Toulon :Une seule liste à gauche : historique !

L’accord de principe scellé le 4 novembre à Toulon entre les partis de gauche et écologiste (EELV, Génération.s, GRS, LFI, PCF, PG, POC, PS) largement ouvert au mouvement social et citoyen va quelque peu changer la donne de la campagne électorale et faire souffler un vent nouveau sur la ville et ses quartiers les plus délaissés.

Désormais il va falloir compter, ici, avec le retour d’une force progressiste et écologiste qui avait été marginalisée et largement sous-représentée depuis près de trois décennies.

Les municipales de 2020 pourraient s’avérer tout autre chose qu’une formalité pour Falco,   un simple duel avec le RN. Toulon n’est pas condamnée à subir une gestion affairiste confiée aux multinationales que sont Bouygues, Vinci, Véolia, Pizzorno et consorts. Ni à aménager le port en fonction des intérêts des propriétaires de grands yachts

La gauche -Verts compris- partira unie dès le 1er tour, pour la première fois de son histoire. Poussée par le réalisme de la situation politique nationale et locale. Et par la volonté de faire de Toulon, une ville qui s’inscrive pleinement dans le double défi de la transition sociale inséparable de la transition écologique…”pour hâter la venue du printemps”.

Volonté aussi de faire vivre la démocratie participative locale en invitant dès à présent les citoyens engagés ou non dans des formations politiques, syndicales, des mouvements sociaux, solidaires…à s’impliquer -à égalité- dans l’élaboration du programme à travers les ateliers thématiques, les rencontres par quartiers, à être les acteurs de la campagne désormais lancée.

 Contrairement à toutes les autres listes, il ne vous est pas proposé de vous rallier d’abord à un nom, à une personnalité -connue ou non- derrrière laquelle il suffirait de se ranger pour  faire demain ce qui ne s’est pas fait hier, en vous assurant que les municipales ne seraient pas politiques mais de la simple gestion ?

Allez dire ça aux locataires à qui on supprime les APL, à ceux qui attendent un logement accessible pendant des années et qui voient fleurir les grues pour du logement qui ne leur est pas destiné, aux associations à qui on baisse les subventions, aux parents à qui on fait payer l’étude…S’y ajoutent les privatisations, la liquidation de notre système solidaire de retraite, les chômeurs frappés au porte-feuille, les fermetures d’entreprises et les suppressions d’emplois…

Un appel est lancé

Après plusieurs mois de rencontres les partenaires -collectifs ou individuels- ont pu se convaincre de leurs convergences bien plus fortes que leur divergences. De quoi redonner espoir à l’électorat populaire déçu de tant d’années d’austérité libérale, de régressions sociales en même temps que se poursuit le dérèglement climatique découlant d’un système économique et politique en crise profonde justement parce qu’il génère injustices sociales et conduit la planète à sa perte.

Une telle liste de rassemblement sur des valeurs progressites, portant les urgences sociales en même temps que les enjeux écologiques largement sous-estimés par les décideurs, ne peut que susciter espoir et confiance. Plus encore : envie de participer à la mobilisation des forces populaires qui en ont assez de subir les inégalités, les injustices, les dégradations de notre environnement…la fuite en avant dans le consumérisme sélectif et destructeur au profit d’une minorité qui n’en a jamais assez tout en dissimulant tout ce qu’elle peut.

La conquête éventuelle d’une municipaliré comme Toulon  n’est certes pas acquise, un changement du rapport des forces, oui. La gauche y a été puissante. Elle peut le redevenir. Tout dépendra de l’expression forte des citoyens(es) en matière sociale et écologique notamment, à un niveau où ils peuvent le mieux intervenir et peser sur les décideurs ; la commune !

La franchise des échanges, l’écoute et le respect mutuel ont permis aux “pionniers” de cette union politique et citoyenne inédite de franchir cette première étape de principe : ouvrir une perspective à tout un électorat populaire déçu, frustré, méprisé, quand ce n’est pas au bord de la colère, comme l’illustre le mouvement des gilets jaunes, qui va fêter son premier anniversaire.

Les municipales sont un moment de la lutte des victimes de tout un système pour faire entendre leur volonté de mieux vivre dans leur commune.

A Toulon les conditions sont réunies.

René Fredon