Les menaces de Trump, le budget de la France et les municipales

 

 Peut-on séparer ces trois objectifs qui s’imposent à nous et qui se superposent, tellement les ambitions criminelles de Trump qui se veut faiseur de paix, mettent en cause et piétinent la souveraineté des peuples au point de faire parler la loi du plus fort,« sa » force militaire pour kidnapper le chef d’Etat du Venezuela, Nicolas Maduro, toujours dans les geôles américaines, sans preuve -et pour cause- de ce qui avait servi de prétexte !

 

L’Europe et Macron s’étaient alors réjouis…sauf le ministre des affaires étrangères et plus tardivement le 1er ministre.

Ils ont changé de ton après les sommations de Trump de s’approprier le Groenland sous tutelle du Danemark, ce qui en fait un territoire européen. Il a, du jour au lendemain, renoncé à utiliser la force et à taxer les pays qui ne le suivraient pas, tout en prétendant que « les conditions étaient réunies » pour qu’il achète cette terre de quatre fois la France et de 58 000 habitants. La France voyait ses vins et champagnes taxés à 200% !

 

Le gangster de la Maison blanche n’hésite pas à poser les E-U en leader de la victoire sur les nazis en 1945, histoire de complexer le Danemark Nous avons gagné la guerre largement sans nous, vous seriez tous en train de parler allemand et peut-être un peu japonais »…en toute délicatesse et modestie.

Dans ses délires d’agrandir l’empire américain, c’est son égo avant tout et sa soif de pouvoirs qui animent ce grotesque personnage prêt à tout pourvu qu’il laisse des traces mais aussi sans assumer ainsi que ses prédécesseurs, les centaines de milliers de morts pour les interventions militaires états-uniennes sur tous les continents depuis 80 ans.

 

A Davos, où se sont rencontrés les chefs d’entreprises mondiaux de haut rang, banquiers compris, le tribun de caniveau n’a pas enthousiasmé tous ses pairs ainsi que chez les hauts cadres de l’OTAN, tous des pro-capitalistes qui mesurent les divisions qu’est en train de nourrir Trump, jusque dans son propre camp et dans son propre pays.

Comble de ses prétentions ultra-conservatrices, au diapason avec l’extrême-droite, pas toujours à l’aise, il a décidé de saborder les Nations-Unies dont les E-U avaient été à l’origine. Il a lancé pour maîtriser Gaza, un conseil pour la paix qu’il présiderait, quitte à contrarier Netanyaou qui entendait en faire son affaire ! En même temps que Trump piétine l’ONU et sa charte de « Paix, dignité et égalité sur une planète saine « (1)

 

Tout cela parce qu’il sait fort bien que le système capitaliste est en train de perdre son hégémonie sur le reste du monde. Il exhibe la force militaire des E-U, sa domination économique et financière sérieusement contestée tout comme son idéologie impérialiste flattant les nationalistes les plus identitaires, racistes et suprématistes blancs.

Le monde entier voit et entend les menaces du leader américain qui se comporte comme s’il était le maître de la planète. Les peuples se demandent comme cela va finir, vu la supériorité militaire des E-U et de quelques grandes nations détenant l’arme nucléaire. La raison dont fait preuve Trump paraît pour le moins perturbée et en tout cas fort peu rassurante, 78% des Français.es s’inquiètent du recours possible à l’arme nucléaire, selon l’IFOP ,

 

Certains, très à droite, voudraient qu’une telle crise mondiale n’ait aucune incidence avec celle du gouvernement français qui n’a pu adopter le budget 2026, faute de majorité parlementaire et du refus présidentiel de nommer tout 1er ministre de gauche.

C’est maintenant que le déficit et la dette de la France risquent de s’accroître plutôt que de se réduire. Trois premiers ministres s’y sont cassés les dents car le budget était manifestement austéritaire qui touche les couches populaires et moyennes et élargit les inégalités.

