Vœux Section La Seyne/St Mandrier 13 janvier 2019 :

 

Chers amis, chers camarades,

Nous vous remercions de votre présence à l’occasion des Voeux de notre Section PCF La Seyne/St Mandrier qui nous permet de débuter l’année de manière chaleureuse et fraternelle.

Veuillez tout d’abord excuser l’absence de notre Secrétaire de section Denis Gerner qui est retenu par des obligations personnelles.

Voilà que vient de se terminer une année particulièrement agitée, 2018, une année où l’on aurait cru que les projets de notre Président n’allaient pas souffrir de constetation tant on pensait les Français résignés.

Au contraire, son projet a réveillé un vent de colère, par ses réformes, en étouffant les collectivités locales, en asséchant les budgets de la sphère publique, en fracassant le service public ferroviaire.

Par son mépris, en charcutant le code du Travail, en supprimant l’ISF et en réhaussant la CSG.

Par sa communication, sa posture monarchique et ses petites phrases, les Français n’ont pas traversé la rue pour un boulot de misère, ils ont décidé de l’occuper. 

Souvenons nous que cette année 2018 aura vu la montée en puissance d’un mouvement social que la France n’avait pas connue depuis des années.

Cheminots, Enseignants, Hospitaliers, Territoriaux, Retraités, Avocats…

Et enfin depuis le 17 novembre ce mouvement des gilets jaunes qui a démarré au sujet des hausses de taxes sur les carburants.

Mais très vite le mécontentement et la colère est sorti de ce cadre et le rejet des politiques s’est changé en revendications pour plus de justice sociale, de partage et de démocratie:

  • Rétablissement de l’ISF
  • Davantage de services publics de proximité
  • Suppression de la CSG pour les retraités
  • Augmentation du SMIC et des pensions
  • Exigences d’une plus grande justice fiscale
  • Exigences très fortes concernant la démocratie qui s’exprime à travers le RIC référendum d’initiative citoyenne et aussi la demande d’une VIème République

Voilà quelques unes des revendications portées par les gilets jaunes, que les Communistes défendent depuis des années dans la rue relayés par nos députés dans l’hémicycle à l’Assemblée Nationale.

Les députés communistes ont vivement protesté contre la suppression de l’ISF et ont aussi lutter à leurs échelles en portant et proposant des lois contre l’évasion fiscale, notamment par la voix d’Eric BOCQUET, député du Nord.

Le PCF se bat depuis des décennies en faveur d’une « démocratisation permanente de la République », d’une 6° République permettant de sortir du présidentialisme et des dérives antidémocratiques que nourrit la 5° République.

Il se prononce, dans ce cadre, pour l’élargissement des droits et libertés des citoyens, pour une démocratisation profonde des mécanismes de représentation, pour de nouveaux droits d’intervention des salariés à l’entreprise comme dans la vie économique et sociale, pour donner au plus grand nombre des moyens nouveaux de participer au débat public et de concourir directement à l’élaboration de la loi.

Dans le programme « La France en commun » de 2017, il était ainsi proposé : « Pour que les citoyens puissent reprendre la main, il faut en finir avec les pouvoirs exorbitants du président de la République sur l’ensemble de nos institutions, incompatibles avec la démocratie réelle, redonner la primauté au Parlement et gagner de nouveaux pouvoirs d’intervention des citoyens… »

C’est dans ce cadre que le PCF défend la proposition du « référendum d’initiative populaire ».

Il n’y a pas de grands changements progressistes sans la mise en mouvement du peuple et sans qu’il s’approprie le débat démocratique.

D’ailleurs si les revendications se sont élargies, les militants progressistes et communistes n’y sont pas pour rien. Et un certain nombre de camarades dans le département, à La Seyne, à Bandol, à La Cadière, ont participé et continuent à participer au mouvement des gilets jaunes.

Après ce que certains ont appelé la sidération provoquée par la brutalité et la rapidité des réformes engagées par Emmanuel Macron dans différents domaines, les militants syndicaux, associatifs, politiques, se sont ressaisis pour contester l’application de cette politique ultralibérale du gouvernement Macron-Philippe.

Car finalement les masques tombent et Macron n’est rien d’autre qu’un valet de l’oligarchie financière et sa politique ne change guère par rapport à celle de ses prédécesseurs : casser les services publics, libéraliser l’économie en continuant à faire des cadeaux monstrueux aux grandes entreprises alors que beaucoup de PME sont en difficultés, permettre la libre circulation des capitaux, faire pression sur les salariés en invoquant en permanence le coût du travail qui gênérait la compétitivité des entreprises françaises, étouffer la contestation qui monte dans le pays en réprimant les manifestants et les grévistes, et en criminalisant l’action syndicale.

