Aeroports de Paris ..

Le référendum est lancé : refusons la privatisation !

C’est officiel, le décret organisant un référendum d’initiative partagée (RIP) lance la consultation des citoyens à partir du 13 juin 2019 et durera 9 mois. Tous les Français(es) peuvent y participer compte tenu de l’enjeu économique et politique du sujet et de la place qu’occupent les aéroports de Paris.

Devant la levée de boucliers de tous les groupes parlementaires (sauf LREM) et le vote contre du Sénat, le gouvernement a dû se résoudre à en appeler au conseil constitutionnel qui a validé la proposition de loi portée par 248 parlementaires de tous bords, considérant  légitime et légal le recours à un RIP qui doit recueillir 4 717 396 signatures pendant ce délai.

Les départements de la grande couronne parisienne avaient même envisagé d’en devenir actionnaires tellement est impopulaire cette initiative saisie comme une occasion de sanctionner les pratiques autoritaires et antisociales, si peu écologiques et économiquement aberrantes.

Une “soirée de lancement de la campagne de recueil des signatures”, à l’initiative du député PCF Stéphane Peu, aura lieu le 19 juin à 19 heures à la Bourse du travail de Saint-Denis, et réunira des parlementaires communistes (Fabien Roussel, Eliane Assassi…), socialistes (Boris Vallaud), Insoumis (Eric Coquerel, Clémentine Autain), Les Républicains (Philippe Dallier, Gilles Carrez, Alain Ramadier), a annoncé le PCF

Ce départ d’une campagne nationale inédite de signatures coïncide avec le discours du Premier ministre engageant ce jour (12(6(19) “l’acte 2 du quinquennat” lancé par le discours du Premier ministre ce mercredi et le vote de confiance de l’assemblée, très attendu compte tenu des vélléités d’un certain nombre de députés LR de voter contre et d’autres de se rapprocher du gouvernement.

Edouard Philippe a caractérisé cet “après-européennes” de social et d’écologique tout en énumérant quelques chantiers marqués très à droite : on garde l’âge légal de la retraite à 62 ans mais on organisera “un âge d’équilibre”, les indemnités chômage vont être réduites en montant et en durée…autrement dit on continue et on accélère, côté social. La réforme institutionnelle attendra un peu (après les sénatoriales) et la taxe d’habitation sera supprimée d’ici 2023.

Un exercice destiné à attirer la recomposition à droite vers le pouvoir qui, bien que battu, se veut le plus à même de contenir le RN qui confirme son implantation et pas qu’en France, sous d’autres sigles. Nous y reviendrons.

Le référendum s’ouvre donc dans un contexte de reflux de l’opposition de gauche, mis à part  EELV qui entretient -selon les discours- une réelle confusion, pas sur son engagement écologique, sur son positionnement politique, vu l’attraction récente de ses cadres par le programme de Macron, à commencer par Cohn-Bendit, un peu plus ancienne, P. Canfin, P. Durand ses anciens secrétaires qui valident ainsi la compatibilité et du libéralisme;

Un appel vient d’être lancé par de très nombreuses personnalités progressistes -dans une tribune récente du Monde- auquel se sont joints tous les groupes de gauche du parlement (EELV, LFI, PCF, PS, Générations.s), des syndicalistes, des intellectuels de toutes disciplines, des artistes, des élus, des militants associatifs…)

 

RF

 

Le texte de l’appel

 

C’est maintenant à portée de main : un référendum, enfin. Un référendum sur la vente de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Un référendum pour ne pas laisser ce trésor à Vinci, qui a déjà emporté nos autoroutes. Un référendum, surtout, sur l’avenir : l’avenir que nous refusons, l’avenir que nous désirons.

D’emblée, le premier ministre, Edouard Philippe, s’est étranglé : « Cela pose un vrai et grave problème démocratique ! […] Cela créerait une situation dangereuse ! » Ils suffoquent, lui, les autres. Car ce n’est pas la question, seulement, des aéroports de Roissy, d’Orly, qui est soulevée. Cela va bien au-delà. C’est l’occasion d’un coup d’arrêt, d’un « non » franc et massif, d’un désaveu géant : nous ne voulons plus du monde qu’ils incarnent, qu’ils promeuvent.

