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La droite dans la niche de l’extrême droite et le macronisme les couve ! Le règlement de l’Assemblée nationale prévoit que chaque groupe politique se voit attribuer une journée par session parlementaire pour présenter une ou plusieurs propositions de loi. C’est ce qui est vulgairement dénommé « niche parlementaire ». Ce 22 janvier était réservé aux propositions de « la droite républicaine » de messieurs Retailleau et Wauquiez. L’examen de la dizaine de textes proposé illustre l’inquiétante dérive de leur navire vers les eaux boueuses et brunâtres de l’extrême droite. Les coucous pondent leurs œufs dans le nid d’autres oiseaux. Retailleau et Wauquiez vont chercher leurs œufs réactionnaires et avariés dans les puanteurs de la niche de l’extrême droite. Tout en modération, le site de la chaîne parlementaire LCP est contraint de relever que, sur plusieurs sujets, le parti LR n’entend pas « abandonner des fondamentaux aux troupes de Marine Le Pen et d’Éric Ciotti ». Effectivement, le « copier-coller » dépasse ce que nous pouvions imaginer. Pour être certains que leur marqueur politique soit bien compris, les députés LR reprennent une proposition de résolution européenne visant à “inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes“. Parce qu’il est une résolution et non d’une proposition de loi ce texte n’aura aucun effet. Mais la balise politique est posée en agitant le spectre d’« un réseau idéologique structuré prônant l’instauration d’un ordre politique fondé sur la charia ». Une fois de plus, l’objectif est d’amalgamer Islam avec islamisme politique et terrorisme. Il n’est pourtant pas si loin le temps où M. Sarkozy demandait à la télévision de pouvoir dialoguer tranquillement en direct avec M. Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur des Frères musulmans. Dans la même veine, les députés LR déposent un autre texte visant à « interdire aux filles mineures de porter le voile dans l’espace public ». Toujours plus haut, toujours plus fort, la droite à tribord propose de voter une loi prévoyant de « suspendre les droits aux prestations et aux aides publiques pour les personnes reconnues coupables d’exactions lors de rassemblements ou de manifestations ». Mais pourquoi simplement les « prestations et aides » qui bénéficient aux plus modestes ? On assiste à la régénération de cette vieille antienne : classes laborieuses, classes dangereuses.LR ne propose pas de légiférer pour supprimer « les droits aux aides publiques » aux forces du capital qui licencient, délocalisent, profitent des paradis fiscaux. Cette violence-là, la droite « républicaine » ne la combat pas. Elle la cautionne, la soutient, la justifie. En 2007 figurait dans le programme de J. M. Le Pen une demande permettant à chaque policière ou policier qui fait usage de la force ou de son arme d’être considéré en légitime défense. Alors que la droite s’était toujours refusée à reprendre cette proposition, voici qu’en 2026 LR veut une législation visant à « reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions ». Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, avait refusé une discussion à ce sujet. Mais le nouveau ministre de l’Intérieur, M. Nunez l’approuve. La pollution brune s’épaissit et se répand. Dans toute l’Europe et dans notre pays, la légitime défense est fondée sur le principe de « l’absolue nécessité ». Elle ne peut être reconnue que si la riposte est jugée indispensable pour protéger son intégrité physique ou celle d’autrui, « proportionnée » au danger et « immédiate ». Ces principes s’appliquent aux policiers et aux gendarmes comme à tous les citoyens. Or, la présomption de légitime défense, permettrait aux policiers, et aux gendarmes de sortir du cadre commun pour inverser la charge de la preuve : quelles que soient les conséquences de l’usage de leurs armes et ses conséquences – blessures, handicap, mort – celle-ci serait considéré comme légitime par défaut. La droite ne laisse pas de côté sa fibre antisociale. Ainsi, elle tente une nouvelle fois d’ouvrir la brèche du « travailler toujours plus sans être payé » en ouvrant la possibilité de faire travailler les salariés le 1er mai, férié et rémunéré. Un projet présenté comme une dérogation pour certains secteurs d’activités. Mais, en réalité, toute dérogation est une brèche destinée à s’élargir, comme on le voit pour le travail du dimanche. La perte d’un conquis se fait toujours au détriment de l’ensemble des salariés, notamment avec la fin des majorations salariales. Quant à la carotte du volontariat, il n’est que publicité mensongère dès lors qu’un lien de subordination existe dans le contrat de travail. Le 1er mai est, une journée, exceptionnelle commémorant les luttes internationales pour les droits des travailleuses et travailleurs. Il doit être maintenu et défendu. À cette liste de textes compatibles avec les orientations des extrêmes droite, il faudrait ajouter une proposition de loi « visant à faire assumer à chacun les conséquences de ses actes en permettant la saisie des amendes non payées sur les minimas sociaux », une autre prônant « l’interdiction du maintien dans l’hébergement d’urgence aux immigrés illégaux », ou encore un texte « visant à concilier la continuité du service public de transports avec l’exercice du droit de grève ». Une nouvelle entaille donc dans un droit constitutionnel : le droit de grève dans les transports. Cet ensemble de textes, valant programme, n’ont qu’un objectif : chauffer au rouge le fer à souder les droites et les extrêmes droites en vue de leur union « par les urnes », selon la formule de M. Retailleau. Après N. Sarkozy qui a demandé aux démocrates de bazarder « le front républicain », tout se met en place pour dérouler le tapis rouge aux extrêmes droites vers les centres de décision, au moment où Trump renverse le monde et appelle ouvertement à l’installation de ses amis à la direction des pays européens. Reprendre les textes de l’extrême droite, – qui vient de voter une diminution des dotations aux collectivités locales de 4,9 milliards d’euros – revient à la crédibiliser et à lui donner de la force tout en engageant un processus de retour des droites républicaine aux vieux démons de l’avant Seconde Guerre mondiale jusqu’à emprunter des chemins s’éloignant du républicanisme. Une fois encore les députés macronistes et plusieurs membres du gouvernement se sont vautré dans ces complaisances et soutiens. Il y a urgence à réagir ! En Allemagne dans les années 1930, la droite a donné le pouvoir aux nazis, pensant naïvement le partager et les contrôler. On connaît la suite ! Les partis nationalistes autoritaires ne partagent jamais le pouvoir longtemps et font toujours payer ceux qui ont tenté de les limiter ou de les contraindre. Ces textes ne sont pas présentés par hasard à la veille des élections municipales. Une partie non négligeable des forces du capital fait pression sur des maires de droite attachés à leur fauteuil pour réaliser des « unions municipales ». Dans d’autres endroits, s’infiltrent dans des listes des personnages téléguidés par des groupes d’extrême droite et par le milliardaire Stérin. Non seulement la vigilance s’impose, mais l’union des progressistes et des écologiques, jusqu’aux humanistes et démocrates s’imposent. « Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, mais son évolution en temps de crise » nous enseigne Bertolt Brecht. Par Patrick LE HYARIC |
La droite dans la niche de l’extrême droite et le macronisme les couve