En témoigne la peine de 9 mois de prison dont 3 mois ferme et interdiction de manifester pendant 3 ans infligée à notre camarade Maria de la Drôme pour une participation à une manifestation de gilets jaunes.

C’est dans ce contexte social de forte contestation que s’est déroulé en novembre le Congrès extraordinaire de notre parti. Congrès demandé par les adhérents.

Chacun sait en effet que de nombreux communistes en particulier dans le Var ont été très déçus par les résultats électoraux du PCF ces dernières années notamment aux législatives de 2017. L’absence de candidat communiste aux deux dernières élections présidentielles voulue par la Direction nationale enfermée dans une logique d’effacement aura été lourde de conséquences.

Les communistes ont fait le vœu d’un « renouveau », qui a été palpable dans une majorité d’interventions le temps de ce Congrès, preuve de notre capacité à nous saisir de la nécessaire évolution du PCF en partant du constat de sa fragilité dans la sphère politique et médiatique.

La destruction progressive et fracassante du modèle social français issu du Front populaire et du programme du CNR, le contexte décisif des élections européennes, de même que l’émergence funeste des forces nationalistes et fascistes imposent une réaction et une réévaluation de notre force de frappe pour afficher toute l’ampleur de notre utilité sociale !

 

L’autonomie du parti s’est dissoute au fil des alliances électorales.

On ne peut vouloir incarner une « alternative » politique sérieuse en désincarnant notre combat ! A contrario, les camarades entendent afficher la pensée communiste, agir en « militants communistes » et revendiquer la place légitime du PCF à l’échelle des luttes locales ou nationales !

Se revendiquer “communistes”, c’est donc reprendre la place et non la céder !

 

L’exigence de maintenir un mouvement révolutionnaire en France tranche en faveur d’un changement de posture du PCF, passant du suivisme à l’autonomie, de l’effacement à l’affichage ; cette posture ambitieuse vise à rétablir sa légitimité politique en lui donnant les moyens de se démarquer !

 

Cautionner et poursuivre toute mise en retrait finit par « justifier » notre faiblesse et réduit le projet communiste à un projet électoraliste : être élu mais à quel prix et sur quelle base ?

Le PCF du 21e siècle doit-il se borner à n’être qu’un parti prêt à sacrifier le potentiel de ses idéaux, au nom d’un mandat, même si la conquête du pouvoir reste un moyen utile?

 

Fabien ROUSSEL lui-même, notre nouveau Secrétaire National, sitôt investi a déclaré en clôture de notre Congrès : “Soyons fiers de nos élus, ces élus qui donnent, eux aussi, un bout de leur vie; de ces élus qui, en plus, reversent leurs émoluments; car notre but, à nous, c’est d’être utiles et surtout, de ne pas changer une fois élus, de ne pas se faire élire pour s’enrichir. Pour nous, être élu, ce n’est pas un métier, c’est un engagement total au service des autres !”

 

La réponse à cette exigence réclame une attitude collective de la part de nos élus, qu’ils soient Députés nationaux ou européens, Sénateurs, Maires, Adjoints ou Conseillers municipaux. Ce sens du collectif doit être préservé à tout prix afin d’entraver l’expression malsaine d’intérêts personnels ou de manoeuvres politiciennes qui piétinent les valeurs du PCF.

En entrant dans un hémicycle, un élu communiste ne doit servir que l’intérêt général et ne porter qu’une ambition collective ! Il est un chaînon politique parmi tout le processus communiste et doit conserver une posture militante.

Nous devons y veiller.

 

A la sortie de nos Congrès Fédéral et National, nous reprenons une place médiatique, nous n’avons jamais vu autant de communistes dans les médias, pas seulement notre Secrétaire national, nous découvrons des jeunes et de nouveaux visages s’exprimer pour le Parti, Igor Zamichiei, Secrétaire fédéral de Paris, Ian Brossat Adjoint au maire de Paris et tête de liste aux éléctions européennes.

 

D’ailleurs, et c’est encourageant, nous avons recensé à la Fédération et dans nos sections plus de vingt adhésions depuis le mois de novembre. Le climat social y est pour quelque chose mais également le ton plus combatif des dirigeants de notre parti, notre volonté de renforcer le PCF et la présence plus forte des militants communistes sur le terrain en particulier dans les entreprises.