Des mots cadavres

« Concurrence », « croissance », « compétition », « déficit », « mondialisation »… Ces mots nous sont répétés pour vendre les aéroports. Ces mots nous sont répétés depuis quarante ans pour vendre à la découpe le gaz, l’électricité, la santé et bientôt les retraites. Ces mots nous sont répétés comme des mantras, pour guider la société et nos existences. Ces mots sont désormais des mots cadavres. Nous n’y croyons plus. Nous n’en voulons plus : ils creusent notre tombe écologique. Nous aspirons au contraire à la coopération, à l’entraide, à placer les humains et la planète avant les chiffres, il en va de notre survie commune.

« Pour nous, la démocratie, c’est la reprise en main de notre destin commun »

Car le premier ministre a bien raison : c’est la « démocratie » qui est en jeu. Pour lui, pour eux, la démocratie, c’est quand ils s’arrangent en famille, quand ils confient les bijoux de l’Etat à leurs amis, et qu’ils en retirent des prébendes et des dividendes. La voilà, la démocratie qu’ils apprécient : la démocratie sans le peuple ! Ni dans la rue, ni sur les ronds-points, ni dans les urnes. Ou alors, une fois tous les cinq ans. Et entre-temps, circulez, braves gens ! Pour nous, au contraire, la démocratie, c’est la reprise en main de notre destin commun. Et il faut bien commencer par un bout, même petit : alors allons-y par le bitume des aéroports de Paris. Avant de passer à nos écoles, nos champs, nos hôpitaux, nos tribunaux, nos forêts…

Maintenant, une bataille est engagée. Nous, nous signons. Surtout, nous ferons signer, parmi nos collègues, dans les bureaux, dans les associations, dans les usines, dans les facultés, à la Fête de la musique et à la Fête des voisins, dans les vestiaires du club de foot et dans les colloques universitaires. Et cette belle bataille, populaire, démocratique, nous invitons à la mener ensemble, tous ensemble, par-delà les chapelles et les querelles, les « avec gilet » et les « sans gilet », les encartés et les non-encartés, les syndiqués et les non-syndiqués, unis dans une action. Unis pour produire une contagion de signatures, une épidémie de pétitions, et qu’on parvienne aux 4,7 millions. Aux stylos, citoyens ! Marchons ! Signons !”

 

Les premiers signataires de l’appel

 

Hakim Amokrane, musicien
Mouss Amokrane, musicien
Salah Amokrane, militant associatif (Takticollectif)
Philippe André, syndicaliste (SUD Energie)
Paul Ariès, politiste
Manon Aubry, députée européenne (LFI)
Clémentine Autain, députée (LFI)
Alain Badiou, philosophe
Guillaume Balas, coordinateur national de Génération.s
Gilles Balbastre, documentariste
Karim Baouz, réalisateur et journaliste
Grégori Baquet, acteur
Pierre-Emmanuel Barré, humoriste
Stéphane Barré, maire d’Oissel-sur-Seine (PCF)
Fouad Ben Ahmed, militant associatif
Esther Benbassa, sénatrice (EELV)
Chantal Benoit, maire du Caule-Sainte-Beuve (PCF)
Ugo Bernalicis, député (LFI)
Judith Bernard, metteure en scène
Patrick Bernard, syndicaliste (CGT Métallurgie)
Aurélien Bernier, militant associatif
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA
Laurent Binet, écrivain
Fabienne Bock, historienne
Jacques Bonnaffé, metteur en scène
Séverine Botte, conseillère départementale de Saint-Etienne-du-Rouvray (PCF)
François Boulo, avocat gilet jaune
Dominique Bourg, philosophe
Marie-Hélène Bourlard, syndicaliste (CGT retraités)
Pauline Boyer, Alternatiba
Youcef Brakni, collectif « Vérité pour Adama »
Moethai Brotherson, député (GDR)
Céline Brulin, sénatrice (PCF)
Marie-George Buffet, députée (PCF)

