La réforme de l’IFI, c’est tout bénéf :Muriel Pénicaud récupère 62 000 euros de plus par an !

Elle est pas belle la vie ? Après les voeux nous assurant de l’amélioration du pouvoir d’achat de toutes les catégories sociales grâce à des “réformes” qui nous sont vendues hardies, l’avalanche des augmentations de prix en cours s’inscrit en faux contre ce discours fallacieux relayé par les chaînes publiques et privées.

On connaît les incidences de la seule réforme de l’ISF en Impôt de Solidarité Immobilière ne prenant plus en compte les autres revenus mobiliers (actions, obligations, placements divers, acquisitions de luxe…). Le nouvel impôt déjà réduit au fil des “réformes” favorables aux plus fortunés, les exonérera de 3,2 Mds sur les 5 qu’il avait rapporté en 1916 !

Plusieurs membres du gouvernement seront parmi les bénéficiaires de cette largesse difficilement défendable, plus encore en cette période où l’hôte de l’Elyssée et son gouvernement tentent de justifier un budget encore plus austéritaire, à coups de bas salaires et de chômage persistant, d’indemnités réduites, de privatisations, de réduction des dépenses publiques (dans quels domaines : les Hôpitaux, l’Ecole, les Transports, la Justice, la Police, les collectivités locales…?

La ministre de la Justice, Muriel Pénicaud, déjà sous les feux des projecteurs pour son patrimoine confortable et son art de la plus-value, va se retrouver avec un cadeau gouvernemental de 62 000 euros, dès 2018 et chaque année, du fait de l’exonération dont elle bénéficie avec la réforme faite sur mesure pour les investisseurs dotés de patrimoines très confortables. Ce sera également le cas pour Nicolas Hulot (11 500) et Françoise Nyssen (3 000)

Comme son patron, Macron, elle assume sa position sociale et sa carrière de haut cadre dans le privé (Dassault, Danone…) et le public (SNCF, Ministère du Travail…) et n’a aucun complexe avec l’argent qu’elle a gagné et qu’elle gagne encore par ses placements, c’est même ce que Macron considère comme le but légitime que doivent se fixer les jeunes.

C’est cette conception-là qui inspire les choix politiques de ce gouvernement : faire gagner davantage “les premiers de cordée” et les donner en exemple  à tous les autres, pour qu’ils les envient et acceptent les règles du jeu capitaliste. D’où son titre de “président des riches” qui lui va comme un gant.

Car dans toutes les sociétés libérales du monde, s’il y a une chose qui progresse très régulièrement, c’est bien le niveau des profits et des patrimoines d’une infime minorité de puissants très riches. C’est ce que révèle le classement “Forbès 2017” des plus grandes forunes du monde (1) : le nombre des milliardaires a dépassé les 2 000 et le total de leurs patrimoines a atteint  en 2017, 7 670 milliards de dollars. En augmentation de 18% sur 2016 ! (Presqu’autant que le PIB de l’Allemagne, de la France et du Royaume Uni réunis !!)

39 milliardaires Français figurent dans cette liste, les 5 premières totalisant 125,8 milliards de dollars de patrimoine : Bernard Arnault (LVMH), Liliane Bettancourt (L’Oréal), Serge Dassault (Dassault système, le Figaro), François Pinault (homme d’affaires, Printemps-La Redoute, Luxe, patron de presse…) et Patrick Drahi (SFR, Altice, Libération, Le Point…).

Dans le même temps, évoluent également à la hausse, celles et ceux qui basculent dans la précarité, dans le dénuement et même dans la misère.

La ministre du Travail est en parfaite adéquation avec la première liste. Néanmoins elle se serait passée de cette nouvelle publicité concernant la facilité avec laquelle l’argent public enrichit les patrimoines privés. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, n’est-ce pas ? Mais elle n’est pas toute seule et il n’y a pas que par ce biais, que les revenus du capital s’accroissent au détriment de ceux du travail.

Un peu gênée aux entournures tout de même, madame la ministre a fait savoir qu’elle allait investir dans un fonds solidaire, c’est-à-dire un fonds tourné vers l’aide à l’économie sociale et solidaire (ESF). De manière à suggérer qu’avec ce pactole elle va réduire ses profits spéculatifs et faire une bonne oeuvre “en contribuant à créer des emplois durables”.

Tiens, tiens, elle n’y pense que  maintenant ? C’est que, dit-elle, en tant que ministre elle ne peut investir directement dans une entreprise ! Voilà qui relativise bougrement son geste humanitaire.

Il demeure que tout ce capital rendu sur nos impôts il faudra le compenser par de nouvelles recettes fiscales et, accessoirement, vérifier qu’il sera bien investi dans des entreprises de l’ESS. La ministre la plus riche peut se le permettre sans trop dégonfler son patrimoine. Avec ses indemnités de ministre, elle va même l’enrichir encore.

Il faut aussi savoir que les “fonds solidaires sont des fonds d’investissements qui consacrent jusqu’à 10% de leurs encours au financement de l’ESS”…(2) C’est donc très limité ! Car ces fonds ont pour objectif d’attirer les capitaux en fonction de leur rendement.

Voilà d’ailleurs pourquoi l’ESS qui accroît trop discrètement sa place dans l’économie nationale, ne se trouve pas à égalité face aux banques parce qu’elle se distingue par ses critères sociaux et environnementaux, pas par la seule rentabilité financière qu’il faut bien assurer par ailleurs.Ce pouvoir ne cherche d’ailleurs pas à faire trop de pub à l’ESS qui tend à prouver qu’on peut gérer les entreprises selon d’autres critères que ceux de la seule rentabilité financière des capitaux investis.

Un exemple à ne pas suivre pour nos croisés inconditionnels de la dictature de la finance et du pouvoir des seuls actionnaires !

Là se trouve le noeud de tous nos problèmes.

René Fredon

(1)

https://www.forbes.fr/classements/classement-forbes-2017-des-milliardaires-francais/

(2)

http://novafi.fr/fiches_pratiques/differences-fonds-solidaires-fonds-isr/

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