Européennes 2019 Sarkozy : “La Hongrie est un grand pays démocratique” !

 

Victor URBAN

Cela se passait le 23 mars 2019 à Budapest, Sarkozy était aux côtés de son ami Viktor Orban trois jours après sa suspension du PPE, le parti de la droite majoritaire au parlement européen ainsi que son parti le FIDESZ. Il avait récemment tenu des propos jugés inacceptables à l’encontre de Jean-Claude Junker le président de la commission.

Mais pas seulement, il lui est reproché de prendre beaucoup de libertés en Hongie à l’encontre de celles de son peuple, son attitude ultra-autoritaire vis-à-vis des migrants, son anti-sémitisme et sa guerre ouverte contre l’Université d’Europe centrale (financée par Georges Soros, milliardaire d’origine hongroise) ainsi que son rapprochement avec Salvini et l’extrême-droite en Europe dont il partage nombre de “valeurs” identitaires et nationalistes qu’il met en oeuvre chez lui. Non sans susciter de plus en plus de contestations populaires.

Son propre parti a voté pour sa suspension -qui n’est pas exclusion définitive- au moins jusqu’au 26 mai, pour ne pas brouiller la campagne d’une droite qui s’évertue à se faire passer pour le rempart à la percée de…l’extrême-droite, laquelle reproche notamment au PPE sa gestion de la question des migrants et de l’immigration comme menace directe contre la civilisation chrétienne !

La suspension temporaire a été obtenue par 190 pour et 3 contre (sur 257 députés PPE), un vote qui a accentué les divisions internes du groupe des LR. Il a in-extrêmis trouvé un compromis pour ne pas aller à l’exclusion du moins avant l’élection.

Avec le risque que le trublion provocateur se détourne définitivement du PPE pour rejoindre ou créer un groupe commun à des formations d’extrême-droite qui ont aussi leurs divergences selon les pays où s’affichent des slogans pro-nazis et des pratiques musclées rappelant une époque que l’on croyait révolue.

Et c’est dans ce pays avec lequel il a des attaches familiales que Sarkozy va assurer “l’ami Orban” de sa solidarité en trouvant que la Hongrie est “une grande démocratie”. Pourquoi pas “un exemple de démocratie” tant il a souligné son admiration pour ce chef d’Etat modèle qui a gagné trois fois l’élection présidentielle ! Lui n’y est pas arrivé et ça le travaille.

Mais il voudrait bien qu’Orban ne quitte pas le bercail. Ils se connaissent si bien. Un petit coup de brosse à reluire pour qu’il s’assagisse le temps d’une campagne…Ce serait en même temps un petit coup de pouce à Macron qui l’avait invité aux Glières, haut-lieu de la Résistance. Macron se fait un devoir d’en effacer le programme économique et politique qui est le fondement de notre modèle social français ! Ce n’est pas Sarkozy qui le lui reprochera.Il s’est bien gardé de fustiger, à Budapest, l’extrême-droite qui a puisé largement dans l’électorat le plus conservateur qui fut le sien et qui a rejoint en France le RN.

Il a parlé rassemblement et…compromis pour gouverner l’Europe de demain. Avec qui le compromis ? Il a proposé “un gouvernement européen pour gérer la politique d’immigration” composé des ministres de l’intérieur” tout en rendant hommage à…Macron pour sa lettre aux Européens. “Il a eu raison d’ouvrir le débat”.

Il donne ainsi le sentiment de n’avoir ni ennemis à droite, ni à l’extrême-droite. On est entre libéraux pour sauver le capitalisme, chacun à sa manière.

René Fredon

 

 

 

 

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