 

Ce que dénie le bloc macroniste : trop de dépenses publiques, sociales, associatives, culturelles. à tous les niveaux et pas assez de recettes par le refus de taxer milliardaires et ultra-riches, les très hauts revenus, des subventions publiques attribuées aux grandes entreprises sans contrepartie. Tandis que des milliers de PME traversent de sérieux problèmes financiers.

Le budget encore retouché au 49-3 par Lecornu inclut les milliards supplémentaires de dépenses militaires pour nous préparer à anticiper une » menace russe » fantasmée et le retrait des E-U laissant à l’Europe ses dépenses de défense. Même les députés de la macronie disent qu’ils ne le voteraient pas. Quant aux LR et au RN, ils trouvent le budget beaucoup trop social et pas assez épuré. Ils sont au garde-à-vous devant les milliardaires et les grands patrons. C’est ce qu’ils appellent « valoriser le travail ».

 

On ne dit pas qu’ils ne travaillent pas, ils sont allergiques à parler de capital si ce n’est pour l’augmenter et produire des dividendes à leur seul profit, quitte à mettre des salariés au chômage qui n’ont que peu de place dans les décisions économiques et sociales. C’est ainsi que les gouvernants libéraux répondent aux exigences des très grandes entreprises qui ne cessent d’augmenter leur richesse même si leurs résultats ont fléchi et les personnels essorés.

« Beaucoup trop de protections sociales » clament ces philanthropes, ils sont contre « l‘assistanat », les mêmes veulent réduire les acquis sociaux -obtenus par les luttes- et obliger les chômeurs à s’en accommoder ! Donc ils réduisent le montant et la durée, alors que ce sont les patrons qui les ont mis au chômage. Même s’il y en a qui auraient préféré ne pas les priver de salaires. Ils sont nombreux parmi les petites et moyennes entreprises.

C’est aussi le cas de nos agriculteurs dont les revenus sont au-dessous de leurs charges, ils viennent de faire reculer l’accord de l’UE signé avec le Mercosur après plusieurs semaines de mobilisation. L’accord est bloqué.

 

Quelle incidence sur les Municipales ?

Bien malin qui pourrait le dire avec certitude. Tout ce qui est prévision n’est que supputation plus ou moins proche d’un résultat à deux mois. Ce qui paraît acquis c’est -et pas qu’en France- la montée en puissance des extrêmes-droites. Plus encore dans le Var où le RN absorbe et domine visiblement l’électorat des « républicains »ainsi que des cadres LR. Le précédent président Ciotti a fait son micro-parti collé au RN qui se veut « attrape-tout » en laissant de côté leur idéologie néo-fasciste. A l’abri et au service de Trump.

 

Quelle sera l’incidence électorale en France de l’impopularité grandissante de Trump (2)  qui se manifeste aux E-U, au sein même de l’U-E et dans une large partie des autres pays du monde ?

Si on ajoute les détournements d’argent public des hautes sphères du FN-RN…« de bonne foi »(?), en cours de jugement et les récents soucis judiciaires des maires de Fréjus et de Cogolin, pour ne parler que du Var, il pourrait y avoir à droite et au RN des déceptions salvatrices.

 

Cela fait partie du débat public en cours que mènent les listes de gauche pour reconquérir des villes et villages passés à droite que le RN convoite, notamment Toulon et La Seyne. Ce qui serait un très mauvais signal en vue de la présidentielle.

L’enjeu est de taille. Il dépend beaucoup du nombre de votants (30% seulement en 2020 à Toulon et un seul tour)  et de la construction collective d’un programme de progrès social, d’environnement, de paix, de sécurité et de respect de l’autre…

 

 

René Fredon

 

 

(1) (https://www.un.org/fr/about-us/un-charter

 

(2) La leçon de Zinédine Zidane à Donald Ttump

 

 

Les menaces de Trump, le budget de la France et les municipales