Plan pauvreté:La réalité dément les intentions proclamées ..

Macron prétend vouloir éradiquer la pauvreté(1) tout en poursuivant sa politique d’austérité, de cadeaux pour les riches et de réduction des APL, des minimas sociaux, des indemnités chômage, des retraites et des protections sociales pour tous les autres…De qui se moque-t-il notre Jupiter sous les habits de Majax ?Les mots sont séduisants : “investir dans les solidarités…” “faire plus pour ceux qui ont moins…” Qui ne souscrirait à pareille profession de foi ? Mais qu’il y a t-il derrière les mots ?

Une réalité tellement différente vécue par presque toutes les catégories sociales -sauf celle des actionnaires -dont les grands patrons et les spéculateurs- les libéraux patentés inconditionnels d’un capitalisme qui n’a pour finalité que la course au profit des investisseurs. Une très petite minorité.

Macron essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes quand il prétend consacrer à son plan 8 milliards d’euros sur 4 ans…en omettant de dire que la moitié vient de crédits redéployés et d’économies déjà réalisées sur les plus pauvres, baisse des APL, des emplois aidés, hausse de la CSG…tandis qu’il faisait cadeau de 5 milliards aux assujettis à l’ISF et pour la “flat tax”.

Il découvre que le retrour à l’emploi est le meilleur outil de lutte contre la pauvreté” et promet de créer “un véritable service public de l’insertion”…chiche ! Cela alors qu’il est engagé dans une réduction drastique des dépenses et des emplois publics. Il compte pour cela sur les départements et les métropoles…dont il réduit les dotations. Allez comprendre !

Il veut supprimer 2 100 conseillers CAF d’ici 2022, 1 600 CTR à la Jeunesse et aux sports...Pôle emploi devra se passer de 297 salariés(es) en CDI dès 2018 et il y aura 1380 contrats aidés en moins…et 50 000 suppressions dans la fonction publique territoriale. Il ne cesse de répéter qu’il tiendra ses engagements.

Sa botte secrète : “le revenu universel d’activité qui regroupera les aide-sociales actuelles (RSA, APL,prime d’activité) “afin de garantir un seuil minimal de dignité”, une allocation sous condition de ressources qui, selon la philosophie macronienne, doit revenir moins cher que “le pognon de dingue” qui part dans les aides et indemnités sans que le chômage ne diminue. Mais le CICE pour les patrons est maintenu, sans créer le moindre emploi !

Macron veut durcir les conditions d’attribution : le parcours d’insertion ne permettra pas de refuser deux offres d’emploi raisonnables”. Ce qui, au passage tend à suggérer que les demandeurs d’emploi préfèrent l’assistanat. Et qu’ils vont être sommés d’accepter tout CDD qui se présentera, même pour de très courtes durées. Les statistiques d’abord.

C’est ce qu’il a dit à un jeune chômeur picard qui visitait l’Elysée :moi, je vous trouve un emploi en traversant la rue…je connais un restaurant juste à côté qui n’arrive pas à recruter comme beaucoup d’autres…!” La séquence qui a fait le tour du web illustre le mépris, l’arrogance, la démagogie du président des riches.

Autre annonce : la création de 30 000 places de crèche suppélemntaires d’ici 2022 avec une enveloppe de 1,2 milliard aux communes et pour la formation des personnels avec bonus s’il y a mixité sociale et accueil d’enfants handicapés. C’est ce qu’il faudrait réaliser… chaque année pour rattraper le retard dans ce domaine.

Pour les jeunes, une extension de la garantie jeunes (16-25 ans) à 480 euros/mois est annoncée pour un an.  Elle existe déjà et ne permet pas d’accéder aux aides au logement, par exemple. Un des critères de la pauvreté qui découle du manque de ressources à grande échelle et pas seulement dans les quartiers sensibles. On peut être même propriétaire d’un modeste appartement, se retouver seule au chômage avec plusieurs enfants et ne pas y arriver. C’est le cas de très nombreuses femmes.

Le logement, celui des familles, des jeunes et des étudiants(es), de conditions modestes est oublié . Quant à l’insertion elle n’a de chances de réussir que si elle s’appuie sur les missions locales, proches des entreprises et des lieux publics de formation. Il ne leur manque que les moyens pour accompagner les jeunes dès leur décrochage scolaire, jusqu’à leur premier emploi.

De ce point de vue l’obligation de formation jusqu’à 18 ans est une bonne chose même si elle ne doit pas être confondue avec la scolarité obligatoire.

Il faudrait évoquer aussi le million de personnes âgées très en dessous du seuil de pauvreté, trop souvent isolées et dépendantes qui ne connaîtront pas le seuil de dignité.

Macron donne les pleins pouvoirs aux chefs d’entreprises et fait tout pour réduire leurs charges. Or, les plus importantes gagnent un pognon de dingue et coûtent très cher aux Etats en fraude fiscale, évasion de toutes sortes, cadeaux en tous genres…et, de plus, elles font, pour les plus grosses des choix économiques nuisibles à la planète et socialement irresponsables.

Il ne parviendra pas à redorer son image et sa crédibilité en jetant de la poudre aux yeux.

Eradiquer le chômage est possible. Et donc réduire la pauvreté et les inégalités aussi. Dis comme ça, personne n’y croit, ou presque. Mais plongez-vous dans la proposition de loi du groupe communiste à l’assemblée nationale, “pour une sécurité d’empoi et de formation“régulièrement renouvelée depuis 30 ans et jamais mise en discussion. Serait-elle dangereuse, utopique ? (2)

C’est le black-out politique et médiatique. Jugez vous-mêmes de son actualité et de sa pertinence.

 

René Fredon

(1)

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dp_annonce_strategie_v26_pages.pdf

 

(2)

http://www.economie-politique.org/sites/default/files/ppl_com_eco_pcf_sef_v5_23_01_2017.pdf_.pdf

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