Leila Chaïbi, eurodéputée (LFI)
Boris Chenaud, militant associatif (La Carmagnole)
Tayeb Cherfi, militant associatif (Takticollectif)
Jean-Paul Civeyrac, cinéaste
Eric Coquerel, député (LFI)
Alexis Corbière, député (LFI)
David Cormand, secrétaire national de EELV
Laurence De Cock, historienne
Anne De Haro, syndicaliste (CGT)
Laurent Degousée , syndicaliste (SUD commerce)
Stéphane Delepeyrat, conseiller régional de Nouvelle Aquitaine (Génération.s)
Thomas Dietrich, militant associatif
Laetitia Dosch, comédienne, auteur, metteuse en scène
Jean-Paul Dufrègne, député (PCF)
Anny Duperey, comédienne
Cédric Durand, économiste
Annie Ernaux, écrivain
Txetx Etcheverry, Bizi
Jérôme Ferrari, écrivain
Gérard Filoche, militant
Bernard Friot, économiste
Jean Gadrey, économiste
Khaled Gaiji, Les Amis de la Terre
Pascal Greboval, rédacteur en chef de Kaizen
Alain Guiraudie, cinéaste
Myriam Illouz, psychanalyste
Laurent Jacques, maire du Tréport (PCF)
Régis Juanico, député (Génération.s)
Sébastien Jumel, député PCF
Razmig Keucheyan, sociologue
Pierre Khalfa, fondation Copernic
Philippe Labarde, journaliste
Fabrice Lallement, syndicaliste (CGT Métallurgie)
Nicolas Lambert, comédien, metteur en scène
Aude Lancelin
, journaliste
Nicolas Langlois, maire de Dieppe (PCF)
Mathilde Larrère, historienne
Yvan Le Bolloc’h, musicien
Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité
Olivier Leberquier, directeur général délégué de la coopérative Scop-Ti.
Patrick Lehingue, politiste
Noël Levillain, maire de Tourville-la-Rivière (PCF)
Pierre Lieutaghi, écrivain et ethnobotaniste
Frédéric Lordon, philosophe
Benjamin Lucas, secrétaire général de Génération.s
Roxane Lundy, membre du Collectif national de Génération.s
Corinne Masiero, comédienne
Caroline Mecary, avocate aux barreaux de Paris et du Québec
Jean-Luc Mélenchon, député (LFI)
Sébastien Menesplier, secrétaire général CGT Mines – Energies
Daniel Mermet, journaliste
Guillaume Meurice, humoriste
Jean-Claude Michéa, philosophe
Claire Monod, coordinatrice nationale de Génération.s
Marion Montaigne, autrice
Gérard Mordillat, cinéaste, auteur
Corinne Morel-Darleux, Conseillère régionale, écologiste
Chantal Mouffe, politiste
Philippe Mühlstein, syndicaliste (Solidaires)
Benoît Murraciole, militant associatif (ASER)
Hervé Naillon, militant écologiste
Marielle Nicolas, universitaire
Gérard Noiriel, historien
Claire Nouvian, co-fondatrice de Place publique
Agathe Novak-Lechevalier, maître de conférences en littérature française
Luc Offenstein, militant contre les nuisances du transport aérien
Michel Onfray, philosophe
Jean Ortiz, écrivain
Jon Palais, ANV-Cop21
Mathilde Panot, députée (LFI)
Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic
Patrick Pelloux, médecin urgentiste
Pascal Imhotep Perez, musicien
Gilles Perret, cinéaste
Pierre Pica, linguiste
Eric Piolle, maire de Grenoble
Michel Pinçon,
sociologue
Monique Pinçon-Charlot, sociologue
Thomas Portes, syndicaliste (CGT Cheminots)
Christine Poupin, porte-parole du NPA
Philippe Poutou, porte-parole du NPA
Christophe Prudhomme, médecin hospitalier syndicaliste
Denis Robert, journaliste
Roberto Romero, cons. régional IdF, maire-adj de Bagneux (Génération.s)
Bertrand Rothé, auteur
François Ruffin, député France Insoumise
Germain Sarhy, Emmaus Lescar Pau
Pierre Schoeller, cinéaste
Guy Sénécal, maire d’Arques-la-Bataille (PCF)
Léonor Serraille, cinéaste
Pablo Servigne, auteur, collapsologue
Alexis Spire, sociologue
Eric Stemmelen, écrivain
Sophie Taillé-Polian, sénatrice (Génération.s)
Baptiste Talbot, syndicaliste (CGT services publics)
Jacques Testart, biologiste
Annie Thebaud-Mony, sociologue
Marie Toussaint, eurodéputée EELV, initiatrice de l’Affaire du siècle
Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac
Emmanuel Vire, syndicaliste (SNJ CGT)
Florian Vivrel, médecin hospitalier syndicaliste
Eric Vuillard, écrivain
Hubert Wulfranc, député (PCF)

 

 

 

 

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