Nous sommes dans une dynamique où le PCF s’est remis en marche et n’attend pas après les autres. Il se montre offensif, à l’initiative dans de nombreux domaines.

Démocratie, 6è république, international, médias, coût du capital, sécurité emploi formation, sécurité sociale, logement, retraite, défense, paix, Europe…

Sur cette question, l’année 2019 sera décisive et ponctuée par les Elections européennes le 26 mai prochain. Le PCF ne sera cette fois pas absent et a composé une liste combative réunissant autour de Ian BROSSAT des syndicalistes, des ouvriers issus de multiples luttes sociales.

Parmi les enjeux majeurs posés par cette élection, la montée de partis populistes d’extrême-droite en Europe constitue une sévère menace pour le devenir des peuples européens. Les débats risquent de se focaliser sur la situation migratoire et sur le désastre humanitaire que provoquent des politiques fascistes de repli identitaire.

Sur cet aspect d’urgence extrême, nous avons à ce titre sollicité le Préfet du Var et le Maire de La Seyne afin d’obtenir le droit pour 2 navires humanitaires condamnés à errer en Méditerranée, de venir amarrer dans la Rade de Toulon. Nous attendons une réponse imminente.

A l’échelle de l’Europe, les foyers d’extrême-droite qui élargissent leur périmètre au fil de nouvelles élections se nourrissent de l’austérité induite par les politiques ultra-libérales pratiquées depuis des décennies.

Les forces de l’argent ont tout simplement décidé de pomper les richesses produites par les peuples européens et de baisser globalement leur niveau de vie !

Face à cette politique austéritaire, nous constatons une défiance et un rejet de plus en plus généralisé à l’égard de la classe politique traditionnelle, sur lequels l’extrême-droite bâtit son projet.

Les écarts hors parti comme celui de la République en Marche prétendent moderniser les pratiques politiques. Pourtant, Macron s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs à ignorer les luttes sociales et la colère populaire, encourageant certains électeurs au “tous pourris” et à la radicalisation des idées.

Lutter contre le projet macroniste, c’est construire un premier rempart face à l’extrême-droite !

Faire gagner nos idées contribue à l’éradiquer.

Localement, le PCF s’est soulevé contre la présence et l’émergence nuisible de représentants macronistes au sein de la Majorité municipale de Gauche.

De même, par nos actions victorieuses contre les expulsions pour soutenir les “pauvres de mauvaise foi”, nous mesurons à quel point l’extrême-droite se délecte de la misère sociale et des violences urbaines qui fragilisent des quartiers déjà populaires.

Dans nos combats au coeur des quartiers, nous pouvons compter sur le travail considérable d’associations tels le DAL ou l’Amicale du Messidor, qui offrent une alternative et une aide sociale là où les services publics peinent à assumer ces situations en raison de sévères restrictions budgétaires.

Ainsi, mes Camarades, la lutte des classes du 21e siècle légitime plus que jamais le renforcement de notre présence à toutes les instances, dans toutes les luttes et doit se saisir des problématiques nouvelles posées par la modernité.

L’ubérisation de notre société bouleverse les rapports sociaux et malmène davantage encore le monde du travail, en flexibilisant nos modes de vie. Notre Tête de liste Ian BROSSAT a su décrypter le danger incarné par ce modèle économique ubérisé, qui promeut l’économie collaborative pour mieux enrichir une élite.

Sa lutte acerbe contre la plateforme Air BNB dresse une démonstration magistrale de ce qui incarne un modèle social anti-communiste, déloyal économiquement et humainement asservissant.

Ces modèles économiques prônés par les GAFA (Google Apple Facebook Amazon) maltraitent nos économies locales et l’intervention récente de Fabien ROUSSEL au siège de Google nous offre de multiples perspectives de combats !

L’année 2019 doit repositionner les valeurs communistes dans les rassemblements populaires de Gauche !

Camarades, le Parti fêtera bientôt ses 100 ans, nous n’allons pas mal, le Parti est certes vieux, mais il est loin d’être mort ou sénile, le PCF est encore fortement ancré dans les têtes et dans les cœurs.

Nous rendre incontournables par notre force politique et militante, voilà notre meilleure résolution pour la nouvelle année !!

Nous vous remercions de votre présence et nous vous invitons au verre de l’amitié.

Mathieu Manavella   

Secrétaire adjoint PCF seyne 

 

 

 

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