé le coup.

La veille un groupe de gilets jaunes tenu à distance du tribunal attendait pour rencontrer la  la ministre de la justice Nicole Belloubet venue rassurer magistrats et élus sur l’avenir du tribunal de grande instance, après avoir vu des choses pas très “honorables” a-t-elle reconnu,  “des bureaux sans lumière, des monceaux de boîtes et de dossiers qui s’empilent un peu partout, des conditions indignes pour accueillir les personnels de police, de gendarmerie et les prévenus…les infiltrations d’eau de pluie au plafond de la salle d’audience.”

 Sa rencontre d’une dizaine de minutes avec les gilets jaunes a tourné court, elle a dit très spontanément que “la justice est la même pour tout le monde” sans fournir la moindre réponse aux motivations des manifestants mais en les assurant que le gouvernement était à leur écoute ? Dommage qu’il n’en fasse qu’à sa tête et n’envisage pas une seule seconde de consulter les citoyens sur les questions qui font débat : du pouvoir d’achat, de la justice sociale et fiscale, de l’écologie, du fonctionnement des institutions, du RIC…

Toujours le vendredi, à Toulon, une délégation a rencontré la députée Cécile Muschotti après une visite un peu envahissante dix jours auparavant. Ils ont reçu une bonne leçon de morale et la promesse d’une députée qui se montrera…attentive à leurs propositions. Ce qui n’engage à rien. Petite particularité : C. Muschotti est la seule députée varoise à s’être abstenue lors du vote de la loi anti-casseurs. Elle n’a pas été jusqu’à voter contre. Valerie Gomez6Bassac n’a pas pris part au vote, les six autres, 4 LREM et 2 LR ont voté pour. La loi est passée.

Les sondages ont beau marquer un reflux de popularité des gilets jaunes et une très légère embellie de la cote du président, il reste que 56% des Français soutiennent les gilets jaunes et 70% estiment que le “grand” débat ne répondra pas à leurs préoccupations !

Autrement dit, les causes qui ont fait se lever la colère populaire : la perte de pouvoir d’achat donc le niveau des salaires, pensions et retraites, minimas sociaux, SMIC…les injustices fiscales qui en font partie, les inégalités sociales qui se creusent…ne seront pas atténuées, au contraire. Tandis que le rendement des dividendes versés aux actionnaires des multinationales continuera sa progression très dynamique. C’est plus qu’injuste : insupportable !

Macron se veut légitimé par le peuple pour lui faire avaler la politique qu’il mène en faveur de l’oligarchie financière. Comme président des riches il est tout à fait à sa place. Comme président d’une République qui se veut sociale et qui répond à cette magnifique devise née de la Révolution française : liberté, égalité, fraternité…il s’en éloigne dangereusement et à grands pas. Ce qui ne peut que nourrir les colères légitimes.

René Fredon

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